Funky front covers - Part XII

Chantons tous son avènement ! Depuis plus de dix ans, chaque année, nous attendons cet heureux temps, celui des Funky front covers ©. Ouvrons dès lors ensemble leur douzième édition, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Depuis leur création en 2008, l'attentat dit capillaire est devenu au fil du temps un passage obligé, du moins un hors d'œuvre pictural à consommer sans modération :


Cronico Ristretto : Assmonster - Bill Zebub (2006)

Le cas a déjà été examiné par le passé. Bill Zebub a débuté au mitan des années 2000 une filmographie des plus improbables, située entre la comédie dite transgressive, la sexploitation et le film d'horreur supra-fauché. Conjuguant musique métallique et obsession mammaire, les productions Zebub se plaisent, si on en croit le premier intéressé, à jouer avec l'intransigeance monomaniaque des puristes. Soit. Délaissant un temps l'horreur, après Jesus Christ: Serial Rapist et le bien nommé The Worst Horror Movie Ever Made, le metalfreak natif du New-Jersey réalisait en 2006 sa nouvelle comédie intitulée Assmonster. Présenté par Zebub comme son premier long métrage parodiant les productions indépendantes, le film, sous-titré The Making of a Horror Movie, s'inscrivait comme le nouvel avatar dégénéré du King of the B Movies (?!). Avis aux amateurs.

Rencontré dans un parc, Bill (Bill Zebub) fait la connaissance de Lou Siffer (Fred Barnes), qui se présente comme réalisateur de films d'horreur et lui donne le DVD de son dernier long métrage, Vampire Suck, dans l'espoir qu'il en fasse la chronique pour son magazine The Grimoire of Exalted Deeds. De retour chez lui, Bill invite ses amis à le regarder. Film amateur vendu dans les conventions horrifiques pour la somme de trente dollars, Vampire Suck n'a rien de professionnel et s'avère être finalement une arnaque. De ce constat, Bill décide de faire de même et se lance dans la réalisation d'un film d'horreur...
  

A Brighter Summer Day - Edward Yang (1991)

Figure de la nouvelle vague taïwanaise, au côté de Hou Hsiao-hsien et de Tsai Ming-liang, Edward Yang, disparu à seulement 59 ans en 2007, aura donc attendu l'an 2000 et son dernier long métrage, Yi Yi, Prix de la mise en scène au festival de Cannes de cette même année, pour obtenir enfin une reconnaissance internationale. Salué par ses pairs dès son premier long métrage, Hai tan de yi tian, en 1983, Edward Yang réalise en 1991, sans conteste, son chef d'œuvre, A Brighter Summer Day. Primé au festival des Trois continents dans la catégorie Prix de la mise en scène [1], ce quatrième long métrage se démarque des films réalisés lors de la décennie précédente par son ampleur affichée. D'une durée de presque quatre heures, avec la participation de près d'une centaine d'acteurs, Edward Yang livre avec cet ambitieux A Brighter Summer Day autant une fresque romanesque qu'un témoignage cru sur un pan occulté de l'histoire de Taïwan. Disponible désormais En Blu-ray et DVD le 5 décembre 2018 en version intégrale inédite et restaurée 4K

Taïwan, 1960. Le jeune Xiao Si’r (Chen Chang) entre au lycée et fait les quatre cents coups avec ses amis. Autour d'eux s'affrontent deux bandes rivales, les Bensheng Ren du 217 et les Waisheng Ren des Garçons du Petit Parc, mais Xiao Si’r se tient éloigné de leurs agissements, jusqu'au jour où il fait la connaissance de Ming (Lisa Yang), dont il tombe amoureux. Or celle-ci est la petite amie de Honey (Lin Hong-ming), leader du second gang…

Au gré du courant - Mikio Naruse (1956)

L'affaire a déjà été évoquée précédemment. Des quatre maîtres japonais (Kenji Mizoguchi, Akira Kurosawa et Yasujiro Ozu), Mikio Naruse fut sans conteste celui dont l'œuvre, fort de plus de quatre-vingt films, du début des années 30 à la fin des années 60, fut la plus discrète en dehors de l'archipel. Longtemps méconnue en Occident, celle-ci se caractérise, à l'instar de celle du réalisateur de Fin d'Automne, comme le témoignage privilégié des bouleversements de la société nippone d'après-guerre, prenant la forme d'une peinture subtile de portraits de femme. Présentés pour la première fois dans un coffret collector Blu-ray édité par Carlotta, cinq films majeurs de Mikio Naruse [1], tournés entre 1954 et 1967, dont Au gré du courant, sont désormais disponibles depuis le 21 novembre dernier. 

Otsuta (Isuzu Yamata) est la tenancière d'une maison réputée de geishas à Tokyo. Envoyée par l'agence pour l'emploi, Oharu (Kinuyo Tenaka) est embauchée comme la nouvelle servante. Dévouée, discrète et polie, Oharu assiste aux difficultés de sa nouvelle patronne endettée, tandis que s'amorce inexorablement le déclin des maisons de geishas...

Adaptation du roman éponyme de l'écrivaine Aya Kōda, Au gré du courant se démarque en premier lieu par son casting essentiellement féminin, regroupant les plus grandes actrices du cinéma nippon du moment, comme Hideko Takamine, muse du cinéaste, qui interprète ici Katsuyo, la fille d'Otsuta, ou les égéries de Mizoguchi, Isuzu Yamada et Kinuyo Tanaka, la grande actrice de théâtre Haruko Sugimura, et la nouvelle venue Mariko Okada, future muse de Kiju Yoshida, qui jouera quatre ans plus tard dans Fin d'Automne.  

Cronico Ristretto : Scream Bloody Gore - Death (1987)

Sorti le 25 mai 1987, Scream Bloody Gore marqua l'histoire du métal extrême comme le véritable premier album de death metal. Deux années après le dénommé Seven Churches de Possessed, qui s'inscrivait davantage comme un disque de transition proto-death metal [1], les californiens ayant toutefois la primeur de baptiser ce nouveau genre métallique du nom d'une de leur chanson rangée désormais parmi les classiques dudit genre, ce premier album de Death fit, on l'aura compris, beaucoup de bruit au sein de l'underground métallique. Possessed avait montré la voie, Death devenait l'incarnation même du genre.

Rappel des faits. 1983. Âgé de quinze ans, le guitariste Chuck Schuldiner fonda à Orlando en Floride, avec les non moins jeunes Rick Rozz à la guitare et Barney "Kam" Lee à la batterie, Mantas. Influencé par Venom et Slayer à leur début, le trio enregistra au cours de leurs trois premières années d'existence trois démos, Death By Metal (1983), Reign Of Terror (1984) puis Infernal Death (1985), qui firent rentrer la formation dans la légende du tape-trading comme l'un des groupes les plus extrêmes et brutaux de son époque. Suivirent pour le groupe, désormais nommé Death, plusieurs mois d'instabilités, Schuldiner cumulant les collaborations sans suite, dont une avec le batteur de D.R.I., Eric Brecht, avant que le guitariste ne rencontre finalement à San Francisco un autre batteur, Chris Reifert. Les deux musiciens enregistrèrent dans la foulée en avril 1986 une nouvelle démo trois titres, Mutilation, qui leur ouvrit la porte pour un contrat pour plusieurs albums avec le label Combat Records. L'histoire était en marche.

La dame de Shanghai - Orson Welles (1947)

Cinq mois après leur Coffret Ultra Collector consacré à Profession : Reporter de Michelangelo Antonioni, Carlotta édite une nouvelle édition luxueuse dédiée à un classique de l'âge d'or hollywoodien, La dame de Shanghai d'Orson Welles. Renié par son auteur, comme tant d'autres films réalisés par celui qui n'était pas encore l'incarnation de l'artiste maudit brisé par le système, ce quatrième long métrage d'Orson Welles a gagné depuis ses jalons d'œuvre incontournable. La dame de Shanghai est désormais disponible dans sa version restaurée 4K depuis le 14 novembre en Coffret Ultra Collector Blu-ray + DVD + livre et éditions Blu-ray et DVD.

New-York, Central Park. Un marin nommé Michael O'Hara (Orson Welles) vole au secours d'une mystérieuse jeune femme, Elsa Bannister (Rita Hayworth), épouse d'un riche et célèbre avocat. Pour le remercier, celle-ci lui propose de les accompagner pour une croisière dans les Caraïbes. D'abord réticent, Michael finit par accepter. Son attirance pour Elsa ne va cesser de croître, sous le regard indifférent du mari (Everett Sloane). Lors d'une escale à Sausalito, l'avocat associé de Bannister, George Grisby (Glenn Anders), lui fait une singulière proposition, être complice d'une fraude à l'assurance. Aveuglé par son amour, O'Hara se retrouve vite entraîné dans une sombre histoire de meurtres…
 

Cronico Ristretto : Pulsions graphiques - Jean-Marie Donat (2018)

Paru le 26 octobre dernier aux éditions Cernunnos, Pulsions graphiques, sous-titré Le meilleur du pire d'Elvifrance, est un ouvrage indispensable pour tout amateur de déviances dites graphiques. Maison d'édition culte qui publia entre 1970 et 1992 des milliers de bandes-dessinées érotiques, au format de poche et bon marché, traduites et importées d'Italie, Elvifrance a fourni à un public avide de mauvaises pulsions « du plaisir pour toutes les bourses ». Vampire lubrique, binoclard priapique, bidasses obsédés, extra-terrestres érotomanes, nymphomanes et autres savants fous, Elvifrance fut de toutes les luttes libidineuses. Lucifera, Goldboy, Karzan, Jacula, Sam Bot, Maghella, Shatane, Zara la vampire, Wallestein, Jungla la « vierge africaine », etc., tels étaient les noms de ces personnages transgressifs et héroïnes infernales qui se dressèrent contre la bienpensance et le bon goût à grand renfort de sexe, de violence et de rire gras.

Collectionneur de photos, auteur du recueil, Affreux Noël, ou collaborateur de l'anthologie Catch : l'âge d'or, 1920-1975 signé Christian-Louis Eclimont, Jean-Marie Donat a nourri ce projet depuis une dizaine d'années avant de pouvoir, enfin, mettre en œuvre le premier livre hommage à cette illustre société. Avec le soutien de Christophe Bier, le maître y signe une préface critique de 80 pages, narrant la saga de la maison d'édition et la figure tutélaire de Georges Bielec, des premiers succès aux premières publications interdites [1], des années dorées 70's à l'essoufflement 80's, jusqu'au dépôt de bilan en 1992. Riche d'une sélection de plus de 400 couvertures et pages intérieures, Pulsions graphiques dressent un catalogue quasi-exhaustif des fantasmes mâles les plus débridés et licencieux : tortures, nécrophilie, fétichismes et sadomasochisme ; Elvifrance défiait crânement les convenances.

In the Land of the Cannibals - Martin Miller (Bruno Mattei) (2003)

Après plusieurs années de disette qui virent Bruno Mattei, dernier pape du cinéma bis transalpin, auteur des mémorables Virus Cannibale et Rats de Manhattan, réaliser des films érotiques aseptisés, évoquant le meilleur du pire de l'esthétisme télévisuel, l'année 2003 allait sonner le réveil des bissophiles les plus déviants avec la production simultanée de longs métrages tournés aux Philippines. Mieux, non content de faire revivre les restes anachroniques d'un cinéma d'exploitation à jamais mort et enterré, Bruno Mattei, derrière le pseudonyme Martin Miller, mettait en scène, sur les traces d'un Ruggero Deodato (Cannibal Holocaust) et Umberto Lenzi (Cannibal Ferox), un des rares genres qu'il n'avait jamais abordé durant sa décennie dorée avec son acolyte Claudio Fragasso, après les morts-vivants ou le post-apocalyptique, le film de cannibales. Dont acte.

Au cœur de l'Amazonie, un commando, mené par le lieutenant Wilson (Lou Randall), est envoyé afin de retrouver Sara Armstrong (Cindy Jelic Matic), fille d'un sénateur étasunien, après la disparition de la précédente équipe de recherche. Aidé par Romero (Claudio Morales), qui connait les us et coutumes des tribus cannibales qui peuplent la jungle, Wilson et ses hommes font rapidement face aux dangers et à l'horreur tapie dans la forêt...
  

Solo : A Star Wars Story - Ron Howard (2018)

Une règle tacite voudrait qu'il n'est de bon ton, sur certains espaces virtuels bien définis, de laisser un avis contradictoire en guise de commentaire, sans s'attirer les foudres de la milice de la bienséance. Soit. En somme, passe ton chemin ou endosse ton costume de bisounours pour mieux déverser ton amour confraternel. Dont acte. Profitons, dès lors, de cet espace de liberté pour nous pencher sur le cas Solo : A Star Wars Story, ou l'un des ratages les plus attendus de l'année réalisé par un pompier de service nommé Ron Howard.

Bref résumé des épisodes de production. Quatre mois après avoir débuté le tournage de Solo, la paire Phil Lord et Chris Miller (21 Jump Street, Tempête de boulettes géantes) est débarquée le 20 juin 2017, avant d'être remplacée, deux jours plus tard, par le réalisateur d'Appolo 13, Ron Howard. Une « vision créative différente » entre la production, le scénariste Lawrence Kasdan et les deux réalisateurs serait la cause de cette séparation forcée laissant planer, sans surprise, son lot d'incertitudes et de craintes, un tel renvoi en cours de production pouvant aisément hypothéquer (les précédents ne manquent pas) les qualités dudit long métrage.

Saint Jack - Peter Bogdanovich (1979)

Critique, cinéphile, ancien protégé de Roger Corman, réalisateur associé (bien malgré lui) au Nouvel Hollywood, Peter Bogdanovich accumula, en sus des étiquettes, autant les réussites et les succès publics instantanés à partir de The Last Picture Show en 1971, qu'il connut aussi rapidement une suite de désillusions et d'échecs dès 1974 avec Daisy Miller. Auteur de trois succès et trois bides mémorables, dans cet ordre, le cinéaste étasunien se lança, après un hiatus de trois années, sur les recommandations du maître Orson Welles, dans l'adaptation du roman de Paul Theroux, Saint Jack, relatant l'histoire d'un proxénète américain vivant à Singapour. Lauréat du prix Pasinetti [1] du meilleur film à La Mostra de Venise en 1979, comptant parmi les œuvres préférées de son réalisateur, Saint Jack est désormais disponible, au même titre que The Last Picture Show, en Blu-ray (et DVD) en version restaurée depuis ce 10 octobre dans une édition collector, et dans les salles à partir de la semaine suivante.

Singapour, début des années 1970. Jack Flowers (Ben Gazzara), ancien soldat de la guerre de Corée en exil, est un proxénète qui rêve de diriger sa propre maison close. Un jour, il fait la connaissance de William Leigh (Denholm Elliott), un comptable britannique résidant à Hong Kong, et se prend vite d'amitié pour cet homme rangé et attachant. Quand Jack réussit à monter quelque temps plus tard son propre établissement, celui-ci attise rapidement la convoitise des Triades qui voient d'un mauvais œil la réussite de ce franc-tireur... 
  

Le Dossier 51 - Michel Deville (1978)

Il est des films qui marquent durablement, Le Dossier 51 de Michel Deville en est, sans contexte, un parfait exemple. Quatre années après le remarqué Mouton enragé avec le trio Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant et Vincent Cassel, le cinéaste poursuivait conjointement les thématiques de la vie par procuration et de la manipulation, en les transposant cette fois-ci au monde du renseignement. Adaptation d'un roman réputé inadaptable signé Gilles Perrault, ou comment une organisation secrète cherche à recruter un haut fonctionnaire, Le Dossier 51 s'avère être un véritable Objet Filmique Non Identifié par son brillant usage de la caméra subjective [1]. Film d'espionnage atypique, loin des conventions usuelles du genre, le long métrage aurait gagné à connaitre une plus grande reconnaissance publique lors de sa sortie [2]. A (re)découvrir urgemment.

"Jean De Malarielle nommé ambassadeur de France à Copenhague sera remplacé à la tête de la délégation française à l'ODENS par Dominique Auphal."
12 octobre 1977. Origine Minerve. Destinataire Mars. "Suite à l'information concernant la nomination de Dominique Auphal [...] à l'Organisation pour le Développement des Échanges Nord Sud (ODENS), nous vous chargeons de recueillir tous éléments d'information sur Dominique Auphal [...]. Auphal sera désigné par le numéro de code 51." [...]
"Jupiter veut pénétrer l'ODENS. Le moyen : recruter un de ses membres. Jusqu'à présent nous avons échoué. Un petit nouveau se présente. Une chance inespérée. Ce sera lui, 51. Il nous faut 51. Je me suis bien fait comprendre."

Futur immédiat, Los Angeles 1991 (Alien Nation) - Graham Baker (1988)

Lauréat du prix Saturn du meilleur film de science-fiction en 1988, Futur immédiat, Los Angeles 1991 de Graham Baker s'inscrit de prime abord, on l'aura vite compris, dans la longue liste des buddy movies mis en scène lors de la décennie 80. Se contentant à sa sortie d'un succès modeste, le long métrage gagna en popularité lors de son exploitation en vidéo, lui conférant un statut proche du culte, et justifiant, par la suite, les multiples dérivés télévisuels [1], comics et romans qui seront adaptés du scénario originel signé Rockne S. O'Bannon. À découvrir grâce à Carlotta, pour la première fois, en version Blu-ray (et DVD) le 26 septembre.

1991, Los Angeles. Trois ans auparavant, un vaisseau spatial, avec à son bord plus de 300 000 extraterrestres, atterrit dans le désert californien des Mojaves. Après avoir été placés en quarantaine, les Arrivants ont été accueillis par les États-Unis. Installés dans la région, ces derniers vivent toutefois à l'écart, ce qui n'est pas sans créer des tensions avec les autochtones. Suite à la mort brutale de son partenaire lors d'une attaque à main armée dans le quartier des Arrivants, Matthew Sykes (James Caan), en dépit des ressentiments qu'il éprouve envers ces nouveaux venus, demande à son supérieur de faire équipe avec le premier inspecteur extraterrestre, Sam Francisco (Mandy Patinkin). En charge d'enquêter sur la mort similaire d'un Arrivant nommé Warren Hubely, Sykes est persuadé qu'il pourra faire la lumière, en parallèle, sur la mort de son ancien partenaire et ami Bill Tuggle.
  

Cronico Ristretto : The End Complete - Obituary (1992)

Un peu plus d'un an et demi après la sortie de leur précédent album, le désormais classique Cause of Death, qui fut suivi par une première tournée mondiale avec en point d'orgue leur participation au non moins culte Dynamo Open Air [1], Obituary signait son grand retour en avril 1992 avec The End Complete. Mieux, non content de compter dans ses rangs, de nouveau, le guitariste soliste Allen West, ce troisième disque devenait l'un des grands succès commerciaux du genre death metal de l'année, avec plus de 500 000 copies vendus en ce bas monde, confirmant, au besoin, leur statut de leaders de la scène mondiale, aux côtés de leurs compatriotes Death, Morbid Angel et Deicide

Enregistré à la maison, à Tampa, au Morrisound Recording et produit par Scott Burns, devenu entretemps, depuis ses débuts avec Sepultura et Obituary, trois ans plus tôt, l'une des figures incontournables de la scène floridienne et étasunienne (au même titre que le studio des frères Jim et Tom Morris) [2], The End Complete augurait du meilleur. Or, près d'un quart de siècle plus tard, force est de constater que son notable succès commercial est davantage le fruit d'un heureux concours de circonstances.

Cronico Ristretto : Terminal - Bongripper (2018)

Quatre années après l'ultra massif Miserable, Bongripper revenait le 6 juillet dernier avec un nouvel et septième album studio nommé Terminal. Formation culte en provenance de Chicago, les quatre musiciens cultivent depuis leur début un goût pour le doom instrumental à la croisée du sludge, du drone et du stoner. Sorti comme à l'accoutumé sur leur propre label The Great Barrier Records, Terminal amorce une légère évolution après un avant-dernier album des plus post-apocalyptiques. 

Enregistré, mixé et masterisé par Dennis Pleckham, guitariste de Bongripper, au Comatose Studio, le disque se compose en deux longues pistes pour un peu plus de quarante-trois minutes de musique tellurique. Une bande-son en somme idéale pour accompagner une lente mort, pour reprendre les noms des deux titres de l'album ? A peu de choses près, ou plutôt l'illustration sonore d'une lente décomposition, à l'image du bouc en putréfaction signé Sam Alcarez [1], car c'était sans compter également sans la présence et le parfum capiteux des fleurs fanées de ladite pochette. Mais n'allons pas trop vite.
 

Les producteurs - Mel Brooks (1967)

Premier long-métrage de Mel Brooks, le film Les Producteurs a fêté l'année dernière son cinquantième anniversaire. Lauréat de l'Oscar du meilleur scénario original en 1968, devant Stanley Kubrick et John Cassavettes, respectivement pour 2001, l'Odyssée de l'espace et Faces, Mel Brooks frappait un grand coup, tant sur le fond que sur la forme. Inspirée de son expérience passée dans le monde du spectacle, cette satire marquait un tournant dans l'univers comique étasunien. A l'éternelle question "peut-on rire de tout ?", Brooks répondait par l'affirmative repoussant à l'envie les limites du bon goût et du politiquement correct. À découvrir grâce à Carlotta dans sa nouvelle version restaurée au cinéma depuis le 22 août.

Jadis célèbre producteur à Broadway, Max Bialystock (Zero Mostel) est désormais contraint de soutirer de l'argent à de riches octogénaires libidineuses en faisant le gigolo. Un jour débarque le timide et névrosé Leo Bloom (Gene Wilder), chargé de vérifier ses comptes. Constatant certaines irrégularités, le comptable fait remarquer qu'il y aurait beaucoup d'argent à se faire en montant un spectacle qui s'avérerait être un flop immédiat. Les deux comparses décident de s'associer et tombent sur le projet parfait : une comédie musicale intitulée Le Printemps d'Hitler, écrite par un certain Franz Liebkind (Kenneth Mars), faisant l'apologie du Troisième Reich...
   

The Intruder - Roger Corman (1962)

Auteur du livre en 1990 intitulé How I Made a Hundred Movies in Hollywood and Never Lost a Dime [1], le cinéaste et producteur indépendant Roger Corman se rappelait au bon souvenir des classiques de la série B qu'il mit en scène, ou finança à moindre frais, pendant près de quatre décennies. Or un intrus, justement, se glisse dans cette liste qui compte L'attaque des crabes géants, La petite boutique des horreurs, The Trip ou Bloody Mama, un long métrage considéré aujourd'hui comme son meilleur film, et paradoxalement son seul revers commercial, The Intruder. Sorti la même année que L'enterré vivant, et un an avant le classique Le corbeau, nouvelle adaptation d'Edgar Allan Poe avec son acteur fétiche Vincent Price, Roger Corman s'écartait pour la première et dernière fois du film de genre, et tournait un film engagé, ancré dans son époque, évoquant la lutte pour les droits civiques. Autofinancé, The Intruder récolta d'excellentes critiques, en dépit d'un succès d'estime qui poussa Corman à revenir aux films d'exploitation. Pour la première fois dans les salles françaises en version restaurée le 15 août.

À Caxton, petite ville du sud des États-Unis, une loi vient de passer autorisant un quota d'élèves noirs à intégrer un lycée fréquenté par des Blancs. Arrivé par le bus, membre de l'organisation Patrick Henry, le dénommé Adam Cramer (William Shatner) enquête auprès des habitants afin de savoir ce qu'ils pensent de cette réforme controversée. Charismatique, beau parleur et dangereusement séducteur, Cramer sème rapidement le trouble dans la ville…
   

Cronico Ristretto : Dead - Obituary (1998)

Unique disque live d'Obituary, le bien, et ironiquement, nommé Dead s'inscrivait lors de sa sortie, de prime abord, comme le témoignage sonore tardif d'une formation réputée depuis ses débuts pour la qualité de ses prestations scéniques. D'un public parti vers d'autres horizons plus noirs depuis le mitan de la décennie, à un groupe dont certains membres ne cachaient plus leur lassitude, la mention dudit album tendait à indiquer paradoxalement que les floridiens n'étaient finalement pas encore totalement décédés. Auteurs d'un récent et (toutefois) convaincant Back from the Dead qui présentait, bon an mal an, une formation portée à bout de bras par le guitariste Trevor Peres, Obituary débutait quelques semaines avant la sortie officielle de ce cinquième album studio leur nouvelle tournée européenne par l'Allemagne, suivie quatre mois plus tard par son pendant nord-américain. Deux ans après Entangled in Chaos [1] de Morbid Angel, et six mois avant la sortie de When Satan Lives de Deicide, Dead se présentait en somme comme un nouveau testament live d'un des groupes majeurs de la scène death metal US du début de la décennie 90.   
 

À armes égales (The Challenge) - John Frankenheimer (1982)

Deux ans après la réédition de huit films, dont quatre réalisés par Frank Henelotter (la trilogie Basket Case et Frankenhooker), la Midnight Collection signée Carlotta est de retour ce mercredi 25 juillet avec un nouveau titre : À armes égales de John Frankenheimer. Metteur en scène étasunien dont l'âge d'or se situe dans les années 60, maître du thriller politico-social (Un crime dans la tête en 1962), réalisateur de quatre longs métrages avec Burt Lancaster, du Prisonnier d'Alcatraz (1962) au Parachutistes arrivent [1] (1969), Frankenheimer alterna, par la suite, autant les genres cinématographiques que les films intimistes et les superproductions, les succès populaires que les échecs commerciaux. A l'orée des années 80, après un film d'horreur Prophecy sorti en 1979, fable écologique grand-guignolesque avec son grizzly mutant, lui est confié un nouveau projet bis dans l'ère du temps, un film d'action et d'arts martiaux. Fraichement accueilli à sa sortie, À armes égales connut, à l'instar d'autres camarades, un regain d'attention lors de son exploitation en VHS. Disponible pour la première fois en version restaurée en Blu-ray et DVD.
 
Los Angeles, 1982. Rick Murphy (Scott Glenn), un boxeur en fin de carrière, est recruté par Toshio (Sab Shimono) et Akiko (Donna Kei Benz), fils et fille du maître Yoshida (Toshirô Mifune), pour rapporter clandestinement au Japon un sabre appartenant à leur famille, perdu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. À peine arrivé à l'aéroport d'Osaka, il est kidnappé par les hommes de main de Hideo (Atsuo Nakamura), puissant homme d'affaires mais aussi le frère et ennemi juré de maître Yoshida, prêt à tout pour récupérer le sabre…

The Last Movie - Dennis Hopper (1971)

Second long métrage de Dennis Hopper, lauréat du Prix CIDALC [1] à la Mostra de Venise en 1971, The Last Movie a acquis au fil du temps un statut culte paradoxal auprès des cinéphiles. D'un titre prémonitoire, annonçant le futur exil hollywoodien d'une dizaine d'années de l'acteur/cinéaste, à la légende gravitant autour du film, de son tournage chaotique aux difficultés rencontrées entre Hopper et Universal, The Last Movie s'apparente à un OFNI dans le paysage cinématographique américain. Quasiment invisible pendant de longues années, le film ayant connu en 1971 une sortie ultra-confidentielle devant le refus du réalisateur de revoir sa copie, et son montage final, auprès de ses commanditaires, The Last Movie sort pour la première fois en version restaurée le 18 juillet au cinéma dans l'hexagone.        

Une équipe de cinéma est venue tourner un western dans un village péruvien niché dans les Andes. Une fois le film terminé, tous les Américains s'en vont, à l'exception de Kansas (Dennis Hopper), l'un des cascadeurs, qui souhaite prendre du recul vis-à-vis d'Hollywood et s'installer dans la région avec Maria (Stella Garcia), une ancienne prostituée. Les choses dégénèrent lorsque les habitants décident de tourner leur propre film : les caméras, les perches et les projecteurs sont faux, mais la violence qu'ils mettent en scène est, elle, bien réelle. Kansas va se retrouver héros malgré lui de cette « fiction »…

La vengeance aux deux visages (One-Eyed Jacks) - Marlon Brando (1961)

En marge des productions sorties en 1961 [1], La vengeance aux deux visages, première et dernière réalisation de Marlon Brando, est un western unique en son genre. Le long métrage est l'adaptation du roman de Charles Neider, The Authentic Death of Hendry, publié cinq ans plus tôt, lui-même inspiré par la vie de Billy the Kid, à la demande du producteur Frank P. Rosenberg. D'un scénario confié à l'origine à Rod Serling (La quatrième dimension), le projet fut également proposé au jeune Stanley Kubrick, avant que son acteur principal ne s'occupe finalement de la mise en scène. Film réputé pour sa production difficile et chaotique, One-Eyed Jacks n'en demeure pas moins aujourd'hui un classique du western, annonçant de quelques années le courant révisionniste porté par le Nouvel Hollywood. Disponible en Édition prestige limitée et DVD depuis le 11 juillet en version restaurée.

Trois truands américains braquent une banque dans un village mexicain avant d'être pourchassés par la police locale. Le premier est abattu, tandis que les deux autres, Rio (Marlon Brandon) et Dad Longworth (Karl Malden), parviennent à s'enfuir avec deux sacs remplis d'or. Acculés par les fédéraux mexicains au sommet d'une colline, Longworth, parti chercher de l'aide, abandonne son camarade et s'échappe avec le magot. Cerné de toutes parts, Rio est arrêté. Cinq plus tard, Rio s'évade de prison et n'a qu'une seule idée en tête : se venger de son ancien acolyte. Dans un bar mexicain, Rio fait la connaissance du braqueur de banque Bob Amory (Ben Johnson). Il lui apprend que Dad est désormais shérif à Monterey...
  

Les Prédateurs du futur | Atlantis Interceptors - Ruggero Deodato (1983)

L'histoire est connue. Le cinéma d'exploitation italien connut ses derniers soubresauts au cours des années 80, la première moitié de la décennie s'apparentant, en d'autres termes, à la course contre la mort d'un cinéma populaire à jamais condamné. Trois ans après son film d'horreur La Maison au fond du parc et son controversé Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato revenait avec un projet autrement plus fantaisiste. A la croisée des genres et autres resucées des succès étasuniens du moment, le dénommé Atlantis Interceptors s'inscrivait, dès sa sortie, comme le parangon ultime en matière d'hybridation portnawak, à faire passer au hasard Yor, le chasseur du futur d'Antonio Margheriti, sorti la même année, pour un modèle de sobriété. Mais n'allons pas trop vite.

1994, au large des côtes de la Floride, sur une plate-forme océanique, est découverte une mystérieuse tablette, non loin du lieu où avait coulé deux ans plus tôt un sous-marin atomique soviétique. Dépêchée sur les lieux, Kathy Earls (Gioia Scola), spécialiste en civilisation précolombienne, est priée de déchiffrer cette plaque âgée de douze mille ans. Lors du remorquage du sous-marin, l'ensemble des appareils électroniques cessent de fonctionner, quand un raz-de-marée surgit et engloutit la plate-forme, tandis qu'une étrange île semble immerger du fond de l'océan. Non loin de là, Mick (Christopher Connelly) et Washington (Tony King), deux aventuriers qui naviguaient dans les parages recueillent trois survivants, Kathy, le professeur Peter Saunders (George Hilton) et le pilote d'hélicoptère Bill Cook (Ivan Rassimov). Revenus sur la terre ferme, sur l'île de San Pedro, ils découvrent une ville ravagée par un gang, les Interceptors, ou les défenseurs proclamés des secrets de l'Atlantide...
  

Bad Biology - Frank Henenlotter (2008)

Dix-sept années après Basket Case 3, dernier volet des aventures de la fratrie Bradley, Frank Henenlotter sortait de sa réserve en 2008 avec Bad Biology. De cet interminable hiatus qui soulignait les usuelles difficultés de cet intransigeant chantre du cinéma d'exploitation à produire ses projets, à sa collaboration avec la société d'édition Something Weird Video, dans le cadre de la collection Sexy Shockers, cette pause forcée, brisée par ce retour inespéré, du moins inattendu, n'avait nulle raison de calmer les ardeurs transgressives du réalisateur de Frankenhooker. Au contraire. 

Erreur génétique pour les médecins, diagnostiquée atteinte du syndrome d'excitation génitale persistante, Jennifer (Charlee Danielson) est née avec sept clitoris, "demandant sans cesse de l'attention". La jeune femme ne cherche pas l'amour, "ni noms ni câlins, juste du sexe", seul un orgasme libérateur. Et tant pis si au cours de ses ébats "ça devient trop bestial", au risque d'entraîner la mort de ses partenaires et de donner naissance à des bébés mutants. Batz (Anthony Sneed) a eu le sexe sectionné par accident à sa naissance. Recousu, son pénis fut longtemps incapable d'être en érection, avant que le jeune homme ne lui injecte des stéroïdes et des hormones. A mesure, son sexe a grossi, et a développé sa propre conscience. Depuis Batz va de dealer en dealer, en quête de médicament de plus en plus fort, afin de calmer cette "bite camée qui réfléchit toute seule". Quand Jennifer rencontre Batz, elle devient obsédée par lui, convaincue qu'il est le seul homme qui puisse la satisfaire...

Produit par le rapper underground R.A. 'The Rugged Man' Thorburn [1], avec des moyens financiers extrêmement limités (on y reviendra), Bad Biology est à l'image de son synopsis, certifié AOH, Appellation d'Origine Henenlotterienne. Excessif, ce sixième long-métrage se place, sans surprise, idéalement dans la filmographie d'un Frank Henenlotter nullement assagi, malgré ses années de diète contrainte.

Archives du vent - Pierre Cendors (2015)

  
Chronique précédemment publiée sur le site Fondu au Noir

Cinquième roman de Pierre Cendors, Archives du vent, créa l'événement lors de sa sortie en septembre 2015. A juste titre tant celui-ci apparaît des des plus singuliers. Thriller métaphysique, roman initiatique, Cendors aime brouiller les pistes, jouer avec les frontières, floues de préférence.
  
Inventeur d'une nouvelle technologie, le Movicône (pour  movie et icône), procédé d'archivage numérique qui permet de créer un film avec des acteurs disparus, le réalisateur Egon Storm cède à son ancien camarade d'étude et propriétaire du lunaire, obscur ciné-club de Munich, Karl Oska, le droit exclusif d'exploiter sa trilogie, dont le premier volet, Nebula, doit sortir le premier jour de l'équinoxe d'automne, suivi tous les cinq ans, à la même date, du deuxième et troisième volet, La septième solitude et Le rapport Usher. Retiré du monde, solitaire, habitant désormais dans le nord-ouest de l'Islande, Storm mentionne dans un ultime message l'existence d'un mystérieux Erland Solness, clé d'un inédit quatrième film...

Cinquante nuances plus claires - James Foley (2018)

Pour le meilleur et pour le pire, et surtout le pire. Une année après le deuxième épisode de la franchise Essémobluettopouet-pouet, qui s'était conclue par les fiançailles du sémillant couple, Christian Grey et Anastasia Steele, l'heure est venue de faire les comptes. Tourné dans la foulée des nuances dites plus sombres, Cinquante nuances plus claires ne déroge pas à la réputation des précédentes adaptations des best-sellers d'E. L. James. Nullement handicapé par un énième accueil critique assassin, ce troisième film se distingue de nouveau par sa rentabilité, confortant une fois encore la recette éprouvée de l'adaptation cinématographique d'une série à succès. Fort d'une accroche fleurant bon le double sens faussement sulfureux (Don't miss the climax [1]), Cinquante nuances plus claires n'avait d'autre finalité que de renverser les codes du premier volet (l'affiche répond de manière opposée à celle des Cinquante nuances de Grey) en offrant à notre pervers narcissique (et plus si affinité) les joies de la parentalité en guise de dénouement. Courage, le calvaire est bientôt terminé.
 
Jeunes mariés, Christian (Jamie Dornan) et Ana (Dakota Johnson) profitent pleinement de leur lune de miel en France quand celle-ci est interrompu. Un incendie criminel dans les locaux de Grey Enterprises, dont l'auteur n'est autre que Jack Hyde (Eric Johnson), l'ancien patron d'Ana, sonne la fin de leur voyage de noce sur la Côte d'Azur. Alors qu'Anastasia commence tout juste à s'adapter à son nouveau rôle de Madame Grey et que Christian s'ouvre finalement à elle, cette nouvelle menace met en péril leur vie commune avant même qu'elle n'ait débuté...

De Palma - Noah Baumbach & Jake Paltrow (2015)

Dans le cadre de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française du 31 mai au 4 juillet prochain, Carlotta édite ce mercredi en Blu-ray et DVD le documentaire éponyme, De Palma, signé par Noah Baumbach (Frances Ha) et Jake Paltrow (Young Ones). Réalisateur virtuose, figure du Nouvel Hollywood, compagnon de route de Scorsese, Lucas ou Spielberg, héritier d'Alfred Hitchcock, cinéaste politique, découvreur de Robert De Niro, chantre du voyeurisme sur pellicule, la liste pourrait s'allonger presque indéfiniment, tant Brian De Palma s'inscrit, telle une évidence, comme l'un des grands noms du cinéma de ces cinquante dernières années. Auteurs de multiples chefs-d'œuvre, et autres longs-métrages incontournables, qui ont ouvert à la cinéphilie nombre de jeunes passionnés, le réalisateur de Pulsions revient au cours de ce documentaire éponyme, en un peu moins de deux heures, sur sa filmographie, de ses débuts de cinéaste indépendant, à sa place particulière dans le système hollywoodien à partir des 70's, jusqu'à sa nouvelle position d'électron libre depuis une dizaine d'années [1].

Tournée pendant une semaine au cours de l'année 2010, dans le salon de Jake Paltrow, cette série d'entretiens est, on l'aura compris, à conseiller en premier lieu aux aficionados de Brian De Palma tant le fond prime sur la forme [2]. Leçon de cinéma illustrée par de nombreux extraits de ses œuvres, ce documentaire retrace chronologiquement comment ce jeune nerd provenant de la Columbia University fut happé par le cinéma après son passage au Sarah Lawrence College.

Breeders - Tim Kincaid (1986)

Produit par Charles Band, par l'une de ses sociétés, Wizard Video, connue aux États-Unis pour avoir été la première à distribuer en VHS les films de Jess Franco ou Lucio Fulci, Breeders est le troisième long-métrage de Tim Kincaid réalisé, sous son vrai nom, pour la seule année 1986. Après le WIP Bad Girls Dormitory, et le science-fictionnel Robot Holocaust, Kincaid mettait ainsi en pause sa carrière dans la pornographie gay, dissimulé derrière les pseudonymes Joe Gage et Mac Larson, avant un retour aux affaires au début des années 2000. De ce parcours similaire à celui de son collègue David DeCoteau, qui signa quant à lui au début de sa carrière plusieurs films X (sous le patronyme David McCabe/Doe), dont New Wave Hookers, avant de se lancer dans le cinéma de genre avec les films d'horreur Dreamaniac et Creepozoids, Tim Kincaid se distingue toutefois par le nombre réduit de ses réalisations Bis, ce dernier y mettant un terme dès 1988 avec The Occultist [1]. Enfin, mis en scène dans la foulée du supra-foutraque Robot Holocaust, si Breeders n'a pas gagné au fil du temps ses galons de film culte, ce long-métrage fauché n'en demeure pas moins un classique du genre, caractéristique des productions horrifiques tournées dans le New-York de la décennie 80. Désormais disponible en import au format Blu-ray.

Furieuse après son rendez-vous raté dans un minable restaurant italien, Donna (Natalie O'Connell) est abordée par un vieil homme dans la rue. Tandis qu'il lui rappelle les dangers de se balader seule dans ce quartier à cette heure tardive, celui-ci se transforme en monstre dégoulinant. Retrouvée grièvement blessée, violée, la jeune femme a perdu partiellement la mémoire. En charge de l'enquête, le détective Dale Androtti (Lance Lewman) découvre qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé, cinq autres victimes ont déjà été hospitalisée les jours précédents. La docteure Gamble Pace (Teresa Farley) lui indique qu'à chaque fois, le violeur laisse sur chaque victime une matière organique d'origine inconnue, les jeunes femmes ayant comme particularité d'être toutes vierges jusqu'au moment du viol...

Le Fantôme d'Hollywood (A Graveyard for Lunatics) - Ray Bradbury (1990)


Chronique précédemment publiée sur le site Fondu au Noir.

Deuxième volet d'une série débutée par La solitude est un cercueil de verre, roman publié cinq ans plus tôt au mitan des années 80, Le Fantôme d'Hollywood poursuit la veine auto-fictionnelle de Ray Bradbury en s'inspirant, comme l'indique son titre français [1], de son passé, quand jeune auteur de nouvelles publiées dans des pulp magazines, celui-ci fut engagé comme apprenti-scénariste au début des années 50. 

Après Venice et une série de meurtres où l'écrivain débutant avait fait la connaissance de l'inspecteur Elmo Crumley, le narrateur est de nouveau au cœur d'une étrange affaire en plein cœur du studio Maximus Films. A la veille d'Halloween, à minuit, le narrateur est convié à un rendez-vous secret dans le cimetière mitoyen du studio. Il découvre sous une pluie battante un mannequin ressemblant à l'ancien grand patron du studio, le légendaire Arbuthnot mort dans un accident de voiture une vingtaine d'années auparavant...
 

Lucky, el intrépido - Jess Franco (1967)

Baptisé en France sous le mystérieux nom d'Operation Re Mida, Lucky, el intrépido [1] s'inscrit comme un cas d'école dans la bouillonnante filmographie du madrilène Jesús Franco. Considérée par son réalisateur comme l'un de ses films préférés, cette production italo-espagnole ne trouva pas son public à l'époque de son exploitation. Mal distribué, mal compris, Lucky fut rangé rapidement comme un produit inadapté appartenant, bon an mal an, à la catégorie Europsy. Une grave erreur d'appréciation tant celui-ci relevait, dans le sillage du Cartes sur table mis en scène par Franco l'année précédente avec Eddie Constantine, de la parodie. Mais pas seulement. Expliquant sans aucun doute l'embarras de ses commanditaires, Lucky, non content de jouer avec les codes du film d'espionnage, empruntait directement à la bande-dessinée son langage narratif. Un film hybride à classer entre La dixième victime d'Elio Petri et Danger Diabolik de Mario Bava. 

Lors d'une fête costumée, une femme déguisée en Cléopâtre (Teresa Gimpera) est poursuivie par des meurtriers. Sa mission est de conduire l'agent Lucky Mulligan (Ray Danton) à New York, où se trouve la loge secrète Archangel. Les membres le chargent d'enquêter sur l'apparition de faux dollars qui inondent les marchés du monde entier. A Rome, au « marché aux espions », Lucky accompagné de Michele (Dante Posani) apprend que l'usine où est fabriqué le papier est située en Albanie...

La légende de la montagne - King Hu (1979)

Grand maître du film de sabre chinois, King Hu fit connaitre le wuxia pan au-delà des seules frontières asiatiques. A Touch A Zen (1971) fut ainsi la première œuvre chinoise récompensée au Festival de Cannes en 1975. Or, en dépit de cette reconnaissance internationale méritée, les succès populaires et critiques de L'hirondelle d'or (1966) et de Dragon Inn (1967), au cours de la décennie précédente, faisaient désormais partie du passé pour le cinéaste chinois. Après l'échec commercial d'A Touch of Zen, et les accueils tout aussi mitigés de ses deux films suivants, King Hu prenait le risque de ne plus pouvoir financer ses nouveaux projets. Profitant de la nouvelle politique d'aide du gouvernement sud-coréen pour attirer les tournages sur son territoire, le réalisateur put se lancer dans la production de deux nouveaux longs-métrages, Raining in the Mountain, puis La légende de la montagne, projet autrement plus ambitieux, évoquant aussi bien l'envergure du désormais classique de 1971, que les mêmes mésaventures de ce dernier lors son exploitation en salles... Pour la première fois en Blu-ray et DVD en version intégrale et restaurée ce 9 mai 2018.

He Yun-Tsing (Shis Chun) est missionné par le monastère Haiying pour recopier le sutra Mudra, un canon bouddhiste qui permettrait de délivrer les âmes errantes de la détresse. Pour mener à bien cette tâche, les moines lui suggèrent de se retirer dans un endroit isolé, la citadelle du nord, au cœur de la montagne. Yun-Tsing y est accueilli par M. Tsui (Tung Lin), le secrétaire du général Han, auquel il remet une lettre de recommandation signée par le moine Hui Ming. Sur place, Yun-Tsing fait la connaissance de Mme Wang (Rainbow Hsu), et de sa fille Melody (Hsu Feng)...
 

Elves - Jeffrey Mandel (1989)

Conte de noël pervers, série Z improbable, Elves de Jeffrey Mandel ne manque pas d'arguments pour l'amateur de friandises déviantes. Produit par le trio "maléfique", John Fitzgerald, Jerry Graham et Dale Mitchell, coupable la même année du retentissant Alien Seed, avec Erik Estrada en journaliste chasseur d'aliens inséminateurs de sperme messianique extra-terrestre, Elves s'inscrit dans la lignée d'un sous-genre, à la croisée de la fantasy et du film d'horreur inspiré par le succès des Gremlins du génial Joe Dante. Faisant suite (en quelque sorte) au déjà bien croquignolet, Troll de John Carl Buechle, et en attendant la décennie suivante le début de la franchise Leprauchaun, ce premier long-métrage du scénariste Jeffrey Mandel laisserait supposer que nous ayons à faire à une cohorte de créatures malfaisantes aux oreilles pointues, derniers avatars d'une famille de bestioles dégénérées, lointaines parentes des Ghoulies, des Munchies et autres Hobgoblins. C'était sans compter cette première déception, car de représentant de la race elfique, le film n'en dénombrera qu'un seul. Fort heureusement très méchante. Mais n'allons pas trop vite.

Un soir, Kirsten (Julie Austin) et ses deux amies Amy et Brooke se livrent à une cérémonie occulte dans une forêt voisine. Par mégarde, Kirsten se coupe et ramène à la vie, sans le savoir, un elfe démoniaque. Durant la nuit, celui-ci s'introduit chez Kirsten, dans la chambre de son jeune frère Willy...
 

Cronico Ristretto : Broken Limbs Excite No Pity - Bruce Lamont (2018)

Sept années après son fort remarqué premier effort solo [1], Feral Songs For The Epic Decline, Bruce Lamont mettait fin à ce long hiatus le 23 mars dernier avec la sortie de son deuxième album, Broken Limbs Excite No Pity, sur le label War Crime Recordings. Depuis Beyul (2012), dernier album en date de Yakuza, l'homme n'a pas pourtant pas chômé. Au contraire. Fort de sa participation à de multiples side-projects, de Corrections House, avec Scott Kelly (Neurosis), Mike IX Williams (Eyehategod) et Sanford Parker (Minsk), à Brain Tentacles, Bloodiest, en passant par son récréatif groupe de reprises Led Zeppelin 2 Live, cette figure de la scène underground chicagoienne, on l'aura compris, a plusieurs cordes à son arc. Dès lors, Broken Limbs Excite No Pity n'avait aucune raison de réfuter les expérimentations passées ou de cadenasser la versatilité de cet explorateur des genres et homme-orchestre [2]. Folk, drone, électro, ambient, jazz, noise, rock, etc., tous ont été conviés. Dont acte.
  

Black Moon - Louis Malle (1975)

Dernier film français de Louis Malle, avant son départ et le début de sa carrière étasunienne, Black Moon ne déroge pas à la filmographie hétéroclite du réalisateur du Feu follet. Mis en scène juste après le controversé Lacombe Lucien, cette lune noire suit la règle établie que chaque film de Malle se dresse contre le précédent. Ainsi, après le semi-autobiographique récit d'un jeune paysan qui bascule dans la Collaboration, Black Moon se place « en marge de la réalité » pour reprendre les mots de son auteur, ce dernier signant ici son unique essai fantastique, teinté de surréalisme. 

Dans un futur proche, sur une route de campagne isolée, la jeune Lily (Cathryn Harrison) fuit au volant de sa voiture la guerre qui oppose les hommes contre les femmes. Arrêtée à un barrage, elle est témoin de l'exécution de combattantes par des soldats portant des masques à gaz. Vite confondue par ses longs cheveux blonds, Lily réussit toutefois à s'échapper en coupant à travers le champ voisin. En chemin, elle fait la connaissance d'une licorne et découvre une maison retirée où vivent, à l'écart de ce monde déchiré, une étrange famille composée d'une vieille femme et de ses deux enfants, un frère (Joe Dallesandro) et une sœur (Alexandra Stewart), prénommés tout deux Lily...
  

La chute des aigles - Jess Franco (1989)

Fort du succès de leurs deux précédentes productions Dark Mission et Esmeralda bay, réalisées chacune par Jess Franco, Eurociné et son emblématique patron Marius Lesoeur décidèrent de battre le fer pendant qu'il est encore chaud en produisant leur superproduction, celle qui devait asseoir l'essor de la société domiciliée au 33 Champs-Elysées, La chute des aigles, avec, excusez du peu, Christopher Lee, Mark Hamill et... Ramon Estevez, fils de Martin Sheen, et cadet de la fratrie. Or ce changement d'ambition notable se solda par un échec cuisant, marquant la fin de l'aventure eurocinéenne trois décennies après sa création. Pire, ce film maudit qui précipita la « Chute de la maison Eurociné » [1] fut également responsable d'une brouille durable entre le réalisateur madrilène et la famille Lesoeur. Une triste fin, en somme, à l'image de ce film démodé, éloigné des fondamentaux de la société, qui produisit Le Lac des morts vivants, son plus grand succès. Mais n'allons pas trop vite...

Berlin, 3 septembre 1939. Le banquier Walter Strauss (Christopher Lee) organise une réception pour fêter l'anniversaire de sa fille unique Lilly (Alexandra Ehrlich). Épris par Peter (Mark Hamill), brillant officier, et Karl (Ramon Estevez), musicien et compositeur, Lilly choisit le jeune artiste, leur amour de la musique étant plus fort que les diatribes de Karl envers l'idéologie du parti au pouvoir. Tenu en haute estime par les dirigeants nazis, les officiers présents lors de l'anniversaire annoncent à l'assistance, dans l'allégresse, la bonne nouvelle tant attendue, la France et le Royaume-Uni viennent de déclarer la guerre à l'Allemagne. Mobilisé sur le front d'Afrique du Nord, Peter n'a d'autre choix que de s'engager...

Cronico Ristretto : Ubiquitous Falsehood - Cavernlord (2018)

Obscur. Ce side-project l'est assurément. A l'instar de son instigateur, le dénommé Nathaniel Leveck. De son auteur, nous devrons nous contenter d'une biographie officielle des plus succinctes. Né au milieu des années 70 dans le Midwest, et désormais résident au Wyoming depuis 2005, nous n'en saurons pas plus sur celui que se fait également appelé Namtaräum. Qu'importe. L'homme alterne depuis cinq années les différentes formations, toutes auto-produites, à un rythme soutenu, symptôme d'une schizophrénie stakhanoviste avec pas moins de trois groupes officiels, les black metal Natanas (d'obédience doom) et Telerumination (d'obédience dark ambient) et l'introspectif Uls De Tol, et une cohorte de side-projets, dont le noise Hydrogen Sulfide et celui qui nous intéresse, le sludge Cavernlord dont le récent Ubiquitous Falsehood vient de paraitre le 26 février dernier.

Deuxième véritable album après un disque éponyme sorti quasiment une année auparavant, et deux E.Ps sortis sur Vibrio Cholerae Records, l'évidence, du moins le réflexe premier, serait de s'arrêter sur cette expressive pochette tirée dont on ne sait quelle maison close crapoteuse du début du siècle dernier.

Cronico Ristretto : Fouth - Lento (2017)

Cinq longues années sans nouvel album de la part de nos romains préférés. Une éternité tant leurs trois premiers disques, en sus du tellurique Supernaturals record one enregistré de concert avec leurs compatriotes d'Ufomammut, avaient marqué nos esprits amateurs de déflagrations soniques. Et cinq longues années synonymes également de remise à plat pour cette formation instrumentale. Du line-up originel qui comptait trois guitares en 2004, Lento est désormais un trio. Un changement et une formule première sinon salutaires, qui apportent du moins aux italiens un certain renouveau dans l'approche de leur musique hybride, après leur complexe et avant-dernier effort, Anxiety Despair Languish [1], dernier disque signé sur le label Denovali Records.

Enregistré et mixé par le guitariste Lorenzo Stecconi à Rome entre octobre 2016 et février 2017, le nouveau disque Fourth se distingue, on l'aura vite deviné, par sa maturité, l'écriture des compositions ayant débuté, deux ans plus tôt, à partir de décembre 2014. Un disque donc mûrement réfléchi qui profite toutefois des possibilités offertes par la trinité rock guitare-basse-batterie. Plus direct, moins sophistiqué que leur précédent opus, ce quatrième album marque une nouvelle étape dans leur discographie.

Duel au soleil - King Vidor (1946)

Quatre mois après leur Coffret Ultra Collector consacré aux années Selznick d'Alfred Hitchcock, Carlotta édite une nouvelle édition luxueuse dédiée à l'autre production Selznick, après Autant en emporte le vent, rentrée dans la légende du cinéma, Duel au soleil. Film le plus onéreux jamais tourné à l'époque, tournage rocambolesque étalé sur près de deux années, etc., Duel au soleil et sa « monstrueuse » fabrication furent autant une entreprise démesurée, que la marque de la mégalomanie de son producteur. Triomphe commercial et critique à sa sortie, symbole d'un âge d'or hollywoodien qui connaissait alors ses derniers instants, Duel au soleil est désormais disponible pour la première fois dans sa version restaurée à partir du 21 mars prochain en Coffret Ultra Collector Blu-ray + DVD + livre et éditions Blu-ray et DVD [1].

Après l'exécution de son père, condamné à mort pour avoir tué sa femme indienne et son amant, la jeune Pearl Chavez (Jennifer Jones) part s'installer chez les McCanles, de riches cousins éloignés vivant au Texas. Sa peau métissée lui vaut de connaître l'hostilité du patriarche (Lionel Barrymore), et sa beauté d'attiser les tensions familiales, notamment entre les deux frères Jesse (Joseph Cotten) et Lewt (Gregory Peck). Car l'aîné, brillant diplômé en droit, est aussi pondéré et droit que le cadet, jeune voyou sans foi ni loi, est impulsif et passionné. Entre ces deux frères rivaux, Pearl va devoir choisir…
  

Brigitte Lahaie, L'amour c'est son métier : 1976 - 1980


Chronique précédemment publiée dans le numéro 28 de la revue L'Indic, Noir magazine.

Brigitte Lahaie : céder à la tentation de vouloir résumer ses cinq années dans le cinéma X par le titre du film de l'iconoclaste José BenazerafL'amour c'est son métier, est des plus séduisantes. Mais si l'amour pouvait prendre diverses formes sur grand écran chez cette icône du cinéma d'exploitation, les métiers exercés par la belle l'étaient tout autant. A charge pour le rédacteur de ce billet de répertorier, consciencieusement, les professions fantasmatiques (du moins présentées comme telle) pratiquées par celle qui imposa, avec grâce, sa sculpturale présence dans les productions Alpha France et consorts, de ses premiers pas en 1976 à son arrêt du X en 1980.

American Cyborg: Steel Warrior - Boaz Davidson (1993)

Compagnon de route des cousins Golan et Globus depuis la décennie 70's avec Lupo B'New York (1976) jusqu'au plus récent Salsa (1988) produit sous le sceau de la sacrosainte Cannon, Boaz Davidson signa au début des années 90 deux films post-apocalyptiques connus des seuls initiés : American Cyborg: Steel Warrior en 1993, et deux ans plus tard, Lunarcop avec Michael Paré.

Relecture à peine voilée de la précédente production Golan et Globus, à savoir Cyborg (1989) avec Jean-Claude Van Damme, ledit American Cyborg, au titre de dernière production des studios Cannon, pouvait compter en premier lieu sur les services d'un jeune acteur prometteur (NDLR : de trente-deux ans tout de même) dénommé Joe Lara, afin de pallier l'absence remarquée des Muscles from Brussels partis vers d'autres horizons plus lucratifs [1]. A charge dès lors pour l'interprète du téléfilm Tarzan à Manhattan de faire oublier aux amateurs de pirouettes pugilistes les performances de JCVD. Or c'était sans compter sur un scénario en béton en armé avec son quota de punks dégénérés, de vils mutants, et d'un méchant moustachu...

2020, après la guerre nucléaire qui dévasta la planète dix-sept ans plus tôt, un espoir renait en la personne de Mary (Nicole Hansen). Parmi cette population survivante et stérile dominée par les machines, la jeune femme incarne l'avenir de l'humanité en devenant la mère du premier enfant sain depuis l'apocalypse. Désormais en danger, Mary doit fuir au plus vite la cité. Pourchassée par un tueur cybernétique (John Saint Ryan), elle fait la rencontre du dénommé Austin (Joe Lara) ...