Meurtre d'un bookmaker chinois - John Cassavetes (1976)

Figure incontournable du cinéma indépendant étasunien, John Cassavates s’attela avec Killing of a Chinese Bookie (1976) à un sujet, qui ne pouvait laisser indifférent l'amateur de film de genre qu'est le préposé à la chronique. Un film de genre, ou tout du moins son prétexte, qui permettra au réalisateur de Faces d'écrire et de mettre en scène, paradoxalement, un de ses films les plus personnels. Mais n'allons pas trop vite.

Cosmo Vittelli (Ben Gazzara) est le propriétaire à Los Angeles d'une boite de strip-tease prénommée non sans malice le Crazy Horse West. Ce passionné de music-hall, d’effeuillage et de jolies filles profite du paiement de sa dernière traite pour faire la tournée des grands ducs avec ses préférées dont sa petite-amie Rachel. Et une passion pour le jeu dévorante qui pourrait bien le mener à sa perte... Invité par l'un de ses clients occasionnels (Seymour Cassel) à venir jouer dans son casino avec un supposé crédit illimité, le piège tendu par le milieu est prêt à s'abattre sur Vittelli. Désormais redevable d'une dette de 23 000 dollars, Cosmo n'imagine pas encore l'étendue de la manipulation dont il est le jouet. Car si la pègre peut réclamer la propriété du club, celle-ci a d'autres intentions... La Mafia fait en effet une proposition qui ne se refuse pas, l'effacement de la dette de jeu contre le meurtre d'un mystérieux bookmaker chinois...

Fallen - Burzum (2011)

2010 avait sinon suscité l'émoi chez certains nostalgiques de la première moitié des 90's, tout du moins réveillé les amateurs d'un metal cru et noir... ainsi qu'une poignée de curieux restants, plus intéressés par la case fait divers: Varg Vikernes sortait de prison et remettait en selle Burzum. Soit le retour d'une des formations de black metal les plus intéressantes, et aussi malheureusement (et à juste titre) l'une des plus controversées du fait de la personnalité de son leader... xénophobe.

Après un Belus mitigé laissant néanmoins quelques raisons « d'espérer » en un sombre avenir musical, Vikernes remet donc le couvert et montre contre toute attente (?) que le monsieur n'est pas encore mort musicalement ; fait rare et à souligner eu égard aux états de service et à l'âge avancé de Burzum [1].

L'enfer des zombies (Zombi 2) - Lucio Fulci (1979)

Lucio Fulci, un nom connu des seuls initiés amateurs de chair sanguinolente à la recherche d'une AOC gore de qualité ? Ce serait oublier par exemple ses nombreux giallos réalisés au début des années 70. Mais la boite de Pandore fuclienne garde encore de nos jours un pouvoir de nuisance et de séduction intacte pour celui qui l'ouvrirait par mégarde (gare à l'imprudent qui découvrirait bien malgré lui le film d'aujourd'hui, un néophyte en proie prochaine à de multiples persistances rétiniennes et errements post-traumatiques [1]).

1979, L'enfer des zombies, que les producteurs ou distributeurs nommeront Zombi 2 [2], marque une date clé dans la filmographie du réalisateur romain. Premier film foncièrement gore de son auteur, annonçant la future trilogie débutée l'année suivante par Frayeurs…, cet enfer ne se résume pas à un seul concours de bidoche fraîche ou à procédé de margoulins qui voulait le faire passer comme une séquelle du Zombie de George Romero. Mais n'allons pas trop vite.