Stoner le monde est stoner

On finit la semaine par un groupe de rock’n’roll (en même temps cette semaine y’en avait que pour le rock pourrait me rétorquer le jazz ou le rap fan) qui sent bon la bière (ou le whisky au choix) et les 70’s.

Oui encore un cliché...

Après avoir fait parti du groupe culte archi-culte (à savoir qui vend pas une galette mais qui va influencer une pléthore de groupes) Kyuss, le guitariste Josh Homme décide de former son groupe après la dissolution du dit groupe.

Alors quel nom choisir ? Bah ce brave gars voulait le nommer Gamma Ray, ne sachant pas que ce dernier était déjà pris par des teutons. Bon ça parait drôle sur le moment que le père Homme ne savait pas que c’était déjà pris, mais on lui en voudra pas, car bon, faut l’avouer, le groupe de Kai Hansen, à part les amateurs de Heavy speed (hein papy D.) qui s’en soucie ?

Donc il faut choisir un autre nom ! Et là, notre Homme se souvient de la réplique de son ancien producteur époque Kyuss, qui justement les avaient nommés les reines de l’âge de pierre, en rapport à leur musique très teintes 70’s. Ni une, ni deux, le groupe se nommera désormais Queens of the stone age !

Oui mais ça ressemble à quoi alors ce groupe ? C’est dans la continuité de ce que pouvait produire Kyuss mais en plus rock’n’roll encore, donc un revival heavy metal/rock 70’s avec un groove omniprésent. Du bon rock’n’roll des chaumières quoi !

Alors ils inventent rien, c’est sur, mais ça fait du bien. Et puis, chose appréciable, au niveau du chant, on est a cent lieux des chanteurs de heavy rock qui poussent dans les aigues à s’en faire péter les cordes vocales, encore un bon point. Car en ce qui concerne ce registre, le chanteur de heavy rock (ou de rock finalement) absolu reste Robert Plant, et bonjour le nombre de pécors qui tentèrent de l’imiter, insupportable...

Manchester via NYC

Vingt longues années il aura fallu attendre pour avoir une véritable filiation au Ian Curtis band. Morbleu ! Oui mais finalement ça a valu le coup d’attendre. Et puis, j’ai rien attendu du tout personnellement, puisque j’ai découvert Joy Division sur le tard, na !

Bon après ces quelques digressions infantiles, occupons nous donc du groupe Interpol. Ces derniers se sont formés en 98 à New York, et officie donc dans un rock indie teinté d’ambiances brumeuses made in England. C’est d’ailleurs étonnant que ça nous vienne de NYC, comme quoi, l’adage nul n’est prophète dans son pays... Faut dire qu’après quarante ans de beatlesmania la perfide Albion n’en est pas encore vaccinée, alors bon, qu’un groupe anglais s’intéresse véritablement au répertoire du GROUPE mancunien. On préfère toujours surfer sur le succès des fab four, soit... du coup aujourd’hui si on parle de Manchester, on pense à qui?... Oasis (voir les Stones Roses pour les plus vieux)! Tiens on retourne aux Beatles, étonnant, non ?

Et alors Interpol, me direz vous ? Ils ont eu l’intelligence d’avoir en point de mire Joy Division mais tout en allant de l’avant. De toute façon, à quoi bon rendre un copier coller avec un chanteur qui tenterait d’imiter Ian Curtis ? Le groupe suit donc une évolution qu’aurait pu suivre le groupe mancunien après Unknown Pleasure (le 1er Joy Division), à savoir un rock nerveux teinté de spleen.

James Murphy band

Est-ce parce que j’ai commencé à écouter des groupes qui n’étaient pas à la mode, voir conspués par les journaux plus ou moins branchés? Toujours est il, que les groupes ou artistes qui apparaissent comme par enchantement dans la presse et sont vite montés en épingle, je m’en méfie...au risque de passer pour un vieux con ? Alors je préférais qu’on me traite de con tout court car je l’étais déjà à l’adolescence ! Et puis faudrait alors définir la notion de vieux con : est-ce un jeune con qui a vieilli ou la connerie viendrait en vieillissant ? Ou un peu des deux...

Donc y’a quelques temps, Les Inrocks, mais d’autres aussi je pense, étaient tout émoustillés à l’écoute du groupe LCD Soundsystem (d’ailleurs il me semble qu’ils leur faillent pas grand-chose à ces derniers)? Pourquoi donc ? A vrai dire, à part rappeler les jeunes années de ces quarantenaires, on peut se demander...

J’exagère forcement, comme toujours, ce groupe est pas si mal que ça en fait, disons qu’il recycle pas mal de bonnes idées issues des années 80 (j’ai beau me gausser de cette décennie, y’a quand même quelques bons trucs...), à savoir le rock dansant genre Talking Heads ou New Order voir même le Brian Eno des années 70, le tout avec une production moderne. Bon maintenant, bien que ça reste plaisant à l’écoute, on peut pas s’empêcher de se demander si ça vaut tout ce pataquès ? Je vous laisse juge, après ça dépend aussi de la sensibilité de chacun, surtout en matière de recyclage musical, la subjectivité est de mise.

The glam’s not dead

Marc Bolan, David Bowie et Roxy Music ou la sainte trinité de la musique glam ? Difficile après de tels noms de rester dans le même sillage et de vouloir leur rendre hommage une fois le mouvement éteint. Du coup quand on voit le pseudo-revival glam apparu dans mes chères années 80 aux Etats-Unis, on pouffe ! A croire que le glam se réduisait qu’à des costumes flashy qui font mal aux yeux ! Pouah ! Dès lors, on a droit à des castrats accompagnés par des zicos emperlousés se la jouant rebelles en faisant du Hard FM... Des noms ? Oh les plus connus sont Motley Crue, Poison (mais le mieux reste le KISS de ces annees la, pire que la décennie précédente, si c'est possible)... C’est sur, c’était pas du glam pur et dur, mais ils s’en réclamaient tout de même ces salauds et donc ça fait mal quand même.

Triple buse ! Le glam c’est la décadence, aussi bien vestimentaire que musicale ! Ecoutez le piano sur le titre éponyme de l’album de Bowie Aladdin Sane.

Mais comme la mode est un éternel recommencement, on a toujours droit à un retour de boomerang. Et ça nous revient des USA et de San Diego! Oui mais cette fois ci, la recette a été assimilée, et puis y’a pas de véritable revival, c’est juste un groupe qui se fait plaisir à jouer du glam tendance garage. Louis XIV nous joue donc un glam rock honnête directement sorti de l’Angleterre des années 70, pas original pour un sou, mais ça reste efficace et plaisant. Cependant au niveau look, ils ont quand même eu la décence de ne pas afficher un look 100% glam, pas de paillettes donc, faut pas déconner quand même.

Tyrell Corp

Cette semaine, j’entame une série, “on a rien inventé, mais on fait de notre mieux”.
Et comme en général, le lundi, on défouraille, je me suis dit, tiens et si je mettais un peu de métal industriel ? Encore ! Bah oui...
Sacré Rob Zombie, non contant de jouer les freaks, le bonhomme s’est toujours fait le chantre d’une certaine contre-culture, celle des films gores, le bon film de série B qui tache lorgnant vers le Z. En plus, monsieur Rob s’est désormais émancipé, et non content d’avoir une carrière de musicien, ce dernier se la joue réalisateur avec deux longs métrages à son compteur, et un remake du film de Carpenter Halloween en préparation.
Mais avant de tourner « approche un peu que je t’éventre » et d'entamer une carriere solo, Zombie avait son groupe, White Zombie où justement il s’amusait à incorporer sa passion pour Black Sabbath et les films d’horreur. Alors, musicalement, il invente rien, il repique les idées d’un Ministry, rythmiques répétitives, batterie marteau-pillon avec en prime une bonne doses de samples issus de films. N’empêche, c’est plutôt bien fait, et puis en live, on a droit un vrai cirque Barnum dans la grande tradition rock’n’roll freak show.
Alors que demande le peuple ?

paillard

Pour finir sur la thématique hebdomadaire, une p'tite chanson paillarde sympathoche: societe de biroute, avec les paroles ci joint.

on vient d'fonder une société,on vient d'fonder une société , une société ou sont admis tous les jeunes gens de 18 à 60 ans , de 18 à 60 ans , suffit d'avoir une belle birou ou te , la la la la

refrain: danser , voltiger les biroutes ah c'qu'on est heureux , c'qu'on est heureux , c'qu'on est heureux , ah quel plaisir d'avoir une belle biroute , ah quel plaisir de pouvoir s'en servir avec un verre d'une main sur les rou ou tes

ya rien plus beau qu 'une biroute vas y.

si l'president vient à s'marier si l'président viens à s'marier , viens à s'marier on ira tous à son mariage avec une boite de cirage , avec une boite de cirage , on lui noircira sa birou ou te, la la la la

refrain.

tu la connais la bibite au président. S' il président devient papa , s' il président devient papa , devient papa , a sa fille on achétera une biroute en chocolat , une biroute en chocolat, elle saura sucer les birou ou tes , la la la la

refrain.

et quand l'un d'eux nous mourrira , et quand l'un d'eux nous mourrira , nous mourrira , on ira tous à l'enterrement avec une biroute à ch'main , on f''ras pleurer toutes nos birou ou te , la la la la

refrain

couplet patriotique, sortez les biroutes de l'étui et mettez les au bout du fusil , s'il vous plait.
et si jamais il vient la guerre , et si jamais il vient la guerre , il vient la guerre , nous serons tous à la frontiere avec nos biroutes en l'air , avec nos biroutes en l'air , on f'ras décharger nos birou ou tes , la la la la

refrain


societe de biroute

Shiny boots of leather (ou le Lou reed du mois)

Ah bah, on s’y attendait pas à celle la ! Evidemment après un « I wanna be your dog », fallait bien que je revienne à la source. Et donc, je m’occupe de l’un de mes morceaux préférés du Velvet. La première ode du sadomasochisme du rock ! Ah ça va sentir la sueur, le cuir et le fouet ! Ça a quand même plus de gueule que les ritournelles de Liverpool, « love me do... », pouah ! C’est pas non plus le même public qui est visé, je vous l’accorde, mais c’est la même époque, puisque cette comptine fut composée en ‘65 !

Ah, « kiss the boot of shiny, shiny leather », «Strike, dear mistress, and cure his heart», on comprend d’ou vient l’inspiration d’un “je veux être ton toutou”.

Comme je le soulignais mercredi, avec ce genre de propos, on fait parti des ovnis musicaux des années 60. En pleine période hippie, des blanc becs vêtus de noir, avec lunettes teintés portées en toute circonstance, ayant pour propos la dope (dure ça va s’en dire), le sadomasochisme, et qui passent pour des terroristes sonores (merci LaMonte Young au passage), on est à cent lieux de la scène de San Francisco.

Oh mais n’y voyez pas de condescendance de ma part pour cette scène non plus, mais le seul problème c’est que la scène de San Francisco n’a pas survécu, n’a pas su se renouveler et est morte avec le mouvement hippie. Or justement, le Velvet, n’étant affilié à aucun mouvement a réussi à insuffler quelque chose de nouveau à NY (qui paradoxalement était plutôt reconnu pour le free jazz (ça ok) mais aussi pour son folk ?!) et a été ainsi les instigateurs d’une nouvelle scène rock made in NYC.

Pour revenir au morceau, en plus de se faire les chantres du « vas y fouette moi maîtresse, j’ai été très très méchant... » au niveau des paroles, on notera qu’il en va de même pour le violon alto du gallois John cale, car apprécier les stridences de son instrument si c’est pas du sadomasochisme, qu’est ce donc ? Expérience cathartique, il me semble.

La turlute

J’en parlais hier, voici donc le Kid de Minneapolis. Parmi les différentes solutions pour faire son trou dans la musique et faire parler de soi, la provocation reste celle qui à défaut de vous faire durer (sauf si talent), permet en tout cas de tourner les projos sur soi.

Et finalement, les deux termes porteurs restent la religion ou le sexe. Dans le premier cas, on l’a vu par exemple dans les années 90 avec Marilyn Manson, et dans le second cas, celui qui nous intéresse Prince reste un bon exemple.

C’est donc avec son troisième album, Dirty Mind, que les choses vont s’accélérer pour le futur nain pourpre. Alors quid ? Déjà, vous prenez une pochette, ma foi, très limite : un Prince en slip, et pour le coup un petit clin d’oeil au public gay. Et puis vous rajoutez une bonne louche de paroles cochonnes bien crues. Musicalement ? Et bien, en général, la provo sert à cacher un vide, pas dans ce cas, car le Kid réussit à mixer le funk du sieur Clinton aux sonorités froides d’un Kraftwerk, surfant sur une new-wave naissante.

Je veux être ton toutou

Bon on continue dans le registre du sexe déviant (enfin pour le péquin moyen). Lou Reed fut le messie, the Stooges (ou plutot Iggy) furent les apôtres. Bien que ce soit un peu gratuit de sortir ce genre d’expression à l’emporte pièces, on peut pas s’empêcher de penser quand même que le Velvet a permis d’ouvrir une extravagance dans le langage rock, et ma foi plus intéressant que le relent Peace and Love, fleurs dans les cheveux et imprimées sur les chemises avec quelques effluves de patchouli en prime. J’oublie pas non plus l’influence qu’a eu Jim Morrison sur notre cher Iguane, mais dans le cas qui nous intéresse, la première source d’inspiration reste tout de même l’affreux jojo Lou.

C’est donc en 1969, que sort le 1er méfait des Stooges, bande de losers, jeunes paumés et accros aux paradis artificiels. Et parmi les différents titres cultes de cette joyeuse galette, se trouve donc un hymne, moins intellectualisé qu’une « venus en fourrure », plus direct en somme.

On note aussi en plus du terme abordé, l’importance du son de guitare, très abrasif (pour l’époque). Le père Iggy voulait un son qui lui rappelle l’époque où il bossait à la chaîne, un son industriel en somme (tiens ça vous rappelle rien ?).

En prime, une petite cover plutôt sympathoche de la petite française Emilie Simon, qui n’est pas sans rappeler les salaceries du Kid de Minneapolis. Quoi de mieux que des mélodies sucrées pour dire des cochonneries ? Sauf que cette fois ci, nous sommes dans un registre plus électro, faut vivre avec son temps.

“I want to feel you from the inside…

…I want to fuck you like an animal”. Y’a pas a dire, il a le sens de la formule le père Trent Reznor.

Apres un EP, Broken, qui déjà annonçait le virage guitares métalliques, ambiance malsaine (Happiness in slavery et son clip dantesque), voici donc en 1994, œuvre ultime de Trent Reznor, The downward spiral. A la différence d’un Ministry, NIN sait se faire plus séduisant, moins brut de décoffrage, mais au final, le propos reste le même : sombre, torture, indus, métallique. Et puis contrairement à Al Jourgensen, les paroles du Trent sont plus focalisées sur les rapports humains, l’autodestruction, et plus sexuées aussi.

Il est aussi intéressant de noter que Marylin Manson doit son succès au père Trent, qui a supervisé l’enregistrement de son fameux Antichrist Superstar. Et à cette époque donc, mi-90’s, le rock indus devient dès lors vachement à la mode aux USA, étonnant non?

Deuil

En attendant que le site sharebigfile veuille bien ne plus ramer, un p'tit post hommage a un quelqu'un qui est mort, snif, encore un grand qui s'en va...
Mon cher Augusto, ces fumiers d'Allende (enfin ce qu'il en reste et puis un socialiste élu démocratiquement, quelle horreur!) et autres cochons de démocrates n'auront pas le procès que soi disant tu méritais...
RIP Pinochet, mon enfant (comme disait Pierrot, dans Pinochet y'a "hochet"...), gentil président et pas dictateur, pfff, la médisance...
J'espere que la CIA déposera une petite gerbe à ton enterrement.

PS: en remerciant les comm' qui ne comprennent rien au cynisme et à l'humour noir

Sex, sex, sex!

Mike Patton… dire que c’est la première fois que j’en parle dans ce blog, fichtre!

On retiendra surtout son poste de chanteur dans le groupe de fusion Faith No More, et pourtant son premier véritable groupe fut Mr Bungle. Un groupe de doux dingues !

Le groupe est formé par une bande de lycéens en 1985, ces derniers officiant dans une espèce de thrash/death metal primaire mais déjà à la sauce second degré, voir le nom de leur 1ere demo de 86, Raging Wrath of the Easter Bunny, et des titres frais comme Anarchy Up Your Anus, tout un programme...

Au fil des années, le groupe va développer leur concept de musique à la fois barrée et à la fois comique, rappelant fortement que ces petits gars ont du pas mal écouter Franck Zappa (tiens lui aussi, je m’en suis pas encore occupé ! va falloir que je me penche dessus...). Mais à la différence du génial moustachu, Mr Bungle garde des racines metal, même si ces dernières s’estomperont au fil du temps (leur dernier album California).

En 1991, sort donc leur premier album éponyme produit par un autre siphonné du bocal, John Zorn. A vrai dire, là aussi, c’est un sacre ovni musical...on passe d’un thrash à de la musique de cirque, limite fanfare, des vocaux rap...et tout ça dans un même morceau, des cinglés donc.

A noter qu’il serait dommage de résumer Mr Bungle à la seule présence du génial vocaliste, car Trey Spruance (guitare), Trevor Dunn (basse) et Danny Heifetz (batterie) ont autant une place importante dans le processus créatif du groupe. D’ailleurs, parallèlement à l’aventure, Patton étant décidément trop dispersé (un nombre de projets...), ces derniers formèrent Secret Chiefs 3.

Dédé et le gros

Et bien non, je ne finirais pas cette semaine spéciale duo par les White Stripes ou leurs cousins les Black Keys ! Pour la simple bonne raison, que je trouve ça loin d’être transcendant. Encore que pour le groupe rouge et blanc, je concède avoir un faible pour le morceau Seven Nation Army et son riff imparable. Non aujourd’hui, je vais mettre un peu de rap, ça faisait quelque temps que j’en avais pas mis.

Donc Outkast, duo du sud des USA, formé par Andre 3000 (anciennement Dre, les rappeurs et leurs pseudos...) et Big Boi. A vrai dire pour moi, Stankonia est leur dernier album, en tant que duo, car après... chacun fera son truc de son côté, pour le double album suivant Speakerboxxx/The Love Below, chacun aura droit à son album... Et puis le dernier, la BO de leur film (nanar ?) Idlewild, c’est pareil... c’est même plus fort car maintenant Andre 3000 veut même plus tourner, du coup Big Boi se retrouve tout seul... risible.

Enfin bon, en 2000, ils nous pondent un très bon album, encore un exemple qui montre que musicalité et rap peuvent très bien se côtoyer, et ne se limite pas au pompage de tubes anciens (60’s ou 80’s, la palme revenant à P. Diddy et son bon goût pour les tubes ringards des 80’s...), d’étalage de viandes plus ou moins fraîches emballées avec quelques guns et autres grosses vrooom vroom.

Et puis à l’époque, ils se prenaient pas encore trop au sérieux, incorporant quelques interludes plus ou moins comiques entre les morceaux, ce qui étonnement ne gâche en rien la cohésion de l’album.

Trane et Rashied

Ah bah y’avait longtemps que j’avais écrit quelque chose sur Trane ! C’est vrai que dans le jazz, les duos sont pas légions, aussi nombreux que le nombre de doigts d’un lépreux manchot. Mais cette musique s’accorde difficilement aussi avec cet exercice.

Cependant le mystique JC, rien ne l’arrêtait dans sa course effrénée vers sa quête mystico-musicale. Interstellar Space fut donc enregistré quelques mois avant sa mort avec son batteur de l’époque Rashied Ali en 1967. Oui car, en 1965, Elvin a quitté le navire, à la fois ne supportant pas d’être secondé par un autre batteur (l’album Meditation de Trane comporte deux batteurs !), et commençant à être aussi gentiment largué, comprenant de moins en moins la quête de JC. Il faut dire que le jeu d’Elvin était encore teinté d’un certain « académisme » jazz, à savoir le swing. Chez Ali, on est au delà de la polyrythmie cher à Elvin, son jeu est plus dispersé, irrégulier collant parfaitement avec le jusqu’au boutisme de son leader.

Alors, et cet album ! Comme les derniers Trane, c’est une expérience sonore ! A la fois abstrait et intense. A l’origine, les 4 titres proposés sont les noms de planètes du système solaire, et c’est vrai qu’on va très loin ! Trane montre une fois de plus ses qualités techniques et son génie d’improvisateur, un être UNIQUE.

La danse du macchabée

Justement hier je parlais de Lisa Gerrard, et bien aujourd’hui c’est Dead can dance, le groupe de la miss et de Brendan Perry. Voila un groupe qui réconcilie avec les années synthétiques, les années 80 donc ; ou comment se servir des synthés intelligemment ! Et oui, ça existe !

En 1987, sort leur troisième album et aussi leur premier chef d'œuvre, Within the Realm of a Dying Sun. Un album dont les corbeaux s’en remettront difficilement. Ambiance gothique, sombre, triste aidée par l’apport d’un quatuor à cordes et autres cuivres. Bien que musicalement ce soit plus ou moins éloigné, et surtout moins étouffant et suicidaire, je trouve quelques similitudes avec l’album de Nico, Desertshore, au niveau des ambiances en particulier. Comme quoi, elle et Cale n’étaient pas du tout en avance sur leur temps... Et puis, la voix lumineuse de Lisa Gerrard ne ressemble pas du tout à l’ex-Femme fatale.

Sinon pour ceux qui ne connaissent que Enya et Enigma, vous pouvez passer votre chemin, on joue pas dans la même catégorie ici

Alisson et Will Gregory

Apres un sujet polémique, passons à quelque chose de plus léger, et plus dansant, ce qui change sur ce blog !

Je pouvais mettre un morceau du premier album, qui paradoxalement fut le moins populaire, mais qui collerait le mieux avec l’ambiance de ce site. En effet, Felt Mountain, sorti en 2000 est un savant mélange entre un Portishead et une bande originale de film servie par Ennio Morricone ou John Barry. De plus à la différence de Beth Gibbons, Alisson Goldfrapp n’a pas du tout le même timbre de voix, à la fois plus grave, pas jazzy et par moment lorgnant vers une Lisa Gerrard (en moins guindée).

Oui mais en préambule, j’ai parle de musique dansante ? J’y viens. Justement, à part un succès d’estime au près des critiques, le duo décide de changer de style et de virer plus électro et moins trip-hop sur Black Cherry. Oh la ! Ils ont cédé à la facilité, au sirène de la musique pop !! Vendus, salauds ! Oui certains le pensent, moi pas. Effectivement, la musique est plus facile d’accès, mais delà à parler de musique putassière, faut pas exagérer ; d’autant plus qu’ils n’ont pas totalement tiré un trait sur les caractéristiques de leur premier album. Plus dansant oui, mais aussi plus provocant, et plus accrocheur donc.

Pas de polémique...

Voici donc le duo le plus connu du black metal, Nocturno Culto et Fenriz, en tout cas le plus culte. Les spécialistes des productions foireuses, des disques enregistrés dans une cave avec un son de batterie proche de la casserole (ça doit venir de là d’ailleurs l’expression « une batterie de casseroles »). N’empêche, le son est crade, mal produit, mais c’est voulu !!

Et c’est vrai que la transcription d’une musique malsaine passe très bien par ce genre de production. Mais finalement, le sujet de ce post n’est pas tant l’aspect musical de la chose. Faut savoir que ces petits malins, au dos de ce disque, Transilvania Hunger, ont posé la mention « Black Metal Aryen et Norvégien »...

Alors parmi les explications, il parait que c’est courant en Norvège d’utiliser le terme aryen, et c’est vrai que s’il n'y avait pas eu la Shoah, on se poserait même pas cette question. Mais même s’il faut prendre ça au second degré, c’est vraiment dommageable. Faut pas s’étonner après que des crétins téléphages fassent l’amalgame entre les fachos et les amateurs de musique extrême. Alors sont ils fachos ou pas ? Je pense pas, mais c’est plus que maladroit d’utiliser ce genre de terme, ou comment tendre le bâton pour se faire battre... et de toute façon y’aura toujours cette ambiguïté.

Bon maintenant, c’est pas parce qu’on aime Wagner qu’ont doit être antisémite, mais par moment avant d’utiliser de tel terme, y’en a qui ferai mieux de réfléchir avant !
Sinon musicalement, malsain il est ce disque. Ce que finalement voulait retranscrire cette fumeuse mention ?

Pour Philippe

Pour clôturer cette semaine spéciale « fromage qui pue », voici quelqu’un qui ne laisse pas indifférent : Bashung. Ce qui est assez attachant chez ce personnage, c’est que sa discographie, bien qu’inégale, reflète quelqu’un qui est continûment a la recherche de soi-même.

Car artistiquement, il a quand même pas mal de casserole. Il a commencé fin ‘60 comme chanteur pour midinette, puis est passé par la comédie musicale, et est devenu l’agent de Dick Rivers... déjà là, c’est pas très engageant...

Mais comme bon nombre d’artistes, ce dernier a eu un choc, le post-punk, et de voir des artistes comme Joy division ou Wire, à défaut de l’inspirer directement, lui on donne une ligne de conduite, qui sera plus ou moins suivi.

Je passe sur ces premiers succès c’est pas ce qui m’intéresse, mais justement c’est l’après. En fait, il a toujours essayé de faire le grand écart entre le succès public et un aspect plus intimiste, plus casse-gueule aussi. Après, les tubes Vertige de l’amour ou Gaby, il pouvait continuer facile à aligner les chansons inspirées à la fois par le pub rock et la new-wave naissante et remplies à ras bord de calembours made in Bergman. Mais justement, il décidé de s’adjoindre les services de Gainsbarre, pour son cultissime, Play blessures de 1982...Et ce fut un bouillon au niveau des ventes, en plus a côtoyer l’ami Serge, ça aide pas au niveau des problèmes d’alcool... La tournée de cet album fut à l’avenant d’après les échos, assez particulière, les gens voulant entendre les tubes, et lui leur balançait son album invendable. Pourtant, en lisant les paroles, il fallait aussi s’y attendre, Bashung faisant le deuil de lui-même, et de sa premiere période, « Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu, Mort de soif dans le désert de Gaby... »

Faudra finalement attendre quelques années pour que cet album ait la reconnaissance qu’il mérite, car il fait vraiment tache par rapport au paysage musical français de l’époque, froid, poisseux, malsain. Et il annonce finalement les futures pépites noires que sont Novice ou L’imprudence.

Great Rock’n Roll Swindle

On parle souvent et d’ailleurs que du 1er album des Pistols. Or finalement, si je devais choisir un album du groupe de McLaren, ce serait plutôt la BO de leur faux documentaire. Je trouve que celui-ci représente au mieux l’essence du punk anglais, quelque chose de vraiment chaotique ; écoutez les reprises des standards des années 50, Johnny Be Goode, à la sauce John Lydon, ça vaut le détour !

Mais le summum, c’est quand ces derniers jouent la carte de la déconne, un titre comme Who kills Bambi ou leur reprise de My way (ah l’intro…) font parti des classiques du groupes pour moi. Mais le mieux, c’est quand ils reprennent leur tube absolu, Anarchy in the UK, à la sauce « french arrogant bastard »! On a droit à un joli poncif, avec accordéon en prime, un délice !

Ca me fait penser à ces crétins qui nous ont pondu leur quotas de soupe de 40% pour les ondes. Déjà, on se tape les excédents québecois… merci bien, ils pouvaient rester cantonnés dans leur belle Province ! Ah ça pour bramer, le (ou la) québécois(e ) remporte la palme. Mais le pire, et je trouve ça totalement hypocrite, le pécor doit chanter en français, un jeune artiste français est donc obligé de chanter en français s’il veut passer sur les ondes, écoeurant, bravo le poujadisme radiophonique. Je me rappelle que pour soutenir cette cochonnerie, les Goldman ou Cabrel servaient de porte drapeau… C’est vrai qu’ils se sentent menacer par les anglo-saxons, les types… Enfin bon, si ça peut permettre à Orlando de bouffer…

Donc j’en reviens aux Pistols, les radios dites de jeun's pourraient passer cette chanson, elle est excellente, et en plus ça rentre dans leur quota de m… !

Angers sous les tropiques

Et encore un groupe hexagonal qui mériterait une meilleure reconnaissance. A l’origine le dub est surtout une expérience studio, un reggae principalement instru et expérimental, dont les pères sont avant tout des DJ.

Mais justement des angevins ont décidé de confronter le dub à la musique live. Et c’est là, l’originalité de Zenzile, apporter au dub une richesse musicale via l’instrumentation, car au delà de la basse, guitare, clavier et batterie, viennent se greffer des cordes, de l’accordéon ( ?!), et autre flute et sax.

Et leur dernier album, Modus Vivendi (je fais l’impasse sur leurs diverses collaborations, comme avec High Tone) est d’une diversité étonnante tout en gardant une véritable unité, lorgnant vers une inspiration à la fois plus rock et plus jazz. On notera aussi en guest le violoncelliste Vincent Ségal

Amiens, le 80, en force !

Il y a quelque temps, je vous disais que pour moi le free jazz, avant de se faire l’apôtre de la déconstruction, se voulait avant tout un retour aux racines africaines. C’est pourquoi, évidemment, les instigateurs du mouvement en sont les afro-américains. D’autant plus, quand on connaît encore aujourd’hui la politique culturelle am2ricaine, a savoir minimiser la culture africaine de cette communauté.

Ca me fait penser à une anecdote, à propos du film de Michael Mann, Ali, avec Will Smith. Ce dernier, en tout bon américain (remarquez les français sont pas mal non plus, mais bon…) s’intéressait peu à la politique internationale (au sens large du terme). Et là, je veux bien croire son choc quand il est allé en Afrique (je ne me rappelle plus dans quel pays où ils ont tourne le film, en tout cas, c’est pas l’ex-Zaire…). Le décalage ! A force d’être désinformé ou pas informé du tout (les USA sont champions pour ça, merci mr Murdock par exemple, mais avec mr Le Lay on y vient aussi...), le Smith a reçu un dur retour à la réalité. Ils venaient de découvrir ses racines le gaillard, le continent oublié ! Dès lors, il en voulait justement aux médias US de ne pas transcrire ce qui se passe, et la richesse de ce peuple. En même temps pour asservir une population, rien de mieux que de leur faire oublier leur passé, et de leur faire croire qu’ils ne sont rien… sont pas anciens esclavagistes pour rien les yankees (mais en France aussi on a les mains sales...)

Or justement, aujourd’hui, ce sont des français qui se sont frottés à l’Afrique. Prenez donc un clarinettiste, un pianiste et un batteur, qu’ils hument les parfums du continent noir, et vous obtenez un album qui garde à l’esprit le fond du free jazz, sans en être totalement. J’ai lu sur quelques commentaires que certains trouvaient horripilant les écarts de Scalvis, soit, mais on écoute pas du Dolphy non plus... encore des personnes qui ont trop écouté du Benny Goodman, sans doute...

Au final un bel album, Suite Africaine, sur le label amiénois, le label bleu. A noter que l’album était accompagné de très belles photos prises par Guy Le Querrec.

En passant

Pour marquer le coup, je vais parler un peu de ma petite personne.
Ca fait pile poil cinq mois que je bosse (enfin bosser, c'est vite dit) à Hong-Kong, et finalement je viens de passer le cap de la moitie du temps imparti de ma présence ici (oui car j'irai pas a terme!).

Encore cinq mois a tenir donc. Je souligne bien "tenir", car bosser chez des clampins pareil, c'est loin d'être facile. Après quatre années de stakhanovisme forcené, pour obtenir le titre fumeux de docteur es sciences (la belle affaire), me voici donc en Asie pour parachever en beauté une belle lose.

Je note qu'ici l'image du français fumiste et fainéant a de beau reste. Apres m'être fait humilie par un responsable, je remarque néanmoins que si je suis une faignasse, je suis aussi entoure par une bande de bras casses.

Enfin, au moins, je pourrais pas m'en vouloir de ne pas avoir tout tente. En France, un doctorat n'est pas suffisant pour trouver du taf, il faut valoriser notre savoir par un stage à l'étranger (la, je pouffe...). Bon, c'est en court. Et après, dix mois de chianlit, on tentera quelques concours, de nouveau les joies de l'ANPE et surtout ma première rencontre avec RMI!

tout ca pour ca... Comme dirai Michel, l'ingénieur informaticien, "vive la merde".
A moyen terme, on risque de nouveau de finir expatrie donc.

"faites des études", qu'ils disaient aux fils et filles de prolos, bah voyons... merci pour tout.

Vive les Landes!

Lundi c’est death metal ! Encore que, je vais clore le chapitre musique des morts pour quelques temps. Et je conclus en beauté avec un groupe de frenchies. On peut pas dire que l’on a pas été gaté , nous les bouffeurs de grenouilles en matière de musique extrême. Dans le death metal hexagonal, quelques noms viennent par ci par là, les précurseurs, fin ‘80, étant les nordistes Loudblast et Massacra, mais leur succès d’estime n’a jamais dépassé les frontières. Or, depuis les années 90, les choses commençaient à émerger, mais on attendait encore la révélation. Celle-ci viendra encore du Nord avec SUP (ex –Supuration, mmh… chouette comme nom…), mais ces derniers, bien qu’étant très talentueux, n’ont pas non plus eu un grand succès, du fait de leur trop grande originalité. Dans les années 80, ils étaient pas assez originaux pour se détacher de la scène internationale, et après, on trouve la perle rare mais, ils sont trop originaux pour plaire !
Oui mais fin du millénaire, une nouvelle génération apparaît encore, et là ça y est la mayonnaise commence à prendre forme ! Faut dire qu’à la différence de leurs aînés, les p’tits jeunes n’hésitent pas non plus à tourner intensément. Du coup des groupes comme Scarve ou aujourd’hui Gojira réussissent à avoir du succès à l’étranger, et pour ces derniers, ils arrivent même à vendre autant à l’étranger qu’en France. Bon maintenant, pas de quoi de se pignoler, ça reste du death metal, les ventes sont loin d’être exceptionnelles, un disque qui se vend à 30000 exemplaires c’est un carton dans le genre…

Donc Gojira, ex-Godzilla (pour des problèmes de droit, je crois, en même temps, Gojira c’est le nom japonais du lézard géant, alors…) est un p’tit groupe qui nous vient des Landes. Déjà la première chose qui frappe à l’écoute du groupe, c’est le batteur, un p’tit jeune qui promet… la double grosse caisse n’a aucun soucis pour lui, et à l’écoute du dernier album on peut espérer qu’il élargisse la panoplie de ses influences rythmiques. Deuxième particularité, on est très loin des poncifs du genre, bien que ce soit du death, le groupe est zen, sympathisant greenpeace, ni d’image gore ou de relent pseudo-satanique (n’en déplaise à M6). Du coup la musique ressemble à un véritable rouleau compresseur et sans branlette de manche, aucun solo !! pour un groupe metal, c’est suffisamment étonnant pour être souligné.

Voici donc un extrait du 1er album de 2002, à l’époque ils étaient pas encore connus, et maintenant ils font la couv’ des magazines metal de la perfide Albion et sont même distribués aux USA, la classe donc.

"mmh, mon p'tit chat..."

Je viens d'apprendre une triste nouvelle, le comédien Philippe Noiret est mort.

De la bande des quatre du film de Ferreri, il ne reste plus donc que Piccoli... pour combien de temps pourrait on dire.

Manque plus que ses potes et compères des Grand ducs JP Marielle et J Rochefort viennent a casser leur pipe, et la, on sort les mouchoirs.
Donc en resume, apres J Palance et R Altman, si l'on en croit la fumeuse croyance chretienne (vous savez la serie des 3, la sainte trinite, belle fumisterie...), on devrait etre tranquille au niveau rubrique nécrologique liee au cinoche.
Enfin, salut l'artiste comme on dit dans ces cas là.

Meursault

« La vieillesse est un naufrage », et bien pour le père Robert Smith, je trouve que ça lui va comme un gant ! Et pourtant, tout avait si bien commencé…

A 17 ans, il forme donc son groupe The Cure, et trois ans plus tard se fait connaître avec son premier 45 tours, Killing an arab. Évidemment avec un titre pareil, on retient l’attention. On pourrait même se faire de nouveaux amis parmi les sympathisants d’extrême droite… Oui mais sauf que ça tombait à plat, car le jeune Robert, lui, pensait pas à mal, en tout bon admirateur de Camus, et donc de l’étranger. Il aurait du intituler sa chanson, Today, mammy is dead, il aurait eu moins de soucis…

Ce que j’aime dans cette chanson, et d’ailleurs dans le premier album (encore que, je préfère la version US du 1er album, ont viré quelques titres faiblards et rajouté Boys don’t cry), c’est que ça sonne frais, limite insouciant, mais dans le bon sens du terme ! Ah !! à l’époque ne se prenait pas encore trop au sérieux, et n’avait pas encore découvert la panoplie complète du corbeau maquillé… Viendront ensuite la fameuse trilogie, qui se terminera en beauté en ’82 avec Pornography, le début de la fin en somme...

Mike D, Ad-Rock & MCA

Ah oui, les Beastie Boys sont de vrais sales gosses ! Et même encore à quarante ans, ces derniers ont réussi à garder une fraîcheur (cf leur dernier album, To the 5 Boroughs, hommage à la grande pomme, à ses 5 quartiers et au hip-hop des années 80).

Et pourtant, on peut dire dans un sens, c’était pas gagné. Le groupe formé en ’79 à l’âge de 14 ans oeuvrait dans un hardcore punk ; ce qui ne parait pas étonnant, le punk étant la jeune musique rebelle pour les jeunes blancs de l’époque. Cependant, le succès viendra d’un hip-hop caricatural et potache, sur leur premier véritable album, Licence to ill, en ’86, et qui deviendra le plus gros succès rap aux USA, de quoi faire grincer quelques dents…

Alors je me pose quelques questions, pourquoi un tel succès à l’époque ? par ce qu’ils étaient blancs ? par ce que justement ils jouaient à fond la caricature et l’humour potache (voir déjà les clips de l’époque), sans compter qu’en tournée des demoiselles étaient accrochées dans des cages… Mais finalement, le public de l’époque comprenaient ils déjà que c’était du second degré ?
En tout cas, les féministes de l’époque n’ont pas vu l’humour. C’est drôle car en 86, elles s’offusquaient pour ça, mais quand aujourd’hui, des rappeurs font appel à de vrais pimps pour leur clip, et où ces derniers ramenent justement de la chair fraîche pour leurs vidéos, on entend personne, étonnant non ?4 extraits aujourd’hui de leur premiers enregistrements punk de ‘82, avec le son d’époque, donc bien pourri (et a l'epoque, ils etaient 4, Ad-Rock ne faisait pas encore parti du combo, et les deux autres membres etaient Kate Schellenbach and John Berry)

Tony évidemment !

Il me paraissait difficile de parler d’Herbie sans mentionner aussi l’autre prodige du second quintet de Miles, Tony Williams.

Enrôlé dans un premier temps chez Sam Rivers, puis chez Jackie McLean, Tony, parallèlement au quintet de Miles, enregistra avec l’étoile filante Eric Dolphy sur le cultissime Out The Lunch, mais aussi avec son partenaire Herbie à ses débuts.

Ce qui caractérise le style Williams, c’est sans doute sa fougue, et c’est bien ce que recherchait justement Miles ; quelqu’un qui le mette en danger à chaque fois.

A 18 ans, Tony sort son premier album en tant que leader, signé comme son compère Herbie chez Blue Note. Et bien pour un premier essai, c’est déjà un coup de maître. Une musique qui flirte avec l’air du temps, c’est a dire le free jazz, sans jamais en être véritablement. L’utilisation du vibraphone est aussi intéressante à ce titre, car peu utilisé finalement dans le jazz (comparativement à d’autres instruments j’entends).

Voici donc un extrait du 1er album Life Time sorti en ’64 avec entre autres Sam Rivers, Gary Peacock et Herbie.

Watermelon Man

Le jazz se veut une musique d’adulte, et à cet égard c’est bien dommage, car finalement celle ci devient trop élitiste. Cependant, il arrive que certains musiciens de jazz réussissent à faire venir de jeunes auditeurs à ce style, au grand dam de certains, mais ça, des crétins, y’en a partout...

Alors est-ce parce qu’Herbie hancock fut un musicien prodige, jouant déjà du Mozart à 11 ans pour le Chicago Symphony, en tout cas ce dernier a toujours été en avance sur ses collègues bon nombre de fois. En 1962, à 22 ans, le prestigieux label Blue Note (enfin à l’époque, aujourd’hui, il a perdu un peu de sa superbe, ce label...) offre à ce gamin un contrat en tant que leader. Déjà, c’est à la fois osé de la part du label mais aussi du pianiste, car à 22 ans, être leader d’une formation jazz, ça demande à la fois un sacré potentiel et une maturité pour se permettre cela. Mais le bonhomme il a tout ça !

Plus j’écoute son 1er album Takin’ Off, plus je trouve cet album extraordinaire. Du à son jeune âge, on pourrait critiquer le fait que cet album est accessible voire conventionnel, mais ça serait de la mauvaise foi car au contraire pour moi il serait plutôt spontané. En effet, on est loin d’une musique jazz facile pour dîner mondain (Kenny G par exemple), et celle ci annonce une future sophistication qui trouvera son point d’orgue avec son album de 1968, Speak Like A Child. A noter que cet album annonce déjà son goût pour les musiques funky (il reprendra d’ailleurs le titre Watermelon Man sur son cultissime Headhunters).

Pour finir, il en faut du talent pour se permettre d’avoir comme sideman le saxophoniste Dexter Gordon, et le Prince of Darkness ne se trompera pas, puisqu’Herbie fera partie du fabuleux second quintet de Miles.

Sunlight

Ah bah tiens, y’avait longtemps que j’avais posté quelque chose concernant le death metal! Encore, me direz vous ! Oui, je l’avoue, j’ai un faible pour ce genre, au même titre que John Coltrane, le Velvet ou Guy Marchand, comme quoi c’est pas incompatible…

La maxime qui voudrait que l’on soit jeune et qu’on aime faire du bruit, s’est vue plus d’une fois confirmée. C’est ainsi qu’en 1989, le death metal made in Floride se développe de plus en plus et devient dès lors le style extrême dans le rock le plus prisé dans les milieux undergrounds. Oui mais il faut toujours se méfier de la vieille Europe, et celle ci va connaître deux scènes extrêmes importantes, l’une basée chez la perfide Albion et l’autre chez nos amis scandinaves.

En 1989, en Suède donc, (la Norvège étant le pays du black metal, mais ça c’est une autre histoire), naît parallèlement, à la future hégémonie US, le son SUDEOIS. Et ce qui parait encore plus étonnant c’est que tout cela est dû à une bande de gamins de 15-16 ans. Alors j’entends tout de suite les mauvais esprits, on voit bien que c’est une musique puérile, vu que le maître étalon est fait par une bande de morveux. Oui sauf que non.

Déjà, on est loin des lieux communs des groupes US. Ici les clichés, Satan est mon ami par exemple, ont très peu leur place. On garde le côté morbide mais le côté grand guignol en moins. Et puis il y a ce son si particulier, bien différent de celui dont je parlais y’a 15 jours. Un son épais mais surtout gras bien crade et les compos se veulent aussi plus complexes que celles de leur homologues yankees. C’est bien simple, après cet album, le studio Sunlight où fut enregistrer le 1er album d’Entombed servit de référence à toute une scène naissante. Et puis, pour des gamins de 16 ans, ils se la jouent quand même pas mal, des sacres zicos, et puis une voix comme ça, à cet âge là... pfff !

Moe Tucker (ou le Lou Reed du mois)

Je finis la semaine par quelqu’un de particulier dans le paysage musical. Tout d’abord, Maureen Tucker est la batteuse du Velvet Underground, faut il le rappeler.

Et ma foi, elle est la preuve qu’on peut être limité techniquement et pourtant avoir un style reconnaissable et finalement influent. Première particularité, cette dernière joue debout (comme les batteurs des 50’s de rockabilly), et avec un drums kit simplifié a l’extrême et utilise des maillets! Les mauvais esprits peuvent me rétorquer que ça colle avec son jeu limité. Et pourtant, à l’écoute des 3 premiers du Velvet, un batteur conventionnel n’aurait pas eu sa place selon moi. Leur musique étant trop en marge, pour souligner cette singularité, il fallait justement des percussions qui le soient aussi.

Preuve en est, le morceau Sister Ray (leur morceau ultime selon moi), si ça annonce pas le rock industriel, son rythme répétitif voir primitif, guitares saturées, où comment digérer l’influence du free jazz à son propre compte.

Cependant, aujourd’hui, le morceau proposé ne sera pas celui du nom supposé à la seringue de Lou, mais Ocean, issu du fameux 4eme album du Velvet pour Verve, VU, perdu puis retrouvé, et qui fut finalement édité en ’85. Donc voici deux versions d’Ocean, l’une avec Moe et l’autre avec le jeune frère de Doug Yule, issue des sessions de Loaded, le dernier album du VU avec Lou sorti en ’70.

?uestlove

Après avoir fait un post sur Tribe Called Quest, fallait bien que je parle un des ces quatre du groupe de Philadelphie, the Roots. C’est bien simple, ces mes là sont des OVNI dans le paysage musical. Déjà, première particularité, vous en connaissez beaucoup des groupes de rap où le leader est batteur ? Cherchez pas, y’a pas !

Un groupe de rap qui joue sa propre musique, avec de vrais zicos ! peu de samples. Déjà sur disque, le groupe est suffisamment original, mais en live, on approche quelque chose d’exceptionnel, le pont véritable entre la culture urbaine afro-américaine des 40 dernières années, du jazz, de la soul, du funk, du hip-hop. Et le tout grâce justement à l’impulsion de leur batteur ?uestlove qui insuffle une énergie incroyable. D’ailleurs, dernière preuve du talent du bonhomme, il a joué dernièrement avec Herbie Hancock, comme carte de visite c’est pas mal.

Pour une fois je vais mettre une nouveauté, un extrait de leur dernier album sorti en septembre, une bombe !

hommage

Un petit hommage en passant à un grand monsieur du cinéma US qui nous a quitté vendredi dernier, Jack Palance: l'homme au visage taillé à la serpe.

Je ne ferais pas de bio, Libération et autres journaux l'ont fait.

Pour la peine un extrait de la bande originale du Mépris de Godard avec justement Jack dans le rôle du producteur Jeremiah Prokosch.

Danny Carey

Le rock n’a jamais manqué pas de bûcheron, mais des batteurs à la fois massif, inventif et avec une vraie personnalité, déjà, ça se fait rare. Or dans ce registre, les années 60-70 ont vu l’émergence de deux batteurs anglais monstrueux, musicalement mais aussi humainement parlant, Keith Moon et John Bonham.

Or après la disparition de ces deux lascars, en 1978 et 1980, une filiation digne de ce nom fut plus que difficile à trouver. Certes, Dave Lombardo pourrait être rattaché à ce type de batteur, mais tout comme son groupe, son jeu n’est pas limité, mais pas assez ouvert musicalement (je parle de Slayer pour les nuls).

Il aura fallu attendre les années 90 pour retrouver un batteur puissant, appartenant à un groupe tout aussi original et important que pouvait l’être ceux des années 70. Danny Carey au sein de Tool incorpore ainsi bon nombre de rythmes tribaux que l’on avait plus entendu dans le rock depuis belle lurette et surtout de manière aussi fort réussi et inspiré.

En guise de hors d’œuvre, le morceau the grudge qui ouvre leur avant dernier album Lateralus.

Elvin Jones

Les batteurs de jazz d’exception, ce n’est pas ce qui manque, on peut dire même que c’est un chouette pléonasme, autant tu peux être une quiche à la batterie dans le rock, autant dans le jazz…Alors les noms ne manquent non plus, Art Blakey, Tony Williams, Roy Haynes, Max Roach… Mais aujourd’hui, je m’intéresse à celui qui à mes yeux est le plus grand, indissociable de Trane et nous a quitté en mai 2004, Elvin Jones donc.

Il est d’ailleurs intéressant de faire un parallèle entre la dualité leader/batteur comme celle de Miles Davis/Tony Williams et John Coltrane/Elvin Jones. En effet ces derniers poussaient jusque dans leur dernier retranchement leur leader, sauf que dans le cas de Trane, il fallait vraiment quelqu’un d’exceptionnel pour faire office de rampe de lancement au génie mystiquo-sonore de JC. On comprend d’ailleurs, qu’après la mort de Trane, lorsqu’Elvin fonda son propre groupe, ce dernier mis deux sax pour rééquilibrer les forces en présence, n’est pas Coltrane qui veut.

Et puis Elvin était une force de la nature, un athlète, 95 kilos de muscles, qui joua jusqu’à sa mort, à 76 ans.

Le morceau d’aujourd’hui est issu d’un des derniers albums d’Elvin avec Trane, Sun Ship, sorti en 1965. Le titre est caractéristique du mysticisme de son leader, Amen, ce qui me fait gentiment rire, pas sur que mes amis, les cathos fachos ou Benito XVI, puissent comprendre quelque chose à ce morceau.

Raymond Herrera

Et une spéciale batteur ! Du bûcheron primaire au poulpe atteint de Parkinsonïte aigue, le metal n’en manque pas… Mais ayant une petite faiblesse pour le metal industriel, aujourd’hui, mon post aura pour sujet sans doute ce qui se fait de mieux dans le genre.

Alors le père Raymond Herrera officie dans le groupe de L.A., Fear Factory. En 1992, ces derniers sortent une nouveauté, un mélange détonnant entre la musique industrielle et le death metal, la rencontre improbable entre Einstürzende Neubauten et Morbid Angel. A cela, ils incorporent un concept cyber-punk, le combat entre l’humain et la machine, ce qui pour cette musique est plus que judicieux. Bien que pas encore totalement maîtrisé, le style est déjà affirmé, guitare répétitive et tranchante dans la grande tradition de l’indus metal, mais originalité un chant alternant rage death et partie atmosphérique (les intonations du chanteur rappelle d’ailleurs par moment un certain Ozzy) et une batterie de tueur !!! C’est bien simple ce mec est incroyable, il manie la double grosse caisse comme personne, a un jeu technique et mécanique, soulignant parfaitement la dualité homme machine.

Après donc ce premier essai, en 1995, sort Demanufacture qui représente déjà le point d’orgue de leur carrière. Le côté death est moins présent, on rajoute une pointe de hardcore et de techno, un concept humain machine plus présent, et on se retrouve avec l’un des albums metal de 95.

coup de gueule

Bon je finis la semaine par une déception. Il ne s’agit pas non plus d’une diatribe, mais je voulais trouver un exemple plutôt négatif, et je l’ai avec la production de Steve Albini sur le deuxième album de PJ Harvey, Rid of me.

Accessoirement, Albini est aussi musicien, de groupe plaisant et saturé comme Big Black ou Shellac, mais là, au niveau prod je trouve qu’il a pas réussi son coup. Et pourtant le type est pas manchot. Dès qu’il s’agit d’enregistrer des artistes au propos noisy, il se démerde pas mal, et son CV est loin d’être honteux : le 1er Pixies, presque tous les Jon Spencer, le meilleur album de Helmet, Meantime. De la même manière comme ingé, Neurosis ou Reznor ont fait appel à lui. Alors pourquoi j’aime pas ça prod sur cet album ? Et bien pour un album et une prod qui se voudrait brut, je trouve que ça tombe à plat (contrairement au dernier PJ, Uh Huh Her). Le côté abrasif n’est pas suffisamment exploité, et pire il a joué avec la voix de PJ, ce qui fait que par moment on l’entend à peine, comme certains instruments d’ailleurs. Du coup, à moins d’avoir un système hifi performant, à écouter au casque, et c’est d’autant plus frustrant que cet album est énorme.

Alors est ce parce qu’elle, aussi, a été déçue par la prod du sieur Albini, toujours est il que 6 mois après, miss Harvey sort un album, 4-track demo, qui comme son nom l’indique contient des versions démo en 4 pistes et quelques inédits des sessions de l’album précédent. Et ma foi, je préfère ces versions, au moins là, on a du brut de décoffrage, et du vrai !

A titre de comparaison, la version Albini, la version demo et une version live de 2001.

L'homme de l'ombre

En voila un qui n’est pas connu du grand public mais qui mériterait une reconnaissance plus large : Teo Macero. Avant de produire les plus belles pages de la période Columbia de Miles (avec Gil Evans bien sûr), l’homme fut aussi sax tenor pour non des moindre mr Charles Mingus, déjà respect.
Donc à partir de 1957, Teo va produire pour la Columbia et pour Miles. Son talent ne peut être mis en cause pendant la période acoustique du Prince of darkness, mais quand justement Miles a décidé de brancher les amplis, on ne peut que s’incliner devant le talent du bonhomme. En effet, pour ceux qui ont pu entendre les sessions d’enregistrements de Miles à partir de 1969, ça ressemble énormément à de longs jams. Et justement tout le talent de Teo fut de monter ces enregistrements, pour leur rendre un aspect plus présentable. Surtout connaissant Miles, c’était le genre « on vient d’enregistrer 20h de musiques maintenant tu te démerdes… » et on comprend qu’il y a eu du taff en amont qaund on écoute les versions bruts et leurs versions définitives.
Comme quoi, Miles était un génie musical mais Teo a aussi sa part.

Comme extrait, un titre relativement court de cette dite période, sur son album le plus barré, funk et schizo, On the corner.

Touche à tout

Et maintenant… le producteur qui est à la fois culte pour ses prod mais aussi en tant que musicien. A vrai dire, j’avais pas beaucoup d’exemple sous la main, et en fait seulement deux : Brian Eno ou John Cale.

Ayant déjà fait un post sur Eno, je vais parler un peu du fameux altiste qui fit parti du Velvet. C’est vrai que le père Cale n’a pas produit beaucoup d’artiste, mais bon nombre de ses disques ont marqué l’histoire musicale. Parmi les groupes ou artiste on retiendra Squeeze, Nico, Sham 69, The Modern Lovers, the Stooges et finalement Patti Smith.

J’avais parlé précédemment de la scène NY punk, et bien qu’on ne puisse pas à proprement classer Patti Smith dans le punk, cette dernière en est irrémédiablement rattachée. Et l’apport de Cale musicalement est aussi important, car à travers ses productions, on voit aussi l’influence qu’il a pu avoir sur le dit punk. Les Stooges ou les Modern Lovers annonçaient justement la vague à crête et à épingle à nourrice de la deuxième partie des 70’s.

Et pour le premier album de la fan de Rimbaud, il lui offre une prod au couteau, tendu, celle d’un garage band. On est loin donc des critères à la mode de l’époque. Pour le morceau, j’ai choisi la relecture orgasmique du Gloria de Van Morrison, une bonne reprise donc, on se réapproprie le morceau originale, en ne recrachant pas une mauvaise copie carbone.

ECM


Apres les déflagrations sonores, et l’exemple type producteur/style de musique, voici l’autre analogie, producteur et patron de maison de disque. Les exemples ne manquent pas, mais comme je ne passe pas assez de jazz à mon goût dans ce blog, j’ai décidé de choisir le cas Manfred Eicher. Sous ces initiales se cache Editions of Contemporary Music, label qui fut donc créé par monsieur en 1969 à Munich.

L’une des caractéristiques qui me vient en pensant à ce label c’est le justement le son ECM, peu de labels en effet peuvent s’enorgueillir d’être aussi facilement reconnaissable. Pour certains, ceci est considéré plutôt comme un défaut, le faisant passer pour un distributeur de musique froide, sans âme, voir New Age… Alors que cette musique se veut contemplative, évanescente et qui ne s’ouvre pas seulement aux musiciens de jazz contemporain mais aussi ceux issus soit de la musique arabe comme Anouar Brahem ou indienne comme Zakir Hussain.

Pour l’extrait j’aurai pu choisir parmi la pléthore de musiciens norvégiens mais je vais prendre un grand musicien anglais, non pas le contrebassiste Dave Holland (le concert de novembre 2005 à Rouen quelle claque !), mais le souffleur John Surman.

Surman, comme Dolphy ou Portal, joue aussi bien du saxophone que de la clarinette. Dans l’album Coruscating, il n’hésite pas à faire des liens avec la musique classique, choix assez audacieux car ces deux mondes sont assez différents. D’autant plus, qu’à la différence de certains jazzmen, le quatuor à cordes qui accompagne mr Surman fait partie intégrante du groupe et ne sert pas de faire valoir comme dans la plupart des cas.

Scott Burns

Dans nos thématiques à deux francs six sous, cette semaine intéressons nous aux producteurs, et à leurs influences sur la musique (bénéfique ou non d’ailleurs).

On va commencer donc par l’exemple type du producteur indissociable avec un style de musique, à savoir le metal extrême et en particulier à la scène death floridienne de la fin des années 80, début 90. C’est bien simple, tout les meilleurs groupes US sortis à cette époque sont de Floride, et on eu comme producteur (ce qui inclus aussi l’enregistrement et le mixage) Scott Burns (sauf Morbid Angel, faut toujours une exception). Déjà ce qui parait incroyable c’est qu’une scène extrême ait vu le jour dans cet état américain, où il fait bon vivre, comme quoi le soleil... Et puis, y’a que des vieux en Floride, c’est un peu comme la côte d’Azur, faut pas s’étonner qu’après la jeunesse soit énervée !

Alors le sieur pour faire court, à commencé par mixer le deuxième album de Death, puis ensuite, est parti pour sa première production au Brésil enregistrer un petit groupe inconnu pendant les vacances de noël en 1988 (c’était le seul à vouloir faire le déplacement et sacrifier ses fêtes de fin d’année). Apres un coup de maître avec Sepultura et leur Beneath the remains, la spirale infernale commence puisqu’il va produire les premiers albums d’Obituary, Deicide, Cannibal Corpse, Atheist, Cynic... Pour le jeune death metal maniac de l’époque, c’était une set-list très alléchante.

Alors au niveau du son et du style qu’a t’il apporté ? A vrai dire beaucoup, car le style a finalement grandi et évolué avec lui. Le death se caractérise par un son grave, épais, des guitares accordées très mais alors très basses! Une musique d’outre-tombe, donc.

Pour résumer mon propos, voici un titre du deuxième album des rubriques nécrologiques. Un de ses quatre, je reviendrais sur ce groupe de white trash, incontournable dans ce style.

A Favela é um problema social

J’avais commencé la semaine avec un groupe brésilien, et bien on va clore ce chapitre aussi par un artiste brésilien, Seu Jorge. Pour ce qui ne le remette pas, le monsieur a joué dans le saisissant film brésilien la Cité de Dieu et aussi dans le dernier film de Wes Anderson avec Bill Murray, The life acquatic with Steve Zissou, où il interprétait en portugais des chansons du thin white duke.

Seu Jorge étant né dans une favela (comme c’est original), il parait légitime qu’il donne son sentiment sur ce problème. Et ça me permet de faire un parallèle avec un type issu de la classe moyenne apparu dans les années 70, et qui pourtant voulait jouer au loubard et au prolo. « Il est blême mon HLM », ouais ça sent le vécu… Et en plus il se faisait passer pour le frère des taulards et porte drapeaux des anars, marrant pour quelqu’un qui deviendra tonton maniac… Maintenant la question est de savoir doit on être issu obligatoirement du prolétariat pour en parler et soutenir cette cause ? Bien sur que non, mais y’a la manière de le faire, et là, on tombe sur un sacré opportuniste.

On ferme cette parenthèse, et on reviens à quelqu’un qui à du talent. En conclusion, j’ai eu la chance de le voir en concert quand il était passé à Rouen. Je m’attendais à quelque chose d’honnête mais sans plus. Et ce fut une très belle surprise, très bonne ambiance, quelqu’un qui ne se prend pas au sérieux, entouré de très jeunes musiciens talentueux. Au final, vivement le prochaine album et surtout son prochain passage en France.

Race riots

Étonnamment, la meilleure chanson des Clash n’a ni été écrite par Joe Strummer ni par Mick Rock mais par le bassiste Paul Simonon. Guns of Brixton, publié en 1979 sur le cultissime London Calling, celle-ci narrant les tensions entre la population immigrée et la police. Et le plus drole cést que c’est même pas une chanson punk mais du reggae! Il faut dire que Paulo est issu de Brixton, quartier situé au Sud de Londres, où vit justement la communauté jamaïcaine.

A ce propos, on notera qu’il avait vu juste, et que ça demandait qu’à péter, puisqu’en avril 1981, il y aura justement des émeutes dans le quartier contre les mesures discriminatoires de la police envers les jeunes. Ce qui occasionnera que quelques centaines de blessés graves… une broutille.

Deuxième remarque cette chanson est un très bon lien avec une autre chanson du combo datant de 77, White Riot, où Strummer harangue la jeunesse blanche à se bouger le cul tout comme les blacks l’ont fait auparavant, un bel hymne anarchiste donc.

Revolucion compadre

Voici l’exemple type de chanson hommage qui sur le papier devrait me baver sur les rouleaux. Ayant très peu de sympathie pour les idées communistes, faire un hommage posthume à l’une de ses figures de prou, aurait pu me paraître au premier abord, quelque peu déplacé. Mais comme disait Pierrot, ne soyons pas anti-communiste primaire, camarade.

Bon premièrement, le Ché reste justement un des personnages les plus symboliquement fort de cette cause. Et puis, le bonhomme s’est battu pour ses idéaux, il aurait pu rester aux côtés de Fidel, mais non il a préféré aider la cause (d’ailleurs ça arrangeait aussi le leader Maximo qu’il se casse…), a tenté de libérer le continent, chasse gardée de l’oncle Sam, et s’est fait finalement descendre le 9 octobre 1967 en Bolivie. On notera que 6 ans plus tard, un 11 septembre, la CIA fera plus fort, puisqu’elle s’occupera directement d’un président élu démocratiquement…

Et donc en 1970, le contrebassiste Charlie Haden, frère d’arme d’Ornette Coleman, et secondé par sa muse de l’époque Carla Bley, compose Song for Ché sur son album Liberation Music Orchestra ; album qui fait parti des incontournables du jazz libertaire, où se croisent nombre de référence à la guerre civile espagnole, au conflit américano-vietnamien, etc…

J’ai rarement entendu un solo de contrebasse aussi fort émotionnellement, et c’est sans doute le plus bel hommage que l’on pouvait faire au Ché.

Proto rap

Vendredi dernier, je vous parlais de Chuck D, et bien aujourd’hui un p’tit post pour un monsieur qui influença énormément le MC de Public Enemy, Gil-Scott Heron.

Ce personnage apparaît au bon moment dans le paysage musical noir, à savoir au début des années 70’s: après les assassinats de Malcom X, Martin Luther King et les émeutes à Watts. En effet, hormis quelques exceptions, on peut dire que les blacks US musicalement sont assez propret (j’entend en musique dite populaire, je ne parle ni de jazz ni de blues et ni de Little Richard!), le plus bel exemple est la maison de disque Motown, dans le genre consensuel... Heureusement, la fin des années 60 va réveiller les consciences. Deux genres noires vont naître le funk initié par Sly et le dr funkenstein Georges Clinton et ce qu’on peut appeler le proto-rap, avec comme créateur Gil et the last prophet.

On notera qu’après avoir signé ses disques en solo, Gil les signera avec Brian Jackson, pour une très bonne collaboration, Jackson apportant une richesse musicale que n’avaient pas ses premiers disques. Puis ce fut la séparation (d’après le père Jackson, un problème d’égo, sans compter qu’il n’aurait jamais vu les sous venir...), et une bonne grosse traversée du désert pendant les années 80 (tiens comme c’est original), puis finalement un retour dans les années 90 (re-tiens comme c’est original…).

Par contre, aujourd’hui, je ne sais pas s’il est sorti de prison, quelques problèmes de shit…

Pavilhao nove

Cette semaine on va entamée une spéciale musique engagée (et d’ailleurs je posterai pas de Dylan cette semaine, trop prévisible). Et là, s’est posé un léger problème, en effet, je voulais mettre du metal, or musique engagée et metal, à défaut d’être antagoniste, ils se sont peu rencontrés. Donc, comme toujours dans ces cas là, il suffit de chercher des groupes qui furent influencés par le punk, mais même la, c’est pas gagné…

Toujours est il, qu’il en existe quelques un et aujourd’hui j’ai jeté mon dévolu sur un titre de la bande des frères Cavalera. Le groupe fut formé en 1984 par une bande de gamins de 14 ans, qui officiait dans une vulgaire copie carbone des groupes de black metal de l’époque (Venom, Hellhammer ou Bathory), pour évoluer vers un thrash metal proche de la virulence du death, puis incorpora ensuite des rythmes indus, hardcore et autres influences tribales. Or justement le titre d’aujourd’hui est issu de l’avant dernier album avant le départ de Max Cavalera, Chaos AD, celui qui incorpora à merveille leurs dernières influences. La chanson Manifest a pour propos la répression brutale qu’ont subi les prisonniers dans la plus grosse prison d’Amérique du sud, Carandiru, située au Brésil, en réponse à leur révolte. Le Vendredi 2 octobre 1992, la police entra par le ”pavilhao nove”, ouvrit le feu sans sommation, et fit des centaines de morts et de blessés. Heureusement, l’honneur est sauf, officiellement il n’y eut que 8 morts…

Musicalement, on a droit à un très bon morceau de thrash industriel.

Le CNN noir

Je me voyais mal finir cette semaine spéciale New York sans finir avec le GROUPE de rap par excellence, le maître étalon du rap engagé, Public Enemy! Avec un trio complémentaire comme on en fait peu, le revendicatif Chuck D, le trublion Flavor Flav et leur DJ martial Terminator X.

Finalement ce qui fait le plus mal c’est de voir ce qu’est devenu le style quand on écoute Public Enemy. Les rythmes martiaux, concassés, les paroles engagés, le style new-yorkais n’a pas fait long feu par rapport au rap de la côte ouest, racoleur, putassier, facile; du coup beaucoup de rappeurs issus de la côte est ont perdu leur identité au profit du son de la côte ouest. Mais c’est sans doute une remarque de vieux con nostalgique du fameux Golden Age.

Mais revenons à nos moutons et à Public Enemy. Chuck D proclamait que le groupe était le CNN noir, qu’ils disaient ce qui se passait véritablement dans les quartiers. De ce fait, la chanson d’aujourd’hui va de paire avec ses propos puisque c’est 911 is a joke. Pour ceux qui ne le sauraient pas le 911 est le numéro de Police secours au pays de l’oncle Sam. Et justement dans cette chanson, le groupe critique le système US puisque les quartiers étaient (sont encore?) défavorisés en ce qui concerne l’accès au secours. Du coup, si t’es black dans le bronx et que t’appelle les urgences, tu pouvais (peux?) en profiter pour appeler les pompes funèbres...

Thurston, Lee, Kim et Steve


Et encore une figure rock incontournable de NY! A chaque décennie ses leaders, le Velvet pour les 60’s (qui finalement seront les géniteurs de cette scène rock si particulière), les 70’s et son punk, et donc la jeunesse sonique pour les 80’s.

Quand on y pense, plus de 25 ans, il est certain que ça doit encore surprendre la bande à Thurston, une telle longévité pour un tel groupe. Ce qui me fait rire c’est toute la soupe qui est sortie dans cette décennie, c’est incroyable, sauf cas particulier, les gros vendeurs des années 80, ont soit disparu, soit devenu des has beens, ou ont réussi à toujours surfer plus ou moins sur la vague en bon opportuniste (Madonna en est un parfait exemple).

Enfin bon, tout ça ne les concerne pas, ils n’ont jamais été de gros vendeurs et ont toujours su garder une intégrité, sans doute dû à leur racine punk. Là encore, je voulais choisir une chanson de Sonic Youth des années 80, mais dans quel album piocher, leur début hardcore bruitiste par exemple? Finalement, on va prendre une valeur sûre, Sister, deuxième album de leur fameuse trilogie commencée une année plus tôt en 1986 avec EVOL et qui se terminera en ’88 par leur meilleur album, Daydream Nation.

Jazz libertaire

Le jazz et la grosse pomme, on peut dire que ces deux là sont indissociables. Difficile fut mon choix, en effet, il existe bon nombre de jazzmen lié à NY, et les plus grands, Charlie, Miles, Trane… Mais aujourd’hui, on va rendre hommage à l’homme qui a donné un nom à la New Thing comme on disait à l’époque.

Apres avoir quitté son Texas natal, et être passé par L.A. où il a rencontré sa future bande de terroriste sonore (Don Cherry, Ed Blackwell, Charlie Haden), Ornette Coleman arrive à NYC, et s’installe au club AT The Five Spot. Résumer ce qu’est le free jazz me parait une gageure, pour moi c’est vraiment personnel. A lire d’ailleurs le livre Free jazz black power.

Pour moi, le free est à la fois une réaction musicale et politique. Renier l’harmonie, notion blanche et bourgeoise, revenir à la source, au rythme, à l’Afrique, d’où l’acte politique, dans une Amérique raciste. Ce qui d’ailleurs est à relier au combat à la même époque des droits civiques des afro-américains.

Le titre d’aujourd’hui est issu de l’album de 1960, This is our music, soit une année avant le fameux Free Jazz. D’ailleurs, comme titre d’album, c’est quand même un formidable pied de nez, un véritable bras d’honneur à leurs détracteurs. Et puis la photo de la pochette, je la trouve magnifique, avec ces trois blacks et ce blanc-bec qui posent crânement.

En bonus, un autre grand jazzman avant-gardiste de NYC, John Zorn, qui en 1988, reprendra ce titre (à sa façon) sur son album hommage au grand Ornette, Spy VS Spy.

Au Vent mauvais made in NYC

De manière générale, coller des étiquettes, un critique musical fait ça facilement. Vas y que je te range dans telle case... Mais si y’a bien un sobriquet qui ratisse bien large quand on veut parler de la scène rock new-yorkaise de la seconde moitié des 70’s, c’est bien le terme NY punk! Car à cette époque, au regard des groupes qui se produisaient au fameux CBGB, le terme de punk made in NY offre un éventail suffisamment large: le funk rock rêche et fourre-tout des Talking Heads, Patti Smith la poétesse du mouvement, le rock fifties teinté de disco de Blondie, l’electro déjanté et parano de Suicide ou justement le rock racé et cristallin de Television (je pourrais aussi citer les Ramones, mais comme j’aime pas…).

Tout comme leurs cousins anglais, le NY punk était à mille lieux du Rock ’n’ Roll Circus, loin de l’establishment rock, mais étant de NYC, on a droit à une démarche plus arty.

La bande à Tom Verlaine, en 1977, sort donc leur 1er album Marquee Moon. Album CULTE, et je ne sous estime pas mon propos, qui influença énormément finalement toutes les formations de rock à guitares des années à venir. La force du groupe provient de l’unité que forme ses musiciens, avec des solos lyriques excellents, nous montrant qu’il existe bien une alternative entre le destroy anglais et le rock pompier. Écoutez le morceau qui donne son nom à l’album, c’est de l’ambroisie.

PS1 : seul petit bémol, la voix de Tom Verlaine, cette dernière pourrait en rebuter quelques un.

PS2 : ce post me permet par la même occasion de rendre hommage au CBGB qui a fermé définitivement il y a environ 10 jours.

New-York, New-York !!

Y’a quinze jours, je vous parlais d’une variante du punk à savoir le grindcore. La grosse pomme a connu un groupe qui justement officiait dans ce registre mais pas seulement. Brutal Truth trouvant que ce n’était pas suffisant, ces derniers ont mis un peu de death metal à leur grind, mais en bon new-yorkais, ils ont aussi ajouté une dose d’originalité propre à l’esprit créatif de la ville. De ce fait, on navigue entre brutalité primaire et expérimentation sonore.

Ma Billie Holiday blanche

Fichtre, je me rends compte que mes deux chanteuses préférées étaient sévèrement à croc à la seringue... D’ailleurs, j’ai hésité pour ce post entre la chanteuse intemporelle de Strange Fruit et Nico. Finalement, j’ai décidé de choisi l’ex-chanteuse du Velvet.

Hormis, ce point commun qui n’est finalement pas très flatteur, on retrouve chez Nico la même douleur, la même tristesse, le même malaise que chez Billie. Mais tandis que chez l’une, sa culture musicale est enracinée dans le blues, Nico étant européenne, n’a pas été initiée à l’influence des Negro-Spiritual. Son chant est beaucoup plus froid, on pourra même dire glacial (son accent allemand aidant). A l’écoute de la vague goth qui déferlera dans les années 80, on comprend d’ailleurs l’influence qu’elle a pu avoir ; sauf que cette dernière est intouchable…

Les deux titres proposés sont issus de son second album solo, The Marble Index, mais le premier en tant que compositrice. Secondé et produit par le fidèle John Cale (le deuxième chronologiquement qui ait été viré du Velvet par Lou), l’album, sorti en 1968, fait vraiment figure d’ovni dans le paysage musicale de l’époque (et d’aujourd’hui). Pour les plus people d’entre vous, vous noterez que la seconde chanson est dédicacée à son fils Ari Boulogne (dont le père serait un certain A. Delon…)

Après le gars d’à coté

Avant de tourner casaque, et de se la jouer crooner parmi les corbeaux, Nick Cave fit parti d’un des groupes les plus allumés des années 80, The Birthday Party, qui naît des cendres de Boy Next Door en quittant l’Australie pour Londres. Le groupe officie dans un post punk extrémiste qui rappelle la scène No Wave qui officie à NYC. A la différence des autres groupes post punks, qui sont généralement plus froid, désespéré, The Birthday Party est plus violent, plus crade.

A l’écoute de Fun House des Stooges, on peut regretter qu’il n’exista pas de filiation directe à cette oeuvre. Or justement (il aura fallu attendre 10 ans), ces camés australiens sont la suite du groupe d’Iggy, un rock incandescent proche du free jazz dans la démarche et drogué accessoirement (d’ailleurs le groupe reprendra en live souvent le titre Fun House). Le plus ou plutôt l’apport de Cave est sans contexte la noirceur, qu’on retrouvera par la suite évidement dans sa carrière solo.

Mr Clarinet fait partie du tout 1er album, et déjà ça détonne!

Vous prendrez bien un p’tit fix avant la route

Dans la série, heroinoman, je voudrais le père du Metal Industriel. Ca fait déjà 3 ans qu’ Al Jourgensen a accouché de la bête immonde qu’ont récupéré joyeusement NIN, Marylin Manson et autre Rammstein. En 1991, une année avant la parution de l’album le plus connu de Ministry Psalm 69: The Way to Succeed & the Way to Suck Eggs, parait deux singles monstrueux Jesus Built My Hotrod (qui sera d’ailleurs étonnement la meilleur vente de la Warner) et Just One Fix. Pour cette dernière ritournelle, le père Al va s’adjoindre les services de l’un des papes de la Beat generation Mr William S. Burroughs (que l’on voit si je ne m’abuse dans le clip).

Au final, voix écorchée, guitares métalliques, structure désarticulée, rythmes binaires, un titre CULTE.

le clip

Le Lou Reed du mois

Comme je l’avais souligné le 15 Septembre, les années 80 ont été moins préjudiciables à Lou Reed qu’à d’autres dinosaures issus des années 60 ou 70. Il faut dire que la production made in 80’s est déjà indigente et si vous ajoutez à cela une panne d’inspiration, on se retrouve avec des albums type Landing on the water du père Young (je crois que je m’y ferais jamais à sa période Geffen...).

Or Lou, justement, s’en tire pas trop mal. Après avoir quitté la décennie 70’s avec un album mariant son rock urbain et le jazz libertaire The Bells (avec le support de Don Cherry quand même), et un album très moyen en 1980, le sieur revient en 1982 sous les meilleurs hospices (une cure de desintox aidant).

En cette année, fini les égarements de production, on revient au bon vieux son rock sans fioritures et à la formule basique guitares/basse/batterie. Du coup l’album sonne intemporel si on le compare aux disques de l’époque, la facilité aurait été de se coller au son actuel, ce bon vieux rock FM, avec comme étendard Dire Straits, oui mais non…

Quand on pense qu’à pratiquement la même époque Dylan se fait produire par Mark Knopfler, sic...

Pour le seconder le bonhomme fait appel en plus à de très bons musiciens dont le guitariste Robert Quine, qui officia précédemment chez l’une des pointures du punk new-yorkais Richard Hell & the Voidoids.

Par contre seul fausse note de l’album, sa pochette, on reprend Transformer, on recadre et on rajoute du bleu... Mais bon, ce n’est qu’une pochette…

L’ancien décadent chauve

Avant de commencer, vous noterez que cette semaine c’est une spéciale 1982, année qui m’est cher pour une raison bien particulière d’ailleurs. Et justement, c’est à cette époque que Brian Eno clôt sa quadrilogie Ambient, commencée quatre ans plus tôt, avec On land. D’ailleurs l’album regroupe justement des enregistements qui datent de ces quatres années, histoire de finir et de synthétiser en beauté cette quadrilogie.

Eno est donc à l’origine de la musique dite ambient, à la fois dans la continuité finalement de la musique minimaliste d’un Steve Roach ou celles composées par les allemands de Kraftwerk ou Tangerine Dream. Pour la filiation dans le meilleur des cas, on retrouve l’influence d’un Eno chez the Orb ou les premiers Aphex Twin, et de manière putassière malheureusement dans la New Age.
Personnellement, c’est mon préféré dans cette série d’albums, le plus sombre en tout cas.

Le patron dépouillé

Y’a quelques temps, le magazine US Rolling Stone a sorti un numéro spécial avec le classement des 500 meilleurs albums. Déjà, le principe des classements je trouve ça complètement ridicule. Et on en revient toujours au principe du prêt à penser, et finalement à un résultat consensuel. Et ça, j’exècre.

Pour finir dans les vingt premiers albums doit y avoir au moins quatre albums des Beatles et des Stones… choix qui me parait plus ce que discutable… Sans compter qu’il ne s’agit que d’artistes anglo-saxons…et que de pop-rock en général…

Quand je vois que Kind of Blue et Love Supreme sont très loin dans le classement, on sait déjà qu’on a à faire à des guignols… Idem pour Bowie, son premier album est Ziggy, hors tout bon fan de David Jones choisirait soit Low ou Hunky Dory… Et là, j’en viens au post d’aujourd’hui, pour le Boss, les deux premiers sont Born to Run et Born in the USA… Hors, si y’a bien un album qui me parait intouchable de Springsteen c’est bien Nebraska. J’ai jamais vraiment aimé la musique du Boss, jamais accroché à son rock, idem pour ses arrangements. Mais en 1982, le bonhomme nous pond une merveille de folk intimiste, parlant déjà des laisser pour comptes, album sombre, une perle noire.

Seul avec sa guitare sèche et son harmonica, les compos sont toutes excellentes. A noter qu’à partir d’un folk, il arrive à rendre hommage au groupe électro-punk Suicide sur le titre State Trooper, fort le gars.

Weimar 1919

Ça fait déjà trois ans que ces quatre anglais se sont fait connaître par leur premier et déjà cultissime disque Bela Lugosi’s Dead sorti en 1979. Bauhaus, car c’est d’eux dont il s’agit, font parti de ces groupes cultes que finalement peu de personnes connaissent mais qui ont eu une influence dans la musique inde. En effet, avec Joy Division, ces derniers sont les géniteurs d’un courant musical que l’on appellera plus tard gothique, enfin j’entends par leur progéniture, car ces deux groupes ne sont pas goth.

Tout comme le Ian Curtis band, Bauhaus fut influencé par le thin white duke (David Bowie), mais autant les mancuniens ont surtout retenu sa période berlinoise, nos quatre gaillards penchent plutôt pour sa période glam (ils reprendront d’ailleurs Ziggy Stardust). En effet, Bauhaus joue un rock nerveux, decadent reprenant le glam à leur propre compte, une version plus sombre, chaotique, torturé (le punk est passé par là). On retrouve le même gros son de basse que Joy Division, mais avec cette fois ci une batterie plus humaine et une guitare bien plus saturée et expérimentale. Et l’autre grosse différence vient du fait que Peter Murphy n’est pas neurasthénique, son chant est habité (c’est un admirateur d’Antonin Artaud).

Leur troisième album, The Sky’s Gone Out, dont est issu le titre proposé d’aujourd’hui, n’est sans doute pas leur meilleur album mais finalement celui qui synthétise le mieux leur style, la batcave. On retiendra que cet album s’ouvre sur une reprise d’un autre grand monsieur, Brian Eno, pour un Third Uncle, qui finalement fait plus fort que l’original (a mon avis).

Au final, Billy Corgan (The Smashing Pumpkins) peut les remercier…

Ne rien entendre, ne rien voir, ne rien dire

Un peu de punk ça manquait dans ce blog ! En 1982 sort un album qui fera date dans le petit monde du keupon illustré Hear Nothing See Nothing Say Nothing. Discharge fait parti de la seconde scène anglaise celle de l’apres Pistols et autre Clash, celle qui naît quand finalement le mouvement ou plutôt la mode punk disparaît, car le punk ne meurt jamais comme le clamera en ’79 Wattie Buchan « Punk’s not dead ».

La fin de l’utopie punk voit donc l’émergence de groupes tel que Discharge, The Exploited ou Crass. A la différence de leurs aînés, ces derniers sont plus radicaux, plus politiques et musicalement plus violents. Dans le cas qui nous intéresse, Discharge est à l’origine d’un style appelé le crust, à savoir un punk sale, lourd, minimaliste et rapide qui annoncera une autre évolution du punk encore plus extrême le grindcore. Il est aussi intéressant de noter qu’à la même période aux USA, le punk évolue de manière relativement similaire (en moins crade et politique quand même), on l’appellera le hardcore.

Apres avoir sorti bon nombre d’Ep’s, le combo se décide de sortir enfin son premier album en 1982. Et pour le coup, soit 24 ans après sa sortie, on comprend l’influence qu’a pu avoir l’album sur toute la scène extrême anglaise voir outre-atlantique. Le disque est violent, âpre, les morceaux sont basiques, courts mais en contre partie très efficaces et le disque a un son tout bonnement énorme, puissant, même encore aujourd’hui. Les vocaux de Cal sont à l’image de la musique, violents, très vindicatifs et les paroles ressemblent à des slogans politiques.
Un classique du punk donc, j’adore.


John McNaughton

Henry: Portrait of a Serial Killer, premier véritable long métrage du bonhomme après quelques documentaires. Derrière ce titre assez racoleur, on s’attendrait à voir un de ces navets diffusés sur M6 ou TF1 en seconde partie de soirée, encore un téléfilm US bien foireux. Que nenni, on a droit à une sacrée baffe, une tranche de vie sans concession où nous est relaté la dérive criminelle de Henry (librement inspirée par la véritable histoire d’Henry Lee Lucas).
A la vision du film, on constate qu’effectivement, le père Robert vient du documentaire, pas d’artifice, c’est très cru ! Images dégueulasses, qu’on croirait sorties d’une série TV, pas de cinémascope, et une photo bien terne... Donc ce ne sont pas ses qualités formelles qui vont nous intéresser. Mais plutôt l’approche du réalisateur, il nous montre la « bête » au quotidien, comment celle ci vit et supporte ses pulsions criminelles. Et finalement, le fait que formellement le film ne soit pas aguichant nous permet au contraire de nous plonger un peu plus dans le fond et dans l’horreur.
Le sujet nous narre donc les crimes perpétrés par Henry Lee Lucas, ainsi que ceux fait avec son colloc, Otis, qu’ils filmeront d’ailleurs sur vidéo...Parallèlement la soeur d’Otis semble attirée par Henry…
Au final, un film brut (la fin l’est vraiment !), proche du docu, on a rarement fait mieux, l’anti-Silence des agneaux, qui était une version hollywoodienne du mythe (?!) du serial killer, le tueur ultra intelligent itou itou...(enfin surtout Hannibal, car Buffalo Bill...). A noter que John McNaughton a eu du mal à sortir son film (tu m’étonnes !), tourné en 1986, ce dernier eu droit a sa sortie officielle que 4 années plus tard...
Pour la musique, comme sieur Carpenter, le sieur a aussi composé la musique du film, une vraie comptine pour enfant... En prime, la cover de Fantômas, l’un des nombreux projets du sieur Mike Patton.
Pour les plus curieux voici un lien nous narrant la véritable vie de Henry Lee Lucas
http://www.artezia.net/sk/henry_lucas/henry_lucas.htm



Abel Ferrara

Un des personnages les plus sympathiques qui soient. Un réalisateur complètement allumé. Un fou de musique. Un new-yorkais. Je suis fan.
Parmi les nombreux films que le bonhomme a réalisé, The addiction, est un cas à part. Tout d’abord, il est à noter que ce dernier est plus le bébé de son ex-scénariste attitré Nicholas St John que du géniteur de Bad Lieutenant. Mais ne nous arrêtons pas là, en effet ce long métrage reste cependant intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, addiction, oui mais à quoi ? Au sang ! Ou comment faire un parallèle entre l’addiction subie par un junkie et celle d’un vampire. Nous suivons donc les pérégrinations d’une doctorante (Lili Taylor) en philosophie (ce qui fait que par moment, le film est assez baveux, on note alors au passage la vampirisation du réalisateur par le scénariste …) qui se fait croquer la jugulaire un soir (en même temps, j’en conviens, les vampires attaquent rarement en pleine journée). On assiste donc à sa transformation, à son devenir et à ses nouvelles rencontres (mention spéciale à Christopher Walken en vampire ascète et a la belle Annabella Sciorra).
Ma scène préférée ? Le pot de thèse qui finit en carnage.