Cronico Ristretto : Ubiquitous Falsehood - Cavernlord (2018)

Obscur. Ce side-project l'est assurément. A l'instar de son instigateur, le dénommé Nathaniel Leveck. De son auteur, nous devrons nous contenter d'une biographie officielle des plus succinctes. Né au milieu des années 70 dans le Midwest, et désormais résident au Wyoming depuis 2005, nous n'en saurons pas plus sur celui que se fait également appelé Namtaräum. Qu'importe. L'homme alterne depuis cinq années les différentes formations, toutes auto-produites, à un rythme soutenu, symptôme d'une schizophrénie stakhanoviste avec pas moins de trois groupes officiels, les black metal Natanas (d'obédience doom) et Telerumination (d'obédience dark ambient) et l'introspectif Uls De Tol, et une cohorte de side-projets, dont le noise Hydrogen Sulfide et celui qui nous intéresse, le sludge Cavernlord dont le récent Ubiquitous Falsehood vient de paraitre le 26 février dernier.

Deuxième véritable album après un disque éponyme sorti quasiment une année auparavant, et deux E.Ps sortis sur Vibrio Cholerae Records, l'évidence, du moins le réflexe premier, serait de s'arrêter sur cette expressive pochette tirée dont on ne sait quelle maison close crapoteuse du début du siècle dernier.

Enregistré dans les conditions du direct, à la maison, Ubiquitous Falsehood ne trahit nullement la mention en guise d'avertissement affichée par son auteur : « Filthy sludge for filthy people ». Lo-Fi, crasseux, mal embouché, l'album écrit, chanté et joué par l'homme orchestre Namtaräum [1] est un condensé de malaise à ne pas forcément mettre entre toutes les oreilles. Tirant parti de diverses influences, du crust punk au black metal, et d'une pincée de noir psychédélisme, le sludge made in Cavernlord navigue, comme il se doit, en eaux troubles. A l'image des vocaux utilisés par sieur Leveck entre chants écorchés et gémissements plaintifs de toutes sortes, varions les souffrances, Ubiquitous Falsehood pourrait en somme en surprendre plus d'un par son éclectisme morbide. Pesanteur doom, guitares torturées, rythmiques glauques, batterie caverneuse, le claque et ses plus belles fleurs vénéneuses s'offrent à ses auditeurs les plus avertis.

A découvrir.





Titres
01. Simple Cloven  / 02. Penny for Your Thoughts / 3. Love Tunnel / 04. Lotion's in the Bucket / 05. Pink Slip / 06. Sorrow / 07. Lungs of Swamp / 08. Man was the Lord of the Fire / 09. Caffeine and Boredom / 10. Bury the Dead
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[1] Secondé un temps par madame aux chœurs sur Pink Slip et Sorrow, et par le dénommé Ramsay à la batterie et guitares sur Lungs of Swamp.

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