The Resurrected - Dan O'Bannon (1991)

Préambule. Deuxième et dernier long-métrage de Dan O'Bannon, après le remarqué Le retour des morts vivants [1], The Resurrected méritait amplement que le préposé s'y attarde tant ce film demeure peu connu auprès des amateurs de fantastique. Dont acte.

Originalement programmé pour une sortie dans les salles, le film fut présenté dans de nombreux festivals, dont celui de Sitges en octobre 1991 ou celui d'Avoriaz en janvier 1992 hors compétition, avant de sortir directement en vidéo. Une étrange destinée qui confère à la surprise de prime abord, tant les adaptations sur grand écran des œuvres de H.P. Lovecraft sont rares, doublée d'une incompréhension non moins légitime compte tenu de la notoriété supposée de son réalisateur-scénariste [2]. Mais n'allons pas trop vite.

Le détective privé John March (John Terry) est engagé par Claire Ward (Jane Sibbett) afin d'enquêter sur son époux, Charles Dexter (Chris Sarandon), qui a quitté le domicile conjugal. De ce mari qui vit désormais retiré dans l'ancienne demeure de son aïeul, Joseph Curwen, March découvre au cours de son investigation que Ward continue les étranges expérimentations de son ancêtre, qui fut accusé de sorcellerie deux siècles auparavant...
 

Pédé, et c'est tout - Carla Benedetti | Giovanni Giovannetti (2017)

Le 2 novembre 1975, le cadavre du poète et réalisateur Pier Paolo Pasolini était découvert sur la plage d'Ostie, près de Rome. La thèse officielle attribue le meurtre à un jeune garçon de dix-sept ans dénommé Pino Pelosi « au cours d'une rixe de nature sexuelle », avec le soutien présumé de quelques fascistes homophobes. Pédé, et c'est tout, publié une première fois en 2012, de l'essayiste Carla Benedetti et du journaliste Giovanni Giovannetti s'accorde pour remettre en cause cette thèse officielle âgée de quatre décennies, et confirmée depuis par une ordonnance de non-lieu en 2015.

Œuvre inachevée débutée en 1972, publié trente ans plus tard à titre posthume dans une version incomplète et tronquée, le dernier roman de Pasolini, Pétrole, cacherait selon ces auteurs les dessous de cet assassinat, et les commanditaires d'un meurtre que beaucoup ont voulu classer, sciemment ou non, dans la simple case des faits divers. D'un essai qu'on pourrait aisément taxer de conspirationniste, les auteurs réfutent au contraire cette dénomination pour mieux s'attacher à une stricte reconstitution des faits et une analyse minutieuse des documents mis à leur disposition. Benedetti et Giovannetti battent dès lors en brèche la thèse officielle et ses nombreuses contradictions, en affirmant que ce meurtre sordide cache en fait une exécution politique, où plane l'ombre d'un homme, Eugenio Cefis, successeur d'Enrico Mattei (ancien président de l'ENI disparu dans un attentat en 1962), dont les auteurs publie pour la première fois un de ses discours les plus significatifs, « Ma patrie s'appelle multinationale », prononcé à l'Académie militaire de Modène en 1972.
   

Live report : David Murray feat. Saul Williams - 06 février 2018 Maisons-Alfort

Dans le cadre de la 27ème édition du festival Sons d'hiver, débutait le 6 février dernier la tournée européenne Blues for memo tour du jazzman David Murray. Accompagné du poète urbain Saul Williams et entouré de son Infinity Quartet (référence au groupe Black Music Infinity fondé par Stanley Lawrence Crouch), le saxophoniste ouvrait ainsi au Théâtre Claude Debussy, à Maisons-Alfort, le premier concert de ses onze dates à travers le vieux continent.

D'une première rencontre en 2014, lors des funérailles d'Amiri Baraka où Saul Williams implorait dans un poème le militant des droits civiques à « sortir de son cercueil » et à continuer la lutte, le souffleur originaire d'Oakland, impressionné par la faconde du poète, invita dans un premier temps Williams à venir sur scène auprès de lui. Deuxième acte de cette collaboration, les deux hommes enregistrèrent à Istanbul un album commun, le dénommé Blues for Memo (sortie le 16 février sur le label Motéma Music), hommage au producteur turc Mehmet 'Memo' Uluğ et à d'autres mentors de David Murray, tels les musiciens Lawrence «Butch» Morris et Sun Ra, ou encore à l'auteur Ishmael Reed, auquel le jazzman emprunte le texte Red Summer qui revient sur la tuerie à Charleston en 2015 dans un temple méthodiste noir.


Roar - Noel Marshall (1981)

Auréolé du titre du film le plus dangereux de l'histoire du cinéma, Roar de Noel Marshall retrouve le chemin des salles obscures dans une version restaurée le 7 février prochain. Unique réalisation du producteur exécutif de L'exorciste de William Friedkin, ce long-métrage, avec dans les rôles principaux son épouse Tippi Hedren et sa belle-fille Melanie Griffith, est également rentré dans les annales pour sa durée de tournage et son record d'accidents : officiellement soixante-dix membres de l'équipe furent blessés... par des grands fauves. Tournage cauchemardesque de six ans au lieu des six mois prévus, budget dépassant de quatorze millions de dollars l'enveloppe initiale, Roar s'apparente tout autant à une véritable pagaille devant et derrière la caméra, qu'à une expérience inédite pour le spectateur. Mais n'allons pas trop vite...

En Afrique, Hank (Noel Marshall), un chercheur américain, élève en toute liberté une centaine de fauves, quand sa famille en provenance des États-Unis vient lui rendre visite. Or, à leur arrivée dans la maison, Hank n'est pas là pour les accueillir, contrairement aux autres habitants, qui prennent rapidement le contrôle du lieu en l'absence du maître de maison...