Great Rock’n Roll Swindle

On parle souvent et d’ailleurs que du 1er album des Pistols. Or finalement, si je devais choisir un album du groupe de McLaren, ce serait plutôt la BO de leur faux documentaire. Je trouve que celui-ci représente au mieux l’essence du punk anglais, quelque chose de vraiment chaotique ; écoutez les reprises des standards des années 50, Johnny Be Goode, à la sauce John Lydon, ça vaut le détour !

Mais le summum, c’est quand ces derniers jouent la carte de la déconne, un titre comme Who kills Bambi ou leur reprise de My way (ah l’intro…) font parti des classiques du groupes pour moi. Mais le mieux, c’est quand ils reprennent leur tube absolu, Anarchy in the UK, à la sauce « french arrogant bastard »! On a droit à un joli poncif, avec accordéon en prime, un délice !

Ca me fait penser à ces crétins qui nous ont pondu leur quotas de soupe de 40% pour les ondes. Déjà, on se tape les excédents québecois… merci bien, ils pouvaient rester cantonnés dans leur belle Province ! Ah ça pour bramer, le (ou la) québécois(e ) remporte la palme. Mais le pire, et je trouve ça totalement hypocrite, le pécor doit chanter en français, un jeune artiste français est donc obligé de chanter en français s’il veut passer sur les ondes, écoeurant, bravo le poujadisme radiophonique. Je me rappelle que pour soutenir cette cochonnerie, les Goldman ou Cabrel servaient de porte drapeau… C’est vrai qu’ils se sentent menacer par les anglo-saxons, les types… Enfin bon, si ça peut permettre à Orlando de bouffer…

Donc j’en reviens aux Pistols, les radios dites de jeun's pourraient passer cette chanson, elle est excellente, et en plus ça rentre dans leur quota de m… !

Angers sous les tropiques

Et encore un groupe hexagonal qui mériterait une meilleure reconnaissance. A l’origine le dub est surtout une expérience studio, un reggae principalement instru et expérimental, dont les pères sont avant tout des DJ.

Mais justement des angevins ont décidé de confronter le dub à la musique live. Et c’est là, l’originalité de Zenzile, apporter au dub une richesse musicale via l’instrumentation, car au delà de la basse, guitare, clavier et batterie, viennent se greffer des cordes, de l’accordéon ( ?!), et autre flute et sax.

Et leur dernier album, Modus Vivendi (je fais l’impasse sur leurs diverses collaborations, comme avec High Tone) est d’une diversité étonnante tout en gardant une véritable unité, lorgnant vers une inspiration à la fois plus rock et plus jazz. On notera aussi en guest le violoncelliste Vincent Ségal

Amiens, le 80, en force !

Il y a quelque temps, je vous disais que pour moi le free jazz, avant de se faire l’apôtre de la déconstruction, se voulait avant tout un retour aux racines africaines. C’est pourquoi, évidemment, les instigateurs du mouvement en sont les afro-américains. D’autant plus, quand on connaît encore aujourd’hui la politique culturelle am2ricaine, a savoir minimiser la culture africaine de cette communauté.

Ca me fait penser à une anecdote, à propos du film de Michael Mann, Ali, avec Will Smith. Ce dernier, en tout bon américain (remarquez les français sont pas mal non plus, mais bon…) s’intéressait peu à la politique internationale (au sens large du terme). Et là, je veux bien croire son choc quand il est allé en Afrique (je ne me rappelle plus dans quel pays où ils ont tourne le film, en tout cas, c’est pas l’ex-Zaire…). Le décalage ! A force d’être désinformé ou pas informé du tout (les USA sont champions pour ça, merci mr Murdock par exemple, mais avec mr Le Lay on y vient aussi...), le Smith a reçu un dur retour à la réalité. Ils venaient de découvrir ses racines le gaillard, le continent oublié ! Dès lors, il en voulait justement aux médias US de ne pas transcrire ce qui se passe, et la richesse de ce peuple. En même temps pour asservir une population, rien de mieux que de leur faire oublier leur passé, et de leur faire croire qu’ils ne sont rien… sont pas anciens esclavagistes pour rien les yankees (mais en France aussi on a les mains sales...)

Or justement, aujourd’hui, ce sont des français qui se sont frottés à l’Afrique. Prenez donc un clarinettiste, un pianiste et un batteur, qu’ils hument les parfums du continent noir, et vous obtenez un album qui garde à l’esprit le fond du free jazz, sans en être totalement. J’ai lu sur quelques commentaires que certains trouvaient horripilant les écarts de Scalvis, soit, mais on écoute pas du Dolphy non plus... encore des personnes qui ont trop écouté du Benny Goodman, sans doute...

Au final un bel album, Suite Africaine, sur le label amiénois, le label bleu. A noter que l’album était accompagné de très belles photos prises par Guy Le Querrec.

En passant

Pour marquer le coup, je vais parler un peu de ma petite personne.
Ca fait pile poil cinq mois que je bosse (enfin bosser, c'est vite dit) à Hong-Kong, et finalement je viens de passer le cap de la moitie du temps imparti de ma présence ici (oui car j'irai pas a terme!).

Encore cinq mois a tenir donc. Je souligne bien "tenir", car bosser chez des clampins pareil, c'est loin d'être facile. Après quatre années de stakhanovisme forcené, pour obtenir le titre fumeux de docteur es sciences (la belle affaire), me voici donc en Asie pour parachever en beauté une belle lose.

Je note qu'ici l'image du français fumiste et fainéant a de beau reste. Apres m'être fait humilie par un responsable, je remarque néanmoins que si je suis une faignasse, je suis aussi entoure par une bande de bras casses.

Enfin, au moins, je pourrais pas m'en vouloir de ne pas avoir tout tente. En France, un doctorat n'est pas suffisant pour trouver du taf, il faut valoriser notre savoir par un stage à l'étranger (la, je pouffe...). Bon, c'est en court. Et après, dix mois de chianlit, on tentera quelques concours, de nouveau les joies de l'ANPE et surtout ma première rencontre avec RMI!

tout ca pour ca... Comme dirai Michel, l'ingénieur informaticien, "vive la merde".
A moyen terme, on risque de nouveau de finir expatrie donc.

"faites des études", qu'ils disaient aux fils et filles de prolos, bah voyons... merci pour tout.

Vive les Landes!

Lundi c’est death metal ! Encore que, je vais clore le chapitre musique des morts pour quelques temps. Et je conclus en beauté avec un groupe de frenchies. On peut pas dire que l’on a pas été gaté , nous les bouffeurs de grenouilles en matière de musique extrême. Dans le death metal hexagonal, quelques noms viennent par ci par là, les précurseurs, fin ‘80, étant les nordistes Loudblast et Massacra, mais leur succès d’estime n’a jamais dépassé les frontières. Or, depuis les années 90, les choses commençaient à émerger, mais on attendait encore la révélation. Celle-ci viendra encore du Nord avec SUP (ex –Supuration, mmh… chouette comme nom…), mais ces derniers, bien qu’étant très talentueux, n’ont pas non plus eu un grand succès, du fait de leur trop grande originalité. Dans les années 80, ils étaient pas assez originaux pour se détacher de la scène internationale, et après, on trouve la perle rare mais, ils sont trop originaux pour plaire !
Oui mais fin du millénaire, une nouvelle génération apparaît encore, et là ça y est la mayonnaise commence à prendre forme ! Faut dire qu’à la différence de leurs aînés, les p’tits jeunes n’hésitent pas non plus à tourner intensément. Du coup des groupes comme Scarve ou aujourd’hui Gojira réussissent à avoir du succès à l’étranger, et pour ces derniers, ils arrivent même à vendre autant à l’étranger qu’en France. Bon maintenant, pas de quoi de se pignoler, ça reste du death metal, les ventes sont loin d’être exceptionnelles, un disque qui se vend à 30000 exemplaires c’est un carton dans le genre…

Donc Gojira, ex-Godzilla (pour des problèmes de droit, je crois, en même temps, Gojira c’est le nom japonais du lézard géant, alors…) est un p’tit groupe qui nous vient des Landes. Déjà la première chose qui frappe à l’écoute du groupe, c’est le batteur, un p’tit jeune qui promet… la double grosse caisse n’a aucun soucis pour lui, et à l’écoute du dernier album on peut espérer qu’il élargisse la panoplie de ses influences rythmiques. Deuxième particularité, on est très loin des poncifs du genre, bien que ce soit du death, le groupe est zen, sympathisant greenpeace, ni d’image gore ou de relent pseudo-satanique (n’en déplaise à M6). Du coup la musique ressemble à un véritable rouleau compresseur et sans branlette de manche, aucun solo !! pour un groupe metal, c’est suffisamment étonnant pour être souligné.

Voici donc un extrait du 1er album de 2002, à l’époque ils étaient pas encore connus, et maintenant ils font la couv’ des magazines metal de la perfide Albion et sont même distribués aux USA, la classe donc.

"mmh, mon p'tit chat..."

Je viens d'apprendre une triste nouvelle, le comédien Philippe Noiret est mort.

De la bande des quatre du film de Ferreri, il ne reste plus donc que Piccoli... pour combien de temps pourrait on dire.

Manque plus que ses potes et compères des Grand ducs JP Marielle et J Rochefort viennent a casser leur pipe, et la, on sort les mouchoirs.
Donc en resume, apres J Palance et R Altman, si l'on en croit la fumeuse croyance chretienne (vous savez la serie des 3, la sainte trinite, belle fumisterie...), on devrait etre tranquille au niveau rubrique nécrologique liee au cinoche.
Enfin, salut l'artiste comme on dit dans ces cas là.

Meursault

« La vieillesse est un naufrage », et bien pour le père Robert Smith, je trouve que ça lui va comme un gant ! Et pourtant, tout avait si bien commencé…

A 17 ans, il forme donc son groupe The Cure, et trois ans plus tard se fait connaître avec son premier 45 tours, Killing an arab. Évidemment avec un titre pareil, on retient l’attention. On pourrait même se faire de nouveaux amis parmi les sympathisants d’extrême droite… Oui mais sauf que ça tombait à plat, car le jeune Robert, lui, pensait pas à mal, en tout bon admirateur de Camus, et donc de l’étranger. Il aurait du intituler sa chanson, Today, mammy is dead, il aurait eu moins de soucis…

Ce que j’aime dans cette chanson, et d’ailleurs dans le premier album (encore que, je préfère la version US du 1er album, ont viré quelques titres faiblards et rajouté Boys don’t cry), c’est que ça sonne frais, limite insouciant, mais dans le bon sens du terme ! Ah !! à l’époque ne se prenait pas encore trop au sérieux, et n’avait pas encore découvert la panoplie complète du corbeau maquillé… Viendront ensuite la fameuse trilogie, qui se terminera en beauté en ’82 avec Pornography, le début de la fin en somme...

Mike D, Ad-Rock & MCA

Ah oui, les Beastie Boys sont de vrais sales gosses ! Et même encore à quarante ans, ces derniers ont réussi à garder une fraîcheur (cf leur dernier album, To the 5 Boroughs, hommage à la grande pomme, à ses 5 quartiers et au hip-hop des années 80).

Et pourtant, on peut dire dans un sens, c’était pas gagné. Le groupe formé en ’79 à l’âge de 14 ans oeuvrait dans un hardcore punk ; ce qui ne parait pas étonnant, le punk étant la jeune musique rebelle pour les jeunes blancs de l’époque. Cependant, le succès viendra d’un hip-hop caricatural et potache, sur leur premier véritable album, Licence to ill, en ’86, et qui deviendra le plus gros succès rap aux USA, de quoi faire grincer quelques dents…

Alors je me pose quelques questions, pourquoi un tel succès à l’époque ? par ce qu’ils étaient blancs ? par ce que justement ils jouaient à fond la caricature et l’humour potache (voir déjà les clips de l’époque), sans compter qu’en tournée des demoiselles étaient accrochées dans des cages… Mais finalement, le public de l’époque comprenaient ils déjà que c’était du second degré ?
En tout cas, les féministes de l’époque n’ont pas vu l’humour. C’est drôle car en 86, elles s’offusquaient pour ça, mais quand aujourd’hui, des rappeurs font appel à de vrais pimps pour leur clip, et où ces derniers ramenent justement de la chair fraîche pour leurs vidéos, on entend personne, étonnant non ?4 extraits aujourd’hui de leur premiers enregistrements punk de ‘82, avec le son d’époque, donc bien pourri (et a l'epoque, ils etaient 4, Ad-Rock ne faisait pas encore parti du combo, et les deux autres membres etaient Kate Schellenbach and John Berry)

Tony évidemment !

Il me paraissait difficile de parler d’Herbie sans mentionner aussi l’autre prodige du second quintet de Miles, Tony Williams.

Enrôlé dans un premier temps chez Sam Rivers, puis chez Jackie McLean, Tony, parallèlement au quintet de Miles, enregistra avec l’étoile filante Eric Dolphy sur le cultissime Out The Lunch, mais aussi avec son partenaire Herbie à ses débuts.

Ce qui caractérise le style Williams, c’est sans doute sa fougue, et c’est bien ce que recherchait justement Miles ; quelqu’un qui le mette en danger à chaque fois.

A 18 ans, Tony sort son premier album en tant que leader, signé comme son compère Herbie chez Blue Note. Et bien pour un premier essai, c’est déjà un coup de maître. Une musique qui flirte avec l’air du temps, c’est a dire le free jazz, sans jamais en être véritablement. L’utilisation du vibraphone est aussi intéressante à ce titre, car peu utilisé finalement dans le jazz (comparativement à d’autres instruments j’entends).

Voici donc un extrait du 1er album Life Time sorti en ’64 avec entre autres Sam Rivers, Gary Peacock et Herbie.

Watermelon Man

Le jazz se veut une musique d’adulte, et à cet égard c’est bien dommage, car finalement celle ci devient trop élitiste. Cependant, il arrive que certains musiciens de jazz réussissent à faire venir de jeunes auditeurs à ce style, au grand dam de certains, mais ça, des crétins, y’en a partout...

Alors est-ce parce qu’Herbie hancock fut un musicien prodige, jouant déjà du Mozart à 11 ans pour le Chicago Symphony, en tout cas ce dernier a toujours été en avance sur ses collègues bon nombre de fois. En 1962, à 22 ans, le prestigieux label Blue Note (enfin à l’époque, aujourd’hui, il a perdu un peu de sa superbe, ce label...) offre à ce gamin un contrat en tant que leader. Déjà, c’est à la fois osé de la part du label mais aussi du pianiste, car à 22 ans, être leader d’une formation jazz, ça demande à la fois un sacré potentiel et une maturité pour se permettre cela. Mais le bonhomme il a tout ça !

Plus j’écoute son 1er album Takin’ Off, plus je trouve cet album extraordinaire. Du à son jeune âge, on pourrait critiquer le fait que cet album est accessible voire conventionnel, mais ça serait de la mauvaise foi car au contraire pour moi il serait plutôt spontané. En effet, on est loin d’une musique jazz facile pour dîner mondain (Kenny G par exemple), et celle ci annonce une future sophistication qui trouvera son point d’orgue avec son album de 1968, Speak Like A Child. A noter que cet album annonce déjà son goût pour les musiques funky (il reprendra d’ailleurs le titre Watermelon Man sur son cultissime Headhunters).

Pour finir, il en faut du talent pour se permettre d’avoir comme sideman le saxophoniste Dexter Gordon, et le Prince of Darkness ne se trompera pas, puisqu’Herbie fera partie du fabuleux second quintet de Miles.

Sunlight

Ah bah tiens, y’avait longtemps que j’avais posté quelque chose concernant le death metal! Encore, me direz vous ! Oui, je l’avoue, j’ai un faible pour ce genre, au même titre que John Coltrane, le Velvet ou Guy Marchand, comme quoi c’est pas incompatible…

La maxime qui voudrait que l’on soit jeune et qu’on aime faire du bruit, s’est vue plus d’une fois confirmée. C’est ainsi qu’en 1989, le death metal made in Floride se développe de plus en plus et devient dès lors le style extrême dans le rock le plus prisé dans les milieux undergrounds. Oui mais il faut toujours se méfier de la vieille Europe, et celle ci va connaître deux scènes extrêmes importantes, l’une basée chez la perfide Albion et l’autre chez nos amis scandinaves.

En 1989, en Suède donc, (la Norvège étant le pays du black metal, mais ça c’est une autre histoire), naît parallèlement, à la future hégémonie US, le son SUDEOIS. Et ce qui parait encore plus étonnant c’est que tout cela est dû à une bande de gamins de 15-16 ans. Alors j’entends tout de suite les mauvais esprits, on voit bien que c’est une musique puérile, vu que le maître étalon est fait par une bande de morveux. Oui sauf que non.

Déjà, on est loin des lieux communs des groupes US. Ici les clichés, Satan est mon ami par exemple, ont très peu leur place. On garde le côté morbide mais le côté grand guignol en moins. Et puis il y a ce son si particulier, bien différent de celui dont je parlais y’a 15 jours. Un son épais mais surtout gras bien crade et les compos se veulent aussi plus complexes que celles de leur homologues yankees. C’est bien simple, après cet album, le studio Sunlight où fut enregistrer le 1er album d’Entombed servit de référence à toute une scène naissante. Et puis, pour des gamins de 16 ans, ils se la jouent quand même pas mal, des sacres zicos, et puis une voix comme ça, à cet âge là... pfff !

Moe Tucker (ou le Lou Reed du mois)

Je finis la semaine par quelqu’un de particulier dans le paysage musical. Tout d’abord, Maureen Tucker est la batteuse du Velvet Underground, faut il le rappeler.

Et ma foi, elle est la preuve qu’on peut être limité techniquement et pourtant avoir un style reconnaissable et finalement influent. Première particularité, cette dernière joue debout (comme les batteurs des 50’s de rockabilly), et avec un drums kit simplifié a l’extrême et utilise des maillets! Les mauvais esprits peuvent me rétorquer que ça colle avec son jeu limité. Et pourtant, à l’écoute des 3 premiers du Velvet, un batteur conventionnel n’aurait pas eu sa place selon moi. Leur musique étant trop en marge, pour souligner cette singularité, il fallait justement des percussions qui le soient aussi.

Preuve en est, le morceau Sister Ray (leur morceau ultime selon moi), si ça annonce pas le rock industriel, son rythme répétitif voir primitif, guitares saturées, où comment digérer l’influence du free jazz à son propre compte.

Cependant, aujourd’hui, le morceau proposé ne sera pas celui du nom supposé à la seringue de Lou, mais Ocean, issu du fameux 4eme album du Velvet pour Verve, VU, perdu puis retrouvé, et qui fut finalement édité en ’85. Donc voici deux versions d’Ocean, l’une avec Moe et l’autre avec le jeune frère de Doug Yule, issue des sessions de Loaded, le dernier album du VU avec Lou sorti en ’70.

?uestlove

Après avoir fait un post sur Tribe Called Quest, fallait bien que je parle un des ces quatre du groupe de Philadelphie, the Roots. C’est bien simple, ces mes là sont des OVNI dans le paysage musical. Déjà, première particularité, vous en connaissez beaucoup des groupes de rap où le leader est batteur ? Cherchez pas, y’a pas !

Un groupe de rap qui joue sa propre musique, avec de vrais zicos ! peu de samples. Déjà sur disque, le groupe est suffisamment original, mais en live, on approche quelque chose d’exceptionnel, le pont véritable entre la culture urbaine afro-américaine des 40 dernières années, du jazz, de la soul, du funk, du hip-hop. Et le tout grâce justement à l’impulsion de leur batteur ?uestlove qui insuffle une énergie incroyable. D’ailleurs, dernière preuve du talent du bonhomme, il a joué dernièrement avec Herbie Hancock, comme carte de visite c’est pas mal.

Pour une fois je vais mettre une nouveauté, un extrait de leur dernier album sorti en septembre, une bombe !

hommage

Un petit hommage en passant à un grand monsieur du cinéma US qui nous a quitté vendredi dernier, Jack Palance: l'homme au visage taillé à la serpe.

Je ne ferais pas de bio, Libération et autres journaux l'ont fait.

Pour la peine un extrait de la bande originale du Mépris de Godard avec justement Jack dans le rôle du producteur Jeremiah Prokosch.

Danny Carey

Le rock n’a jamais manqué pas de bûcheron, mais des batteurs à la fois massif, inventif et avec une vraie personnalité, déjà, ça se fait rare. Or dans ce registre, les années 60-70 ont vu l’émergence de deux batteurs anglais monstrueux, musicalement mais aussi humainement parlant, Keith Moon et John Bonham.

Or après la disparition de ces deux lascars, en 1978 et 1980, une filiation digne de ce nom fut plus que difficile à trouver. Certes, Dave Lombardo pourrait être rattaché à ce type de batteur, mais tout comme son groupe, son jeu n’est pas limité, mais pas assez ouvert musicalement (je parle de Slayer pour les nuls).

Il aura fallu attendre les années 90 pour retrouver un batteur puissant, appartenant à un groupe tout aussi original et important que pouvait l’être ceux des années 70. Danny Carey au sein de Tool incorpore ainsi bon nombre de rythmes tribaux que l’on avait plus entendu dans le rock depuis belle lurette et surtout de manière aussi fort réussi et inspiré.

En guise de hors d’œuvre, le morceau the grudge qui ouvre leur avant dernier album Lateralus.

Elvin Jones

Les batteurs de jazz d’exception, ce n’est pas ce qui manque, on peut dire même que c’est un chouette pléonasme, autant tu peux être une quiche à la batterie dans le rock, autant dans le jazz…Alors les noms ne manquent non plus, Art Blakey, Tony Williams, Roy Haynes, Max Roach… Mais aujourd’hui, je m’intéresse à celui qui à mes yeux est le plus grand, indissociable de Trane et nous a quitté en mai 2004, Elvin Jones donc.

Il est d’ailleurs intéressant de faire un parallèle entre la dualité leader/batteur comme celle de Miles Davis/Tony Williams et John Coltrane/Elvin Jones. En effet ces derniers poussaient jusque dans leur dernier retranchement leur leader, sauf que dans le cas de Trane, il fallait vraiment quelqu’un d’exceptionnel pour faire office de rampe de lancement au génie mystiquo-sonore de JC. On comprend d’ailleurs, qu’après la mort de Trane, lorsqu’Elvin fonda son propre groupe, ce dernier mis deux sax pour rééquilibrer les forces en présence, n’est pas Coltrane qui veut.

Et puis Elvin était une force de la nature, un athlète, 95 kilos de muscles, qui joua jusqu’à sa mort, à 76 ans.

Le morceau d’aujourd’hui est issu d’un des derniers albums d’Elvin avec Trane, Sun Ship, sorti en 1965. Le titre est caractéristique du mysticisme de son leader, Amen, ce qui me fait gentiment rire, pas sur que mes amis, les cathos fachos ou Benito XVI, puissent comprendre quelque chose à ce morceau.

Raymond Herrera

Et une spéciale batteur ! Du bûcheron primaire au poulpe atteint de Parkinsonïte aigue, le metal n’en manque pas… Mais ayant une petite faiblesse pour le metal industriel, aujourd’hui, mon post aura pour sujet sans doute ce qui se fait de mieux dans le genre.

Alors le père Raymond Herrera officie dans le groupe de L.A., Fear Factory. En 1992, ces derniers sortent une nouveauté, un mélange détonnant entre la musique industrielle et le death metal, la rencontre improbable entre Einstürzende Neubauten et Morbid Angel. A cela, ils incorporent un concept cyber-punk, le combat entre l’humain et la machine, ce qui pour cette musique est plus que judicieux. Bien que pas encore totalement maîtrisé, le style est déjà affirmé, guitare répétitive et tranchante dans la grande tradition de l’indus metal, mais originalité un chant alternant rage death et partie atmosphérique (les intonations du chanteur rappelle d’ailleurs par moment un certain Ozzy) et une batterie de tueur !!! C’est bien simple ce mec est incroyable, il manie la double grosse caisse comme personne, a un jeu technique et mécanique, soulignant parfaitement la dualité homme machine.

Après donc ce premier essai, en 1995, sort Demanufacture qui représente déjà le point d’orgue de leur carrière. Le côté death est moins présent, on rajoute une pointe de hardcore et de techno, un concept humain machine plus présent, et on se retrouve avec l’un des albums metal de 95.

coup de gueule

Bon je finis la semaine par une déception. Il ne s’agit pas non plus d’une diatribe, mais je voulais trouver un exemple plutôt négatif, et je l’ai avec la production de Steve Albini sur le deuxième album de PJ Harvey, Rid of me.

Accessoirement, Albini est aussi musicien, de groupe plaisant et saturé comme Big Black ou Shellac, mais là, au niveau prod je trouve qu’il a pas réussi son coup. Et pourtant le type est pas manchot. Dès qu’il s’agit d’enregistrer des artistes au propos noisy, il se démerde pas mal, et son CV est loin d’être honteux : le 1er Pixies, presque tous les Jon Spencer, le meilleur album de Helmet, Meantime. De la même manière comme ingé, Neurosis ou Reznor ont fait appel à lui. Alors pourquoi j’aime pas ça prod sur cet album ? Et bien pour un album et une prod qui se voudrait brut, je trouve que ça tombe à plat (contrairement au dernier PJ, Uh Huh Her). Le côté abrasif n’est pas suffisamment exploité, et pire il a joué avec la voix de PJ, ce qui fait que par moment on l’entend à peine, comme certains instruments d’ailleurs. Du coup, à moins d’avoir un système hifi performant, à écouter au casque, et c’est d’autant plus frustrant que cet album est énorme.

Alors est ce parce qu’elle, aussi, a été déçue par la prod du sieur Albini, toujours est il que 6 mois après, miss Harvey sort un album, 4-track demo, qui comme son nom l’indique contient des versions démo en 4 pistes et quelques inédits des sessions de l’album précédent. Et ma foi, je préfère ces versions, au moins là, on a du brut de décoffrage, et du vrai !

A titre de comparaison, la version Albini, la version demo et une version live de 2001.

L'homme de l'ombre

En voila un qui n’est pas connu du grand public mais qui mériterait une reconnaissance plus large : Teo Macero. Avant de produire les plus belles pages de la période Columbia de Miles (avec Gil Evans bien sûr), l’homme fut aussi sax tenor pour non des moindre mr Charles Mingus, déjà respect.
Donc à partir de 1957, Teo va produire pour la Columbia et pour Miles. Son talent ne peut être mis en cause pendant la période acoustique du Prince of darkness, mais quand justement Miles a décidé de brancher les amplis, on ne peut que s’incliner devant le talent du bonhomme. En effet, pour ceux qui ont pu entendre les sessions d’enregistrements de Miles à partir de 1969, ça ressemble énormément à de longs jams. Et justement tout le talent de Teo fut de monter ces enregistrements, pour leur rendre un aspect plus présentable. Surtout connaissant Miles, c’était le genre « on vient d’enregistrer 20h de musiques maintenant tu te démerdes… » et on comprend qu’il y a eu du taff en amont qaund on écoute les versions bruts et leurs versions définitives.
Comme quoi, Miles était un génie musical mais Teo a aussi sa part.

Comme extrait, un titre relativement court de cette dite période, sur son album le plus barré, funk et schizo, On the corner.

Touche à tout

Et maintenant… le producteur qui est à la fois culte pour ses prod mais aussi en tant que musicien. A vrai dire, j’avais pas beaucoup d’exemple sous la main, et en fait seulement deux : Brian Eno ou John Cale.

Ayant déjà fait un post sur Eno, je vais parler un peu du fameux altiste qui fit parti du Velvet. C’est vrai que le père Cale n’a pas produit beaucoup d’artiste, mais bon nombre de ses disques ont marqué l’histoire musicale. Parmi les groupes ou artiste on retiendra Squeeze, Nico, Sham 69, The Modern Lovers, the Stooges et finalement Patti Smith.

J’avais parlé précédemment de la scène NY punk, et bien qu’on ne puisse pas à proprement classer Patti Smith dans le punk, cette dernière en est irrémédiablement rattachée. Et l’apport de Cale musicalement est aussi important, car à travers ses productions, on voit aussi l’influence qu’il a pu avoir sur le dit punk. Les Stooges ou les Modern Lovers annonçaient justement la vague à crête et à épingle à nourrice de la deuxième partie des 70’s.

Et pour le premier album de la fan de Rimbaud, il lui offre une prod au couteau, tendu, celle d’un garage band. On est loin donc des critères à la mode de l’époque. Pour le morceau, j’ai choisi la relecture orgasmique du Gloria de Van Morrison, une bonne reprise donc, on se réapproprie le morceau originale, en ne recrachant pas une mauvaise copie carbone.

ECM


Apres les déflagrations sonores, et l’exemple type producteur/style de musique, voici l’autre analogie, producteur et patron de maison de disque. Les exemples ne manquent pas, mais comme je ne passe pas assez de jazz à mon goût dans ce blog, j’ai décidé de choisir le cas Manfred Eicher. Sous ces initiales se cache Editions of Contemporary Music, label qui fut donc créé par monsieur en 1969 à Munich.

L’une des caractéristiques qui me vient en pensant à ce label c’est le justement le son ECM, peu de labels en effet peuvent s’enorgueillir d’être aussi facilement reconnaissable. Pour certains, ceci est considéré plutôt comme un défaut, le faisant passer pour un distributeur de musique froide, sans âme, voir New Age… Alors que cette musique se veut contemplative, évanescente et qui ne s’ouvre pas seulement aux musiciens de jazz contemporain mais aussi ceux issus soit de la musique arabe comme Anouar Brahem ou indienne comme Zakir Hussain.

Pour l’extrait j’aurai pu choisir parmi la pléthore de musiciens norvégiens mais je vais prendre un grand musicien anglais, non pas le contrebassiste Dave Holland (le concert de novembre 2005 à Rouen quelle claque !), mais le souffleur John Surman.

Surman, comme Dolphy ou Portal, joue aussi bien du saxophone que de la clarinette. Dans l’album Coruscating, il n’hésite pas à faire des liens avec la musique classique, choix assez audacieux car ces deux mondes sont assez différents. D’autant plus, qu’à la différence de certains jazzmen, le quatuor à cordes qui accompagne mr Surman fait partie intégrante du groupe et ne sert pas de faire valoir comme dans la plupart des cas.

Scott Burns

Dans nos thématiques à deux francs six sous, cette semaine intéressons nous aux producteurs, et à leurs influences sur la musique (bénéfique ou non d’ailleurs).

On va commencer donc par l’exemple type du producteur indissociable avec un style de musique, à savoir le metal extrême et en particulier à la scène death floridienne de la fin des années 80, début 90. C’est bien simple, tout les meilleurs groupes US sortis à cette époque sont de Floride, et on eu comme producteur (ce qui inclus aussi l’enregistrement et le mixage) Scott Burns (sauf Morbid Angel, faut toujours une exception). Déjà ce qui parait incroyable c’est qu’une scène extrême ait vu le jour dans cet état américain, où il fait bon vivre, comme quoi le soleil... Et puis, y’a que des vieux en Floride, c’est un peu comme la côte d’Azur, faut pas s’étonner qu’après la jeunesse soit énervée !

Alors le sieur pour faire court, à commencé par mixer le deuxième album de Death, puis ensuite, est parti pour sa première production au Brésil enregistrer un petit groupe inconnu pendant les vacances de noël en 1988 (c’était le seul à vouloir faire le déplacement et sacrifier ses fêtes de fin d’année). Apres un coup de maître avec Sepultura et leur Beneath the remains, la spirale infernale commence puisqu’il va produire les premiers albums d’Obituary, Deicide, Cannibal Corpse, Atheist, Cynic... Pour le jeune death metal maniac de l’époque, c’était une set-list très alléchante.

Alors au niveau du son et du style qu’a t’il apporté ? A vrai dire beaucoup, car le style a finalement grandi et évolué avec lui. Le death se caractérise par un son grave, épais, des guitares accordées très mais alors très basses! Une musique d’outre-tombe, donc.

Pour résumer mon propos, voici un titre du deuxième album des rubriques nécrologiques. Un de ses quatre, je reviendrais sur ce groupe de white trash, incontournable dans ce style.

A Favela é um problema social

J’avais commencé la semaine avec un groupe brésilien, et bien on va clore ce chapitre aussi par un artiste brésilien, Seu Jorge. Pour ce qui ne le remette pas, le monsieur a joué dans le saisissant film brésilien la Cité de Dieu et aussi dans le dernier film de Wes Anderson avec Bill Murray, The life acquatic with Steve Zissou, où il interprétait en portugais des chansons du thin white duke.

Seu Jorge étant né dans une favela (comme c’est original), il parait légitime qu’il donne son sentiment sur ce problème. Et ça me permet de faire un parallèle avec un type issu de la classe moyenne apparu dans les années 70, et qui pourtant voulait jouer au loubard et au prolo. « Il est blême mon HLM », ouais ça sent le vécu… Et en plus il se faisait passer pour le frère des taulards et porte drapeaux des anars, marrant pour quelqu’un qui deviendra tonton maniac… Maintenant la question est de savoir doit on être issu obligatoirement du prolétariat pour en parler et soutenir cette cause ? Bien sur que non, mais y’a la manière de le faire, et là, on tombe sur un sacré opportuniste.

On ferme cette parenthèse, et on reviens à quelqu’un qui à du talent. En conclusion, j’ai eu la chance de le voir en concert quand il était passé à Rouen. Je m’attendais à quelque chose d’honnête mais sans plus. Et ce fut une très belle surprise, très bonne ambiance, quelqu’un qui ne se prend pas au sérieux, entouré de très jeunes musiciens talentueux. Au final, vivement le prochaine album et surtout son prochain passage en France.

Race riots

Étonnamment, la meilleure chanson des Clash n’a ni été écrite par Joe Strummer ni par Mick Rock mais par le bassiste Paul Simonon. Guns of Brixton, publié en 1979 sur le cultissime London Calling, celle-ci narrant les tensions entre la population immigrée et la police. Et le plus drole cést que c’est même pas une chanson punk mais du reggae! Il faut dire que Paulo est issu de Brixton, quartier situé au Sud de Londres, où vit justement la communauté jamaïcaine.

A ce propos, on notera qu’il avait vu juste, et que ça demandait qu’à péter, puisqu’en avril 1981, il y aura justement des émeutes dans le quartier contre les mesures discriminatoires de la police envers les jeunes. Ce qui occasionnera que quelques centaines de blessés graves… une broutille.

Deuxième remarque cette chanson est un très bon lien avec une autre chanson du combo datant de 77, White Riot, où Strummer harangue la jeunesse blanche à se bouger le cul tout comme les blacks l’ont fait auparavant, un bel hymne anarchiste donc.

Revolucion compadre

Voici l’exemple type de chanson hommage qui sur le papier devrait me baver sur les rouleaux. Ayant très peu de sympathie pour les idées communistes, faire un hommage posthume à l’une de ses figures de prou, aurait pu me paraître au premier abord, quelque peu déplacé. Mais comme disait Pierrot, ne soyons pas anti-communiste primaire, camarade.

Bon premièrement, le Ché reste justement un des personnages les plus symboliquement fort de cette cause. Et puis, le bonhomme s’est battu pour ses idéaux, il aurait pu rester aux côtés de Fidel, mais non il a préféré aider la cause (d’ailleurs ça arrangeait aussi le leader Maximo qu’il se casse…), a tenté de libérer le continent, chasse gardée de l’oncle Sam, et s’est fait finalement descendre le 9 octobre 1967 en Bolivie. On notera que 6 ans plus tard, un 11 septembre, la CIA fera plus fort, puisqu’elle s’occupera directement d’un président élu démocratiquement…

Et donc en 1970, le contrebassiste Charlie Haden, frère d’arme d’Ornette Coleman, et secondé par sa muse de l’époque Carla Bley, compose Song for Ché sur son album Liberation Music Orchestra ; album qui fait parti des incontournables du jazz libertaire, où se croisent nombre de référence à la guerre civile espagnole, au conflit américano-vietnamien, etc…

J’ai rarement entendu un solo de contrebasse aussi fort émotionnellement, et c’est sans doute le plus bel hommage que l’on pouvait faire au Ché.