La vie ne fait pas de cadeau…

Parmi les chanteurs faisant parti du patrimoine francophone, s’il y en a bien un qui a su décrire parfaitement l’amour et ses conséquences, c’est bien le grand Jacques.

Personnellement, je suis plus attaché aux compositions de Brel les plus tragiques dans ce cas-là. Cela dit, Ne me quitte pas, doit faire parti des exceptions, car est ce parce que je l’ai trop entendu, ou le fond qui me dérange, toujours est il que j’accroche plus du tout à cette chanson. Non dans le genre tragique, mon choix va plutôt vers La fanette ou Orly, bref vous aurez compris si vous les connaissez, au niveau ambiance on est très très loin Des bourgeois

Orly fait parti du dernier album, Les Marquises, composé par Brel, soit une année avant sa mort, en 1977. Cet album est donc finalement son dernier emporté par un cancer qui n’avait pas dit son dernier mot. En effet quelques années auparavant, il avait décidé de tout quitter et de vivre dans le Pacifique, suivre les traces de Gauguin. Puis, se sachant sans doute condamné (le retour du crabe) il décide de rentrer à Paris et de graver son testament artistique. Et c’est vrai que la mort plane au-dessus cette œuvre, album sombre avec parmi les chansons les plus connues Vieillir et Jojo, ou l’adieu à son ami Georges Pasquier.

Puis vous avez Orly, parmi l’œuvre de Brel, c’est sans doute celle que je trouve la plus bouleversante.

Bref, c’est pas le genre de mésaventure qui risque de m’arriver le 27 avril au soir…

Ode à mme Trane

Tiens ça faisait longtemps que j’avais pas écrit un post sur John Coltrane…

1959 est une année marquante dans l’histoire du jazz, deux chefs d’œuvre en effet y seront enregistrés par mon sax ténor préféré. En mai de cette année, le quintet de Miles est en train de graver sans doute le plus grand album de jazz de tous les temps à savoir Kind of blue puis juste après Trane embraie sur l’enregistrement de son premier album pour le label Atlantic, Giant Steps.

Bien que ce ne soit pas son premier album en tant que leader, on note que les choses vont désormais s’accélérer pour Trane. Il entend devenir un véritable leader et ne plus être qu’un sideman qui sort épisodiquement quelques albums sous son nom.

A cette époque Trane n’a pas encore trouvé son trio magique, à savoir McCoy Tyner, Elvin Jones et Jimmy Garrisson. Pour l’accompagner il fait appel alors à des musiciens rencontrés lors de ses précédents albums en tant que leader ou d’autres sidemen de Miles. L’enregistrement se déroulera en deux sessions avec le pianiste Tommy Flanagan et le batteur Art Taylor puis Wynton Kelly et Jimmy Cobb (pianiste et batteur pour Kind of blue), mais avec toujours l’inusable et premier compagnon de route le contrebassiste Paul Chambers (qui appartient aussi au premier quintet de Miles).

A part ça, pas grand à dire, on tient sans doute ce qui ce fait de mieux en matière de hard bop, ça déroule sec, peu de répit. On note l’excellent Mr P.C. dédicacé justement au contrebassiste Paul Chambers et puis surtout l’un des plus beaux titres composés par Trane pour sa femme (de l’époque) Naïma. Epaulé par Cobb, Chambers et Kelly, on touche à la grâce pure, on retrouve la même magie et la même mélancolie que l’on pouvait retrouvé dans Kind of blue (en même temps on a là réuni pour ce titre un quartet issu de cet album).

Et puis, c’est sans doute la plus belle déclaration d’amour que le jazz est connu.

Bref, en plus d’être un magnifique prénom, Naïma, est sans contexte l’une de plus belles réussite de Mr John Coltrane.

Je t’aime moi non plus

Un petit point avant de commencer à raconter mes salades (oui j’ai pas oublié les propos outranciers d’un certain monsieur Reuh, t’ar ta gueule toi en mai…).

J’avais déjà en tête cette thématique depuis quelques temps, mais comme ça tombait la semaine du 14 février, eh oh, machoman, j’allais pas jouer dans la catégorie fleur bleue, pour entendre après « oh la fille, oh la fille ! », ouais…désolé… Puis avec ce que j’ai choisi comme chansons, on ne risque pas de verser non plus dans la mièvrerie, pas de chansons sucrées, donc les sentimentalo-diabétiques pourront passer aussi leur chemin.

La dernière fois je m’étais lancé dans une comparaison subjective entre Layne Staley et le cocaïnomane souffrant de l’estomac; cette fois ci, un petit rappel historique du groupe Alice in Chains.

Pour commencer, je radote mais pas sûr que ceux qui lisent cette note étaient déjà là le 20 octobre alors bon… Parce que ça me les bouffe un peu de lire que la scène de Seattle est considéré comme grunge. Si mouvement grunge il y a eu, celui-ci ne concerne que Nirvana et ses imitateurs (par exemple les anglais Bush), mais pas Alice ou Soundgarden (je cite pas Pearl Jam, j’ai pas envie de tirer sur une ambulance), voilà c’est dit.

Certes comme les groupes nommés plus haut, Alice fut formé fin 80’s biberonné par le rock noisy de cette décennie et celui des 70’s (Bowie, Led Zep, Neil Young…). Mais à la différence des autres autochtones, la principale influence du groupe de Layne fut Black Sabbath, on retrouve en effet la même lourdeur, le même coté poisseux, suffocant. Et puis rapport à la chanson d’aujourd’hui, Alice in Chains a toujours été doué pour écrire des ritournelles ayant pour thème la tension, celle dû à l’addiction (de son chanteur) pour les paradis artificiels, mais aussi celle entre les rapports humains (« comme quand vous êtes coincés dans un espace exigu »… merci Jean-Claude D. pour cette précision).

En 1990 sort donc leur premier album Facelift un an avant la déferlante Nevermind. Même si l’album ne représente qu’une ébauche du style Alice in Chains, le groupe réussira à faire parler de lui, puisque Facelift sera certifié album de platine, aidé il est vrai par MTV et le vidéo-clip de Man in the box.

Dès lors, avec le Louder Than Love de Soundgarden, la scène de Seattle sort désormais de l’ombre et est prête à casser la baraque.

Le Lou Reed du mois

Le look et Lou en général ça fait deux. Il n’a jamais été reconnaissable grâce à une apparence vestimentaire particulière… sauf entre 1973-1974! Lorsqu’il est devenu comme le nom de son album live un véritable rock’n’roll animal.

Années de tous les excès en somme, version dégénérée de la mode glam: Lou habillé tout en noir, visage et corps émaciés (fournis par un cocktail alcool, drogues dures et médicaments), maquillage noir, cheveux ras peroxydés et la touche finale, un collier en cuir clouté, extrême donc…

Et puis musicalement aussi, Lou a changé. Il a troqué le minimalisme du Velvet pour un rock fiévreux à guitares saignantes (secondé par des anciens du Alice Cooper band). Forcément, certains ont critiqué la démarche, tres commerciale… Et c’est vrai que les versions revisitées du Velvet ne sont pas toutes merveilleuses, autant transformer White light white heat en une sorte de boogie sudiste passe encore, autant la version de 13 minutes de Heroin me laisse dubitatif. Mais cela dit, les versions de Sweet Jane ou de Rock’n’roll sont bien meilleures sur ce disque, comme quoi. Et puis, pour la réédition de ce live culte, RCA a eu la bonne idée de rajouter deux autres titres issus de Berlin, alors que demande le peuple (faut dire qu’à l’origine, y’avait que 5 chansons)?

Au final, un disque live culte de chez culte, et indispensable quand même.

Serie Z

Ils arrivent quelque fois, que les films de genre (de B jusqu’à Z) inspirent les groupes de rock. Par exemple Blondie sur leur 1er album ont dédié une chanson à la fameuse attaque des fourmis géantes. Mais ils arrivent aussi que ces films inspirent non seulement les chansons, mais aussi finalement le look du groupe.

Les Misfits du père Glenn Danzig y correspondent parfaitement. En fait, ces derniers pousseront le concept des Cramps encore plus loin. On ne verse plus que dans le psychobilly mais directement dans l’horror punk, avec des histoires de zombies et autres ghoules. Donc au niveau look on a droit à des zombies bodybuildés avec une coupe de cheveux particulière (voir photo ci contre) et une musique qui rappellent les géniteurs de Human fly mais en plus dure. Et c’est sans compter aussi la voix de Danzig, ou comment jouer au crooner punk avec un look de mort-vivant…un fan d’Elvis qui verse dans l’horreur et dans le punk (le groupe s’est formé en 77, plus punk comme date, y’a pas… bon y’a aussi 76, mais bon), on aura tout vu…

Certes, au niveau porte étendard du psychobilly, je préfère les Cramps, mais les Misfits ont aussi leur part dans l’évolution du rock. Et puis, ces derniers ont quand même réussi à influencer quelques groupes comme un petit combo de San Francisco appelé Metallica (depuis leur début, ils reprennent souvent en live la chanson Last Caress). Après, le groupe se sépara en 1983, Danzig fera une carrière solo (inintéressante selon moi) et les Misfits se reformeront sans lui en 1996 (il tentera dès lors via un procès d’interdire cette reformation, un chic type ce Glenn).

Return of the Thin White Duke: Live !!

La dernière fois, quand j’ai proposé un titre rare live de Led Zeppelin, le retour fut très positif, que ce soit au niveau des commentaires ou des visites. Je persévère donc et m’en vais vous proposer une version live rare du père David Bowie… Je vais faire péter mes stats !! mais chaque chose en son temps…
On peut aisément dire que l’artiste pop le plus intéressant des années 70 fut sans conteste David Bowie (hormis Michel Delpech, j’attends vos avis contraires via les commentaires). Même si certaines personnes mettent en doute le génie musical du bonhomme, oui ça existe ! Par exemple selon Yves Bigot (s’occupe des divertissements de France 2, je crois que j’ai tout dit…), il aurait simplement repris de manière vulgaire l’héritage du Velvet… Autant le traiter d’opportuniste ! Donc quand le glam rock de Marc Bolan (T-Rex pour les nuls) explosa, Bowie le copia… Puis après il décida de reprendre de manière putassière la soul… Et pour finir en bon vampire, il s’adjoint les services de Brian Eno, mais au final il n’y est pour rien, il a juste repris les idées du chauve… Bah y’a des coups de pompe qui se perdent, c’est moi qui vous le dit !

C’est sûr, quel opportunisme musical de faire de la soul en 1975… Bah voyons! Oui je m’emporte facilement…et alors !?

Faut dire, mon album préféré du caméléon, est sans contexte le dernier album de sa période américaine, Station to Station, l’époque dorée du thin white duke. Et puis au niveau opportunisme, faudra m’expliquer quelque chose, car c’est tout le contraire. L’album précédent Young Americans voyait un David totalement perdu dans la shnouff, bon album de soul blanche, mais pour du Bowie, album décevant, définitivement perdu pour les paradis artificiels? Et bien non, justement, pour le suivant, le père Jones joue la carte de l’avant-garde et de l’éclectisme, flirte avec les rythmes naissant du disco, joue au crooner (et il est très doué pour ça le bougre) et commence à expérimenter sa pop froide. Et au niveau format, on est loin de la pop consensuel, l’album ne contient que 6 chansons, pour une durée moyenne d’environ 5 minutes avec un titre éponyme de 10 minutes.

Certes, on peut le considérer comme un album de transition puisqu’il a encore les pieds aux USA, mais déjà la tête ailleurs (Berlin), et annonce donc la fameuse trilogie, mais le terme transition reste finalement réducteur.

Donc vous aurez compris, si je dois choisir un album de Bowie (choix au combien cornélien), ce sera Station to Station. Et comme promis, une version live relativement inédite d’un concert au Nassau Coliseum de New York datant de la tournée de 1976, qui est justement plus rock et plus incisive que la version studio ou celle du live Stage.

Dr Funkenstein

Tiens encore un docteur ? Oui, et pas n’importe lequel celui là, alias monsieur George Clinton le père du P-Funk, le leader du Funkadelic et de Parliament.
D’ailleurs chronologiquement, Funkadelic ne fut pas en fait le premier groupe formé par George, mais Parliament dans les années 60, sauf qu’il se nommait en fait The Parliaments. Clinton changea le nom du groupe en 68 du fait d’histoires avec leur label, et puis le changement de patronyme coïncidait aussi avec l’évolution du groupe, en parallèle avec l’émergence du LSD et de la culture psychédélique.

Le groupe suit donc les traces de Jimi et du non moins cinglé Sly, à savoir le mélange détonnant d’un rock blues psychédélique et d’une soul funky. D’ailleurs, bien que le groupe soit reconnu pour son esprit déconne (par exemple voici le titre du deuxième album, Free Your Mind...and Your Ass Will Follow), cela ne l’empèche pas tout de même de traiter de sujets plus sérieux, ayant une base plus socio-politique.

Et quand je parlais de déconne tout à l’heure, que dire du look du dr Funkenstein ! Je crois que la photo parle d’elle-même…

Sinon, comme c’est mon premier post consacré à l’ami George, je voulais proposer un autre titre que Maggot Brain (1971), car c’est loin d’être un titre représentatif du groupe, mais pour un début, c’eut été une gageure de ne pas le proposer. Et quel titre ! Quels solos de monsieur Eddie Hazel! Alors pour la petite histoire, voici la version qui circule sur l’origine du chef d'œuvre. Clinton aurait dit “joue comme si ta mère venait juste de mourir et accompagnait l’âme de Jimi vers le ciel”, enfin quelque chose comme ça. C’est vrai que le travail d’Eddie fait penser à Jimi, mais ne vous y trompez pas, c’est plus un hommage que du plagiat.

Bref, un des meilleurs morceaux des années 70.

NWOBHM

Bon vous noterez que ma tumeur au cerveau foudroyante s’est fait attendre… J’avoue sur le catalogue des morts instantanées, j’aurai dû cocher rupture d’anévrisme, là j’aurai eu toutes mes chances, bon ça sera pour la prochaine fois…

Après une thématique dédiée à la moustache qui me fut inspiré par Sony Barilla, cette semaine c’est un autre bloggeur, ou plutôt bloggeuse, qui m’a indiqué la voie à suivre.
Merci donc Sydnette.

Donc comme je l’avais proposé dans un ancien commentaire, la thématique cette semaine aura pour sujet le look et les artistes, enfin un truc comme ça. Par contre, rectificatif pour la ch'timi, pas de post consacré à Martin and co…

Dans un post précédent consacré à Slayer, j’avais cité la New Wave Of British Heavy Metal. En effet, fin 70’s, une nouvelle vague de chevelus apparaît chez la Perfide Albion. Faut dire que parmi les patriarches du rock gorgé de testostérone, le drapeau était en berne, le Sab avait perdu Ozzy, le dirigeable allait bientôt se cracher, bref la grosse lose…

Sauf que depuis 1976, un petit groupe londonien commençait à faire parler de lui, par ses prestations scéniques et par sa virulence (à l’époque, j’entends). En 1980 sort donc le premier album de la vierge de fer intitulé sobrement Iron Maiden et produit en partie par Martin Birch (pour son CV, il s’est occupé par le passé de Deep Purple). On y voit d’ailleurs déjà la mascotte du combo, le croquemitaine Eddie dessiné par Derek Riggs.

Alors certes, le père Birch ayant pris le train en cours de route, la production de l’album est assez terne, sonne trop claire, mais reste les compos et là c’est du tout bon. D’autant plus qu’à l’époque, le groupe avait encore dans ses rangs le chanteur Paul Dianno, et ça change pas mal de chose en fait... En effet le groupe a surtout connu le succès avec le chanteur suivant Bruce Dickinson, et force est de constater que son chant à lui est plus typé heavy metal, on pousse plus dans les aigus éraillés. Dès lors, chant assez particulier, stéréotypé même. Ce qui est assez étrange c’est qu’autant j’adorais le chant de Dickinson durant mon adolescence, autant maintenant, j’ai du mal à supporter la chose, et seule la nostalgie ne me fait pas zapper. Et puis musicalement c’est pareil, la période Dianno (qui compte que deux albums finalement) est plus compacte, on pourrait même dire plus punk.

Par contre, et c’est là où j’en viens à la thématique, au niveau du look, quelque soit la période, le groupe a toujours eu beaucoup de goût… Comme beaucoup de combos issus des années 80 en fait. Car en ce qui concerne les pantalons bien moulants, les bracelets de force (pour les clous allez voir du coté du black metal…) et les couleurs flashy, on peut dire qu’une seule chose : bravo les gars. Et encore j’en reviens à lui, le père Dickinson au niveau look lui gagne la palme (en 1988 il nous a même sorti de la fourrure, voulant faire concurrence avec ces crétins de Manowar?).
Bref, le heavy metal des 80’s, vous aurez compris, a soigné son look…

Aujourd’hui la chanson éponyme du groupe, une petite tuerie avec des paroles que plusieurs générations d’adolescents ont eu plaisir à reprendre en cœur.

Le Nazaréen superstar

Si y’a bien quelque chose qui me turlupine par rapport à la religion catholique, c’est bien le fait que les afro-américains restent encore en grande partie attachés à tout ce folklore. Certes, en général, la religion trouve un meilleur public parmi les défavorisés, au plus bas de l’échelle, il est bon de pouvoir se rattacher à une croyance, à la foi comme ils disent. Cela dit, pourquoi alors rester lier à cette religion en particulier ? En tant qu’anciens fils d’esclaves, on comprend aisément les conversions vers l’Islam qui ont été opéré depuis environ 5 décennies, et ainsi ne plus suivre la religion de ses anciens tortionnaires. Cependant l’histoire des deux tours a dû freiner quelque peu les conversions outre-Atlantique…

Mais bon, en tant qu’athée convaincu, même ce choix me laisse finalement perplexe. L’homme reste faible, et ce dernier aura toujours besoin de croire en quelque chose, quand c’est pas la religion, c’est une idéologie (pour le coup, l’Histoire nous a montrée que la pensée du barbu Marx n’était sans doute pas la bonne alternative d’ailleurs…). Pour paraphraser Pierrot, l’enfant croit au père Noël, l’adulte vote…

Bon, tout ça pour parler de Stevie Wonder, me direz vous… Oui, et alors ?

Alors le petit Stevie, bien avant les Jackson 5, fut le petit prodige de la Motown dans les années 60. Mais fort heureusement, ce dernier avec l’âge adulte abandonna cette soul consensuel pour un son plus funky, et laissa quelques perles pour la postérité durant les seventies. Au passage, on peut aussi remercier le grand Marvin Gaye qui fut le premier artiste du label de Detroit a sortir un véritable 33 tours et pas une compilation de 45 tours comme ça se faisait à l’époque. Et quel album ! L’un des plus grands albums de cette décennie, What’s goin’ on. En effet, auparavant, la Motown ne sortait que des simples, et c’est Marvin qui a dû tanner le boss du label pour sortir son chef d’œuvre. Et finalement, ensuite, le succès aidant, d’autres artistes purent ainsi enregistrer de véritables LP’s pour le label.

En 1973, Stevie sort sans doute son meilleur album (à mon avis), Innervisions, comprenant le dantesque Higher Ground qui sera repris brillement d’ailleurs par les Red Hot sur leur album Mother Milk. Et comme Marvin avait montré la voie à suivre, le petit Stevie n’oublie pas de composer des chansons plus engagées comme Living for the City, ou les déboires d’un jeune Black du Mississipi à son arrivée à NYC ou la magnifique All in love is fair, montrant qu’on peut écrire une chanson ayant pour sujet l’amour sans verser dans la facilité, le vulgaire ou le cul-cul la praline (j’aime bien cette expression). Pour finir, en bon enfant qui fut bercé par le Gospel, Stevie nous pond une petite merveille Jesus Children of America, ce qui clôt notre thématique hebdomadaire.

Merci Jim

Petite précision, je remercie Jim Jarmusch, pas le gourou Jim Jones de lundi dernier…

Alors ce post fera plaisir à la mygale poitevine, car comme je l’ai souligné précédemment, j’ai découvert le Requiem de Gabriel Fauré en visionnant le dernier Jarmusch, Broken Flowers. Il m’a ainsi donné envie d’y prêter une oreille plus attentive.

Faut dire que moi et la musique dite classique ça fait deux. Cependant, il faut aussi différencier quelle musique classique. Autant la musique baroque ou contemporaine ne m’a jamais posé de problème autant Mozart and co, j’y arrive pas. Alors pourquoi ? Doit on y voir un repoussoir psychologique voir atavique du à mes origines prolétaires, je ne sais pas, mais si cette musique était aussi moins élitiste...

On pourra me rétorquer, que j’écoute du jazz, et ça aussi ce n’est pas une musique réservée aux masses, certes, mais le jazz n’est pas devenu élitiste par choix et au départ c’était une musique populaire. Et tous les grands jazzmen sont issus des quartiers défavorisés (en étant afro-américains quoi de plus normal, sauf Miles qui était issu des classes moyennes, mais bon, faut toujours un contre exemple…), après s’ils sont écoutés par un public blanc, à qui la faute ? Et puis, même si c’est caricatural de penser ceci, la musique classique me fait penser à une culture réactionnaire (vous avez dit de droite ?), donc forcément, par réflexe héréditaire, on traîne des pieds.

Oui mais justement, grâce à Jim, j’ai pu découvrir ce fameux Requiem. Alors oui, laissons les préjugés de côté, c’est une œuvre magnifique et contrairement à ce que je reproche aux œuvres classiques, pas du tout pompeux, un bon point pour moi donc. Et puis un groupe comme Elend a dû écouter pas mal de fois ce requiem d’ailleurs…

Et puis ça nous rappelleras un sketch du regretté Pierre Desproges.

Le fils ou le disciple, au choix

Au départ, vu la thématique de cette semaine, je voulais mettre un morceau de JC, à savoir The father, the son and the holy ghost. Mais bon, comme je n’ai pas encore écrit un petit quelque chose sur son fidèle disciple, Pharoah Sanders, le moment était donc venu.

C’est en 1965, que Trane s’adjoint les services d’un autre sax ténor (comme si la puissance de JC n’était pas suffisante) en plus d’un duo de batteurs sur son album Meditation. Et pour prouver (le titre de l’album le laissait présager) une fois de plus le mysticisme de son leader, le morceau qui ouvre Meditation n’est autre que le titre cité plus haut. Pour la petite histoire, on peut aussi y voir le trio gagnant du free à travers le titre de ce morceau, en effet, par ordre d’apparition, nous avons ainsi Trane, Pharoah et le regretté et incompris Albert Ayler (qui aura vraiment mérité le sobriquet malheureusement d’artiste maudit, j’y reviendrai…).

Après la mort de Trane, Pharoah décide forcément de suivre les traces de son leader. Pour se faire, il ajoute à son free jazz incandescent des rythmes et autres mélodies en provenance d’Afrique et d’Asie. Et c’est vrai que hormis les solos totalement barrés du père Sanders, on navigue en pleine vague proto-world music.

En 1969, sortent trois albums (mais enregistré quatre en fait) dont deux qui feront date, Karma et son fameux The creator has a master plan et Jewels of thought. Pour ces albums, Pharoah fait appel au vocaliste Leon Thomas (avec une voix d’ailleurs très particulière, nous dirons).
Aujourd’hui, le morceau pourrait être à la gloire d’Allah à la vue du titre, cela dit, ça serait réducteur, car finalement on tend plus vers quelque chose d’universel, un mysticisme à la Trane, celui qui croyait en toutes les religions en somme.

Cronico Ristretto : Nusrat Fateh Ali Khan - Qawwali

Sans transition (c'est peu de l'écrire) après le billet d'hier, revenons à une autre musique, le Qawwali. En évoquant rapidement la semaine dernière le chant des soufis, intéressons nous aujourd'hui d'un peu plus près à cette musique contemplative. Exit le Maghreb, bienvenu au Pakistan.

Le Qawwali n’est autre qu’une expression musicale soufi (musulmane) basée sur plusieurs genres poétiques et qui trouve sa source principalement au Pakistan, en Inde. Construit sur la structure classique du râg et du tâl, ce chant religieux poétique doit provoquer l'extase de l'auditoire.

Après ce petit préambule, parlons un peu d'un des maîtres de cet art, Nusrat Fateh Ali Khan, connu pour avoir fait justement découvrir ce style musical au-delà des frontières orientales. Premier point plutôt étonnant, Nusrat ne commença sa carrière (même si ça peut paraître effectivement réducteur et péjoratif d'utiliser ce terme dans ce cas présent) qu'à partir de 30 ans. Un retard somme tout relatif, ce dernier ayant entre temps enregistré pas moins de 125 albums en vingt ans !

La force de Nusrat, en plus de sa voix, aura été de faire évoluer le Qawwali, à l'instar des grands musiciens. Non content d'ajouter des vocaux improvisés (le chant khyal), le pakistanais trancha avec la tradition en n'hésitant pas à s'ouvrir aux musiques contemporaines. Sacrilège ? Tant que les synthétiseurs se font discrets...

Certes la chanson proposée en ce 13 février pourra faire à juste titre grincer les dents des puristes, l'album dont celle-ci est tirée provenant du premier album de Nusrat Fateh Ali Khan signé sur le label de Peter Gabriel, Real World Records. Ces arrangements synthétiques auront au moins un avantage, à défaut d'apparaître datés de nos jours, faire découvrir au public occidental une musique sur le fond intemporelle.

PS : Le morceau Mustt Mustt eut droit à un remix du collectif de Bristol, Massive Attack.



Jim, Gilbert, David et les autres…

Comme l'avait supposée indirectement la petit nièce cachée de Mme Soleil, le thème de cette semaine a pour sujet les rapports entre la religion ou le mystique de manière plus générale avec la musique.

Glenn Benton et la religion ? Vaste débat où le cliché a de beau reste. Mais en mettant de côté l'aspect grand guignolesque satanique de Deicide, le groupe et une chanson en particulier collait plutôt avec la thématique hebdomadaire. Dès lors,  point de Sacrificial Suicide aujourd'hui ! Masochiste, mais à un certain point tout de même !

Alors Benton sataniste ? Pourquoi pas (y’en a bien qui se disent encore communistes), mais qu'entend-on finalement par cela ? Car, n’en déplaisent aux journaleux de la chaîne officiant sur le canal 6, les rapports entre des membres de groupes de black ou de death et des sectes sataniques ne sont que pur délire.

Plus proche d’un mode de pensée exprimée à une époque par exemple par Lavey, que d’un gros raout sacrificiels de nouveau-nés. Dès lors, toute l’imagerie, les paroles ressemblent plus à un gimmick; une haine viscérale pour la religion, la catholique en particulier certes, mais quand Glenn gueule Kill the christian, qui serait assez stupide pour croire qu’il pousse véritablement au meurtre (à part les clampins cités plus haut) ?

Mais alors si tu veux mettre un morceau de Deicide, crétin, tu vas nous proposer quoi ; car c’est pas totalement faux, le choix devient plus restreint d’un coup, mais…

Et bien la semaine dernière, en lisant Libération j’ai vu qu’un docu-fiction avait pour sujet le fameux massacre du 18 novembre 1978 en Guyana où près de 500 paumés en quête de spiritualité se sont empoisonnés (ou fait aidés…) sur ordre de leur gourou, le brave Jim Jones. Vous noterez que je ne parle que de 500 clampins, les 300 enfants ont leur avoir pas demandé leur avis… D’ailleurs en passant, je ne comprend pas cette manie qu’ont certains gourous à foutre en l’air leur entreprise (bah en fait, ils sont aussi cintrés que leurs adeptes, voilà tout…). Ils ne peuvent pas faire comme Gilbert Bourdin ? Il me semble que de créer une secte demande quelques efforts, si c’est pour tout détruire, merci bien. Donc, attention à ne pas bâtir une secte sur l’idée d’une apocalypse prochaine. Voilà pour mon quota de cynisme…

Donc l’ami Glenn, sur le premier méfait de Deicide, s’est inspiré de ce joyeux fait divers pour nous proposer cette chanson, Carnage in the temple of damned, tout un programme avec un titre pareil me direz vous. Et pour continuer dans le bon goût, avant l’avalanche de riffs, on a droit à une intro guillerette où on entend le gourou intimant l’ordre de boire le pinard (empoisonné of course) … « drink the wine, drink, drink… », sacré Glennou, pas le dernier pour la déconne celui-là…

Maître étalon

Forcément, finir cette semaine sans parler de Kashmir aurait été une gageure. Certes, ce n’est pas la première chanson écrite par un groupe de rock où l’influence de la musique arabe est présente. Je pense en particulier au groupe de Keith Moon, The Who, et leur fameux titre Baba O’Riley (pour les nuls et bouffeurs de séries, c’est le générique de CSI NY) et ce fabuleux violon.
Mais bon, comme le titre du post le laisse supposer, cette chanson est vraiment l’exemple type selon moi de la parfaite fusion des deux genres. Cependant, qui pouvait en douter de la part de Page and co ? Par le passé, Led Zep nous avait déjà montré son goût pour les musiques de monde. Et puis, il faut aussi noter que Kashmir tout en faisant partie des meilleures chansons du groupe ne comporte pas de solo de guitare, cette dernière n’occupant pas d’ailleurs une place primordiale, ce qui pour Led Zep est à souligner.

Pour la version proposée journalière, je voulais au départ mettre la version de ’94, celle réenregistrée par Page et Plant avec l’orchestre égyptien, et qui finalement est la version ultime. Et puis, je me suis dit que toute personne de bon goût se devait de connaître déjà cette version (un peu de provoc ça fait pas de mal), donc j’ai plutôt jeté mon dévolu sur une version live que peu de personnes doivent avoir, celle issue d’un des concerts du groupe de 75 au Earl’s Court (du 24 mai), où le combo joua pendant une semaine (à noter que chaque concert durent environ 3h30… des tueurs).

Bref, c’est de l’ambroisie.

Chaâbi

Hier je parlais de monsieur Eno, justement l’artiste d’aujourd’hui a collaboré avec le pape de l’ambient sur son avant dernier album, Tékitoi, vous avez deviné ? (ceci dit avec sa photo, ça devient évident et completement con de poser la question...) Réponse : un autre grand bonhomme Rachid Taha (« on s’y attendait pas » ... « merde ! »).

Né à Oran, il a quitté son Algérie natale à 10 ans pour les rigueurs du climat vosgien. Puis quelques années après, il fonda à Lyon le premier groupe de rock arabe, Carte de séjour (avec un nom pareil, ça résume assez bien le bonhomme, quelqu’un d’entier), où se mélange rock anglais, funk et musique arabe.

A partir de 1989, le groupe choisit d’arrêter l’aventure (pour la petite histoire, la séparation fut décidée lors d’un concert durant la chut du Mur de Berlin). En 1990, Taha commence donc sa carrière solo, et continue à mixer ses diverses influences pour s’intéresser à la musique en techno avec en point d’orgue son morceau de 1993, Voilà voilà contre la montée du partie de « n’a qu’un œil » (cf une chanson de Kat Onoma). D’ailleurs, ce morceau fut un tube dans les clubs londonien, et résume assez bien la carrière de l’artiste. Il est plus connu à l’étranger qu’en France !

Sur, le type chante en arabe, n’est pas consensuel et joue une musique qui n’est pas lisse…

En 1993, Taha reprendra aussi sur le même album, Olé, la chanson Ya Rayah du maître Dahmane El Harrachi, issue de la tradition chaâbi. Mais c’est cinq années plus tard sur son album, Diwan (à noter que le volume deux est sorti fin 2006), que Taha connaîtra un succès retentissant (mondial même, mais pas en France, étonnant non ?). Il reprend des chansons du répertoire traditionnel (celle de Farid El Atrache, Akli Yahiatène, Khelifi Ahmed, El Hadj El Anka, Nass El Ghiwane et de nouveau Ya Rayah) mais évidemment avec ses propres arrangements. Et cette fois-ci, la version de Ya Rayah cartonne, et est classée numéro un en Egypte et au Liban, mais également en Colombie, en Turquie, en Grèce. Et c’est finalement à partir de ce moment que Taha tournera dans le monde entier, en Egypte mais aussi en Asie Sud Est ou aux USA.

Aujourd’hui, comme on pouvait le laisser supposer, ce sera le morceau Ya Rayah mais en public, car pour avoir vu Rachid Taha en concert, ça prend une autre dimension.

Pour info, Taha était en couverture du Télérama de la semaine dernière, et sur ce lien vous avez justement une interview sans concession du garçon.

Visionnaires

Quand en 1981 sorti l’album My Life in The Bush of Ghosts (d’après l’écrivain nigérian Amos Tutuola) de messieurs Brian Eno et David Byrne, la surprise fut relativement de mise. Certes, Eno avait déjà montré son intérêt pour le sampling à travers ses poulains sur son label Obscure et avec Byrne, ils avait enregistré sur l’album Fear of music des Talking Heads l’incroyable I Zimbra et ses rythmes africains. Mais là, ils ont frappé un coup encore plus fort.

Ou comment dans un même disque mettre à la fois du funk, de la musique du Maghreb, de la musique concrète, une touche d’électro et un peu d’ambiant (pas étonnant de la part du père Eno, rappel, il en est le géniteur). De plus, tout à l’heure, je parlais du sampling, faut savoir qu’à l’époque, y’avait pas d’ordinateur, pas de numérique, tout s’est fait en analogique… bref, on s’amuse avec des bandes magnétiques, et quand on écoute le résultat, on est bluffé ! Et quand on sait après, tout ceux qui suivront leur trace en samplant des chants ou des musiques tribales à la sauce électro, pff…

Mais revenons au thème hebdomadaire. Les deux petits malins ont donc décidé de frotter leur savoir faire à la musique arabe, et en particulier aux chants des soufis sur Regiment. Personnellement, à chaque fois que j’écoute cette chanson, je suis émerveillé par le résultat. Sans doute le titre que je préfère de l’album (ça trompe pas, dès que je tombe sur le morceau, j’augmente le volume).

En résumé, si vous ne connaissez pas, jetez y une oreille, et en plus d’être un disque visionnaire, il n’a pas pris une ride. Sans compter que l’album a été réédité dernièrement, agrémenté de bonus et du clip de Mea Culpa par le cinéaste expérimental Bruce Conner.

Un dandy anglais près du Bosphore

Après une escale en Israël, on continue notre petit voyage pour le Bosphore et plus particulièrement Istanbul. Il y a quelques mois, je m’étais intéressé au groupe de batcave Bauhaus. Et bien ce mardi est consacré au chanteur du groupe anglais à savoir Peter Murphy et en particulier à son album de 2002, Dust. Pour bref rappel, Bauhaus a officiellement splitté après la tournée Burning from the inside. Après le groupe se reformera deux fois le temps de faire le plein de cash lors des tournées. Mais revenons à nos moutons…
Cela faisait donc déjà quelques années que notre dandy vivait à Istanbul, c’est alors tout naturellement que ce dernier décida de rendre hommage à la culture de son pays d’adoption. Et on peut l’en remercier ! Car pourquoi les corbeaux amateurs de musique goth n’auraient pas droit d’être enivrés eux aussi par les parfums de l’Orient ? Hein ? Bon…
Cela dit, ce qu’il y a aussi d’intéressant c’est le fait de s’être focalisé sur la musique turque. En effet, on constate à l’écoute de Dust que cette dernière est assez proche des orchestrations de la musique égyptienne, et donc rien à voir avec les rythmes plus tribaux de la musique berbère par exemple.

Donc merci à toi Peter.

Radio Shalom

Ça faisait déjà quelques temps qu’une thématique consacrée à l’influence des musiques orientales et maghrébines sur la musique rock ou occidentale me trottait dans ma p’tite tête.

Alors comme le lundi, on tente d’astiquer les écoutilles à coups de tisonnier, la recherche d’artistes plus ou moins extrêmes qui correspondraient à ce thème fut assez brève. En effet, des groupes de qualité (et surtout signés) officiant dans un metal oriental, y’en a pas 36. Cela dit, il ne faudrait pas croire que le riff plombé est l’apanage des occidentaux. De plus en plus de groupes issus de Turquie, d’Algérie ou du Maroc commencent à pousser. Et dans les deux derniers pays cités, il existe même des festivals ou des concerts qui permettent à la scène locale de s’exprimer. Ce qui tendrait à prouver l’universalité de la rage ou du désespoir du death et du doom ? Vous doutez encore de la véracité de mes propos ? Un dernier exemple, il y a un an et demi environ, la chaîne franco-allemande officiant sur le canal numéro 5 avait proposé un document sur la jeunesse de plusieurs pays du Moyen-Orient. Et bien, chose incroyable en Iran des jeunes écoutaient du metal extrême et en jouaient même chez eux (oui, car des concerts ça me parait difficile quand même dans le pays des ayatollahs). Certes, c’est un cas isolé, des jeunes faisant partie des classes favorisées, mais ceci montrait quand même que ce genre arrive à passer les frontières (pour la Corée du Nord, me demandez pas, je n’ai aucune info). Et en plus, cerise sur le gâteau, ces jeunes faisaient des études de théologie…

Bon, mais aujourd’hui alors tu nous proposes quoi, me dit le lecteur impatient (ah ? ça existe sur ce blog ?). Et bien comme je le disais plus haut avant de faire du prosélytisme pro-metal extrême, des groupes signés, y’en a pas des masses. Et le plus connu (car finalement les premiers) est le groupe israélien Orphaned Land, qui sortit son premier album Sahara sur le label français Holy Records (oui le même que la semaine dernière). C’est donc la première fois que l’on a pu entendre des rythmes orientaux avec de la musique death. Mais aujourd’hui, ce sera un extrait du deuxième album El Norra Alila de 1996. Evidemment, c’est un lieu commun, mais force est de constater que le mix des deux genres est plus mature sur ce deuxième essai, les vocaux death étant fortement minoritaires d’ailleurs. Alors certes, celui (ou celle) qui connaît l’album pourra me rétorquer que le morceau El Meod Na’ Ala n’est pas le plus représentatif de l’album. Je répondrais à cet(te) effrontée que je fais ce que je veux, d’abord, et puis c’est la seule qui est chantée en hébreu, et je trouvais intéressant de mettre une chanson dans cette langue (surtout que ça risque d’être la seule que ce blog connaîtra) alors bon… A noter que ce titre fait office de suite au morceau précédent, Shir hama’ alot, qui est quant à lui totalement acoustique et par conséquent traditionnel (d’ailleurs il fait partie du répertoire traditionnel je crois).

Ah oui, j'allais oublié, accessoirement, c'est un groupe qui prône la paix, vu la nationalité du groupe, il me semblait important de le signaler, pour couper court aux idées reçues.

The Dark side of Hip-Hop

Pour clore le chapitre hebdomadaire consacré à l’année 1995, j’ai décidé de m’occuper d’un de mes albums préférés de rap, à savoir le troisième album des latinos made in LA Cypress Hill, III - Temples of Boom.

Après s’être fait remarqué en 1991 avec un premier album détonant, le groupe formé par B-Real, Sen Dog et DJ Muggs, remettent le couvert deux années plus tard avec Black Sunday. A la différence de leur premier méfait qui en comparaison est plutôt festif, l’atmosphère du deuxième album se veut plombée (dont un fameux sample de Black Sabbath, cqfd donc). On notera aussi l’apparition désormais sur leur pochette d’album des fameuses têtes de mort, un de leur signe distinctif. De plus pour ces fumeurs invétérés de marie-jeanne, ce qui est assez pittoresque, c’est qu’en général certains appellent justement les joints, les cigarettes qui font rire, et bah au niveau du deuxième album, on se marre plus du tout, comme quoi…

Alors pour leur troisième album, on continue dans les ambiances lugubres, le brouillard s’épaissit et la pénombre envahit même l’espace. Ce qui distingue cet album des autres, en plus d’être fortement recentré sur B-Real (et une participation de RZA sur Killa Hill Niggas), Sen Dog s’occupant de son projet rock, c’est la place prédominante de l’immense DJ Muggs. Sur les précédents albums, l’homme avait montré son savoir faire, mais là, il s’est surpassé, car en plus de faire broyer du noir l’auditeur, ce dernier élargie la palette de ses influences, on a droit ainsi à des samples de musiques indiennes du plus bel effet.

Pour résumer, on peut dire que Cypress a atteint des sommets et aura quelques difficultés par la suite à faire aussi bien (pour ma part le IV est vraiment moyen), mais réussira tout de même à avoir un sursaut à partir de Skull & Bones, mais ça…