Funny Games: l'horreur avec des gants blancs

Une semaine après la palme décernée à son dernier film, Le ruban blanc, intéressons nous à l'un des films marquants du controversé (1) cinéaste autrichien Michael Haneke, Funny Games. Film qui eut droit au passage à son remake américain, sorti l'année dernière, et une fois n'est pas coutume toujours réalisé par Haneke.

Comment définir l'horreur, ou plutôt comment la montrer au cinéma? Premier exemple: le bon vieux slasher popularisé durant les années 80, et ses pénétrations plus ou moins sournoises et tranchantes, se faisait le chantre d'un retour à la moral réactionnaire. Sous la forme d'une violence ludique, agrémentée de quelques artifices dont les fameux rebondissements au suspense éventé, et bien sûr une poignée de meurtres violents (avec demoiselles dénudées en sus), n'avait pas vocation à dépasser toutefois le cadre du cinéma de genre. Second exemple, le film ici présent, plus cru et qui a surtout le mérite d'éviter les artifices cités précédemment.

Capitaine Orgazmo - Trey Parker (1997)

Populaire outre-Atlantique [1], le film parodique reste encore marginal en France, avec quelques exceptions telles que La cité de la peur ou les deux derniers OSS 117. A la décharge du genre, avouons toutefois que la parodie ressemble le plus souvent à un gloubiboulga, juste bon à accumuler les références cinématographiques, au détriment d'une certaine cohérence. Or le film qui nous intéresse joue la carte du faux nanar, et flirte entre l'hommage et la parodie. Enfin, celui-ci peut-il être foncièrement mauvais quand le héros porte une magnifique combinaison rose et un orgazmo-rayon à son bras droit ? Petit rappel des faits. 1997 fut une année mémorable pour la paire Trey Parker et Matt Stone. En plus d'avoir enfantés le monstre South Park, ces derniers écrivent Orgazmo (VF: Capitaine Orgazmo), soit un délire potache hommage à la série Z, aux comics et... au porno de seconde zone.

Joe Young (Trey Parker), jeune missionnaire mormon ayant quitté son Utah natal se voit confier la mission délicate de prêcher la bonne parole à Los Angeles. Une tâche difficile, face à l'hostilité de la population locale, qui plus est lorsque votre chère et tendre est restée à la maison. Au détour d'une propriété, soit les joies du porte à porte, Joe se voit proposer grâce à ses talents en arts martiaux, le premier rôle dans une production porno pour jouer le rôle du charismatique Capitaine Orgazmo. Certes, tout ceci va à l'encontre de la morale mormone, mais les 20 000 $ que lui propose Maxxx Orbison (Michael Dean Jacobs) pourraient bien financer le mariage de notre héros. Et puis comme le souligne fort justement ce producteur (véreux ?), on ne demande à Joe que de jouer la comédie, pour le reste, on peut très bien faire appel à une "doublure-bite". Et c'est ainsi que Joe va se laisser emporter par le succès (troisième plus gros succès au box-office US entre Jurassic Park et E.T. svp), Orbison le soudoyant encore un peu plus pour tourner une suite. Mais le Capitaine Orgazmo n'est-il seulement qu'un personnage de fiction ?

Master : le corned-beef du death metal ?

En référence au non moins célèbre Bâfrons des Chroniques de la haine ordinaire de Pierre Desproges, le préposé n'est pas fait pour écouter continuellement une musique de haute tenue. Car un peu de sauvagerie primaire n'a jamais tué personne, qui plus est quand cette dernière vous est servie par tonton Paul Speckmann.

Formé par le bassiste Paul Speckmann et le batteur Bill Schmidt à Chicago en 1983, la même année que Death ou Morbid Angel, Master [1] fut l'une des premières formations de la jeune scène extrême à trouver un label au mitan de la décennie. Or, cruelle désillusion, leur contrat avec Combat Records, fin 1985, fut rendu caduc devant les exigences financières de leur manager de l'époque et d'une partie du groupe [2], laissant la place libre à Possessed, premier groupe de death metal à publier un album, le dénommé Seven Churches. Durant la seconde moitié des 80's, Speckmann and co purent dès lors « à loisir » constater l'étendu des dégâts. Master avait certes le statut de groupe culte, le groupe pouvait s'enorgueillir d'être les parrains de la scène extrême de Chicago, mais était devenu surtout spectateur de ce nouveau tourbillon musical. Fin de la décennie, le groupe signait finalement avec Nuclear Blast.