Black Emanuelle en Amérique - Joe D'Amato (1976)

Deuxième long métrage de la série mis en scène par Joe D'Amato, Black Emanuelle en Amérique est, à la fois, l'épisode le plus connu, et celui qui a fait couler le plus d'encre (CQFD). Pouvait-il en être autrement tant le réalisateur Romain s'affranchit, dans ce troisième volet, encore un peu plus, d'une bienséance qui n'a pas sa place, et d'un bon goût qui n'a pas lieu d'exister. Mieux, non content d'avoir subi précédemment, déjà, les affres de la censure avec Black Emanuelle en Orient, D'Amato comprend qu'il n'est pas allé assez loin dans la transgression, et dépasse définitivement les bornes en frappant, à dessein, du sceau de l'infamie un film qui n'aurait pu être, au départ, que le troisième chapitre des aventures érotiques de sa belle héroïne. Mais n'allons pas trop vite.

New-York. Voyageant à travers le monde en quête de scoops, Emanuelle (Laura Gemser) suit à la fois une carrière de photo-reporter à succès et de photographe de charme. A la sortie d'une séance, celle-ci est prise en otage par le petit ami puritain d'une de ses modèles, Janet, qui l'accuse de l'avoir promise à la damnation. Après avoir désamorcé la menace en séduisant le jeune homme, Emanuelle se prépare pour sa nouvelle enquête, infiltrer le harem du milliardaire Eric Van Darren (Lars Bloch), composé de douze femmes, chacune correspondant à un signe zodiacal. Or Il lui manque depuis peu une Vierge...

Cronico Ristretto : Heads For The Dead - Serpent's Curse (2018)

Paru le 24 septembre 2018 sur le label Transcending Obscurity Records, le premier album des Heads For The Dead, Serpent's Curse, aura été sans aucun doute, du moins de notre point de vue, l'une des révélations deathmetalliques de l'année passée. Comptant dans ses rangs le vocaliste Ralf Hauber de la formation native d'Aalen en Allemagne Revel in Flesh, HFTD aurait pu se limiter à n'être que le nouveau des nombreux side-projects du genre du multi-instrumentiste Jonny Pettersson, déjà responsable des dénommés Wombbath, Just Before Dawn, Henry Kane ou Ursinne avec Dave Ingram, ex-Benediction. Or, il n'en est rien.

Inspirés par les vieux films d'horreur (les amateurs reconnaitront, dès les premières secondes du clip de la chanson éponyme Serpent's Curse la belle actrice francienne Britt Nichols dans le culte La révolte des morts-vivants d'Amando de Ossorio [1]), ce premier disque convoque autant l'esprit des grandes formations suédoises du siècle dernier (Entombed, Dismember, Unleashed) que l'efficacité rugueuse crust punk (l'album contient en guise conclusion une chanson du groupe Wolfbrigade).

Live report : Pestilence @ Gibus, Paris, 28 février 2019

2008 avait sonné le réveil de Pestilence, après la séparation du groupe, quatorze ans plus tôt, et la tournée de leur controversé album Spheres. Trois albums plus tard et le retour du guitariste originel Patrick Uterwijk et du bassiste Jeroen Paul Thesseling, le leader Patrick Mameli avait de nouveau mis en pause sa formation, avant un deuxième come-back, et la sortie du dernier album studio en date Hadeon en janvier de l'année dernière. Faisant suite à leur précédente tournée 2018 intitulée "Fight the Plague" [1], Mameli sacrifiait cette année à la mode des tournées hommages au glorieux passé, en conviant la troupe des nostalgiques et autres quadragénaires à fêter le trentième anniversaire du deuxième album du groupe.

Cinq ans après leur dernier passage au Gibus, les néerlandais revenaient sur Paris, avec cet unique concert français de leur tournée européenne "Reduced to Ashes" de 29 dates, débutée à Glasgow sept jours plus tôt [2]. Accompagné des nouveaux membres, Calin Paraschiv à la guitare, Septimiu Hărşan à la batterie, et Edward Negrea à la basse, Patrick Mameli investit la scène du Gibus en terrain conquis, fort de l'aura culte de sa formation et de l'album qui allait concentrer la majeure partie de la setlist du concert, le non moins culte Consuming Impulse.

Auteur d'un disque fondateur du death metal made in Europe, quelques mois avant le séminal Left Hand Path des scandinaves Entombed, Pestilence avait signé avec ce deuxième album en 1989 un opus du même calibre que les récents Slowly We Rot et Altars of Madness de leurs pairs étasuniens Obituary et Morbid Angel, sans, détail notable, jouer les imitateurs. Produit par Harris Johns (Kreator, Sodom), Consuming Impulse se distinguait enfin pour être le dernier disque avec Martin Van Drunen au chant et à la basse, Mameli se chargeant par la suite (bon an, mal an) des vocaux.

Black Emanuelle en Orient - Joe D'Amato (1976)

Première séquelle officielle du long métrage Black Emanuelle [1] mis en scène une année plus tôt par le transalpin Bitto Albertini, Black Emanuelle en Orient fut le premier volet de la série réalisé par celui qui allait lui donner ses lettres de noblesse supra-déviante, Joe D'Amato. Produit dans la foulée de Voluptueuse Laura, Laura Gemser y reprenait son rôle de journaliste hédoniste, concluant par la même occasion pour la seule année 1976, sa troisième collaboration avec l'auteur des quatre futurs autres épisodes [2] (Black Emanuelle en Amérique, Black Emanuelle autour du monde, Emanuelle chez les cannibales ou Emanuelle et les filles de Madame Claude). Mieux, et comme pouvait le laisser supposer les deux précédents longs métrages réalisés par Aristide Massaccesi, de son vrai nom, ces nouvelles aventures sensuelles de la belle Emanuelle noire allaient recevoir les félicitations des censeurs du monde entier. Mais n'allons pas trop vite.

Quittant Venise, Emanuelle (Laura Gemser), accompagnée de son ami et archéologue Roberto (Gabriele Tinti), se rend à Bangkok, en Thaïlande, dans le but d'interviewer et de photographier le Roi. Sur place, elle rencontre le Prince Sanit (Ivan Rassimov), cousin du Roi, qui l'initie au plaisir de la relaxation orientale. Devenu amie avec sa masseuse Gee, Emanuelle fait la connaissance par l'intermédiaire de Roberto d'un couple d'américains, Jimmy (Giacomo Rossi Stuart) et Frances (Ely Galleani). Tandis que son ami quitte l'Asie pour de nouvelles fouilles près de Casablanca, Emanuelle reçoit des nouvelles du Prince qui lui a arrangé un rendez-vous avec la première maîtresse du Roi qui vit désormais dans un temple abandonné...
 

Les Funérailles des roses - Toshio Matsumoto (1969)

Pionnier du cinéma expérimental nippon, auteur de plusieurs courts métrages documentaires depuis le mitan des années cinquante, Toshio Matsumoto réalisa à la fin de la décennie suivante son premier long métrage intitulé Les Funérailles des roses. Manifeste cinématographique, peinture brute de la contre-culture tokyoïte, document rare sur la communauté gay du quartier de Shinjuku, ce film, à la croisée des genres, s'est imposé comme une œuvre maîtresse de la Nouvelle Vague japonaise aux côtés, au hasard, des longs métrages sulfureux de Nagisa Oshima. Le film est à découvrir, pour la première fois en France, en copie restaurée 4K à partir du 20 février dans les salles.

Tokyo, fin des années 1960. Eddie (Peter), jeune travestie, travaille le soir comme hôtesse au bar Genet, dont elle est devenue l'icône. Amante de Gonda (Yoshio Tsuchiya), trafiquant de drogue et propriétaire du bar, Eddie occupe ses journées en compagnie d'autres marginaux, dont son ami réalisateur d'avant-garde surnommé “Guevera”. Or la maîtresse de Gonda, Leda (Osamu Ogasawara), plus âgée et tenancière du bar, découvre la relation entre Eddie et Gonda...
  

Le chevalier du monde perdu - David Worth (1983)

L'histoire est connue des initiés. Après le succès croisé d'Escape from New-York (1981) de l'américain John Carpenter et de Mad Max 2 (1981) de l'australien George Miller, tout un pan du cinéma d'exploitation, en particulier celui produit en Italie, copia, recycla jusqu'à l'usure l'univers de ces deux succès du cinéma mondial. Fort de ce mélange de science-fiction et d'aventures, ces diverses fictions dites post-apocalyptiques pouvaient également compter sur une bonne dose de délires foutraques en adéquation avec les maigres budgets qui leur étaient dévolus. A ce titre, 1983 peut être considérée comme l'année phare des productions made in Italy du genre avec 2019 après la chute de New York de Martin Dolman (Sergio Martino), Le gladiateur du futur de Steven Benson (Joe D'Amato), Les exterminateurs de l'an 3000 de Jules Harrison (Giuliano Carnimeo), Les nouveaux barbares d'Enzo G. Castellari, et enfin cette production italo-américaine, sans aucun doute celle que les amateurs auront à raison oublié de la liste, Le chevalier du monde perdu de David Worth, avec trois habitués du cinéma bis, Robert Ginty, Donald Pleasance et Fred Williamson. Mais n'allons pas trop vite.

"Dans un monde régi par la tyrannie et la violence", après les guerres atomiques et l'effondrement des nations, le Motard (Robert Ginty) sillonne les routes de la région interdite, le Wasteland, au guidon d'une moto ultramoderne supersonique dotée d'un super-ordinateur baptisé Einstein. Sauvé par un groupe de résistants vivant dans les montagnes, nommés les Anciens éclairés, il est désigné par ces derniers comme l'élu qui les aidera à combattre la Force Omega, aux ordres du tyran Prossor (Donald Pleasance). Accompagné de Nastasia (Persis Khambatta), le Motard s'infiltre dans la base de Prossor afin de libérer le père de la jeune femme et chef de la résistance, le professeur McWayne (Harrison Muller) ...

Voluptueuse Laura (Eva nera) - Joe D'Amato (1976)

Indissociable d'Aristide Massaccesi, plus connu sous le pseudonyme Joe D'Amato, Laura Gemser, avant de devenir l'une des égéries du réalisateur de La nuit fantastique des morts-vivants, fut découverte aux yeux des initiés pour son rôle de masseuse dans la séquelle du long métrage de Just Jaeckin, Emmanuelle: L'antivierge (1975) de Francis Giacobetti. Choisie quasiment dans la foulée pour incarner le personnage qui la rendra célèbre dans le monde entier, la sublime interprète de Black Emanuelle de Bitto Albertini, fut à l'affiche l'année suivante, dans trois films réalisés par Joe D'Amato, marquant ainsi ses débuts auprès du cinéaste transalpin : Vœu de chasteté, le film qui nous intéresse Voluptueuse Laura, et enfin Black Emanuelle en Orient.

Eva (Laura Gemser) débarque à Hong Kong où elle fit la rencontre durant son vol de l'homme d'affaire Jules Carmichael (Gabriele Tinti). Danseuse, elle invite Jules à sa première qui se tient le soir même dans un night-club. Peu enclin à l'accompagner au départ, Judas (Jack Palance) se laisse convaincre par son frère, avant que l'ainé de fratrie tombe sous le charme, subjugué par la performance de la jeune femme, dansant à moitié nue avec un python. Judas l'invite le lendemain à déjeuner dans son restaurant préféré, puis chez lui, où cet homme fortuné lui présente un surprenant marché : sans rien attendre d'Eva, il lui propose de vivre dans son grand appartement et de lui offrir tout ce qu'elle désire...

Combat Shock - Buddy Giovinazzo (1984)

1984, tourné en 16 mm avec un budget de 40 000 $, le jeune new-yorkais Buddy Giovinazzo a écrit, produit, monté et dirigé son premier long-métrage intitulé American Nightmares. Dérive urbaine d'un vétéran de la guerre du Vietnam dans les rues ravagées de Staten Island, le film gagna rapidement en notoriété auprès de l'underground lors de ses passages dans les festivals. Distribuée par Troma par la suite sous le titre Combat Shock, et amputée de huit minutes, cette peinture au vitriol d'un New York en perdition gagna, au fil des années, ses galons de film culte outre-Atlantique. Réédité en DVD en 2009 par la société de Lloyd Kaufman, avec les deux versions disponibles à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire du long métrage, Severin Films a sorti le 22 juin 2018 une version restaurée 2K, supervisée par Buddy Giovinazzo, et incluse dans un coffret collector limité à 2 000 exemplaires désormais épuisé. Culte !
 
Frankie Dunlan (Ricky Giovinazzo) vit avec son épouse enceinte de six mois Cathy (Veronica Stork) dans un appartement situé dans le quartier le plus défavorisé de Staten Island. Parents d'un nourrisson handicapé, suite à l'exposition de Frankie à l'Agent orange, le jeune homme est depuis son retour frappé de cauchemars le faisant irrémédiablement revivre le bourbier Vietnamien. Sans argent, sans emploi, sur le point d'être expulsés, lui et sa famille, Frankie va passer, une fois de plus, la journée à errer dans la rue...