Archives du vent - Pierre Cendors (2015)

  
Chronique précédemment publiée sur le site Fondu au Noir

Cinquième roman de Pierre Cendors, Archives du vent, créa l'événement lors de sa sortie en septembre 2015. A juste titre tant celui-ci apparaît des des plus singuliers. Thriller métaphysique, roman initiatique, Cendors aime brouiller les pistes, jouer avec les frontières, floues de préférence.
  
Inventeur d'une nouvelle technologie, le Movicône (pour  movie et icône), procédé d'archivage numérique qui permet de créer un film avec des acteurs disparus, le réalisateur Egon Storm cède à son ancien camarade d'étude et propriétaire du lunaire, obscur ciné-club de Munich, Karl Oska, le droit exclusif d'exploiter sa trilogie, dont le premier volet, Nebula, doit sortir le premier jour de l'équinoxe d'automne, suivi tous les cinq ans, à la même date, du deuxième et troisième volet, La septième solitude et Le rapport Usher. Retiré du monde, solitaire, habitant désormais dans le nord-ouest de l'Islande, Storm mentionne dans un ultime message l'existence d'un mystérieux Erland Solness, clé d'un inédit quatrième film...

Cinquante nuances plus claires - James Foley (2018)

Pour le meilleur et pour le pire, et surtout le pire. Une année après le deuxième épisode de la franchise Essémobluettopouet-pouet, qui s'était conclue par les fiançailles du sémillant couple, Christian Grey et Anastasia Steele, l'heure est venue de faire les comptes. Tourné dans la foulée des nuances dites plus sombres, Cinquante nuances plus claires ne déroge pas à la réputation des précédentes adaptations des best-sellers d'E. L. James. Nullement handicapé par un énième accueil critique assassin, ce troisième film se distingue de nouveau par sa rentabilité, confortant une fois encore la recette éprouvée de l'adaptation cinématographique d'une série à succès. Fort d'une accroche fleurant bon le double sens faussement sulfureux (Don't miss the climax [1]), Cinquante nuances plus claires n'avait d'autre finalité que de renverser les codes du premier volet (l'affiche répond de manière opposée à celle des Cinquante nuances de Grey) en offrant à notre pervers narcissique (et plus si affinité) les joies de la parentalité en guise de dénouement. Courage, le calvaire est bientôt terminé.
 
Jeunes mariés, Christian (Jamie Dornan) et Ana (Dakota Johnson) profitent pleinement de leur lune de miel en France quand celle-ci est interrompu. Un incendie criminel dans les locaux de Grey Enterprises, dont l'auteur n'est autre que Jack Hyde (Eric Johnson), l'ancien patron d'Ana, sonne la fin de leur voyage de noce sur la Côte d'Azur. Alors qu'Anastasia commence tout juste à s'adapter à son nouveau rôle de Madame Grey et que Christian s'ouvre finalement à elle, cette nouvelle menace met en péril leur vie commune avant même qu'elle n'ait débuté...

De Palma - Noah Baumbach & Jake Paltrow (2015)

Dans le cadre de la rétrospective que lui consacre la Cinémathèque française du 31 mai au 4 juillet prochain, Carlotta édite ce mercredi en Blu-ray et DVD le documentaire éponyme, De Palma, signé par Noah Baumbach (Frances Ha) et Jake Paltrow (Young Ones). Réalisateur virtuose, figure du Nouvel Hollywood, compagnon de route de Scorsese, Lucas ou Spielberg, héritier d'Alfred Hitchcock, cinéaste politique, découvreur de Robert De Niro, chantre du voyeurisme sur pellicule, la liste pourrait s'allonger presque indéfiniment, tant Brian De Palma s'inscrit, telle une évidence, comme l'un des grands noms du cinéma de ces cinquante dernières années. Auteurs de multiples chefs-d'œuvre, et autres longs-métrages incontournables, qui ont ouvert à la cinéphilie nombre de jeunes passionnés, le réalisateur de Pulsions revient au cours de ce documentaire éponyme, en un peu moins de deux heures, sur sa filmographie, de ses débuts de cinéaste indépendant, à sa place particulière dans le système hollywoodien à partir des 70's, jusqu'à sa nouvelle position d'électron libre depuis une dizaine d'années [1].

Tournée pendant une semaine au cours de l'année 2010, dans le salon de Jake Paltrow, cette série d'entretiens est, on l'aura compris, à conseiller en premier lieu aux aficionados de Brian De Palma tant le fond prime sur la forme [2]. Leçon de cinéma illustrée par de nombreux extraits de ses œuvres, ce documentaire retrace chronologiquement comment ce jeune nerd provenant de la Columbia University fut happé par le cinéma après son passage au Sarah Lawrence College.

Breeders - Tim Kincaid (1986)

Produit par Charles Band, par l'une de ses sociétés, Wizard Video, connue aux États-Unis pour avoir été la première à distribuer en VHS les films de Jess Franco ou Lucio Fulci, Breeders est le troisième long-métrage de Tim Kincaid réalisé, sous son vrai nom, pour la seule année 1986. Après le WIP Bad Girls Dormitory, et le science-fictionnel Robot Holocaust, Kincaid mettait ainsi en pause sa carrière dans la pornographie gay, dissimulé derrière les pseudonymes Joe Gage et Mac Larson, avant un retour aux affaires au début des années 2000. De ce parcours similaire à celui de son collègue David DeCoteau, qui signa quant à lui au début de sa carrière plusieurs films X (sous le patronyme David McCabe/Doe), dont New Wave Hookers, avant de se lancer dans le cinéma de genre avec les films d'horreur Dreamaniac et Creepozoids, Tim Kincaid se distingue toutefois par le nombre réduit de ses réalisations Bis, ce dernier y mettant un terme dès 1988 avec The Occultist [1]. Enfin, mis en scène dans la foulée du supra-foutraque Robot Holocaust, si Breeders n'a pas gagné au fil du temps ses galons de film culte, ce long-métrage fauché n'en demeure pas moins un classique du genre, caractéristique des productions horrifiques tournées dans le New-York de la décennie 80. Désormais disponible en import au format Blu-ray.

Furieuse après son rendez-vous raté dans un minable restaurant italien, Donna (Natalie O'Connell) est abordée par un vieil homme dans la rue. Tandis qu'il lui rappelle les dangers de se balader seule dans ce quartier à cette heure tardive, celui-ci se transforme en monstre dégoulinant. Retrouvée grièvement blessée, violée, la jeune femme a perdu partiellement la mémoire. En charge de l'enquête, le détective Dale Androtti (Lance Lewman) découvre qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé, cinq autres victimes ont déjà été hospitalisée les jours précédents. La docteure Gamble Pace (Teresa Farley) lui indique qu'à chaque fois, le violeur laisse sur chaque victime une matière organique d'origine inconnue, les jeunes femmes ayant comme particularité d'être toutes vierges jusqu'au moment du viol...

Le Fantôme d'Hollywood (A Graveyard for Lunatics) - Ray Bradbury (1990)


Chronique précédemment publiée sur le site Fondu au Noir.

Deuxième volet d'une série débutée par La solitude est un cercueil de verre, roman publié cinq ans plus tôt au mitan des années 80, Le Fantôme d'Hollywood poursuit la veine auto-fictionnelle de Ray Bradbury en s'inspirant, comme l'indique son titre français [1], de son passé, quand jeune auteur de nouvelles publiées dans des pulp magazines, celui-ci fut engagé comme apprenti-scénariste au début des années 50. 

Après Venice et une série de meurtres où l'écrivain débutant avait fait la connaissance de l'inspecteur Elmo Crumley, le narrateur est de nouveau au cœur d'une étrange affaire en plein cœur du studio Maximus Films. A la veille d'Halloween, à minuit, le narrateur est convié à un rendez-vous secret dans le cimetière mitoyen du studio. Il découvre sous une pluie battante un mannequin ressemblant à l'ancien grand patron du studio, le légendaire Arbuthnot mort dans un accident de voiture une vingtaine d'années auparavant...
 

Lucky, el intrépido - Jess Franco (1967)

Baptisé en France sous le mystérieux nom d'Operation Re Mida, Lucky, el intrépido [1] s'inscrit comme un cas d'école dans la bouillonnante filmographie du madrilène Jesús Franco. Considérée par son réalisateur comme l'un de ses films préférés, cette production italo-espagnole ne trouva pas son public à l'époque de son exploitation. Mal distribué, mal compris, Lucky fut rangé rapidement comme un produit inadapté appartenant, bon an mal an, à la catégorie Europsy. Une grave erreur d'appréciation tant celui-ci relevait, dans le sillage du Cartes sur table mis en scène par Franco l'année précédente avec Eddie Constantine, de la parodie. Mais pas seulement. Expliquant sans aucun doute l'embarras de ses commanditaires, Lucky, non content de jouer avec les codes du film d'espionnage, empruntait directement à la bande-dessinée son langage narratif. Un film hybride à classer entre La dixième victime d'Elio Petri et Danger Diabolik de Mario Bava. 

Lors d'une fête costumée, une femme déguisée en Cléopâtre (Teresa Gimpera) est poursuivie par des meurtriers. Sa mission est de conduire l'agent Lucky Mulligan (Ray Danton) à New York, où se trouve la loge secrète Archangel. Les membres le chargent d'enquêter sur l'apparition de faux dollars qui inondent les marchés du monde entier. A Rome, au « marché aux espions », Lucky accompagné de Michele (Dante Posani) apprend que l'usine où est fabriqué le papier est située en Albanie...

La légende de la montagne - King Hu (1979)

Grand maître du film de sabre chinois, King Hu fit connaitre le wuxia pan au-delà des seules frontières asiatiques. A Touch A Zen (1971) fut ainsi la première œuvre chinoise récompensée au Festival de Cannes en 1975. Or, en dépit de cette reconnaissance internationale méritée, les succès populaires et critiques de L'hirondelle d'or (1966) et de Dragon Inn (1967), au cours de la décennie précédente, faisaient désormais partie du passé pour le cinéaste chinois. Après l'échec commercial d'A Touch of Zen, et les accueils tout aussi mitigés de ses deux films suivants, King Hu prenait le risque de ne plus pouvoir financer ses nouveaux projets. Profitant de la nouvelle politique d'aide du gouvernement sud-coréen pour attirer les tournages sur son territoire, le réalisateur put se lancer dans la production de deux nouveaux longs-métrages, Raining in the Mountain, puis La légende de la montagne, projet autrement plus ambitieux, évoquant aussi bien l'envergure du désormais classique de 1971, que les mêmes mésaventures de ce dernier lors son exploitation en salles... Pour la première fois en Blu-ray et DVD en version intégrale et restaurée ce 9 mai 2018.

He Yun-Tsing (Shis Chun) est missionné par le monastère Haiying pour recopier le sutra Mudra, un canon bouddhiste qui permettrait de délivrer les âmes errantes de la détresse. Pour mener à bien cette tâche, les moines lui suggèrent de se retirer dans un endroit isolé, la citadelle du nord, au cœur de la montagne. Yun-Tsing y est accueilli par M. Tsui (Tung Lin), le secrétaire du général Han, auquel il remet une lettre de recommandation signée par le moine Hui Ming. Sur place, Yun-Tsing fait la connaissance de Mme Wang (Rainbow Hsu), et de sa fille Melody (Hsu Feng)...
 

Elves - Jeffrey Mandel (1989)

Conte de noël pervers, série Z improbable, Elves de Jeffrey Mandel ne manque pas d'arguments pour l'amateur de friandises déviantes. Produit par le trio "maléfique", John Fitzgerald, Jerry Graham et Dale Mitchell, coupable la même année du retentissant Alien Seed, avec Erik Estrada en journaliste chasseur d'aliens inséminateurs de sperme messianique extra-terrestre, Elves s'inscrit dans la lignée d'un sous-genre, à la croisée de la fantasy et du film d'horreur inspiré par le succès des Gremlins du génial Joe Dante. Faisant suite (en quelque sorte) au déjà bien croquignolet, Troll de John Carl Buechle, et en attendant la décennie suivante le début de la franchise Leprauchaun, ce premier long-métrage du scénariste Jeffrey Mandel laisserait supposer que nous ayons à faire à une cohorte de créatures malfaisantes aux oreilles pointues, derniers avatars d'une famille de bestioles dégénérées, lointaines parentes des Ghoulies, des Munchies et autres Hobgoblins. C'était sans compter cette première déception, car de représentant de la race elfique, le film n'en dénombrera qu'un seul. Fort heureusement très méchante. Mais n'allons pas trop vite.

Un soir, Kirsten (Julie Austin) et ses deux amies Amy et Brooke se livrent à une cérémonie occulte dans une forêt voisine. Par mégarde, Kirsten se coupe et ramène à la vie, sans le savoir, un elfe démoniaque. Durant la nuit, celui-ci s'introduit chez Kirsten, dans la chambre de son jeune frère Willy...