Emanuelle chez les cannibales - Joe D'Amato (1977)

Avant-dernier long métrage des Black Emanuelles réalisées par Joe D'Amato, Emanuelle chez les cannibales marque une nouvelle étape dans la longue liste des films produits depuis le premier volet de la série créée par Bito Albertini. Fort du succès du Dernier monde cannibale de son compatriote Ruggero Deodato, et assisté désormais au scénario de Romano Scandariato, scénariste de La mort a souri à l'assassin (ou l'un des rares longs métrages qu'il signe de son vrai nom, Aristide Massaccesi), Joe D'Amato, passé maître dans l'hybridation bis (mention extrême) depuis son retentissant Black Emanuelle en Amérique, se distingue l'année suivante par un nouveau coup d'éclat. Mieux, de cette rencontre improbable entre le cinéma érotique et le film de cannibales, ce quatrième épisode mis scène par D'Amato s'inscrit comme le premier fait d'arme 100 % gore d'un réalisateur, qui se fera connaitre par la suite pour sa capacité à dépasser les limites du genre avec sa trilogie composée de Blue Holocaust, Anthropophagous et Horrible.

New-York. En immersion dans un hôpital psychiatrique pour un de ses reportages, Emanuelle (Laura Gemser) assiste à un cas unique d'anthropophagie : une jeune femme internée a mangé le sein d'une des infirmières. Découverte en Amazonie, son tatouage sur son pubis indique qu'elle aurait été élevée par une tribu cannibale. Emanuelle contacte le Professeur Mark Lester (Gabriele Tinti), conservateur du Museum d'Histoires naturelles afin de le convaincre de monter une expédition... Arrivés au Brésil, les deux amants retrouve Wilkes, une veille connaissance de Lester. Le lendemain, accompagnés de sœur Angela (Annamaria Clementi), d'Isabelle (Mónica Zanchi), la fille de Wilkes, et de deux guides, Emanuelle et Mark doivent rejoindre la mission du père Morales...
 

Razorback - Russell Mulcahy (1984)

Deuxième long-métrage de Russell Mulcahy, après le méconnu Derek and Clive Get the Horn (1979) avec le duo comique Dudley Moore et Peter Cook, Razorback s'inscrit, on ne saurait le réfuter, comme l'une des figures marquantes de la Ozploitation des 80's. Engagé par Hal McElroy, producteur, la décennie précédente, des trois films de Peter Weir, Des voitures qui ont mangé Paris (1974), Pique-nique à Hanging Rock (1975) et La dernière vague (1977), Mulcahy s'était davantage fait remarquer comme réalisateur de vidéo clips en signant ceux de Duran Duran et d'Elton John [1]. Présenté comme une variation dans l'Outback australien des Dents de la mer de Steven Spielberg, Razorback s'avéra toutefois à sa sortie un échec commercial dans son pays d'origine en Australie ou bien Outre-Atlantique. En compétition au Festival du film fantastique d'Avoriaz en 1985, le film fut au contraire mieux accueilli sur le vieux continent [2], avant de connaitre, par la suite lors de son exploitation en vidéo, ses galons mérités de film culte. Édité par Carlotta, Razorback est désormais disponible pour la première fois en édition Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K depuis le 10 juillet 2019.

Une nuit, dans une maison isolée, au fin fond du désert australien, Jake Cullen (Bill Kerr) est le témoin impuissant de l'attaque brutale d'un sanglier géant qui détruit sa maison et emporte son petit-fils. Accusé de l'avoir tué, Cullen est finalement acquitté faute de preuves suffisantes. Désormais, il vouera sa vie à exterminer chaque razorback qui croisera sa route et à retrouver le spécimen qui a anéanti sa vie. Deux ans plus tard, Beth Winters (Judy Morris), une journaliste américaine, débarque dans la région pour enquêter sur les massacres de kangourous. Face à la défiance des autochtones, Beth part à la conserverie Pet Pak, tenue par les frères Baker, Benny (Chris Haywood) et Dicko (David Argue), où les marsupiaux sont étripés et débités...

China Gate - Samuel Fuller (1957)

Premier long métrage ayant pour sujet le conflit indochinois, et, par extension, premier film étasunien pré-Viêt Nam, China Gate de Samuel Fuller compte parmi les films de guerre majeurs de la riche filmographie du cinéaste. Second film réalisé pour le compte de la 20th Fox de Darryl F. Zanuck avec Quarante tueurs en 1957, en sus du Jugement des flèches pour la RKO, China Gate s'inscrit dans la droite lignée des classiques J'ai vécu l'enfer de Corée et Baïonnette au canon!. Interdit en France [1] lors de sa sortie, le film est désormais disponible chez Carlotta en version restaurée en en Blu-Ray et DVD depuis le 12 juin dernier.

1954, à la fin de la guerre d'Indochine, un commando de la Légion étrangère s'apprête à effectuer une dernière mission : détruire les tunnels renfermant le stock d'armes des combattants communistes menés par le commandant Cham (Lee Van Cleef). Pour cela, ils font appel à une séduisante Eurasienne surnommée Lucky Legs (Angie Dickinson). Ayant mis en place un trafic d'alcool dans la région et connaissant bien Cham, elle seule peut les aider à mener à bien leur mission. Mais la présence de son ex-mari, le sergent Brock (Gene Bary), va créer de nombreuses tensions au sein du groupe…
 

Schlock - John Landis (1973)

Préposé au courrier à la Fox, assistant de production pour De l'or pour les braves (1970) de Brian G. Hutton, cascadeur en Europe pour diverses productions, John Landis multiplia les métiers dans le cinéma, avant de réaliser, crânement, à seulement 21 ans, à son retour aux États-Unis, son premier long métrage nommé Schlock. Auto-financé pour moitié par John Landis, ce Schlockthropus, sous-titré en français par le non moins foutraque Le tueur à la banane, avait tout du mauvais film. Pire, encore aujourd'hui, le cinéaste s'amuse, non sans malice, à s'excuser d'être l'auteur de ce supposé méfait. Or, si cette comédie ne prédisposait pas à la future carrière de ce jeune frondeur, cadet de la génération des movie brats (Brian De Palma, Francis Ford Coppola, George Lucas, Steven Spielberg, etc.), Schlock marque également les débuts d'une autre figure notable du cinéma étasunien des quarante dernières années : ceux du maquilleur Rick Baker. Fort d'une nouvelle restauration 4K approuvée par John Landis, Schlock est disponible ce 3 juillet pour la première fois en Blu-ray chez Carlotta Films.

Depuis trois semaines quelque part en Californie, la ville de Canyon Valley est le théâtre d'une série de meurtres sanglants. Pas moins de huit cent victimes ont déjà été recensées dont les dernières sont celle provenant d'un parc de loisirs où plus de deux cent personnes, femmes et enfants compris, ont trouvé la mort. Surnommé le « tueur à la banane », le dangereux criminel est en réalité un gorille, présenté comme le chaînon manquant, âgé de vingt millions d'années, le Schlockthropus…

Black Emanuelle autour du monde - Joe D'Amato (1977)

Quatrième long métrage mettant en scène l'héroïne créée par Bito Albertini, Black Emanuelle autour du monde se présente, sans aucun doute, comme le volet le plus déstabilisant des cinq films réalisés par Joe D'Amato. Tournée dans la foulée de Black Emanuelle en Amérique, cette suite directe convie une fois encore le spectateur à suivre les aventures de la célèbre photo-reporteur globetrotteuse du sexe à travers le globe. Salué comme il se doit par les censeurs du monde entier, ce troisième chapitre signé D'Amato se démarque toutefois davantage par sa radicalité intrinsèque, que par ses excès formels hérités des précédents épisodes. Mieux, le réalisateur romain confortait, depuis le séminal Emmanuelle et Françoise [1] deux ans plus tôt, sa position unique de moraliste du cinéma bis. Mais n'allons pas trop vite.

San Francisco. De retour d'une île déserte, Emanuelle (Laura Gemser) rencontre dans un hôtel son amie journaliste Cora (Karin Schubert) qui rédige un article dont le sujet est la violence à l'égard des femmes. Dans sa chambre, Emanuelle est victime d'une tentative de viol, mais est sauvée par Malcolm Robertson (Ivan Rassimov), président d'un comité d'aide au Tiers monde pour les Nations-Unis. En dépit de leurs engagements professionnels respectifs, Emanuelle et le Dr Robertson se promettent de se revoir de nouveau, quand Emanuelle est envoyée par son directeur en Inde pour interviewer un gourou (George Eastman), qui prétend avoir découvert le secret de l'orgasme infini...

Le temps des gitans (Dom za vesanje) - Emir Kusturica (1988)

Lauréat en 1981, pour son premier long métrage, Te souviens-tu de Dolly Bell ?, du Lion d'or de la Première œuvre à La Mostra de Venise, puis de sa première Palme d'or à Cannes, à tout juste 30 ans, quatre ans plus tard, pour Papa est en voyage d'affairesEmir Kusturica, ancien étudiant de la prestigieuse Académie du film (FAMU) de Prague [1], revint en 1988 avec Le temps des gitans. En compétition officielle au Festival de Cannes l'année suivante, ce troisième long métrage, non content d'inscrire une nouvelle fois son nom au palmarès avec le Prix de la mise en scène, ouvrit cette fois-ci à Emir Kusturica les portes de la reconnaissance publique internationale. Pierre angulaire de son cinéma liant réalisme social et imaginaire débridé, Le temps des gitans est disponible depuis le 22 mai en Blu-ray et DVD.

Né d'un soldat slovène et d'une mère rom, Perhan (Davor Dujmovic) et sa jeune sœur infirme Danira (Elvira Sali) sont élevés par leur grand-mère maternelle Khaditza (Ljubica Adzovic) en périphérie de Skopje en Yougoslavie. Il aimerait épouser son amour d'enfance, Azra (Sinolicka Trpkova), mais la mère de la jeune fille s'y oppose fermement, Perhan n'ayant ni argent ni situation. Un jour, Ahmed (Bora Todorovic), qui a fait fortune en Italie, revient avec ses frères dans le bidonville. Pour avoir sauvé son jeune fils Roberto, Ahmed promet à Khaditza d'emmener Danira dans un hôpital à Ljubljana pour qu'elle se fasse soigner. Accompagnant sa sœur durant le trajet, Perhan se fait convaincre par Ahmed arrivé à destination de ne pas rester auprès de Danira à Ljubljana, mais de venir avec lui à Milan pour travailler...
  

The Dead Don't Die - Jim Jarmusch (2019)

L'annonce faite au détour d'une interview de Bill Murray, en printemps 2018, ressemblait à une (mauvaise) blague. Après s'être penché sur le mythe du vampire, avec (le mitigé) Only Lovers Left Alive (2013), Jim Jarmusch allait réaliser un nouveau film fantastique, autour d'une autre figure incontournable du cinéma d'horreur, à la mode depuis les années 2010's, celle du zombie. Doté d'un casting prestigieux, la majeure partie des actrices et acteurs ayant déjà collaboré [1] par le passé avec le réalisateur de Down by Law, le dénommé The Dead Don't Die était également annoncé en avril dernier comme le long métrage qui ferait l'ouverture, en compétition officielle, du Festival de Cannes 2019. Sorti en France simultanément à la première mondiale du film le 14 mai, les morts-vivants façon Jarmusch pouvaient débarquer dans les salles obscures hexagonales.

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l'évènement le plus étrange et dangereux qui allait s'abattre sur Centerville : les morts sortent de leurs tombes et s'attaquent sauvagement aux vivants pour s'en nourrir ! La bataille pour la survie commence pour les habitants de la ville.

The Satanist - Zoltan G. Spencer (1968)

Longtemps considéré comme perdu, The Satanist, long métrage de Spencer Crilly, plus connu sous le pseudonyme de Zoltan G. Spencer, fut exhumé et projeté un soir de juillet 2014 en clôture du Forgotten Film Festival de Philadelphie. Fort du succès de la projection, la société Garagehouse Pictures édita deux ans plus tard, en octobre 2016, le jour d'Halloween, une version inédite restaurée 4K en Blu-ray de cet obscur film déviant. Invisible auprès des initié.e.s depuis plus de quatre décennies, ce croisement sulfureux entre l'érotisme débridé de Russ Meyer et les préceptes prônés par Anton LaVey, fondateur de l'Église de Satan, avait tout pour attiser la curiosité du préposé. Mieux, en dépit de ses limites intrinsèques, The Satanist demeure une bonne surprise. Mais n'allons pas trop vite.

Un romancier, prénommé John, s'installe avec son épouse Mary (Mary Bauer) à la campagne, afin de se remettre de sa précédente dépression et quitter l'agitation urbaine. Un jour, par mégarde, au volant de sa voiture, John renverse une jeune femme à vélo, Shandra (Pat Barrington), qui n'est autre que la voisine du couple. Celle-ci, nullement rancunière, les invite à prendre un verre chez elle. Au cours de la soirée, Shandra qui se présente comme une "élève de l'occulte" offre à John un ancien livre sur la sorcellerie...