Cronico Ristretto : Melvins - Tres Cabrones / Deicide - In the Minds of Evil


2013 fut des plus riches pour Buzz Osborne et sa bande : des concerts se rappelant au bon souvenir de la première moitié des années 1990, dont une double escale parisienne chroniquée ici-même, et la sortie d'une (première) compilation de reprises intitulée Everybody Loves Sausages en avril dernier. Et en guise bilan pour cette fin d'année, King Buzzo et Dale Crover remettent le couvert avec Tres Cabrones, seconde compilation regroupant cette fois-ci plusieurs anciens réenregistrements dont des titres rares datant des débuts de la formation de Montesano. Pour ce retour aux sources, le duo a convié le batteur originel des Melvins, Mike Dillard (et accessoirement batteur intérimaire de Fecal Matter, premier groupe de Kurt Cobain), à venir célébrer les 30 ans du trio, intitulé pour l'occasion Los Melvins.


Et inoxydables sont ces Los Melvins. Certes, ils nous servent une formule connue, et ce nouveau disque ne peut décemment être comparé aux albums et EPs des 90's. Qu'importe. Maîtres de leur art, on ne pourra les accuser de vouloir surfer sur une fibre nostalgique synonyme de planche à billets tant les Melvins auront toujours été en marge du business (quand bien même ils furent signés sur la major Atlantic de 1993 à 1996). Entre fulgurances soniques et humour potache (les reprises de 99 Bottles of Beer ou You're in the Army Now), Tres Cabrones garde l'essentiel, la fraicheur des débuts d'un des groupes les plus influents des 90's. C'est déjà pas mal.


Titres
01. Dr. Mule / 02. City Dump / 03. American Cow / 04. Tie My Pecker to a Tree / 05. Dogs and Cattle Prods / 06. Psycho-Delic Haze / 07. 99 Bottles of Beer / 08. I Told You I Was Crazy / 09. Stump Farmer / 10. You're in the Army Now / 11. Walter's Lips / 12. Stick em' Up Bitch




Dire que le vieux death metal addict n'attendait plus rien depuis belle lurette de la bande à Glenn Benton, l'euphémisme était en dessous de la réalité. Quinze années de perdition où Deicide n'était devenu qu'une blague evil. L'un des groupes les plus marquants de la scène US à l'orée des 90's délivrait désormais à rythme régulier des albums poussifs tous dénués d'intérêt (1). Or In the Minds of Evil, leur onzième album, marque une cassure nette et notable. Exit le démonstratif et fatiguant Ralph Santolla, place au nouveau guitariste Kevin Quirion (ex-Order of Ennead et ex-Council of the Fallen, groupe composé du batteur de Deicide, Steve Asheim, CQFD). 

Venu en support lors de la tournée précédente, Quirion aura été déterminant pour sinon l'avenir, du moins le présent de Deicide. Un sang frais mis à profit puisque le guitariste a (co-)écrit quasiment l'intégralité du nouvel album. Un retour de flammes (de l'enfer) où l'on retrouve le groupe floridien tel qu'on l'avait laissé depuis Serpents of the Light (1997) : massif, blasphématoire, et surtout efficace. Véritable bond dans le temps, In the Minds of Evil ne se démarque pas des classiques que sont devenus le premier album éponyme ou Legion. Qu'importe si la production peut sembler pour le coup trop sobre et Benton un peu en retrait. In the Minds of Evil marque le véritable retour (2) de cette formation old school au groove incandescent. Oui Satan aussi peut faire des miracles. Étonnant, non ?


Titres
01. In the Minds of Evil / 02. Thou Begone / 03. Godkill / 04. Beyond Salvation / 05. Misery of One / 06. Between the Flesh and the Void / 07. Even the Gods Can Bleed / 08. Trample the Cross / 09. Fallen to Silence / 10. Kill the Light of Christ / 11. End the Wrath of God



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(1)  Et ceci en dépit du schisme Hoffmanien et le départ des deux frangins qui (du moins sur la papier) pouvait augurer un regain d'inspiration. Las.

(2) Contrairement à la baudruche The Stench of Redemption, premier album post-Hoffmanien signé sur Earache records.

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