Funky Front Covers IV

Si la dinde aux marrons est encore de rigueur dans l'imagerie populaire, il en va de même des désormais Funky Front Covers, passage obligé en ce lieu dès que les fêtes de fin d'année s'approchent. Voici donc pour la quatrième saison, le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts.


Bilan de fin d'année d'un Doomster - Part Two


Dire que le messie doom Jus Osborn était attendu au tournant depuis le très passable Witchcult Today (2007) serait exagéré, tant le joyau sombre de son groupe Electric Wizard, Dopethrone, date déjà d'une décennie. Dix ans qui auront vu un solide album (We Live (2004)) coincé entre deux autres LP plus inconsistants (et inconstants), Let Us Pray (2002) et donc celui de 2007. Dès lors ce Black Masses allait-il sinon remettre en selle le dit sorcier, chantre des ambiances fumeuses et d'un psychédélisme noir où règne de main de maître la guitare hypnotique de son leader (amis de la formule ampoulée, bonsoir)? Electric Wizard, si on en croit les milieux informés, ceux là même champions dans l'art de sortir des expressions préconçues, serait l'un des, sinon, le groupe le plus heavy qui soit. Derrière ce superlatif stérile, véritable ligne de conduite à brasser de l'air propre aux metalheads de toute chevelure, se cache néanmoins une vérité. Le Wizard est doté d'un exceptionnel son épais, massif et ample, capable de remplir l'espace dès les premières notes, avec l'avantage certain de ne jamais verser dans la surproduction ou l’esbroufe sonore. Or Black Masses pourra en déconcerter plus d'un, tant le nouvel album se garde bien de creuser le sillon qui fit en partie la réputation de l'électrique sorcier. Osborn a regoûté à sa substantifique moelle, propose un son certes moins imposant, mais retourne à l'essentiel avec des compositions de nouveau inspirées, où les ambiances sales, nocturnes et incantatoires prévalent, l'album se clôturant comme il se doit par un instrumental menaçant, Crypt of Drugula.

Bilan de fin d'année d'un Doomster - Part One

A l'heure où les classements de toutes sortes commencent à fleurir sur la toile (1) et dans la presse, comme il fut convenu il y a quelque temps lors d'un échange avec Diane Cairn, voici la première partie de mon classement sans ordre (d'où le terme bilan) des albums doom et apparenté sortis en 2010 autres que le Eve des italiens d'Ufommamut (album metal de l'année), le Satan Worshipping Doom de Bongripper ou encore le dernier Monster Magnet. Une première partie consacrée à de jeunes formations où le psychédélisme aura le maître mot...

Fascination - Jean Rollin (1979)


Longtemps reporté pour cause de flemmingïte aigüe, voici donc la critique de Fascination en guise d'hommage au regretté Jean Rollin, récemment disparu le 15 décembre dernier.

Moins connu que ses précédents essais vampiriques, Fascination n'en reste pas moins un de ses longs métrages les plus accessibles et recommandables pour l'imprudent qui aimerait découvrir l'œuvre du sieur qui fut estampillé de manière triviale et un peu trop rapide par quelques rigolards "pape du Z français". Accessible et par conséquent (?) légèrement à part dans la filmographie du réalisateur de la Vampire nue, le long métrage s'écarte quelque peu du thème central cher au cinéaste pour en proposer une version alternative car suggérée. Rollin quitte le fantastique tel qu'on l'entend de nos jours pour revenir aux racines du genre, à la croisée du surnaturel et de l'étrange, dans le sillage d'un Edgar Allan Poe.

Les années 2000 à l'ombre des eighties

[Article précédemment paru sur Progressia]. 2010. Nous entamons depuis presque bientôt un an une nouvelle décennie et pourtant l'impression de vivre culturellement un éternel élan nostalgique n'en finit plus.

Si les années 90 avaient eu son lot de redites, celles-ci avaient au moins un mérite, l'envie de digérer voire de s'affranchir (modestement) des influences du passé pour en tirer un semblant de nouveautés, en particulier au niveau de la forme (trip-hop, grunge, big beat, etc.). Au contraire, la première décennie du nouveau millénaire n'a pas confirmé les faibles attentes qui restaient en matière d'émancipation musicale. Le changement radical qui devait ou aurait dû solder les comptes des dix années passées n'est jamais apparu. Et à défaut de coupure franche, tout juste avons nous eu droit à une évolution molle, ce que nos aimables politiques français nomment par le « changement dans la continuité »...

Twilight, chapitre III : Hésitation - David Slade (2010)

Ils sont revenus, ils sont tous là : Bella, la jeune constipée émotionnelle rêvant d'amour aux dents longues [1], le niaiseux bodybuildé Jacob et bien sûr le croisement réussi (?!) entre un topinambour et un vampire, Edward. Après un deuxième épisode qu'on qualifiera poliment de long métrage en demie-teinte [2], si le troisième n'était pas attendu au tournant par les cuistres railleurs, celui-ci devait tout du moins sur le papier répondre ENFIN aux attentes et autres frustrations du spectateur... tout du moins celles de son héroïne. Las, une fois encore, ce chapitre III pourra dans le meilleur des cas être considéré comme un film générationnel mou, raté, chantre d'une mièvrerie congénitale, à réserver en premier lieu aux pré-pubères [3] tant son traitement ne ressemble à rien, ou plutôt si, à une vaste mascarade orchestrée par un réalisateur tâcheron, aussi peu inspiré que Stephenie Meyer a pu l'être en écrivant cette relecture fantastico-foireuse du trio sentimental. Contrat rempli finalement, non?

Résumé des épisodes précédents, après deux (télé)films à espérer pouvoir enfin goûter aux lèvres de sa tubercule scintillante préférée, Bella la bougresse ne désire plus qu'une seule chose, appartenir au peuple de la nuit et tirer un trait définitif sur cette morne existence humaine sans saveur... pour vivre pleinement son amour et briller désormais de milles feux en plein soleil. Mais dans sa grande sagesse (ou archaïsme, notre presque centenaire faisant plus preuve au gré des chapitres d'une rigidité psychologique que d'une véritable maturité), Edward, toujours réticent à transformer de la sorte son aimée, avait posé comme condition sine qua non en fin du précédent film celle du mariage, et plus si affinités.

Maniac - William Lustig (1980)

Le rôle d'une vie, voilà bien de quoi il s'agit, une fois regardé de plus près la filmographie de l'acteur américain Joe Spinell. Passé ses interprétations respectives et secondaires de Willi Cicci et de Tony Gazzo dans les deux premiers Parrain et Rocky, puis sa grotesque apparition en terrrrrible Count Zarth Arn dans le nanar SF transalpin Starcrash, difficile pour le cinéphile amateur de sensation forte de ne pas être ébahi et marqué pendant encore longtemps par le personnage joué par Spinell dans le film qui nous intéresse. Produit, écrit et interprété par lui-même, Maniac réalisé par William Lustig reste trente ans après son exploitation dans les salles obscures un monument du cinéma de genre, une œuvre influente dépassant allégrement la trainée de soufre qu'il laissa lors de sa sortie (film interdit au moins de 18 ans voire censuré dans de nombreux pays).

Franck Zito vit seul avec pour seule compagnie quelques mannequins de vitrine étrangement travestis. Hanté par des images du passé et par la présence imaginaire d'une femme dont la photo trône sur un autel de fortune, Zito (Joe Spinell) tue, mutile, scalpe à l'envie ses victimes féminines. En un mot, il sème la panique à New-York, les journaux faisant échos de la terreur qui s'abat dans les rues de la Big Apple. Mais un jour, Frank fait la rencontre d'Anna D'Antoni (Caroline Munro), une photographe de mode, une rencontre qui les marquera chacun de manière indélébile.

Cronico Ristretto: Mastermind - Monster Magnet (2010)

Dans la série des raccourcis rapides, laissons la place à une autre plaie du chroniqueur musical, les conséquences malheureuses que pourraient provoquer l'écoute distraite d'un album. En d'autre terme, s'il ne faut jamais (totalement) se fier aux idées préconçues, il en va de même pour la première écoute d'un album et du sentiment mitigé qu'il peut engendrer, qui plus est lorsque vous gardez en mémoire les premiers méfaits de la formation, sans tenir compte de l'évolution du dit groupe, évolution que vous n'avez de toute façon pas suivi depuis belle lurette.

Si à une époque bénite [1], le groupe de Dave Wyndorf avait réussi à conjuguer les plages space rock d'un Hawkind avec la pesanteur d'un Black Sabbath sur l'excellent Tab (1991), ou d'avoir signé l'un des meilleurs albums de heavy rock des 90's (Spine of God) , la trajectoire de la formation après les derniers tours de vis marquants prénommés Dopes to Infinity (1995) et Powertrip (1998) s'était quelque peu brouillée, tout du moins diluée au cours du temps, pour ne proposer "que" de bons albums... à l'image du side-project du même Wyndorf, The Atomic Bitchwax. En somme, les plus sévères auront eu à cœur de ne retenir au cours des années 2000 que les rééditions des deux premiers albums précités, la flamboyance du Monster Magnet des débuts, comme d'autres pairs, s'étant à mesure dissipée.

Or faut-il le souligner de nouveau en attendant le nouvel an, 2010 reste l'année (par défaut) des musiques intemporelles. Soit le moment propice et idéal pour un nouvel album d'un des derniers dinosaures du stoner rock en activité [2], Mastermind des Monster Magnet.