Cause of Death - Obituary (1990)

Auréolé du succès de leur remarqué premier album sorti une année plus tôt, Slowly we rot, le nouveau disque d'Obituary était sans conteste un des plus attendus par le petit, et néanmoins turbulent, monde du death metal. Pouvait-il en être autrement ? Propulsés nouveaux hérauts du genre en cette fin de la décennie 80, nos cinq rednecks en provenance de Tampa avaient, à forte raison, marqué les esprits. En poussant d'un cran l'extrémisme metal (1), les floridiens devinrent dès leur premier opus l'un des leaders naturels de cet émergent et bruyant genre musical, Cause of Death devant dès lors confirmer les espoirs nécrologiques portés en eux.

Or la tâche pouvait s'avérer sinon ardue, du moins apparaître compliquée, le groupe perdant coup sur coup deux de ses membres avant l'enregistrement de ce deuxième album : leur bassiste Daniel Tucker parti on ne sait où, et plus grave, leur guitariste soliste Allen West. Pour les remplacer, le trio central du groupe, formé par les frères Tardy et Tevor Peres, jette leur dévolu sur le bassiste Frank Watkins et sur le guitariste James Murphy, à savoir l'étoile filante du death, tout juste remercié par le parrain Chuck Schuldiner après Spiritual Healing.

A l'image de la pochette signée par l'illustrateur Michael Whelan (2), la production de Cause of Death se veut plus professionnelle. Enregistré (comme il se doit) au Morrisound Recordings par Scott Burns, l'album se distingue en premier lieu par le soin apporté au son et en particulier à l'atmosphère qui s'en dégage. Exit le Lo-Fi. Comme le soulignait le leader du groupe, Trevor Peres, principal compositeur de la formation, Cause of Death  peut être décrit comme de la « musique d'ambiance », comprendre la bande son imaginaire d'un film gore. Les chansons s'enchaînent sans temps mort, supportées par quelques effets sonores en guise d'intertitres. De ce traitement, l'influence de Murphy est manifeste. Quand bien même l'ancien guitariste de Death n'a composé aucun titre, ceci étant du ressort de la paire Peres / Tardy (Donald) (3), son style plus mélodique et technique répond idéalement à l'ambition affichée : proposer des chansons plus construites avec nombre de changement de rythmes (certaines dépassant même les cinq minutes) à l'instar de Dying ou l'éponyme Cause of Death. Enfin autre symbole de cette évolution, la reprise bestiale d'une de leur influence affichée : Celtic Frost, et leur culte Circle of the Tyrants qui s'insère parfaitement à l'ensemble.

Album à part dans la discographie d'Obituary, le prochain The End Complete coïncidant avec le retour d'Allen West et à celui d'un style plus directe, Cause of Death n'en demeure pas moins un classique du groupe. Disque d'une rare cohésion, les floridiens assènent ce qu'ils savent faire de mieux. Les vocaux de John Tardy n'ont ainsi nullement perdu de leur toxicité. Devenu maître de son art vocal putride, Tardy est l'un des chefs d'orchestre de cette monstruosité mortuaire, au même titre que Trevor Peres et sa Stratocaster, cette dernière lui conférant un groove unique dans l'univers du death metal.

Un classique du genre qui permettra au groupe de prêcher la bonne parole à travers le monde avec en point d'orgue leur prestation au Dynamo Open Air à Eindhoven en 1991 (4).


Titres
01. Infected / 02. Body Bag / 03. Chopped in Half / 04. Circle of the Tyrants / 05. Dying / 06. Find the Arise / 07. Cause of Death / 08. Memories Remain / 09. Turned Inside Out


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(1Sans verser dans une surenchère stérile, ce qui deviendra rapidement la limite du genre dans les années à venir dans le sillage du Brutal death initié par les new-yorkais Suffocation.

(2) D'après Lovecraft's Nightmare B (1981) qui fut utilisé comme couverture pour des rééditions de l'oeuvre de l'auteur de L'Appel de Cthulhu.

(3) A l'exception de Cause of Death signé Allen West et Trevor Peres.

(4) Prestation disponible sur le bootleg Godly Beings.

2 commentaires:

  1. Après "Slowly we rot", un article sur "Cause of death" s'imposait ! Peut-être bien mon Obituary préféré, d'ailleurs...Du coup, je ne résiste pas à l'idée de me le réécouter, encore et encore...

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    1. Moi aussi, sans doute l'album d'Obituary que j'écoute le plus souvent.
      Pour clore le volet, je ferais sans doute dans un avenir plus ou moins proche (disons dans les 3 mois à venir), celle de du 4ème album, World Demise :-)

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