Erotic Nights of the Living Dead - Joe D'Amato (1980)

Parmi la pléthorique filmographie du célèbre mercenaire transalpin Aristide Massaccesi plus connu sous le nom de Joe D'Amato, il est une série que les amateurs de films déviants se doivent de connaitre : sa période Caribéenne dont Erotic Nights of the Living Dead (traduit en français par une triste nuit fantastique des morts-vivants) est un des plus sémillants représentants. Une année après son désormais culte Blue Holocaust, et en attendant une escale cannibale en mer Egée (le peu ragoutant Anthropophagous), le cinéaste Joe D'Amato eut en effet à loisir le temps de rentabiliser ses vacances et celles de son équipe lors d'un voyage en république dominicaine en réalisant dans la foulée pas moins de cinq films : Hard SensationExotic LoveSesso neroPorno Holocaust et donc Erotic Nights of the Living Dead ou une variation encore plus sexuée du précédent. Il n'en fallait pas plus pour titiller la curiosité du préposé docteur...

Mais arrêtons-nous un moment. Qui d'autre que D'Amato pouvait avoir l'idée saugrenue (ou plutôt l’audace putassière) de croiser deux genres aussi différents que prisées par le cinéma d’exploitation (italien) de l'époque : le film pornographique (voire érotique, bon nombre de longs métrages ayant droit à deux montages différents l'un soft et le second hardcore) et le film gore avec un goût prononcé pour le mort-vivant crapoteux (Fulci ayant sorti depuis peu son fameux Zombi 2) ?

Cronico Ristretto : Traitement de choc - Alain Jessua (1973)

Réalisateur atypique, Alain Jessua l'est assurément. Sa trop rare filmographie peut elle aussi difficilement en attester le contraire. Adepte du film sociologique mâtiné de thriller (Armaguedon), proche de l'anticipation (Les chiens) ou de la science-fiction tel ce Traitement de choc, ce cinéaste français méconnu a su créer, en dépit ou plutôt grâce à une popularité restreinte, une œuvre personnelle et originale loin des canons et productions en vogue dans le cinéma hexagonal des années 70.

Au bord de la dépression des suites d'une déception sentimentale, Hélène Masson (Annie Girardot) rejoint son ami Jérôme (Robert Hirsch) au prisé institut de thalassothérapie du docteur Devilers (Alain Delon) afin de suivre sa célèbre et miraculeuse cure de rajeunissement. Accueillie avec bienveillance par les curistes venus rechercher leur dose de jeunesse, la jeune femme, néanmoins sensible au charme du ténébreux (et bon) docteur, prend progressivement ses distances avec le maître des lieux et de ses ouailles ; la mort de Jérôme, les comportements étranges puis les disparitions inexpliquées du personnel de service, composé de jeunes portugais, plonge Hélène lentement vers la paranoïa et la suspicion...

Cronico Ristretto : Hors Satan - Bruno Dumont (2011)

Présenté à « Un certain regard » lors du festival de Cannes 2011, Hors Satan de Bruno Dumont n'est pas le cri d'un prêtre exorciste mais la profession de foi sur pellicule d'un homme de cinéma... à 24 images par seconde.

Un gars, un ermite priant au milieu de la nature, un mystique ? La mer, des paysages, une lumière. L'homme, sans domicile, erre dans la campagne. Il dort à travers les dunes, vit de la générosité des habitants du village voisin. Exorciste, il chasse le démon du corps des jeunes filles et des femmes trop entreprenantes. Ange exterminateur, il tue, rosse les hommes dangereux et la protège. Elle, lui donne à manger, prie avec lui, le suit, avant que tout ne bascule...

Déjà à l'esprit du cinéaste lors de son premier long métrage, La vie de Jésus, cette étrange histoire d'ermite, continue de s'inscrire, bien qu'assumée timidement par son auteur, dans une filiation post-Bressonienne [1], comme pouvait l'être son précédent film, Hadewijch. Ainsi comme d'autres par le passé, Dumont s'éloigne du Christianisme et d'un quelconque prosélytisme pour se focaliser sur le sacré, un  mysticisme athée, aux portes du fantastique.

Terminator : Kyle Reese ou le mythe du pantalon souillé

L'avenir nous dira si la rubrique aura une suite, mais il était grand temps que quelqu'un ose aborder une vérité dérangeante, quitte à ébranler les certitudes de certains. Aujourd'hui 1er mai, ou comment une innocente réflexion à connotation urologique (?!) s'en va briser les fondations d'un mythe NERD, et par la même occasion mettre à mal l'une des rares figures masculines dramatiquement émoustillantes qu'ait connu la Science-Fiction (et les demoiselles nourries aux exploits héroïques d'un bel inconnu venant du futur). 

Non content d'avoir réalisé le meilleur film d'horreur de poissons volants carnassiers du 7ème Art (Piranha II: les tueurs volants), James Cameron est également le réalisateur d'un des plus brillants films (et désormais saga) abordant le thème de l'intelligence artificielle et de la menace robotique. Il n'empêche, ces deux premiers succès cachent malheureusement une réalité bien plus sombre. Premier acte : combien d'entre nous, sinistres bougres, ont dû ronger leur frein et bailler devant les ébats copulatoires de Kyle Reese et Sarah Connors ? Combien ont prié l'arrivée du cyborg autrichien pour mettre un terme à ce navrant clip érotique ? Réponse : la sauvegarde de l'humanité est à ce prix, mon bon docteur. 

En dépit de ses errements « cul-cul la praline » quasi-systématiques dès qu'il s'agit de mettre en scène un couple amoureux (avec en point d'orgue rappelons-nous la fameuse scène orgasmique de Titanic dite « de la vitre embuée »), rares sont les personnes qui peuvent mettre en doute le perfectionnisme et le souci du détail d'un James Cameron. Or, que les amateurs de détails scabreux me remercient, car si l'exigence du cinéaste étasunien n'est plus à prouver, celle du préposé docteur non plus.