Live report : Eyehategod • Herder • Joe Buck Yourself - Glazart, Paris, 30 juin 2015

Depuis leur précédent passage parisien au Glazart en première partie d'Orange Goblin en août 2013 (photos sur notre tumblr), le retour de la formation culte et originaire de la Nouvelle Orléans, Eyehategod, était des plus attendus. Un retour sur scène d'autant plus espéré depuis la sortie, l'année dernière, de leur album éponyme, nouveau disque mettant un terme à un hiatus discographique (1) long de quatorze années depuis leur précédent effort studio, Confederacy of Ruined Lives. Une éternité.

Dans le cadre des Stoned Gatherings, et en support à la tournée européenne des louisianais, du 6 juin au 4 juillet, la soirée parisienne du 30 juin s'annonçait ainsi des plus chaudes, en sus des températures caniculaires qui frappaient la capitale : pas moins de quatre groupes allaient ainsi précédés la venue tardive d'Eyehategod.

Une fois n'est pas coutume, l'horaire annoncé sur le billet disait vrai. A 19h tapante, non loin de la scène extérieure LaPlage, le psychobilly de Tony Bones / Joe Buck aka Viva Le Vox ouvrit les hostilités, suivi dans la foulée par le trio rock'n'roll bluesy Hooten Hallers. Si la seconde formation convainquit à moitié, la faute à un saxophone baryton timide et à un chanteur trop porté à imiter Tom Waits, le premier duo n'eut pas son pareil pour faire vivre ce délicieux mélange de rockabilly originel et d'attitude punk. Le temps de rejoindre la salle de concert, et Joe Buck pouvait investir les lieux, délaissant sa contrebasse pour une guitare et son étui faisant office de grosse caisse.

 
Joe Buck Yourself 

Révélation du soir pour le préposé, la présence en solo de ce vieux briscard de Joe Buck s'inscrivait parfaitement avec la thématique de la soirée. A l'image du sobriquet de ce musicien originaire du Kentucky, Joe Buck Yourself (quand celui-ci joue seul et non accompagné), le guitariste prouva si besoin est que le punk n'était pas qu'une simple histoire d'instrumentation. En dépit de problèmes techniques récurrents, qui le firent pester plus d'une fois, les micros de sa batterie improvisée ayant décidé de jouer avec ses nerfs, la prestation de l'ancien bassiste d'Hank Williams III ne souffrit d'aucune contestation. 

Plus de photos de Joe Buck Yourself sur notre tumblr.


Avant dernier groupe à passer, Herder investit ensuite la scène du Glazart dans une ambiance autrement plus saturée. Apparu il y a cinq ans après la parution de leur démo, Herder is harder, les néerlandais sortirent l'année dernière leur nouvel et premier album Gods avec leur nouveau chanteur Ché Snelting. Chantres d'un doom sludge des plus lourds, avouons que la formation de De Westereen fut malheureusement desservie par un mixage approximatif, du moins pour le public situé à droite de la scène. Chanteur réduit au silence, bassiste discret, troisième guitariste à l'ouest, les conditions pour apprécier les bataves furent loin d'être optimal. Dommage.

 

Plus de photos de Herder sur notre tumblr.


En guise de fil conducteur de la soirée, après les problèmes techniques, s'adjoignirent l'absence de la tête d'affiche ! La veille en concert à Bristol, Eyehategod dût faire face à la grève des ferries outre-Manche. Dès lors, encore sur la route à l'heure prévue par la programmation, les auteurs du culte Dopesick apparurent finalement, aussitôt débarqués de leur car, vers 23h30. Dans l'urgence la plus totale, les cinq musiciens, la rage au ventre, confirmèrent toutes les attentes. Menés par le chanteur Mike Williams et le guitariste Jimmy Bower (en tongs pour l'occasion), Eyehategod put compter sur un public acquis à leur cause, la fosse prenant la forme d'un maelstrom bouillonnant.  Dommage qu'il fallût partir précocement quarante minutes après le début des hostilités...

 
                      
 

Plus de photos d'Eyehategod sur notre tumblr.
          
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(1) A l'exception de la compilation Preaching the "End-Time" Message (2005) et du live 10 Years of Abuse (and Still Broke) (2001)
 

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