The Sand - Isaac Gabaeff (2015)

Évoqué en conclusion de notre chronique du déjà navrant Blood Beach de Jeffrey Bloom, The Sand d'Isaac Gabaeff n'échappe pas à la règle, qui veut que la relecture d'un mauvais film a peu de chance d'être une bonne surprise. Présenté en avant-première lors du festival britannique FrightFest en 2015, ce long métrage accumule les tares que son seul budget restreint ne pourrait justifier. Une raison suffisante, en somme, pour le préposé à la chronique de faire l'éloge déviante de ce sable meurtrier, qui conjugue effets spéciaux numériques ratés et ressorts dramatiques grotesquement boursouflés. Gare à la vorace plage tueuse de spring breakers...

La nuit tombée sur une plage américaine, un groupe d'étudiants font la fête, quand deux d'entre eux découvrent, par hasard, un énorme œuf. Le lendemain matin, remis de leurs divers excès, plusieurs jeunes se réveillent : Kaylee (Brooke Butler) et Mitch (Mitchel Musso) sont dans la loge du maître-nageur, Jonah (Dean Geyer) le petit-ami de Kaylee est dans une voiture accompagné de Chanda (Meagan Holder), et d'un couple d'amis à l'arrière du véhicule, Vance et Ronnie, tandis que Gilbert (Cleo Berry) est coincé dans une poubelle. Or des autres compagnons de la soirée, il ne reste plus que leurs sacs de couchage vides. A son réveil, Kaylee aperçoit sur la plage une mouette qui se fait happer par le sable...
   
 

Premier film réalisé par Isaac Gabaeff, en parallèle d'une carrière plus alimentaire en qualité d'accessoiriste et d'ensemblier depuis une quinzaine d'années pour le cinéma et la télévision, The Sand s'écarte peu, on l'aura très vite compris, des direct-to-videos au budget famélique et autres téléfilms produits au hasard par SyFy. Tourné en une dizaine de jours, le long métrage conforte au contraire la première impression d'avoir affaire à un piètre ersatz horrifique. Dernière progéniture abâtardie d'une série de films mettant en scène la menace sableuse, du Blood Beach précité à l'hybride Sand Sharks avec le supra has-been Corin Nemec, le scénario évoque également le segment intitulé The Raft dans la séquelle Creepshow 2, d'après une nouvelle de Stephen King, où des jeunes étaient prisonniers d'un radeau au prise avec une nappe de pétrole tueuse. En remplaçant l'eau par du sable, le duo de scénaristes Alex Greenfield et Ben Powell pensaient sans doute faire preuve d'originalité, l'absurdité des situations pouvant à raison convoquer un semblant de nouveauté. Las.

 

Avec ses personnages de têtes à claque interdits de toucher le sable sous peine de finir boulottés par une mystérieuse et invisible créature, ce huis-clos plagier d'un nouveau genre se résume dès lors aux piètres tentatives de ces beaux jeunes gens (moins Gilbert, on y vient) à poser sur le sable bouts de bois, planche de surf et autre canot pneumatique afin de fuir cette plage maudite. Des scènes qui mettront les nerfs du spectateur à rude épreuve, soyez-en assuré, ou pas, tant la réalisation de Gabaeff et le surjeu des acteurs distillent davantage le rire nerveux que l'effroi. Quant à Gilbert, non content d'avoir un sexe masculin dessiné sur la joue gauche, sa forte corpulence l'empêche de quitter le bidon dans lequel il est coincé. Bref, à l'instar de Marsha, première victime matinale, dont l'unique et rédhibitoire défaut aura été d'être blonde et topless, gras double est condamné à servir de repas à la bestiole.

Portons néanmoins au crédit des scénaristes susnommés un duo inédit de scream queens, personnifié par Kaylee et Chanda, ou quand la petite-amie trompée et la maîtresse font acte de bravoure pour sauver leur surfeur chéri, blessé à l'abdomen par les venimeuses tentacules de la bête. Émouvant. Moins bouleversant, mais tout aussi prenante, la bande originale signée par l'anonyme Vincent Gillioz est un condensé de musique exagérément dramatique - on ose imaginer le rendu si l'homme avait eu les moyens de son ambition.  

 

Effets spéciaux numériques bon marché, acteurs inconnus à l'exception de Jamie Kennedy (1), dont le seul fait de gloire est d'avoir interprété le nerd Randy dans Scream, dans le rôle d'un policier obtus, menace sableuse réduite à sa plus ridicule expression (2), The Sand ne manque pas d'arguments déviants (3) sans toutefois dépasser le cadre de l'anecdotique. Dommage. Reste ces croquignolesques scènes d'équilibristes en bikini.

En bonus : Quelques gifs du film sur notre tumblr.

Verdict du Nanarotron :




The Sand | 2015 | 84 min
Réalisation : Isaac Gabaeff
Scénario : Alex Greenfield & Ben Powell 
Avec : Brooke Butler, Jamie Kennedy, Mitchel Musso, Dean Geyer, Meagan Holder, Cleo Berry, Cynthia Murell
Musique : Vincent Gillioz
Directeur de la photographie : Matt Wise
Montage : Sean Puglisi
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(1) Les anciens fans d'Hannah Montana et autres produits Disney seront heureux d'apprendre la présence du dénommé Mitchel Musso après ses déboires éthyliques de 2011.

(2) Il faudra véritablement attendre les dix dernières minutes pour voir apparaitre les vraies tentacules de ce qui ressemble au croisement d'une méduse et d'une pieuvre.

(3) Comme écrit plus haut, il faudra par contre se contenter de jeunes femmes en bikini, le quota « plan nichon » ayant été rapidement épuisé après la mort de miss Marsha. 

2 commentaires:

  1. Bon, à cause sans doute d'un moment d'égarement, pour ma part, j'ai bien aimé ce euh film d'horreur... Et non les Scream Queen version 2015 ne surjouent pas mais sont très impliquées par leur rôle ^^

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