Le Lac des morts-vivants - J. A. Lazer (1981) : la Wehrmacht prend son bain dans la mare aux canards

Dans la série des films appartenant au patrimoine français du cinéma bis, intéressons nous à une œuvre produite par Marius Lesoeur et sa société Eurociné, le terrible, l'angoissant mais ô combien émoustillant... Lac des morts vivants.

Comme souvent avec ce genre film, il est bon, en avant propos, de jeter un léger coup d'œil sur l'affiche du Lac des morts vivants. Soit, un verdâtre zombie lubrique au casque non moins luisant examinant avec gourmandise une jolie blonde en bikini qui, contrairement au patronyme de ce long métrage signé par un mystérieux J.A. Lazer, semble plus faire trempette dans une mare crapoteuse que dans un lac. Dont acte.

Le Lac des morts vivants, en plus de se traîner la réputation d'être l'un des plus mauvais films français de tous les temps (on y reviendra...), est aussi et surtout une production Eurociné, compagnie reconnue pour l'anémie abyssale des budgets alloués à ses propres productions (mais qui ne remet pas en cause l'amour du cinéma de Marius Lesoeur... étonnant, non ?). Remplaçant au pied levé un Jess Franco brouillé (momentanément) avec Eurociné [1], Jean Rollin annule ses vacances en catastrophe et reprends la réalisation du bébé. Film de commande, expliquant l'utilisation du pseudonyme J.A. Lazer par Rollin, ce film de zombies vert de gris est par conséquent bien éloigné de sa thématique vampirique. Alors pourquoi devrions-nous perdre notre temps quant au visionnage d'une telle œuvre de basse extraction ? Plusieurs réponses viennent rapidement à l'esprit...

Muchas Gracias Kyuss

En novembre 2000, Elektra Records eu l'idée de sortir un supposé florilège de Kyuss au nom évocateur Muchas Gracias: The Best of Kyuss... supposé car il s'agit surtout plus d'une compilation que d'un greatest hits (notez que la motion hits aurait été amusante, eut égard aux chiffres de vente des précédents albums de nos californiens... encore que 4AD a bien sorti ironiquement une compilation intitulée Hits pour The Birthday Party...). De prime abord, difficile de ne pas froncer les sourcils à l'évocation de la sortie d'un best of... qui plus est lorsque le dit groupe n'a en son actif que quatre LPs. Elektra Records souhaiterait-elle surfer sur le petit buzz qui régnait autour de Kyuss, comme géniteur du style stoner rock?

A vrai dire, même si le premier des capitalistes vous avouera qu'un petit profit reste un profit, les ventes de Muchas Gracias: The Best of Kyuss n'ont pas dû atteindre non plus des sommets... Et pourquoi me direz-vous? On a beau distiller un suspense digne des plus belles productions de la Cannon, il convient d'éclaircir la situation.

Cannibal Holocaust - Ruggero Deodato: Le voyeurisme à la sauce cannibale

Réputé pour être le film le plus censuré de l'histoire, Cannibal Holocaust pourrait se résumer par cette liste : des cannibales, une empalée, des viols, quelques animaux tués, un éjaculateur précoce et une émasculation. Le film s'ouvre par une vidéo nous présentant une équipe de télévision partie faire un documentaire en Amazonie à la recherche de tribus cannibales : Alan Yates le réalisateur, Faye Daniels la scripte et compagne de Yates ainsi que Jack Anders et Mark Tomaso cameramen. Cannibal Holocaust se divise dès lors en deux parties distinctes, la recherche de l'équipe de télévision disparue deux mois plus tôt, et le visionnage du documentaire tourné par Yates and co. Dans un premier temps, nous suivons donc les pérégrinations du professeur Monroe, pistant les traces de l'ancienne équipe en faisant connaissance avec les indiens Yacumo. Puis avec l'aide de ces derniers, Monroe et ses compagnons s'enfoncent encore un peu plus dans l'enfer vert pour rencontrer les fameuses tribus anthropophages, les Yanomamos et les Shamataris. Monroe réussit à gagner la confiance des Yanomamos et récupère les bobines de Yates après avoir découvert, plus tôt, un sanctuaire composé des ossements de l'ancienne équipe. De retour à New-York, Monroe est contacté par la société de production qui finançait Yates pour servir de caution à une future émission télévisée, où serait montré un documentaire basé sur les rushs de Yates, et ainsi comprendre ce qui a bien pu arriver aux quatre reporters plein d'avenir. Monroe donne son aval à la seule condition de pouvoir visionner les rushs de l'expédition, voici donc la seconde partie de Cannibal Holocaust.

(No Fun) House

Comme laissait supposer le titre du précédent post, on embraye de nouveau pour un hommage posthume, cette fois ci encore avec un cran de retard. Avant d'apprendre un soir la mort du guitariste des Stooges, Ron Asheton, je m'enorgueillissais d'avoir trouvé numériquement le fameux coffret The Complete Fun House Sessions. Objet de collection (encore que vous allez me dire en format numérique on peut émettre quelques soupçons sur l'aspect collector de la chose...), ce coffret regroupe comme son nom l'indique l'intégralité des sessions d'un des plus fabuleux albums du siècle dernier : Fun House (j'assume de nouveau le superlatif, à la question grotesque : quels sont vos 5 albums fétiches, ce dernier en fait parti, haut la main !).

Avant de commencer à s'intéresser à l'objet du délit, quelques mots sur ce que j'ai pu lire dans les hommages "vibrants" quant à la mort de papy Asheton (ça sera relativement bref (donc pas vraiment en fait...), d'une utilité certes toute relative, mais il est bon de se rappeler qu'un blog reste un billet d'humeur assurément subjectif...). Ainsi lorsqu'on veut rendre hommage à Ron Asheton, il me parait assez difficile de ne retenir que Raw Power comme j'ai pu le voir ici ou là... sachant qu'à cette époque Iggy Pop n'était que le seul maître à bord (les Stooges étant déclarés cliniquement morts pour rappel), ce dernier décida de prendre comme guitariste un certain James Williamson, histoire de remettre la machine en route. Ron et Scott Asheton devaient ainsi prendre le train en marche, leur présence pour l'enregistrement de Raw Power sur les terres de la Perfide Albion sous la férule de David Bowie ne tenant qu'à un fil si l'on en croit les deux frangins...

Fred is dead (in waiting for Ron...)

Décidé à prendre mon temps (si si, je vous assure... à force de réagir en temps réel à l'information et balancer illico des nécros, j'ai l'impression de ressembler de plus en plus à un charognard...), voici plus d'une semaine après son décès, un petit hommage au regretté Freddie Hubbard (me permettant par la même occasion de glisser une petite référence à Curtis Mayfield et son Superfly...), sans doute le dernier des grands trompettistes du siècle dernier.

On a trop souvent à tort de glorifier ou de jouer des superlatifs lorsqu'un artiste vient juste de s'éteindre (qui vous est cher (ou non... mais c'est un autre débat...)). Pourtant Freddie Hubbard n'usurpe pas le superlatif usé plus haut. Difficile de marquer les esprits lorsque vos pairs s'appellent Dizzie Gillespie ou Miles Davis, et pourtant le parcours de Hubbard, même s'il est loin d'être parfait (les 70's et 80's étant inégales...), indique une bonne dose de talent à la vue de ses premières années en tant que sideman.