Stoner le monde est stoner

On finit la semaine par un groupe de rock’n’roll (en même temps cette semaine y’en avait que pour le rock pourrait me rétorquer le jazz ou le rap fan) qui sent bon la bière (ou le whisky au choix) et les 70’s.

Oui encore un cliché...

Après avoir fait parti du groupe culte archi-culte (à savoir qui vend pas une galette mais qui va influencer une pléthore de groupes) Kyuss, le guitariste Josh Homme décide de former son groupe après la dissolution du dit groupe.

Alors quel nom choisir ? Bah ce brave gars voulait le nommer Gamma Ray, ne sachant pas que ce dernier était déjà pris par des teutons. Bon ça parait drôle sur le moment que le père Homme ne savait pas que c’était déjà pris, mais on lui en voudra pas, car bon, faut l’avouer, le groupe de Kai Hansen, à part les amateurs de Heavy speed (hein papy D.) qui s’en soucie ?

Donc il faut choisir un autre nom ! Et là, notre Homme se souvient de la réplique de son ancien producteur époque Kyuss, qui justement les avaient nommés les reines de l’âge de pierre, en rapport à leur musique très teintes 70’s. Ni une, ni deux, le groupe se nommera désormais Queens of the stone age !

Oui mais ça ressemble à quoi alors ce groupe ? C’est dans la continuité de ce que pouvait produire Kyuss mais en plus rock’n’roll encore, donc un revival heavy metal/rock 70’s avec un groove omniprésent. Du bon rock’n’roll des chaumières quoi !

Alors ils inventent rien, c’est sur, mais ça fait du bien. Et puis, chose appréciable, au niveau du chant, on est a cent lieux des chanteurs de heavy rock qui poussent dans les aigues à s’en faire péter les cordes vocales, encore un bon point. Car en ce qui concerne ce registre, le chanteur de heavy rock (ou de rock finalement) absolu reste Robert Plant, et bonjour le nombre de pécors qui tentèrent de l’imiter, insupportable...

Manchester via NYC

Vingt longues années il aura fallu attendre pour avoir une véritable filiation au Ian Curtis band. Morbleu ! Oui mais finalement ça a valu le coup d’attendre. Et puis, j’ai rien attendu du tout personnellement, puisque j’ai découvert Joy Division sur le tard, na !

Bon après ces quelques digressions infantiles, occupons nous donc du groupe Interpol. Ces derniers se sont formés en 98 à New York, et officie donc dans un rock indie teinté d’ambiances brumeuses made in England. C’est d’ailleurs étonnant que ça nous vienne de NYC, comme quoi, l’adage nul n’est prophète dans son pays... Faut dire qu’après quarante ans de beatlesmania la perfide Albion n’en est pas encore vaccinée, alors bon, qu’un groupe anglais s’intéresse véritablement au répertoire du GROUPE mancunien. On préfère toujours surfer sur le succès des fab four, soit... du coup aujourd’hui si on parle de Manchester, on pense à qui?... Oasis (voir les Stones Roses pour les plus vieux)! Tiens on retourne aux Beatles, étonnant, non ?

Et alors Interpol, me direz vous ? Ils ont eu l’intelligence d’avoir en point de mire Joy Division mais tout en allant de l’avant. De toute façon, à quoi bon rendre un copier coller avec un chanteur qui tenterait d’imiter Ian Curtis ? Le groupe suit donc une évolution qu’aurait pu suivre le groupe mancunien après Unknown Pleasure (le 1er Joy Division), à savoir un rock nerveux teinté de spleen.

James Murphy band

Est-ce parce que j’ai commencé à écouter des groupes qui n’étaient pas à la mode, voir conspués par les journaux plus ou moins branchés? Toujours est il, que les groupes ou artistes qui apparaissent comme par enchantement dans la presse et sont vite montés en épingle, je m’en méfie...au risque de passer pour un vieux con ? Alors je préférais qu’on me traite de con tout court car je l’étais déjà à l’adolescence ! Et puis faudrait alors définir la notion de vieux con : est-ce un jeune con qui a vieilli ou la connerie viendrait en vieillissant ? Ou un peu des deux...

Donc y’a quelques temps, Les Inrocks, mais d’autres aussi je pense, étaient tout émoustillés à l’écoute du groupe LCD Soundsystem (d’ailleurs il me semble qu’ils leur faillent pas grand-chose à ces derniers)? Pourquoi donc ? A vrai dire, à part rappeler les jeunes années de ces quarantenaires, on peut se demander...

J’exagère forcement, comme toujours, ce groupe est pas si mal que ça en fait, disons qu’il recycle pas mal de bonnes idées issues des années 80 (j’ai beau me gausser de cette décennie, y’a quand même quelques bons trucs...), à savoir le rock dansant genre Talking Heads ou New Order voir même le Brian Eno des années 70, le tout avec une production moderne. Bon maintenant, bien que ça reste plaisant à l’écoute, on peut pas s’empêcher de se demander si ça vaut tout ce pataquès ? Je vous laisse juge, après ça dépend aussi de la sensibilité de chacun, surtout en matière de recyclage musical, la subjectivité est de mise.

The glam’s not dead

Marc Bolan, David Bowie et Roxy Music ou la sainte trinité de la musique glam ? Difficile après de tels noms de rester dans le même sillage et de vouloir leur rendre hommage une fois le mouvement éteint. Du coup quand on voit le pseudo-revival glam apparu dans mes chères années 80 aux Etats-Unis, on pouffe ! A croire que le glam se réduisait qu’à des costumes flashy qui font mal aux yeux ! Pouah ! Dès lors, on a droit à des castrats accompagnés par des zicos emperlousés se la jouant rebelles en faisant du Hard FM... Des noms ? Oh les plus connus sont Motley Crue, Poison (mais le mieux reste le KISS de ces annees la, pire que la décennie précédente, si c'est possible)... C’est sur, c’était pas du glam pur et dur, mais ils s’en réclamaient tout de même ces salauds et donc ça fait mal quand même.

Triple buse ! Le glam c’est la décadence, aussi bien vestimentaire que musicale ! Ecoutez le piano sur le titre éponyme de l’album de Bowie Aladdin Sane.

Mais comme la mode est un éternel recommencement, on a toujours droit à un retour de boomerang. Et ça nous revient des USA et de San Diego! Oui mais cette fois ci, la recette a été assimilée, et puis y’a pas de véritable revival, c’est juste un groupe qui se fait plaisir à jouer du glam tendance garage. Louis XIV nous joue donc un glam rock honnête directement sorti de l’Angleterre des années 70, pas original pour un sou, mais ça reste efficace et plaisant. Cependant au niveau look, ils ont quand même eu la décence de ne pas afficher un look 100% glam, pas de paillettes donc, faut pas déconner quand même.

Tyrell Corp

Cette semaine, j’entame une série, “on a rien inventé, mais on fait de notre mieux”.
Et comme en général, le lundi, on défouraille, je me suis dit, tiens et si je mettais un peu de métal industriel ? Encore ! Bah oui...
Sacré Rob Zombie, non contant de jouer les freaks, le bonhomme s’est toujours fait le chantre d’une certaine contre-culture, celle des films gores, le bon film de série B qui tache lorgnant vers le Z. En plus, monsieur Rob s’est désormais émancipé, et non content d’avoir une carrière de musicien, ce dernier se la joue réalisateur avec deux longs métrages à son compteur, et un remake du film de Carpenter Halloween en préparation.
Mais avant de tourner « approche un peu que je t’éventre » et d'entamer une carriere solo, Zombie avait son groupe, White Zombie où justement il s’amusait à incorporer sa passion pour Black Sabbath et les films d’horreur. Alors, musicalement, il invente rien, il repique les idées d’un Ministry, rythmiques répétitives, batterie marteau-pillon avec en prime une bonne doses de samples issus de films. N’empêche, c’est plutôt bien fait, et puis en live, on a droit un vrai cirque Barnum dans la grande tradition rock’n’roll freak show.
Alors que demande le peuple ?

paillard

Pour finir sur la thématique hebdomadaire, une p'tite chanson paillarde sympathoche: societe de biroute, avec les paroles ci joint.

on vient d'fonder une société,on vient d'fonder une société , une société ou sont admis tous les jeunes gens de 18 à 60 ans , de 18 à 60 ans , suffit d'avoir une belle birou ou te , la la la la

refrain: danser , voltiger les biroutes ah c'qu'on est heureux , c'qu'on est heureux , c'qu'on est heureux , ah quel plaisir d'avoir une belle biroute , ah quel plaisir de pouvoir s'en servir avec un verre d'une main sur les rou ou tes

ya rien plus beau qu 'une biroute vas y.

si l'president vient à s'marier si l'président viens à s'marier , viens à s'marier on ira tous à son mariage avec une boite de cirage , avec une boite de cirage , on lui noircira sa birou ou te, la la la la

refrain.

tu la connais la bibite au président. S' il président devient papa , s' il président devient papa , devient papa , a sa fille on achétera une biroute en chocolat , une biroute en chocolat, elle saura sucer les birou ou tes , la la la la

refrain.

et quand l'un d'eux nous mourrira , et quand l'un d'eux nous mourrira , nous mourrira , on ira tous à l'enterrement avec une biroute à ch'main , on f''ras pleurer toutes nos birou ou te , la la la la

refrain

couplet patriotique, sortez les biroutes de l'étui et mettez les au bout du fusil , s'il vous plait.
et si jamais il vient la guerre , et si jamais il vient la guerre , il vient la guerre , nous serons tous à la frontiere avec nos biroutes en l'air , avec nos biroutes en l'air , on f'ras décharger nos birou ou tes , la la la la

refrain


societe de biroute

Shiny boots of leather (ou le Lou reed du mois)

Ah bah, on s’y attendait pas à celle la ! Evidemment après un « I wanna be your dog », fallait bien que je revienne à la source. Et donc, je m’occupe de l’un de mes morceaux préférés du Velvet. La première ode du sadomasochisme du rock ! Ah ça va sentir la sueur, le cuir et le fouet ! Ça a quand même plus de gueule que les ritournelles de Liverpool, « love me do... », pouah ! C’est pas non plus le même public qui est visé, je vous l’accorde, mais c’est la même époque, puisque cette comptine fut composée en ‘65 !

Ah, « kiss the boot of shiny, shiny leather », «Strike, dear mistress, and cure his heart», on comprend d’ou vient l’inspiration d’un “je veux être ton toutou”.

Comme je le soulignais mercredi, avec ce genre de propos, on fait parti des ovnis musicaux des années 60. En pleine période hippie, des blanc becs vêtus de noir, avec lunettes teintés portées en toute circonstance, ayant pour propos la dope (dure ça va s’en dire), le sadomasochisme, et qui passent pour des terroristes sonores (merci LaMonte Young au passage), on est à cent lieux de la scène de San Francisco.

Oh mais n’y voyez pas de condescendance de ma part pour cette scène non plus, mais le seul problème c’est que la scène de San Francisco n’a pas survécu, n’a pas su se renouveler et est morte avec le mouvement hippie. Or justement, le Velvet, n’étant affilié à aucun mouvement a réussi à insuffler quelque chose de nouveau à NY (qui paradoxalement était plutôt reconnu pour le free jazz (ça ok) mais aussi pour son folk ?!) et a été ainsi les instigateurs d’une nouvelle scène rock made in NYC.

Pour revenir au morceau, en plus de se faire les chantres du « vas y fouette moi maîtresse, j’ai été très très méchant... » au niveau des paroles, on notera qu’il en va de même pour le violon alto du gallois John cale, car apprécier les stridences de son instrument si c’est pas du sadomasochisme, qu’est ce donc ? Expérience cathartique, il me semble.

La turlute

J’en parlais hier, voici donc le Kid de Minneapolis. Parmi les différentes solutions pour faire son trou dans la musique et faire parler de soi, la provocation reste celle qui à défaut de vous faire durer (sauf si talent), permet en tout cas de tourner les projos sur soi.

Et finalement, les deux termes porteurs restent la religion ou le sexe. Dans le premier cas, on l’a vu par exemple dans les années 90 avec Marilyn Manson, et dans le second cas, celui qui nous intéresse Prince reste un bon exemple.

C’est donc avec son troisième album, Dirty Mind, que les choses vont s’accélérer pour le futur nain pourpre. Alors quid ? Déjà, vous prenez une pochette, ma foi, très limite : un Prince en slip, et pour le coup un petit clin d’oeil au public gay. Et puis vous rajoutez une bonne louche de paroles cochonnes bien crues. Musicalement ? Et bien, en général, la provo sert à cacher un vide, pas dans ce cas, car le Kid réussit à mixer le funk du sieur Clinton aux sonorités froides d’un Kraftwerk, surfant sur une new-wave naissante.

Je veux être ton toutou

Bon on continue dans le registre du sexe déviant (enfin pour le péquin moyen). Lou Reed fut le messie, the Stooges (ou plutot Iggy) furent les apôtres. Bien que ce soit un peu gratuit de sortir ce genre d’expression à l’emporte pièces, on peut pas s’empêcher de penser quand même que le Velvet a permis d’ouvrir une extravagance dans le langage rock, et ma foi plus intéressant que le relent Peace and Love, fleurs dans les cheveux et imprimées sur les chemises avec quelques effluves de patchouli en prime. J’oublie pas non plus l’influence qu’a eu Jim Morrison sur notre cher Iguane, mais dans le cas qui nous intéresse, la première source d’inspiration reste tout de même l’affreux jojo Lou.

C’est donc en 1969, que sort le 1er méfait des Stooges, bande de losers, jeunes paumés et accros aux paradis artificiels. Et parmi les différents titres cultes de cette joyeuse galette, se trouve donc un hymne, moins intellectualisé qu’une « venus en fourrure », plus direct en somme.

On note aussi en plus du terme abordé, l’importance du son de guitare, très abrasif (pour l’époque). Le père Iggy voulait un son qui lui rappelle l’époque où il bossait à la chaîne, un son industriel en somme (tiens ça vous rappelle rien ?).

En prime, une petite cover plutôt sympathoche de la petite française Emilie Simon, qui n’est pas sans rappeler les salaceries du Kid de Minneapolis. Quoi de mieux que des mélodies sucrées pour dire des cochonneries ? Sauf que cette fois ci, nous sommes dans un registre plus électro, faut vivre avec son temps.

“I want to feel you from the inside…

…I want to fuck you like an animal”. Y’a pas a dire, il a le sens de la formule le père Trent Reznor.

Apres un EP, Broken, qui déjà annonçait le virage guitares métalliques, ambiance malsaine (Happiness in slavery et son clip dantesque), voici donc en 1994, œuvre ultime de Trent Reznor, The downward spiral. A la différence d’un Ministry, NIN sait se faire plus séduisant, moins brut de décoffrage, mais au final, le propos reste le même : sombre, torture, indus, métallique. Et puis contrairement à Al Jourgensen, les paroles du Trent sont plus focalisées sur les rapports humains, l’autodestruction, et plus sexuées aussi.

Il est aussi intéressant de noter que Marylin Manson doit son succès au père Trent, qui a supervisé l’enregistrement de son fameux Antichrist Superstar. Et à cette époque donc, mi-90’s, le rock indus devient dès lors vachement à la mode aux USA, étonnant non?

Deuil

En attendant que le site sharebigfile veuille bien ne plus ramer, un p'tit post hommage a un quelqu'un qui est mort, snif, encore un grand qui s'en va...
Mon cher Augusto, ces fumiers d'Allende (enfin ce qu'il en reste et puis un socialiste élu démocratiquement, quelle horreur!) et autres cochons de démocrates n'auront pas le procès que soi disant tu méritais...
RIP Pinochet, mon enfant (comme disait Pierrot, dans Pinochet y'a "hochet"...), gentil président et pas dictateur, pfff, la médisance...
J'espere que la CIA déposera une petite gerbe à ton enterrement.

PS: en remerciant les comm' qui ne comprennent rien au cynisme et à l'humour noir

Sex, sex, sex!

Mike Patton… dire que c’est la première fois que j’en parle dans ce blog, fichtre!

On retiendra surtout son poste de chanteur dans le groupe de fusion Faith No More, et pourtant son premier véritable groupe fut Mr Bungle. Un groupe de doux dingues !

Le groupe est formé par une bande de lycéens en 1985, ces derniers officiant dans une espèce de thrash/death metal primaire mais déjà à la sauce second degré, voir le nom de leur 1ere demo de 86, Raging Wrath of the Easter Bunny, et des titres frais comme Anarchy Up Your Anus, tout un programme...

Au fil des années, le groupe va développer leur concept de musique à la fois barrée et à la fois comique, rappelant fortement que ces petits gars ont du pas mal écouter Franck Zappa (tiens lui aussi, je m’en suis pas encore occupé ! va falloir que je me penche dessus...). Mais à la différence du génial moustachu, Mr Bungle garde des racines metal, même si ces dernières s’estomperont au fil du temps (leur dernier album California).

En 1991, sort donc leur premier album éponyme produit par un autre siphonné du bocal, John Zorn. A vrai dire, là aussi, c’est un sacre ovni musical...on passe d’un thrash à de la musique de cirque, limite fanfare, des vocaux rap...et tout ça dans un même morceau, des cinglés donc.

A noter qu’il serait dommage de résumer Mr Bungle à la seule présence du génial vocaliste, car Trey Spruance (guitare), Trevor Dunn (basse) et Danny Heifetz (batterie) ont autant une place importante dans le processus créatif du groupe. D’ailleurs, parallèlement à l’aventure, Patton étant décidément trop dispersé (un nombre de projets...), ces derniers formèrent Secret Chiefs 3.

Dédé et le gros

Et bien non, je ne finirais pas cette semaine spéciale duo par les White Stripes ou leurs cousins les Black Keys ! Pour la simple bonne raison, que je trouve ça loin d’être transcendant. Encore que pour le groupe rouge et blanc, je concède avoir un faible pour le morceau Seven Nation Army et son riff imparable. Non aujourd’hui, je vais mettre un peu de rap, ça faisait quelque temps que j’en avais pas mis.

Donc Outkast, duo du sud des USA, formé par Andre 3000 (anciennement Dre, les rappeurs et leurs pseudos...) et Big Boi. A vrai dire pour moi, Stankonia est leur dernier album, en tant que duo, car après... chacun fera son truc de son côté, pour le double album suivant Speakerboxxx/The Love Below, chacun aura droit à son album... Et puis le dernier, la BO de leur film (nanar ?) Idlewild, c’est pareil... c’est même plus fort car maintenant Andre 3000 veut même plus tourner, du coup Big Boi se retrouve tout seul... risible.

Enfin bon, en 2000, ils nous pondent un très bon album, encore un exemple qui montre que musicalité et rap peuvent très bien se côtoyer, et ne se limite pas au pompage de tubes anciens (60’s ou 80’s, la palme revenant à P. Diddy et son bon goût pour les tubes ringards des 80’s...), d’étalage de viandes plus ou moins fraîches emballées avec quelques guns et autres grosses vrooom vroom.

Et puis à l’époque, ils se prenaient pas encore trop au sérieux, incorporant quelques interludes plus ou moins comiques entre les morceaux, ce qui étonnement ne gâche en rien la cohésion de l’album.

Trane et Rashied

Ah bah y’avait longtemps que j’avais écrit quelque chose sur Trane ! C’est vrai que dans le jazz, les duos sont pas légions, aussi nombreux que le nombre de doigts d’un lépreux manchot. Mais cette musique s’accorde difficilement aussi avec cet exercice.

Cependant le mystique JC, rien ne l’arrêtait dans sa course effrénée vers sa quête mystico-musicale. Interstellar Space fut donc enregistré quelques mois avant sa mort avec son batteur de l’époque Rashied Ali en 1967. Oui car, en 1965, Elvin a quitté le navire, à la fois ne supportant pas d’être secondé par un autre batteur (l’album Meditation de Trane comporte deux batteurs !), et commençant à être aussi gentiment largué, comprenant de moins en moins la quête de JC. Il faut dire que le jeu d’Elvin était encore teinté d’un certain « académisme » jazz, à savoir le swing. Chez Ali, on est au delà de la polyrythmie cher à Elvin, son jeu est plus dispersé, irrégulier collant parfaitement avec le jusqu’au boutisme de son leader.

Alors, et cet album ! Comme les derniers Trane, c’est une expérience sonore ! A la fois abstrait et intense. A l’origine, les 4 titres proposés sont les noms de planètes du système solaire, et c’est vrai qu’on va très loin ! Trane montre une fois de plus ses qualités techniques et son génie d’improvisateur, un être UNIQUE.

La danse du macchabée

Justement hier je parlais de Lisa Gerrard, et bien aujourd’hui c’est Dead can dance, le groupe de la miss et de Brendan Perry. Voila un groupe qui réconcilie avec les années synthétiques, les années 80 donc ; ou comment se servir des synthés intelligemment ! Et oui, ça existe !

En 1987, sort leur troisième album et aussi leur premier chef d'œuvre, Within the Realm of a Dying Sun. Un album dont les corbeaux s’en remettront difficilement. Ambiance gothique, sombre, triste aidée par l’apport d’un quatuor à cordes et autres cuivres. Bien que musicalement ce soit plus ou moins éloigné, et surtout moins étouffant et suicidaire, je trouve quelques similitudes avec l’album de Nico, Desertshore, au niveau des ambiances en particulier. Comme quoi, elle et Cale n’étaient pas du tout en avance sur leur temps... Et puis, la voix lumineuse de Lisa Gerrard ne ressemble pas du tout à l’ex-Femme fatale.

Sinon pour ceux qui ne connaissent que Enya et Enigma, vous pouvez passer votre chemin, on joue pas dans la même catégorie ici

Alisson et Will Gregory

Apres un sujet polémique, passons à quelque chose de plus léger, et plus dansant, ce qui change sur ce blog !

Je pouvais mettre un morceau du premier album, qui paradoxalement fut le moins populaire, mais qui collerait le mieux avec l’ambiance de ce site. En effet, Felt Mountain, sorti en 2000 est un savant mélange entre un Portishead et une bande originale de film servie par Ennio Morricone ou John Barry. De plus à la différence de Beth Gibbons, Alisson Goldfrapp n’a pas du tout le même timbre de voix, à la fois plus grave, pas jazzy et par moment lorgnant vers une Lisa Gerrard (en moins guindée).

Oui mais en préambule, j’ai parle de musique dansante ? J’y viens. Justement, à part un succès d’estime au près des critiques, le duo décide de changer de style et de virer plus électro et moins trip-hop sur Black Cherry. Oh la ! Ils ont cédé à la facilité, au sirène de la musique pop !! Vendus, salauds ! Oui certains le pensent, moi pas. Effectivement, la musique est plus facile d’accès, mais delà à parler de musique putassière, faut pas exagérer ; d’autant plus qu’ils n’ont pas totalement tiré un trait sur les caractéristiques de leur premier album. Plus dansant oui, mais aussi plus provocant, et plus accrocheur donc.

Pas de polémique...

Voici donc le duo le plus connu du black metal, Nocturno Culto et Fenriz, en tout cas le plus culte. Les spécialistes des productions foireuses, des disques enregistrés dans une cave avec un son de batterie proche de la casserole (ça doit venir de là d’ailleurs l’expression « une batterie de casseroles »). N’empêche, le son est crade, mal produit, mais c’est voulu !!

Et c’est vrai que la transcription d’une musique malsaine passe très bien par ce genre de production. Mais finalement, le sujet de ce post n’est pas tant l’aspect musical de la chose. Faut savoir que ces petits malins, au dos de ce disque, Transilvania Hunger, ont posé la mention « Black Metal Aryen et Norvégien »...

Alors parmi les explications, il parait que c’est courant en Norvège d’utiliser le terme aryen, et c’est vrai que s’il n'y avait pas eu la Shoah, on se poserait même pas cette question. Mais même s’il faut prendre ça au second degré, c’est vraiment dommageable. Faut pas s’étonner après que des crétins téléphages fassent l’amalgame entre les fachos et les amateurs de musique extrême. Alors sont ils fachos ou pas ? Je pense pas, mais c’est plus que maladroit d’utiliser ce genre de terme, ou comment tendre le bâton pour se faire battre... et de toute façon y’aura toujours cette ambiguïté.

Bon maintenant, c’est pas parce qu’on aime Wagner qu’ont doit être antisémite, mais par moment avant d’utiliser de tel terme, y’en a qui ferai mieux de réfléchir avant !
Sinon musicalement, malsain il est ce disque. Ce que finalement voulait retranscrire cette fumeuse mention ?

Pour Philippe

Pour clôturer cette semaine spéciale « fromage qui pue », voici quelqu’un qui ne laisse pas indifférent : Bashung. Ce qui est assez attachant chez ce personnage, c’est que sa discographie, bien qu’inégale, reflète quelqu’un qui est continûment a la recherche de soi-même.

Car artistiquement, il a quand même pas mal de casserole. Il a commencé fin ‘60 comme chanteur pour midinette, puis est passé par la comédie musicale, et est devenu l’agent de Dick Rivers... déjà là, c’est pas très engageant...

Mais comme bon nombre d’artistes, ce dernier a eu un choc, le post-punk, et de voir des artistes comme Joy division ou Wire, à défaut de l’inspirer directement, lui on donne une ligne de conduite, qui sera plus ou moins suivi.

Je passe sur ces premiers succès c’est pas ce qui m’intéresse, mais justement c’est l’après. En fait, il a toujours essayé de faire le grand écart entre le succès public et un aspect plus intimiste, plus casse-gueule aussi. Après, les tubes Vertige de l’amour ou Gaby, il pouvait continuer facile à aligner les chansons inspirées à la fois par le pub rock et la new-wave naissante et remplies à ras bord de calembours made in Bergman. Mais justement, il décidé de s’adjoindre les services de Gainsbarre, pour son cultissime, Play blessures de 1982...Et ce fut un bouillon au niveau des ventes, en plus a côtoyer l’ami Serge, ça aide pas au niveau des problèmes d’alcool... La tournée de cet album fut à l’avenant d’après les échos, assez particulière, les gens voulant entendre les tubes, et lui leur balançait son album invendable. Pourtant, en lisant les paroles, il fallait aussi s’y attendre, Bashung faisant le deuil de lui-même, et de sa premiere période, « Je dédie cette angoisse à un chanteur disparu, Mort de soif dans le désert de Gaby... »

Faudra finalement attendre quelques années pour que cet album ait la reconnaissance qu’il mérite, car il fait vraiment tache par rapport au paysage musical français de l’époque, froid, poisseux, malsain. Et il annonce finalement les futures pépites noires que sont Novice ou L’imprudence.