Basket Case 2 & 3 - Frank Henenlotter (1990-1991)

Huit années après les premiers méfaits de la fratrie Bradley, et une relecture hallucinogène nommée Brain Damage sortie en 1988, Frank Henenlotter revenait aux affaires en signant coup sur coup, en ce début de décennie 90, l'épisode 2 et 3 de son film culte Basket Case. Disponibles en DVD et Blu-Ray le 7 septembre prochain, le troisième volet étant inédit en France, ces deux séquelles toujours produites par Edgar Ievins, en association désormais avec James Glickenhaus, confortent l'esprit originel, tout en lorgnant cette fois-ci davantage vers la comédie trash.

La fin du premier Basket Case, et son épilogue doublement tragique, le meurtre et le viol de Sharon par Belial, et la supposée mort des deux frères par défenestration, laissaient peu de place, pensait-on, à une quelconque suite. Erreur. Rescapés de leur chute, les frères Bradley, reconnus coupables de leurs crimes, s'échappent et trouvent refuge chez « mamie Ruth » dont la maison est devenue l'asile de créatures difformes à l'image de Belial. Personnage secondaire, et néanmoins central, des deux nouveaux épisodes, interprété par Annie Ross, mamie Ruth est loin d'être une protectrice de freaks disciple de la non violence. Gare aux vilains qui souhaiteraient faire du mal à ses chers protégés : dans l'épisode deux, une journaliste (Judy Grafe), travaillant pour un tabloïd, et dans l'épisode trois, un shérif et ses adjoints alléchés par la prime d'un million de dollars pour la capture des frères Bradley ; mamie Ruth a désormais un bras armé et vengeur nommé Belial, que ni l'amour dans Basket Case 2, ni la paternité dans le troisième volet, n'aura calmé son tempérament bouillant et destructeur. Ça va saigner. Quoique...

Cronico Ristretto : Le soldat Laforêt - Guy Cavagnac (1971)

Ofni passé inaperçu sur grand écran en 1974, Le soldat Laforêt de Guy Cavagnac sort pour la première fois en DVD le 7 septembre prochain. Restauré en Haute Définition à partir des négatifs originaux grâce au soutien de la cinémathèque de Toulouse, qui fut également à l'origine de la restauration de La Campagne de Cicéron produit par Guy Cavagnac en 1988, cet unique long métrage réalisé en 1970 par l'ancien assistant de Jean Renoir s'offre ainsi une nouvelle jeunesse. Dont acte.
 
Juin 1940. Le soldat Laforêt (Roger Van Hool) perd par mégarde son régiment au détour d'une route. Tentant de retrouver en vain ses camarades, le jeune homme se met à errer à travers la campagne Aveyronnaise. Son vagabondage l'amène dès lors à croiser toute une galerie de personnages singuliers dont la jolie Diane (Catherine Rouvel)...

Basket Case - Frank Henenlotter (1982)

Après un premier volet consacré de près (The Exterminator, Blue Jean Cop) et de loin (Maniac Cop, Le scorpion rouge) au réalisateur/producteur James Glickenhaus, Carlotta revient le 7 septembre prochain avec le second chapitre de leur Midnight Collection, cette fois-ci, entièrement dédié à l'œuvre de l'américain Frank Henenlotter [1], à savoir ses trois Basket Case, suivi de près par Frankenhooker. Auteur d'une série qui connaîtra donc deux séquelles au début de la décennie précédente, Frank Henenlotter signe à l'orée des années 80 avec Basket Case un premier film tout sauf anodin. Mieux, fort de son succès lors des séances de minuit new-yorkaises, et profitant par la suite de l'avènement de la VHS, celui qui devait rester cantonner aux productions bon marché des cinémas grindhouse de la 42ème rue de la Big Apple est devenu au fil du temps un classique du cinéma d'exploitation 80's. En un mot, culte.

Duane Bradley (Kevin Van Hentenryck) débarque à New York avec pour bagage un étrange panier en osier cadenassé. Une fois installé dans un hôtel miteux de Manhattan, le mystère autour de ce panier est dévoilé : il s'agit de Belial, ancien frère siamois de Duane, séparé de force quand ils n'avaient que douze ans par une équipe de médecins engagés par leur propre père. Difforme, communicant avec Duane par la pensée, et désormais libre, Belial n'a qu'une idée en tête, se venger des docteurs qui ont pratiqués l'opération…

Dickshark - Bill Zebub (2015)

Créateur au début des années 90 du fanzine metal The Grimoire of Exalted Deeds, le dénommé Bill Zebub est devenu au cours de la décennie suivante un des réalisateurs bis les plus prolifiques avec environ 3 à 4 sorties direct-to-video par an. Tout en continuant ses activités dans la musique, The Grimoire continue d'être publié, l'homme caché sous le pseudonyme Professor Dum Dum anime une émission sur une radio locale dans son New-Jersey natal, et publie en DVD depuis le bien nommé Metalheads en 2001 moult documentaires et interviews de ses groupes préférés (telle la série des Metal Retardation), Zebub s'est fait connaître par le contenu atypique de ses productions, mêlant mauvais goût et budget minimaliste, à l'instar d'une de ses premières productions, Jesus Christ: Serial Rapist [1] en 2004 (et réédité en 2011), narrant l'histoire d'un psychopathe, kidnappeur de jeunes femmes, amateur de bondage et se prenant pour le fils de dieu, premier volet d'une série de longs métrages mettant en scène de près ou de loin le dit nazaréen (Zombiechrist, Jesus the Daughter of God ou bien encore Jesus The Total Douchbag). 2015, comme à l'accoutumée, Zebub ne manque pas de projets, et celui que certains ont nommé le King of the B Movies (?!) réalise plusieurs parodies, Nightmare on Elmo's Street et le méfait qui nous intéresse : Dickshark, connu également sous le nom de Frankenshark

Un couple est sur le point de faire l'amour, quand l'homme décide d'appliquer sur son sexe une crème censée augmenter la taille de son appendice. Catastrophe. Si la taille de son pénis a bien augmenté, celui-ci a pris la forme d'un requin. Après plusieurs essais infructueux avec sa partenaire, l'homme rejoint par dépit la salle de bain, quand celui-ci est attaqué par son squale génital qui lui sectionne un doigt ! Alerté par son petit ami, la jeune femme sort son revolver et tire sur le requin qui se sépare de son compagnon, et plonge dans la cuvette des toilettes disparaissant à jamais. Du moins, le croyait-on... 

The Endless Summer - Bruce Brown (1966)

Documentaire emblématique de la culture surf outre-Atlantique, The Endless Summer ressort dans les salles françaises en version restaurée inédite ce mercredi 10 août après une première sortie hexagonale, on l'imagine forcément en catimini, il y a quarante-huit ans. Projet initié par un jeune californien passionné de surf, le dénommé Bruce Brown eut l'idée de suivre avec sa caméra 16 mm le voyage de deux compatriotes surfeurs à la recherche de la vague parfaite au cours d'un « été sans fin ». Munis de leur seul planche de surf, d'un maillot de bain, et d'un pansement au besoin, Robert August et Mike Hynson, 18 et 21 ans au début de l'aventure en hiver 1963, avaient pour destination l'Afrique, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Tahiti puis Hawaï.

Doté d'un budget de 50 000 dollars, Bruce Brown, déjà réalisateur de nombreux documentaires sur le surf depuis la fin des années 50 dont le séminal Slippery When Wet (1958), souhaitait cette fois-ci s'écarter de ses précédents films en quittant la côte Ouest des États-Unis. Songeant au départ tourner uniquement en Afrique du Sud (on y reviendra), Brown décida par la suite de prolonger cet « été sans fin » en Afrique subsaharienne (Sénégal, Ghana et Liberia) et en Océanie. Au final, 15 km de bobine aux images d'une rare beauté.

Un temps pour vivre, un temps pour mourir - Hou Hsiao-hsien (1985)

Poursuivant son cycle autobiographique, entamé deux années plus tôt avec Les garçons de Fengkuei, qui s'inspirait librement de son passé de délinquant, Hou Hsiao-hsien livre avec Un temps pour vivre, un temps pour mourir son oeuvre la plus personnelle. Second volet de sa trilogie dit du passage à l'âge adulte (débutée en 1984 avec Un été chez grand-père tiré des souvenirs de la romancière et scénariste Chu T'ien-wen), Un temps pour vivre est le film le plus intimement lié aux souvenirs du cinéaste, de l'exil de sa famille en 1948 aux décès successifs de ses parents à l'orée de sa majorité. Portrait d'une jeunesse taïwanaise aux parents déracinés, ce sixième long métrage est désormais de nouveau visible dans les salles de cinéma depuis le 3 août dernier.

1948, Ah-Hsiao, tout juste bébé, et sa famille quittent le Sud de la Chine alors en pleine guerre civile pour Taïwan, où le père a trouvé un poste d'enseignant. D'abord installés près de Taipei, ils déménagent à Fengshan, au Sud de l'île, où le climat est plus clément pour le père, asthmatique. Choyé par sa grand-mère qui ne perd pas espoir de pouvoir refouler un jour le sol continental, le petit garçon espiègle surnommé Ah-ha qu'il était à dix ans, se mue à l'adolescence en jeune homme taciturne et membre d'un gang...

Les garçons de Fengkuei - Hou Hsiao-hsien (1983)

Troisième film inédit dans le cadre de la rétrospective des œuvres de jeunesse de Hou Hsia-hsien, Les garçons de Fengkuei indique une nette rupture dans la filmographie du cinéaste chinois. Long métrage légèrement postérieur au film à sketches sorti la même année en 1983, L'homme-sandwich, et réalisé par le collectif fondateur de la Nouvelle vague taïwanaise, dont HHH mis en scène le court-métrage éponyme, Les garçons de Fengkuei confirmait la nouvelle mue du réalisateur après le transitionnel Green, Green Grass of Home. Fruit de la rencontre avec la romancière Chu T'ien-wen, qui devenait à partir de cette date sa scénariste attitrée, le film puise au plus prêt des souvenirs de jeunesse du cinéaste, et introduit le début d'une tétralogie (1) qui se conclura avec Poussières dans le vent (1986), avant d'entamer trois ans plus tard un nouveau cycle cinématographique centré cette fois-ci sur l'histoire de Taiwan (2). 

Ah-ching (Doze Niu) et ses amis habitent Fengkuei, un paisible village de pêcheurs des îles Penghu. Les quatre garçons multiplient les bagarres et petits larcins pour passer le temps et s'échapper à l’ennui. Suite à un règlement de comptes qui a mal tourné, trois membres du groupe, Ah-ching, Ah-jung et Kuo-tzu partent à Kaohsiung. Grâce à la sœur d'Ah-ching, ils trouvent sur place un appartement, puis un travail dans une usine locale. Mais la vie dans cette grande ville va bientôt remettre en cause l'unité et l'amitié de ce petit groupe face aux réalités quotidiennes...

Cute Girl | Green Green Grass Of Home - Hou Hsiao-hsien (1980-1982)

Lauréat du Prix de la mise en scène lors du festival de Cannes 2015 pour The Assassin, Hou Hsiao-hsien est devenu depuis une trentaine d'années un des réalisateurs les plus influents du cinéma contemporain. Modèle pour les jeunes cinéastes chinois dès les années 1980 en compagnie d'Edward Yang (Yi yi), Chen Kun-hou ou Wan Jen, avec qui il cosignera en 1983 le film-manifeste L'homme-sandwich, cette figure emblématique de la Nouvelle Vague taïwanaise eut droit en mars dernier, du 2 au 31, à une rétrospective à la Cinémathèque française, quelques semaines après avoir présenté en ce lieu et en avant-première son nouveau long métrage primé. Or dans la continuité de cet hommage, cinq œuvres de jeunesse du cinéaste (1), dont trois inédits, ressortent dans les salles le mercredi 3 août 2016 en version restaurée dans le cadre d'une rétrospective initiée par Carlotta.

Tourné à l'âge de 32 ans, après avoir exercé ses talents d'assistant dans la seconde moitié des années 70 pour des cinéastes comme Li Xing, Chen Kunhou ou Lai Chengying, Hou Hsiao-hsien se lance dans la réalisation de son premier long métrage. Écris, tourné et monté en seulement deux mois, Cute Girl s'affiche comme l'acte de naissance d'un début de carrière placé sous le signe du cinéma populaire avec, pour incarner les deux personnages principaux, les deux grandes vedettes de l'époque : le Hongkongais Kenny Bee et la Taïwanaise Feng Fei-fei. 

Jeune fille aisée promise au fils d'un riche industriel (Anthony Chanque son père a choisi pour elle comme époux, Wenwen (Feng Fei-fei), prise par le doute, quitte Tapei pour rejoindre sa tante qui vit à la campagne. Elle y fait la connaissance de Daigang (Kenny Bee), jeune géomètre citadin d'origine modeste venu faire avec ses collègues des mesures dans le village pour la prochaine construction d'une route, projet qui n'est pas s'en créer des tensions avec une partie de la population locale...