Big beat

Tout comme hier, un nouveau genre est apparu mi-90’s, le big beat, ou comment finalement réconcilier le rock fan aux musiques électroniques. En 1995 sort donc le premier album des Chemical Brothers, Exit Planet Dust, avec une pochette qui sent bon le patchouli, les hippies, itou, itou… On notera que la même année Prodijy sort son Music for the jitled generation, néanmoins il faudra encore attendre ’97 pour que ces derniers soient vraiment affiliés à ce mouvement. Et même si les dignes représentants du mouvement sont donc les frères chimiques, Prodigy et Fat Boy Slim, les premiers à véritablement dégainer sur disque furent donc les Chemical.

Alors pour me remémorer les deux disques cités plus haut, avant d’écrire cette note, j’ai donc consciencieusement réécouté les deux galettes. Et bien, ça a pris quand même un sacré coup de vieux pour ma part, enfin surtout ce deuxième album des Prodigy. On peut toujours critiquer la structure des morceaux chez les Chemical, qui d’un titre à l’autre ne change pas des masses, ça reste efficace. Mais alors, Music for the jitled generation, pfff… ça faisait un bail que j’avais pas prêté une oreille là-dessus, et bien je comprend. La production est terne comme c’est pas possible… Dès lors on comprend le virage à 180° du prochain album, The fat of the land. Encore que, là c’est pas mieux, on pourrait maintenant leur reprocher d’avoir surproduit la chose… Oui, je sais, je suis jamais content…

Donc au final, ce fut un mouvement plus qu’éphémère, les Chemical Brothers sortiront un deuxième album dantesque deux ans plus tard, et la même année Prodigy cassera la baraque (pour ça Breathe ça le faisait vegra …). Et depuis ? Bah pas grand-chose, les Chemical sortent des albums passables sans plus, Fat Boy Slim a sorti un best of et Prodigy… non, je ne préfère même pas tirer sur l’ambulance.

Nu soul

Dans les années 90 est apparu un nouveau mouvement musical, nommé la neo-soul. Ce dernier contrairement au R&B putassier qui pollue les ondes décidait de rendre un hommage à la soul des années 60-70, mais tout en allant de l’avant néanmoins, à savoir en utilisant les techniques de production de l’ère du hip-hop.

En 1995, sort le premier album d’un des pères fondateurs de ce mouvement, à savoir Brown Sugar, de D’Angelo. La première chose qui surprend l’auditeur (enfin qui devrait) est le style vocal du monsieur. En effet, on a droit à un croisement réussi entre un Prince et un Marvin Gaye, voix qui tranche déjà avec la production des nineties (et encore aujourd’hui). Et puis, non content d’avoir un très bel organe, D’Angelo ne joue pas dans la cour de ceux qui reprennent des anciens tubes des années 70 et leur collent une production rap (vous avez dit les Fugees ?).

Non, le bonhomme écrit ses chansons et les produit aussi en général (pour un jeunot de 21 ans, c’est pas mal). Par contre comme le montre la photo, le type a un physique massif, il ferait du rap hardcore, ça ne dépareillerait pas, mais justement pas du tout, et c’est encore plus choquant quand on entend sa voix d’ailleurs. Cinq ans plus tard, il sortira un second album et depuis plus de news, RAS, hormis quelques apparitions (excellentes cependant) chez l’ami Roy Hargrove.

Cold metal

Lors d’un précédent post ayant pour thème les landais Gojira, j’avais cité les nordistes SUP, et bien aujourd’hui, ce post leur est justement consacré.

C’est en 1993 que sort le premier album du groupe, The Cube, alors encore nommé Supuration. Forcément avec un tel nom, le combo officie dans le genre death metal, dans la grande tradition des Immolation, Suffocation et co. Cependant, bien que le nom du groupe annonce plus ou moins la couleur, il serait dommage de réduire dès le premier album dans un death primaire sans originalité, au contraire... En effet, l’originalité du groupe qui s’étoffera au fur et à mesure des albums est déjà présente. Certes, la voix grave axée sur des borborygmes plus ou moins accentués est bien en place mais l’on peut entendre ici ou là une voix claire qui n’est pas s’en rappeler des accents coldwave. Eh oui, de la coldwave parmi du death metal, c’est ce qui arrive quand des jeunes ont été bercés par la pop et le metal des années 80. Mais ce n’est pas tout, à la différence des autres groupes du genre, on ne joue pas à la course de « je serais le plus rapide ou le plus brutal », multipliant les breaks ou les changement de rythme. Là encore, les nordistes s’inscrivent dans une approche mécanique, froide, à la croisée de l’industriel. Et forcément dans ces cas là, pas de branlette de manche, aucun solo ou assimilé ne pointe à l’horizon, et est ce que ça manque finalement ? Et bien non, au contraire, cette particularité ajoute un peu plus de froideur à l’œuvre.

Deux ans plus tard, les lillois reviennent avec un nouvel album, Anomaly, et comme pour l’album précédent (et comme pour les prochains aussi), celui-ci est encore à la base d’un concept (on voit aussi par la même occasion l’influence qu’a eu le groupe canadien Voivod, un concept-album à chaque fois et une ambiance futuro-industrielle).

Cela dit, cet album creusera encore un peu plus le fossé et recevra un accueil plutôt mitigé, à tord évidemment (un peu trop en avance sur leur temps, mais le public suivra par la suite). Donc sur ce second album, le death a pratiquement disparu, reste un metal à forte connotation industriel avec une atmosphère coldwave encore plus présente. Mais regrettable fut aussi l’attitude de leur maison de disque de l’époque (PIAS je crois), peu de soutien, une campagne de pub maladroite. Bref, sans la détermination des frangins Loez et co, on ne donnait pas cher du combo.
Mais pour une fois, l’histoire s’est plutôt bien terminée puisque le groupe signa ensuite chez les français Holy Records. A noter que sous la houlette de leur nouveau label, le groupe ré-enregistra l’album en 2002 et rajouta des titres manquants, clôturant ainsi l’histoire.

Tribute to 1D20

Il commence à être loin ce temps où je pouvais mettre de la musique dans mon bureau, me repasser en boucle quelques dialogues savoureux de films plus ou moins surannés. Au lieu de ça, je me retrouve avec des énergumènes qui foutent leur sonnerie de portable à fond (et qui ne sonne que lorsqu’ils se sont barrés, car ici on laisse le portable posé sur le bureau, on le garde pas sur soi… ou on le laisse dans son sac à main…), pioncent et ronflent allègrement, ou en profitent pour roter et se couper les ongles (évidemment on ne ramasse pas les quelques résidus…).

Bref, j’affirme que l’on peut être productif en écoutant du Trane ou l’intégrale de Michel l’ingénieur informaticien. Bon, mais c’est bien gentil de nous parler de tes états d’âme connard, pourrait on me dire, mais il est où le rapport avec la thématique de la moustache ? J’y viens, et comme dirait l’un de mes acteurs fétiches, « commence pas à me baver sur les rouleaux ».

Alors pour clôturer en beauté cette fumeuse thématique j’ai décidé de proposer une jolie chanson guillerette, rappelant les journées passées au 1D20. Certes, des chanteurs nazes, le 1D20 en a vu passer (la crampe et la grenouille peuvent témoigner), mais le pire, c’est que les occupants chantaient ces trucs… Cela dit, ça n’a pas empêché non plus les deux premiers occupants de ce bureau d’obtenir leur doctorat, à savoir un joyeux passeport pour le chômage, mais je m’égare… Donc par élimination, je peux déjà vous dire que non, la surprise d’aujourd’hui, n’est ni Gérard Blanc et sa magnifique chanson Une autre histoire (avec une prod made in 80’s, un bijou), ni le duo Charly Oleg/Professeur Choron pour un for, for, for, formidable d’anthologie. Non c’est un groupe (enfin, on va définir cela comme ça).

Pour finir avec les devinettes bidons, je peux aussi vous dire que dans cette chose il n’y a pas de Eric moustachu (donc pas de musclada ou de mergez party).En cadeau, la fameuse réplique de Chuck. En remerciant au passage Nanarland.

surprise

Moustache américano-mexicaine

Bon hier j’ai loupé ma transition, mais cette fois ci non. En effet, aujourd’hui le sujet tourne autour de Carlos Santana, et justement ce dernier est un grand admirateur et a plusieurs fois joué avec Wayne Shorter, dont un concert au festival de Montreux.

Certes Carlos Santana et son groupe, si on devait regarder en arrière au vue de sa discographie y’a bon nombre d’albums à jeter, le bonhomme s’est beaucoup trop dispersé et au final à perdu de sa superbe.

Oui mais il fut un temps où le Carlos en plus d’être un tueur à la six cordes, avait un feeling énorme et un appétit musical (c’est sans doute ça finalement, ce qui lui manque aujourd’hui). Après avoir fait sensation à Woodstock en 69 (Ah ! Soul Sacrifice !) et enregistré trois albums mariant à merveille l’énergie du rock et les rythmes latinos (une évidence aujourd’hui, mais à l’époque…), le gars décide d’être encore plus ambitieux.

Faut dire que le III du groupe parait comme un hommage plus ou moins dissimulé à Jimi. Et comme ce dernier, Carlos se sent maintenant à l’étroit dans le style qui l’a fait connaître et veut donc aller encore plus loin. Alors il regarde un peu ce qui se fait à l’époque, et après Hendrix, il s’inspire désormais de la démarche d’un autre grand guitariste John McLaughlin et son Mahavishnu Orchestra.

En 1972, on a droit ainsi à la fusion du style rock latino et du jazz-rock. Alors sur le papier, ça parait indigeste, mais que nenni ! Au contraire, on touche au St Graal, l’album Caravanaserai est sans conteste l’album le plus ambitieux du père Carlos mais aussi le plus réussi (et un des albums culte des années 70, culte car évidemment au niveau vente, un bouillon…). Autant Abraxas était tubesque, autant celui-ci est méditatif et fut incompris à l’époque. Et cet album marquera d’ailleurs le début des délires mystiques du Carlos (à force de traîner avec McLaughlin…), et s’appellera désormais Devadip. Cela dit, ça n’entachera pas au début son inspiration (et celle du groupe), puisque avec Mahavishnu, ils sortiront Love Devotion Surrender la même année (un autre grand album dont une reprise de Naima de Trane, indispensable).

Moustache américano-brésilienne

Après les enregistrements de In A Silent Way et de Bitches Brew, la plupart des musiciens de Miles appartenant à son fameux second quintet on décidé de former leur propre formation. Ainsi le saxophoniste Wayne Shorter avec le nouveau venu Joe Zawinul sont à l’origine d’un des groupes de jazz fusion les plus célèbres des années 70, Weather Report.

Cela dit, entre deux enregistrements du combo, le souffleur décida de s’offrir une parenthèse en 1974 et d’enregistrer un album à consonance brésilienne, Native Dancer. Pour se faire, ce dernier fit appel à son ancien partenaire Herbie Hancock et aux chanteur et percussionniste brésiliens Milton Nascimento et Airto Moreira. Dès lors, on navigue dans une atmosphère très mélodique et lyrique, ce qui peut déplaire à certains (peut paraître un peu too much nous dirons par moment).

Cependant, l’extrait d’aujourd’hui est justement le moins sujet à controverse (surtout dans les seventies, où Herbie, Chick Corea ou Wayne Shorter se sont fait descendre pour avoir verser dans l’électricité) et accessoirement mon préféré de l’album. Le morceau Diana est dédié à la fille d’Airto Moreira et de Flora Purim (cf le post consacré à Chick Corea). Et comme j’ai en plus une version live du dit morceau, cadeau je vous la passe. A noter que la version en public fut enregistrée avec la formation du VSOP, à savoir le second quintet de Miles au complet mais avec Freddie Hubbard à la trompette (à cette époque, Miles il faut le rappeler avait disparu de la circulation, errant entre la dépression et la défonce).

Pour finir, comme hier, avec un tel titre j’aurais aussi pu écrire un petit quelque chose.

Sur un autre musicien qui joua avec Miles et qui incorpora des rythmes brésiliens et qui évidemment porte la moustache, George Duke (et en plus ça aurait fait un lien avec le post d’hier). Mais bon, à charge de revanche comme dit l’expression.

Frankie forever

Après une icône comme Lemmy, il me fallait taper encore plus fort. Et ce fut facile, car finalement, qui est le moustachu le plus talentueux qu’ait connu le rock ?

Frank Zappa, assurément.

Dans le genre touche à tout, tueur à la six cordes, on a rarement fait mieux. On ne lancera pas le débat onaniste, alors c’est le plus grand guitariste de tous les temps ? Car là, c’est du n’importe quoi, alors dans les classements tous pourris la première place est toujours squatté par Jimi, mais évidemment les fans du Zep gueulent, tout comme ceux de Duane Allman et puis restent les fans de Frankie. Débat inutile, puéril, enfin si ça peut faire vendre du papier à des magazines qui sont aussi nauséabonds que ces classements…

Donc l’ami Zappa apparaît dans la fameuse décennie des sixties avec un album qui déjà détonnent Freak out car parodique. Et c’est vrai, que pour moi, ce qui caractérisent le plus le Zappa c’est son humour. Cela dit, on peut déconner, mais à côté musicalement, rien à redire. Et d’ailleurs les groupes barrés, rois de la déconne qui viendront par la suite, Mr Bungle, les Butthole Surfers, Ween ou même les français Carnival in Coal s’en réclament, et peuvent ils faire autrement ?

Et puis, vous en connaissez beaucoup des zicos de rock influencés par Edgar Varèse ? Et comme Miles, en plus d’avoir fait du jazz rock (on peut même dire que l’album Hot Rats représente peut-être le premier véritable album de ce style), Zappa est un découvreur de talent, par exemple : George Duke ou Steve Vai.

De toute façon, y’a tellement à dire sur Frank Zappa…

PS : avec un titre pareil, effectivement je me rend compte après coup qu’il y aurait pu avoir un malentendu et que ce post soit dédié à Frankie Vincent, veuillez me pardonner si ce titre a induit en erreur certains.

2007, année de la moustache ?

Comme l’avait souligné dans un post précédent du blog de Sony Barilla, et si 2007 était l’année de la moustache ?

Dès lors, je me suis penché sur ma cdthèque pour savoir parmi si j’avais pléthore de moustachus. Et ma foi, j’ai réussi à trouver quelques fameux moustachus.

En ce lundi, j’ai donc cherché quelques personnages provenant du metal qui sont reconnaissable entre mille grâce à leur moustache. Et finalement, les deux moustachus les plus cultes du metal sont pour moi : Glenn Benton alias la tête de con du death metal ou Satan est mon ami et l’increvable, l’inoxydable Lemmy Kilmister, reconnaissable aussi avec ses fameuses verrues et sa croix de Malte autour du cou.

On ne va pas s’attarder sur le leader de Deicide, je m’occuperais de son cas prochainement. Non, occupons nous un peu plus du leader des cultissimes Motörhead. C’est en pleine période punk que le monsieur fonde son combo après avoir fait parti du groupe de space rock Hawkind. Etonnant quand même, certes il était juste zicos dans un groupe dont il n’était pas le leader, mais de passer d’un rock prog à une machine comme Motörhead, qui l’eut cru ?

Historiquement, on peut dire que le Lemmy band est le premier groupe de metal extrême, d’ailleurs ce dernier est encore aujourd’hui invité dans les festivals de metal les plus virulents, comme quoi, la vieillesse pour certains, est loin d’être un naufrage.

Alors quelles sont les caractéristiques du groupe ? Et bien déjà on pourrait résumer la chose en caricaturant (pas tant que ça en fait) par du sexe, du rock et des bécanes. Et puis musicalement, bah c’est à fond et puis c’est tout ! D’ailleurs pour Lemmy, le groupe joue simplement du rock’n’roll mais un peu plus fort que les autres. Encore que de temps en temps, Lemmy s’adonne à la balade, mais avec sa voix éraillée (reconnaissable aussi entre mille), on ne verse pas dans le sirupeux. On constatera aussi l’utilisation de la double grosse caisse, qui en traumatisera plus d’un, puisque tout bon groupe de metal extrême se devra d’avoir une double grosse caisse.

Que dire de plus ? Lemmy a passe les soixante ans et quand on voit le gaillard, on se dit que c’est un extra-terrestre le type. A croire que le régime clope et Jack Daniels fait bon ménage pour les artères. Sinon, il y a quelques semaines Télérama et Libération ont consacré des articles à la bête, mieux vaut tard que jamais… Allez rêvons un peu, dans 30 ans, on parlera alors du death metal dans les médias généralistes sans caricaturer la chose.

For Drella (ou le Lou Reed du mois)

Dans la série hommage, on termine comme pouvait le laisser supposer lundi, un album de Lou Reed, à savoir celui où il rend hommage à Andy Warhol. Pour mener à bien cette entreprise, Lou fait appel à son frère ennemi, John Cale ; nous voici donc avec la moitié du Velvet.

Il faut dire que la reformation du Velvet Underground à la fondation Cartier une année plus tôt annonçait déjà la fin des hostilités et des rancoeurs entre ses membres originels. Ce fut évidemment de courte durée (à cause de Lou, forcément…), le temps d’une première tournée européenne en 93, avec en point d’orgue un concert à l’Olympia. Il faut aussi rappeler que dans les années 60 grâce à leur escroc de manager, le Velvet ne mit jamais un pied sur le vieux continent, un comble puisque ce dernier aurait été attendu comme le messie. Enfin bon, Lou avec sa bonhomie habituelle ayant tout fait pour dézinguer cette reformation (querelle d’ego, étonnant non ?), la tournée US fut donc annulée.

Mais avant le retour des hostilités, en 90, sort donc Songs for Drella, Drella étant le pseudo de Warhol, une contraction de Dracula et Cinderella (Cendrillon). Alors pourquoi Lou décide d’enregistrer un album hommage à son ancien ami Andy ? Car il en a gros sur la patate, faut dire qu’avec son caractère de cochon et son melon (et je suis gentil en disant ça), le père Lou s’est désintéressé de Warhol, l’a viré comme un mal propre alors que ce dernier a produit le premier disque du Velvet et a fait finalement connaître le groupe.

Pour se racheter on a droit ainsi à une bio sonore, ma foi fort inspiré, où Lou Reed nous montre ainsi que l’inspiration est de nouveau de retour (faut dire après son chef d’œuvre New York on s’en doutait un peu). Anecdote intéressante, montrant que la hache n'est toujours pas enterrée, dans les interviews actuelles, Cale ne se cache pas pour cracher sur cet album, rancunier le père Cale…

Erik

En 2005, si y’a bien un album qui a surpris pas mal de monde, dont moi, fut celui de Gonzales intitulé Solo piano. Faut dire que le bonhomme ne nous avait pas habitué à ça ! Entre un album de rap foutraque et une collaboration avec sa compatriote Peaches (une Iggy Pop electro au féminin pour situer un peu la demoiselle), nous voici avec un disque fortement influencé par Erik Satie.

Et quelqu’un qui aime Satie ne peut pas être totalement mauvais... Bon là je me la joue un peu, avec mon « vive les artistes normands » et alors ?

D’ailleurs Satie aura aussi influencé un autre artiste anglo-saxon plutôt habitué à nous faire de l’electro déconstruit, un mec qui compte autant de détracteurs que de fans, Richard D. James, Aphex Twin donc. Sur son album Drukqs, sorti en 2001, on a droit donc à de courtes pièces minimalistes au piano rappelant ainsi les compos du normand.

Cela dit, on lui préféra quand même l’album de Gonzales car moins dispersé

Hommage aux souffleurs

En général, dans le jazz, quand on veut rendre hommage à un de ses pairs, on reprend à sa sauce justement un standard de son pygmalion. Cependant, il arrive qu’on tombe sur un petit malin qui décide de faire autrement.

Chris Potter en signant chez Verve décide ainsi sur l’album Gratitude de faire son tribute avec compositions originales à quelques grands noms du saxophone (ou clarinette), alors parmi les incontournables, Bird, Ornette ou Trane, on a droit ainsi à des hommages à Lester Young ou Eddie Harris.

La réussite de cet album vient du fait qu’il ne copie pas le style de ses aînés (cela dit faire du Trane, bon courage…), il cherche pas à jouer les imitateurs. Non, ça reste du Chris Potter, il s’inspire plutôt des ambiances, du son d’une époque. Et puis chose remarquable, le bonhomme est aussi à l’aise au sax alto, au soprano (utilisé pour Wayne Shorter), au sax ténor ou à la clarinette basse.

Sinon, j’ai vu ce souffleur en concert comme sideman pour le Dave Holland quartet, et même en étant pas leader de cette formation, il a confirmé tout le bien que je pouvais ressentir à l’écoute de cet essai.

Un souffleur qui mériterait une meilleure reconnaissance en somme.

Parodie anale

Bon c’est bien gentil de parler de Mr Bungle, mais dans le genre tarés made in America, entre Devo et le groupe de Patton & co faudrait pas oublier la bande à Gibby Haynes, à savoir les Butthole surfers.

On notera déjà que comme nom de groupe ça déchire sa race, les surfeurs du fion, ça le fait grave !! Certes, c’est assez puéril, cela dit ça annonce la couleur de cet OVNI musical. Alors comment résumer leur musique de ces gaillards de San Antonio ? Et bien ils ont réussi à synthétiser deux genres qui sur le papier étaient plus ou moins contraire, c'est-à-dire faire accoupler un rock psychédélique et du punk/hardcore, puis vous rajoutez quelques riffs de metal, des rythmes déconstruits, et on obtient un joyeux foutoir.

Pour l’anecdote, à leur début ils se sont fait connaître grâce à leur shows particulièrement déjantés : des danseurs nus, des vidéo clips d’opération de changement de sexe (tu vas à un concert et tu te tapes la vidéo d’une vaginoplastie, la grande classe) et Gibby qui s’amuse avec le feu.

Alors dans la série hommage, avec ces gus, évidemment on vire forcément à la parodie. Et c’est avec ce joyeux morceau, Sweat Loaf, qu’ils ouvrent leur troisième album Locust Abortion Technician, où comment reprendre à sa sauce un classique de Black Sabbath.


PS: Mme Alice Coltrane, veuve de Trane, la reine du Wurlitzer, est morte dimanche, RIP.

PS2: décidément, sale temps pour le jazz, Mickael Brecker vient aussi de casser sa pipe...

Les enfants de MMM

En attendant vendredi, un petit post pour rendre hommage à un des albums les plus conspués de l’histoire du rock. Lequel me direz vous ? Et bien l’un des plus inaudibles et radicaux qui soit, Metal Machine Music de Mr Lou Reed en 1975. Après quelques bisbilles entre sa maison de disque de l’époque (RCA) et aussi envers ses fans, Lou va nous pondre le plus beau FUCK YOU qui soit.

Petit rappel des faits. Avec son deuxième album, Lou casse la baraque en 1972 avec l’un des meilleurs manifestes du glam rock, Transformer, produit par Bowie et Mick Ronson qui par la même occasion aident Reed à obtenir une reconnaissance qu’il recherchait depuis belle lurette. Après, tout enorgueilli qu’il est le garçon, il nous sort un véritable suicide commercial, un condensé de malaise nommé Berlin. Car hormis en UK où il sera classé numéro un, l’album est un bouillon, et donc forcément RCA l’a mauvaise… Du coup pour lui serrer la vis, Reed sort un album consensuel (et peu inspiré) Sally can’t dance et deux albums live issus de sa tournée Berlin.

Évidemment renversement de situation ; maintenant c’est Lou qui l’a mauvaise, la goutte d’eau étant le live appelé sobrement Live. Alors Lou va brancher son ampli, prépare son 4 pistes, et enregistre un double album de 64 minutes de saturations et autres bruits blancs. Et entre les morceaux pas de fondus, on reprend là où on avait terminé. Ce qui est marrant c’est que la pochette faisant penser à un live, les personnes n’ont pas fait attention et on acheté la chose, du coup, clients mécontents, remboursements, RCA ridiculisé…

Bon, déjà premier point, RCA n’avait pas écouté l’album avant de le publier ? Il ne pouvait pas le refuser ? Deuxième point, il est si affreux cet album ? Oui, assurément, c’est une expérience unique d’aller jusqu’au bout. D’ailleurs Reed ne s’en est jamais caché, lui n’a jamais écouté jusqu’au bout l’album, prétendant qu’il fallait être taré pour le faire. Et puis comme il le soulignait, de toute façon le but de ce disque n’est pas d’être écouté mais d’exister. Et il a raison le bougre.

Alors que vaut cet album ? On navigue entre l’esbroufe, l’arnaque ultime et le chef d’œuvre selon moi. Car oui, il s’est pas fait chier le père, mais dans le genre no compromise fuck you on trouve là un manifeste des musiques à venir, l’expérimental (indus, noise) ou le punk.

Donc j’en arrive à Godflesh après cette intro très longue mais ma foi indispensable pour comprendre le pourquoi du comment. Groupe formé par Justin Broderick, ex-guitariste de la première monture du groupe extrémiste punk Napalm Death (il enregistra seulement la face A de leur 1er album Scum) et Ben Green. En 1988 naît donc Godflesh (entre temps Justin fonda Head of David après le départ de Napalm), groupe qui à l’origine joue une espèce de hardcore lent avec boîte à rythme sur leur 1ère démo. Puis le groupe incorpora des éléments indus et les guitares se feront plus incisifs, pour finir finalement en métal industriel. Mais la particularité de ce groupe, en plus d’être anglais contrairement à Ministry ou NIN, est d’être plus froid, encore plus industriel, plus mécanique que les groupes cités plus haut. Et ces derniers se font un malin plaisir à jouer avec le bruit blanc dès leur 1er album Streetcleaner (on y vient…). Et la filiation avec MMM se fera encore plus évidente sur leur 2ème album Pure, avec le morceau qui le clôture Pure II. 20 minutes de saturations et de bruit blanc. Pour moi du bonheur, pour les autres sans doute une horreur. Pourtant contrairement à MMM, le morceau est mieux produit, plus contrôlé, on dira même plus présentable, enfin il me semble.

En solo

Question : est ce que le prochain Radiohead va ressembler à une arlésienne ? On en est encore loin sachant que Hail to the thief ne date que de 2003, et puis en matière d’album qui est toujours en cours d’enregistrement ou production, mixage, pochette, trouver un nouveau look, etc… ça vaudra jamais le prochain chef d’œuvre (?!) des Guns & Roses Chinese Democracy (ah la bonne blague !) que certains (ils en restent encore ?) attendent en vain (bah faut croire, puisque le braillard rouquin a réussi à remplir Bercy l’année dernière, dingue !).

Toujours est-il que Radiohead semble prendre son temps, et en attendant, ces derniers ont préférés prendre la route pour tester les nouveaux titres, soit…D’ailleurs au dernière nouvelle, ils avaient pas encore trouvé de producteur, ça risque donc de durer encore un bout…

Du coup, l’ami Thom Yorke en a profité pour sortir un album solo, The Eraser. En général, les albums solos des chanteurs de groupe ne m’emballent pas des masses. Evidement, celui-ci fait office de contre exemple… Déjà, bon point, Thom reprend là où le groupe s’était arrêté à Kid A, album suffisamment casse gueule pour décevoir les fans du pop Ok Computer. On retrouve donc une ambiance glaciale, volontairement électronique et minimaliste.

Messe noire

1970, le mouvement hippie arrive bientôt à terme, on attend plus que la mort de Jimi et de Janis, un dernier festival culte, et ce sera définitivement plié.

Et finalement la perte des illusions, de cette utopie va provoquer une radicalisation de la musique rock, celle-ci deviendra soit plus décadente, plus pompeuse voire plus violente.

Dans ce dernier cas, la voie a déjà été toute tracée aux USA avec ce qui c’est fait de mieux le MC5 ou the Stooges (annonçant le punk en somme), et chez la perfide Albion un groupe de blues rock qui fait rugir les guitares, Led Zep, et ancien groupe psyché qui a découvert les vertus des décibels, Deep Purple.

Mais dans la bonne ville dynamique et florissante de Birmingham apparaît un nouveau groupe de petits jeunes qui veulent en découdre et qui fera partie d’un des groupes les plus influents de la musique rock, Black Sabbath, les inventeurs du heavy metal.

Tiens petit aparté sur quelques articles que j’ai pu lire il y a quelques temps. Alors il paraîtrait à ce qui parait que le morceau de mon groupe préféré (sic), celui de Liverpool, aurait créer en fait ce style avec leur morceau Helter Skelter sur leur album blanc (certes ce morceau est novateur, surtout pour les Beatles, mais bon... c'est pas le MC5!!!). Là je pouffe, à ce rythme là, l’inventeur du hard rock s’appelle Muddy Waters. On doit pas avoir la même définition du mot heavy metal, cette musique se veut sombre avec un son épais, grave. J’en veux pas trop à ces personnes là car j’ai lu dernièrement que l’avant dernier album de Pink était presque metal (pour le coup Libération a fait très fort), du coup ça explique pas mal de choses finalement… Avant d’écrire et d’utiliser des termes, on se renseigne, c’est pas ça, l’une des notions du journalisme ? Enfin, ce genre de boulette prête à sourire, pas comme la désinformation onaniste de M6.

Donc j’en reviens au groupe d’Ozzy Osbourne, Tony Iommi, Geezer Butler et Bill Ward. Ils arrivent donc en 1970 et ouvre leur album par le titre éponyme Black Sabbath, et là, c’est la grosse claque. Ambiance gothique, une cloche par ci un peu de pluie par là, et juste après cette petite introduction, le riff de la mort qui tue sa race. Un son épais de guitare qu’on avait encore jamais entendu (ah ah ah Helter Skelter, j’en rie encore) et puis ne pas oublier non plus le chant déclamatoire du père Ozzy.

Un style musical était né et il faudra encore attendre une décennie pour que ce dernier s’étoffe et collectionne les étiquettes.

Ram Jam must die

J’ai découvert ce groupe et la chanson Black Betty dans les années 90 à travers une pub ventant les mérites d’un parfum (enfin il me semble). Bon je suis sur que papy D. connaissait déjà ce morceau vu son âge vénérable...

Mais faut l’avouer, quand on connaît pas l’original de Leadbelly, à savoir une version folk/blues dénuée d’électricité (rappel : à l’époque où elle a été composée, on branchait pas encore les amplis), on trouve la version de ces petits blancs pas mauvaise non plus. Ca vire alors en un bon petit jam rock sudiste pas déplaisant, mais bon c’est pas non plus énorme, faut le reconnaître aussi.

D’ailleurs c’est assez symptomatique de la jeunesse blanche des années 50-70 qui reprendra à sa sauce avec plus ou moins de bonheur des classiques du blues. Alors comme toujours y’a les deux camps, ceux qui pensaient qu’ils pillaient le répertoire de manière putassière (Led Zep s’est fait éreinté pour ça, aujourd’hui ça prête à sourire, tout ce fiel) et puis les autres.

A noter que ce morceau n’a pas été repris que par Ram Jam, quelques crooners l’ont aussi chantés comme Tom Jones ou Harry Bellafonte.

Mais si y’en a un qui a réussi à rendre ses lettres de noblesse à l’original, c’est Nick Cave en 1986 sur son album de reprises Kicking Against the Pricks .

Musicalement il se calque à celle d’origine, mais l’interprétation ! Du grand Art, totalement possédé, du coup l’original parait mou du genou à côté...

Quand les garçons coiffeurs découvrirent le noir

En ce mardi, je poste du Depeche Mode, « oh bah tiens on s’y attendait pas à celle là ! », en rapport donc au post de vendredi dernier…

Après quelques divagations et expérimentations sonores, Martin Gore a enfin trouvé son chemin à défaut d’avoir trouvé la lumière (oui c’est un peu fumeux comme formule, mais bon j’assume, c’est mon blog). En effet en cette année 1986, le climat est plutôt noir chez DM, enfin sombre musicalement parlant j’entends. C’est vrai qu’auparavant le gang des garçons coiffeurs pouvait plus ou moins annoncer quelques prémices mais ce revirement, non ! Avant l’album Black Celebration, on a quand même eu droit a un super single Shake the disease (d’ailleurs pour la réédition de l’album, ils auraient pu le rajouter parmi les bonus, merci) qui annonçait la couleur du prochain album, par contre auparavant...

Gore essayait de trouver la formule miracle entre mélodie pop et expérimentation industrielle, mais il n’avait pas encore trouvé l’équilibre. Et puis leur look n’a jamais été non plus leur point fort à ces garçons avant 86 ; je retiens les cheveux peroxydés de Gahan sur le clip Master and Servant (d’ailleurs cette chanson et son refrain bien kitch pour ma part...). Cela dit, au niveau look, après c’est pas mieux…

Oui mais en 1986, faisons table rase du passé, et une nouvelle ère peut commencer (bien pompeux comme accroche ?). Et à partir de là, le groupe de Gore va pouvoir enchaîner les perles noires (enfin jusqu’à Ultra car après j’ai décroché, tout le monde s’est émerveillé de l’album Exciter, pour ma part hormis une pub pour Ford, je retiens rien sauf du recyclage, un père Gore en petite forme en somme).



Ma magie noire

Avec une accroche pareil, je suis quasiment sûr que les personnes de bon goût auront pensé à Philippe Russo et son tube Magie noire. Un bon piège pour celui qui recherche un blog qui parlerait de ce monsieur… (oui je sais on peut rêver, faudrait être atteint déjà pour faire ce genre de recherche, mais laissez moi avec mes illusions, merde !).

Non, aujourd’hui lundi, c’est poésie, musique guillerette, Slayer me parait donc adapté…
Bon déjà Slayer veut dire tueur en anglais littéraire, pourquoi ce préambule ? J’y viens… Si vous tapez le nom du groupe sur google, on tombe sur… Buffy la tueuse de vampire, génial… Et vu la popularité de la série, vous avez intérêt à affiner vos mots clefs car sinon vous risquez de voir défiler pas mal de pages avant de tomber sur le groupe.

Après cet intermède totalement inutile, j’en viens au groupe.

Le groupe se forme vers 1982 et sonne plutôt dans un registre hard rock classique, selon les dires du bassiste/vocaliste Tom Arraya. Puis en 1982, c’est le début de ce que l’on appelle à l’époque la New Wave of American Heavy Metal en corrélation avec la même NWBHM (B pour British) que connut donc la Grande Bretagne quelques années plus tôt avec comme fer de lance Iron Maiden et Saxon. Mais à la différence des anglais, les yankees en plus d’être forcément influencé par la NWBHM vont y incorporer des goûtes de Hardcore et finalement plus de virulence (la supposée finesse US en somme). Ce courant naissant aux USA se fit ainsi connaître par l’intermédiaire d’une fameuse compilation, qui connut bon nombre de volume par la suite, les fameuses Metal Massacre, avec dans le premier volume les débutants Metallica. Et justement ces derniers l’année suivante font sensation avec leur Kill’em all, album fondateur du Thrash metal. La jeunesse, c’est bien connu est avide de bruit, et en décembre 83, c’est le deuxième effet Kiss Cool, Slayer sort son premier album, Show no mercy; le genre a déjà trouvé ses deux leaders.

A la différence des four horsemen, Slayer joue plus dans la catégorie grand guignol, les paroles des débuts sont volontairement pseudo-satanistes, surfant ainsi sur une autre déclinaison du heavy metal, le mal aimé black metal. Tiens en passant, juste pour en rajouter une petite louche, mes amis, les médias réactionnaires généralistes (oui ça fait un peu pléonasme, je sais) qui s’alarment des supposés mauvaises influences du metal extrême. Ce courant justement a plus de vingt ans, alors bon, si écouter cette musique donnait envie de faire partie d’une secte satanique, ça se saurait ! Au bout de deux décennies, on s’en serait rendu compte, non ?

Donc Slayer (d’ailleurs le groupe toujours dans la surenchère, affirmait que les initiales signifiaient Satan Laughs As You Eternally Rot, les rois de la déconne je vous dis, surtout quand on voit leurs gueules…) en 1983 commence à faire parler de lui. Musicalement, les morceaux sont plus ramassés que ceux de Metallica, mais on reste cependant dans un registre où il y a de nombreux breaks et de changement de rythmes, l’une des marques de fabrique du style. Et puis à la différence du groupe de San Francisco, Slayer comporte non pas un soliste mais deux, qui alternent justement rythmique et solo (comme Maiden finalement). Et puis parlons en des solos chez Slayer, c’est peut-être là où l’on ressent plus l’influence Hardcore, des solos relativement courts rapides, destroy, déstructurés, bref, on est loin du solo pompeux qu’on retrouve chez certain soliste dans le heavy metal ou le hard rock.

Electro pop

Bon avec un titre pareil, j’aurai pu mettre du Depeche Mode, et c’est vrai que je m’étonne de ne pas avoir encore posté un titre d’eux, mais bon ça viendra... et puis on reste plus ou moins dans un registre assez équivalent, de l’electro pop pour neurasthéniques.

Non, aujourd’hui pour clôturer cette semaine pop, intéressons nous au duo Tracey Thorn et Ben Watt, c’est à dire, Everything but the girl.

Pour ceux qui les remettraient pas, la chanteuse est aussi connue pour avoir prêter sa voie sur le titre éponyme (et quelle chanson !) Protection du collectif de Bristol, Massive Attack. Ça vous dit toujours rien ? Pfff !...

La force de ce duo est justement l’organe vocale de Tracey, une belle voix grave, forte, gorgée de spleen mais qui reste toute de même suffisamment chaude pour ne pas pousser au suicide, rien à voir avec Nico donc.

En 1996, le duo décide de surfer, avec l’album Walking Wounded, sur la vague électro/dance/trip-hop qui à le vent en poupe après un album précédent fort réussi mais qui était plutôt acoustique. Et à la différence de certains qui tentent de jouer les suiveurs et se plantent magistralement, ces derniers relèvent et gagnent le défi haut la main, aidés il est vrai par les qualités de Thorn.

PS: pour lundi, vous pouvez sortir les cierges noires, ca va saigner...

Guy, je t'aime

Alors lui, je l'adore ! Un artiste qui cultive l’autodérision et sais être polyvalent, la grande classe en somme. En 1965, il sort son premier 45 tours La passionnata, chanson qui résume finalement parfaitement le personnage. Et puis, quand on lit sa filmographie, l’acteur n’a pas peur de jouer des personnages antipathiques ou ridicules. Je retiens son rôle dans Loulou de Pialat, où justement pour une fois il aborde un personnage réaliste (vous me direz chez Maurice, quoi de plus normal).

Ensuite l’année suivante en 1981, encore un beau rôle de composition, l’inspecteur Belmont, et sa fameuse réplique : « Si ça se trouve c’est la môme qui vous a embarqué derrière les dunes. C’est vrai ça, y’a de drôles de salopes maintenant. Plus tard ça devient de grandes salopes et encore plus tard de vieilles salopes ».

Rôle qui lui vaudra un césar du meilleur second rôle d’ailleurs.
C’est vrai qu’il a un talent pour jouer les cons ou les salauds (cf L’été en pente douce), et ça c’est pas donné à tout le monde. Et puis, le genre crooner qu’il se donne, tout en dérision, moi j’adore.
Et il aime le tango, et moi aussi (euh pas la danse, la musique, celle du maître, Astor Piazzolla). Pour finir, il a tourné avec Kim Cattrall, la Samantha Jones de Sex & the city, et celle-ci ne tarit pas d’éloge pour le Guy, alors que dire ?

Guy Marchand rules !!!!!!! et vive Nestor Burma.

Le dard

Évidemment, bien que cette semaine soit consacrée à la pop music, n’attendez pas de ma part une quelconque chanson des Beatles…

Non, je continue à la croisée des chemins entre le jazz et la pop, sauf qu’à la différence d’hier où c’était un jazzman qui virait pop, là ce sera un musicien pop qui tend vers une ambiance jazzy.

Apres avoir quitté son groupe Police en 1984 en pleine gloire, faut il le rappeler, le sieur Sting décide d’entamer une carrière solo. Et en plus il prend tout le monde à contre pied puisqu’il décide de s’adjoindre les services de musiciens de jazz comme Branford Marsalis, de quoi déstabiliser quand même le pop music fan (surtout dans les années 80).

En 1987, il sort donc son deuxième album solo, Nothing like the sun, qui garde encore une teinte jazzy. Bien sur, ça reste un artiste pop, mais qu'il décide de lâcher son groupe de rock’n’roll circus pour faire de la musique plus intimiste à tendance jazzy, désolé mais ça force le respect.

Dans le genre opération casse gueule, ça se pose ! Alors, oui, ça n’a pas la consistance du jazz, mais il n’a jamais dit qu’il en faisait (enfin il me semble), on reste donc dans un registre pop. Et puis, pour cet album, il s’est adjoint les services de l’ancien compagnon de route de Miles, Gil Evans, le temps d’une reprise d’Hendrix Little Wing.

A noter aussi une belle chanson hommage aux veuves des opposants du régime des généraux qui a sévit en Argentine fin 70-début 80, They dance alone.

Au final sans doute le meilleur album de l’artiste avec un son proche des prod ECM.

Samba pop

Je reprends donc la ou je m'étais arrêté mardi dernier...

Dans la série, les grands pianistes qui furent zicos chez le Prince of Darkness, je voudrais Chick Corea! Mais aujourd’hui, on va s’intéresser à sa période post-Miles Davis, avec son album signé chez ECM qui porte le même nom que son futur groupe de jazz fusion, Return to forever.

C’est bien simple, cet album fait parti de mes albums préférés. Au niveau du line-up, y’a du beau monde, Chick Corea donc au piano (acoustique et électrique), Stanley Clarke à la basse, le souffleur Joe Farell et le couple Airto Moreira/Flora Purim pour la touche Brésil. Finalement la pochette résume plutôt bien l’univers musical de cet album, un voyage, contemplatif (on est chez ECM je vous le rappelle), onirique, à la croisée des musiques du monde (espagnol, mexicaine et brésilienne), intemporel au final.

Dans la continuité de la thématique hebdomadaire, aujourd’hui donc, j’ai choisi une chanson pop très orientée samba avec la jolie voix de Flora Purim. On note aussi l’ouverture du jazz vers les musiques brésiliennes que les années 60 avaient déjà annoncées avec Stan Getz et que l’on retrouvera dans cette décennie avec des artistes comme Wayne Shorter ou George Duke.

A noter que ce même line-up se retrouvera donc sur le 1er album du Return la même année (1972) mais aussi sur le 1er album de la miss Purim une année plus tard.