Watermelon Man

Le jazz se veut une musique d’adulte, et à cet égard c’est bien dommage, car finalement celle ci devient trop élitiste. Cependant, il arrive que certains musiciens de jazz réussissent à faire venir de jeunes auditeurs à ce style, au grand dam de certains, mais ça, des crétins, y’en a partout...

Alors est-ce parce qu’Herbie hancock fut un musicien prodige, jouant déjà du Mozart à 11 ans pour le Chicago Symphony, en tout cas ce dernier a toujours été en avance sur ses collègues bon nombre de fois. En 1962, à 22 ans, le prestigieux label Blue Note (enfin à l’époque, aujourd’hui, il a perdu un peu de sa superbe, ce label...) offre à ce gamin un contrat en tant que leader. Déjà, c’est à la fois osé de la part du label mais aussi du pianiste, car à 22 ans, être leader d’une formation jazz, ça demande à la fois un sacré potentiel et une maturité pour se permettre cela. Mais le bonhomme il a tout ça !

Plus j’écoute son 1er album Takin’ Off, plus je trouve cet album extraordinaire. Du à son jeune âge, on pourrait critiquer le fait que cet album est accessible voire conventionnel, mais ça serait de la mauvaise foi car au contraire pour moi il serait plutôt spontané. En effet, on est loin d’une musique jazz facile pour dîner mondain (Kenny G par exemple), et celle ci annonce une future sophistication qui trouvera son point d’orgue avec son album de 1968, Speak Like A Child. A noter que cet album annonce déjà son goût pour les musiques funky (il reprendra d’ailleurs le titre Watermelon Man sur son cultissime Headhunters).

Pour finir, il en faut du talent pour se permettre d’avoir comme sideman le saxophoniste Dexter Gordon, et le Prince of Darkness ne se trompera pas, puisqu’Herbie fera partie du fabuleux second quintet de Miles.

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