Sepultura: Under Siege (Live in Barcelona)

"Back to Basics", pour reprendre une formule éculée, chers à de nombreux groupes de rock en quête d'une crédibilité perdue et d'une jeunesse évaporée (1). Encore que dans mon cas personnel, il s'agirait plutôt une manière feinte de calmer sa solitude et son aigreur en ouvrant son paquet de madeleines en provenance des 90's.

1991. Drôle d'année musicale... enfin disons une année pleine et finalement marquante à plus d'un titre. Et le metal addict qui appréciait les assauts les plus virulents ne fut pas en reste: le tourbillon death metal renversait tout sur son passage (tout du moins dans l'underground) et le black metal norvégien sortait du bois avec le cultissime A Blaze in the Northern Sky de Darkthrone. Dès lors, qu'advenait-il de l'ancienne garde extrémiste des 80's? Ou en d'autre terme, combien de personnes restaient-ils pour miser quelques kopecks sur les groupes de thrash metal restant?

A cette dernière question, on pourrait répondre en citant quelques exemples précis: le groupe évolue vers le grand public, comme Metallica et son black album sorti justement en 1991, soit on sombre dans un anonymat certain en attendant une prochaine aura pseudo-culte, Overkill par exemple, ou bien on garde le cap tant bien que mal en évoluant un tant soi peu avec quelques fortunes diverses, comme Slayer ou Anthrax, ou pire (?!) on arrête les frais, la machine n'intéressant plus grand monde, Dark Angel... en attendant une prochaine reformation dans les 00's tel Death Angel (2).

Mais comme toujours, il reste des exceptions, et les brésiliens Sepultura font école en la matière. D'ailleurs, en regardant de plus près, il y a de quoi être surpris par leur parcours. Formé autour de l'ossature fraternel des Cavalera, Igor et Max, Sepultura nait en 1984 à Belo Horizonte alors que les deux frangins n'ont même pas encore 15 ans. Ainsi après des débuts fortement influencé par Hellhammer, Venom ou Sodom, le jeune groupe propose un thrash metal des plus véloces, et ceci jusqu'au début des années 90. Et il est vrai qu'à la différence des groupes américains de thrash, en particulier la fameuse scène de la Bay Area, Sepultura se distingue par des rythmes plus brutaux ou une voix écorchée. Dès lors, bien que restant dans un domaine purement thrash, le groupe de Belo Horizonte reste souvent affilié à la scène death US. Parallèle appuyé s'il en est, leur album Beneath The Remains et Arise étant produit par l'un des producteurs incontournables de la scène death en provenance de Floride, Scott Burns.

Après donc le coup de massue Beneath The Remains qui permit à Sepultura de se faire connaitre sur la scène internationale, avec en point d'orgue une participation marquante au Dynamo Open Air d'Eindhoven, les quatre brésiliens reviennent deux ans plus tard avec Arise en 1991. Album plus mature et mieux produit qui marque encore un peu plus la patte de Sepultura avec leur style à la contrée du thrash et du death. Néanmoins quelques évolutions musicales pointent à l'horizon, un léger virage expérimental qui aboutira au phénoménal Chaos A.D. Ainsi, Sepultura s'ouvre un peu plus à la musique industrielle et a la judicieuse idée d'ajouter quelques percussions, mettant à jour (sommairement certes) leur identité brésilienne. Mais Arise, c'est aussi une tournée dantesque de deux ans, où pas moins de 39 pays eurent droit aux assauts des Cavalera and co. Pays, il faut le souligner pour un groupe de metal ou de rock, ne se résumant pas seulement aux pays occidentaux.

C'est à cette époque que leur label Roadrunner eut la bonne idée de filmer un concert de leurs petits protégés lors d'une escale en Catalogne au Teatro Zeleste de Barcelone le 31 mai 1991. Une vidéo intitulée Under Siege (Live in Barcelona) qui rappellera aux nostalgiques le temps béni des vidéos VHS, les vidéos de concerts de metal étant des plus rares... alors du thrash, vous pensez... Under Siege se compose donc d'extraits du concert et d'interviews des quatre membres du groupe, à savoir les frères Cavalera, Andreas Kisser et Paulo Jr. Une playlist qui fait la part belle aux deux derniers albums, quatre titres d'Arise, trois de Beneath The Remains, puis un titre des deux premiers albums, avec cerise sur le gâteau la reprise de Motörhead, Orgasmatron. Quant aux interviews, elles ont le mérite d'être suffisamment intéressante et informative, Max Cavalera nous faisant grâce au passage de ses provocations à deux réaux (3).

Under Siege (Live in Barcelona), une vidéo culte? Assurément. Un instantané des plus réjouissants d'une époque révolue.

PS: Under Siege fut rééditée quelques années plus tard en DVD, sur Chaos DVD, regroupant deux autres VHS de Sepultura des 90's: Third World Chaos et We Are What We Are.


Sepultura - Orgasmatron (Motörhead cover)

____________________________________________________________________________________________________

(1) Pas certain ceci dit que les dit groupes deviennent encore un peu plus ringard dans le cas présent à ne jouer que des vieux morceaux. Enfin, ça fera toujours plaisir aux vieux fans boudinés d'assister au retour des anciennes gloires... qui plus est lorsqu'il s'agit d'une reformation... le syndrome Spinal Tap en somme

(2) Oui le mot "angel" revient souvent dans les patronymes des groupes de metal... étonnant, non?

(3) Le réal étant la monnaie brésilienne... donc un réal, deux réaux...

9 commentaires:

  1. Sinon, "back to basics", c'est aussi le nom d'un album de Christina aguilera...
    Voilà voilà, si on me cherche hein...

    RépondreSupprimer
  2. euh oui mais là non en fait XD
    la vache, passer de Sepultura à Christina Aguilera... c'est de mieux en mieux ce blog ^^

    RépondreSupprimer
  3. Dahu Clipperton08/06/2009 15:19

    On peut citer aussi Ween, qui avait transformé le "Back to basics" en "Back to bosom" ;-)

    RépondreSupprimer
  4. note que "back to bosom" est plus classe qu'un "back to the womb" LOL

    RépondreSupprimer
  5. Je me fais le devoir d'écouter ce disque !

    RépondreSupprimer
  6. surtout que c'est une vidéo XD
    Bon après tu peux trouver des bootlegs relativement facilement sur le net qui reprennent que la partie musicale, exit donc les itw.
    Ensuite, certains morceaux live ont été repris comme faces B pour quelques EPs de l'époque comme: "Third World Posse" ou "Refuse/Resist"

    RépondreSupprimer
  7. En vérité, je n'aime que deux disques de Sepultura: chaos AD et roots qui déchire sa mère.
    Sinon, je n'ai pas trop suivi ce qu'ils ont fait après: sans Calera, ce groupe a déjà bcp moins de classe.
    Par curiosité, j'ai écouté aussi ce qu'ils ont fait avant mais je n'accroche pas.

    RépondreSupprimer
  8. par provocation gratuite, je dirais que Sepultura pré-Chaos AD, c'est du Sepultura qui n'est pas mainstream... mais c'est pas aussi simple, et faux... même si effectivement c'est véritablement à partir de Chaos AD puis de Roots qu'ils sont devenus véritablement populaires et ont réussi plus ou moins à se faire connaitre au près d'un public plus rock et moins metal.
    Disons qu'avant le glorieux Chaos, Sepultura joue un thrash efficace, brutal mais qui manque encore de "personnalité" tout en étant une approche extrême... bref, c'est pas pour les Mickey :P
    Enfin delà à minorer l'influence des premiers albums. Par exemple, l'album Schizophrenia eut une influence notable chez Immortal.

    Pour Roots, disons que pour faire court, je préfère écouter le live à la Brixton Academy où ils jouent pratiquement l'intégralité de l'album que de me fader l'album studio... Robinson à la prod mouais, bof. Ceci dit, demander au futur pape du son neometal de les produire, sur le principe, c'est êre en avance sur son temps puisque ce fumeux mouvement n'en était qu'à ces premiers balbutiements... et encore mouvement, c'est vite dit, y'avait que le premier album de Korn. M'enfin bon, piquer quelques plans d'un groupe underground appelé Korn, c'est avoir le nez creux. Une intuition bien sentie en somme.

    Pour la suite des aventures de Sepultura, j'ai plus vraiment suivi l'affaire ne pouvant pas encadrer la voix du nouveau vocaliste... d'autant plus dommage que le dernier A-Lex, qui eut des critiques très très variées, me paraissait pas mal du tout mais handicapé avec cette voix qui bouffe tout.

    Quant a Cavalera en solo... je passe... et encore le meilleur fut la réunion des frangins l'année dernière pour cette grosse blague Cavalera Conspiracy... XD

    RépondreSupprimer
  9. c'est vrai que j'avais écouté le groupe de Cavalera, Soulfly et c'était vraiment pas terrible, pr être gentil.

    RépondreSupprimer