Cronico Ristretto: Quiet Inlet - Food (2010)

En attendant de croiser le cuivre avec les sorties 2011, fermons (momentanément?) le chapitre jazz de l'année passée avec cet autre album fraîchement signé chez ECM: Quiet Inlet du duo nommé Food.

Cette formation au patronyme pittoresque bien que créée en 1998 sous l'aspect d'un quartet, devra attendre 2006 pour laisser apparaître son ossature finale, c'est à dire le saxophoniste britannique Iain Ballamy et le batteur norvégien Thomas Strønen, ces derniers invitant par la suite des musiciens à chaque nouvel album. Et Quiet Inlet ne déroge pas à la substantifique règle de la paire, les guests étant cette fois-ci le guitariste autrichien Christian Fennesz et cerise sur le gâteau bavarois (1), le trompettiste norvégien, Nils Petter Molvaer (rien de moins), les deux musiciens s'occupant également des effets électroniques.

Si le précédent met de Food, Molecular Gastronomy (2007), avait laissé un peu sur sa faim le chroniqueur amateur, leur nouvelle arrivée chez la maison Eicher permit au contraire au duo un recul salvateur, sinon la découverte, tout du moins une réaffirmation des espaces et autres atmosphères qu'aime conter par exemple leur contractuel souffleur et compositeur de Khmer (1998), Molvaer. Car contrairement à un Gastro pollué par des boucles électro éculées, noyant le duo et consorts sous une pluie d'effets nuisibles, ce nouvel opus offre un visage où le souffle éthéré des deux jazzmen et les percussions tribales de Strønen (re)deviennent le meilleur vecteur d'une musique improvisée et mélodique.

Contre toute attente, Quiet Inlet n'aligne aucun quartet, mais prend la forme d'un trio, Fennesz et Molvaer n'apparaissant que sur des morceaux distincts (2). Un choix qui s'il peut faire naitre quelques déceptions de prime abord, n'enlève en rien à l'expressivité des trois musiciens en présence. Un album marqué du sceau ECM où l'épure et l'introspection savent encore, comme souvent sur ce label, être de véritables portes vers l'imaginaire au gré d'un saxophone lyrique, d'une trompette mystérieuse, d'un batteur minimaliste… et une guitare un peu trop en retrait.

Un sixième album électro-acoustique à découvrir.




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(1) On rappelle pour la dernière fois que le siège du label de Manfred Eicher se trouve à Munich?

(2) Christian Fennesz sur Tobiko, Mictyris & Fathom, et le trompettiste norvégien sur les quatre autres :Chimaera, Becalmed, Cirrina & Dweller.

2 commentaires:

  1. fouchtra si ya fennesz je fonce alphonse !

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  2. @ Diane: oui mais il reste assez en retrait, il est loin d'avoir la même empreinte que les autres musiciens sur ce disque, c'est le bémol de ce Quiet Inlet je trouve.

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