Cronico Ristretto: Mountain Mocha Kilimanjaro - Uhuru Peak (2010)

Il aura fallu qu'un petit animal bondissant à la robe fauve tacheté de noir s'adonne au joie de l'Afrobeat britannique pour que l'auteur au style tortueux, chantre des phrases construites d'une manière trop alambiquée, décide de creuser un sillon similaire, se faisant l'écho d'une autre formation aux antipodes des préjugés assimilés à la nationalité des protagonistes: les japonais Mountain Mocha Kilimanjaro. Uhuru Peak, chronique ultra référencée pour une musique qui l'est tout autant.

Six énergumènes en costard cravate en provenance de Tokyo, habillés comme des gangsters, une progéniture déviante résultat des coucheries d'une bande de yakuzas tragico-grotesques signée par un Takeshi Kitano tribute band? L'analogie aurait été bien trop simple quoique plausible.

Le sextet nippon s'est fait connaitre en 2008 par la sortie de leur premier album éponyme et leurs diverses prestations sur l'archipel, la musique funk incandescente des dénommés Temjin, Carlos, Bobsan et autres MZO, Ginger et Tiger s'accordant idéalement et sans surprise avec les ambiances moites des clubs. Une musique instrumentale exothermique s'accordera même à souligner le physicien, vibrante et énergique, qui permit au Mountain Mocha Kilimanjaro d'accroître sa popularité à travers les festivals japonais mais aussi en dehors lors d'une tournée de trois semaines en Australie.

2010, les funky gangsters from Tokyo reviennent avec un nouvel album intitulé Uhuru Peak. A l'écoute du titre d'ouverture, 乱暴, l'ombre des seventies ne fait aucun doute, le groove rotationnel de la section cuivre (trompette, saxophone) additionné à celle de la six cordes de Naokazu Kobayashi alias Bobsan accomplit la synthèse des meilleurs moments funk des frangins Randy et Michael Brecker, sidemen de Billy Cobham sur son suintant A Funky Thide of Sings (1975), et des plages acid-jazz des Beastie Boys. Impression accentuée par les plages suivantes où d'autres influences notables viendront se greffer au fur et à mesure, et au gré du talent des musiciens, l'organiste Yuki Mizoguchi alias MZO piochant du côté du Fender Rhodes d'Herbie Hancock époque Fat Albert Rotunda (1969) et où la figure titulaire George Clinton pourra difficilement ne pas être évoquée sur l'introduction de Mr Soul Machine Gun par exemple.

Ce second album des Mountain Mocha Kilimanjaro s'il ne renverse en rien le paysage musical actuel, de par sa maestria et son éclectisme funk, évoque les meilleurs et versatiles DJ mixes. Du langoureux et Al Greenien A Woman Changed My Life à la jam session James Brownienne finale Love Spectrum en passant par les épileptiques Sympathy et (Ain’t Got Nobody) Just A Ramblin’ Man, Uhuru Peak sait être un album efficace à défaut d'originalité, taillé pour la scène donc... A quand une tournée européenne dès lors?



Leur Myspace.

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