Cronico Ristretto : Inside Deep Throat - Fenton Bailey & Randy Barbato (2005)

1972, un cataclysme secoue l'Amérique hypocrito-bien pensante de Richard Nixon, Deep Throat de Gerard Damiano débarque dans les salles obscures. Un petit film indépendant d'un budget misérable de 20 000 dollars tourné en moins d'une semaine dans un hôtel miteux de Floride qui deviendra l'un des plus gros succès du cinéma étatsunien... alors que deux années plus tard, la France connaitra d'autres émois plus exotiques, moins fantaisistes, en suivant les aventures giscardo-émoustillantes d'une blonde néerlandaise, future VRP dans l'import-export du fauteuil en rotin.

Un peu plus de trois décennies après sa sortie en salle, la chaine HBO eut l'idée judicieuse de produire un documentaire intitulé Inside Deep Throat, évoquant la création et le tournage de ce succès surprise, véritable pilier de l'âge d'or de la pornographie 70's. Une genèse à l'intérêt étonnamment mineur, disons moindre, comparée aux volets suivants se focalisant sur l'hystérie et la véhémence disproportionnée des opposants, puritains en particulier, auxquelles le long métrage a dû faire face. Un documentaire divertissant (dans la grande tradition américaine des vingt dernière années ?) qui néanmoins n'hésite pas à souligner les zones d'ombre que cachait ce film, sa connexion et son financement mafieux, mais aussi et surtout le destin des protagonistes loin d'être préparés à tant de remous médiatiques... et judiciaires.

Premier film de la "sainte" trilogie porno (Deep Throat, Devil in Miss Jones et Behind the Green Door) qui donnera naissance au Porno Chic, Gorge Profonde dépassa très rapidement les attentes de son cinéaste libidineux (et de la profession) propulsant par la même occasion au rang de star et d'icône populaire son actrice principale : Linda Lovelace. Une jeune femme sous influence apprendra t-on, aux prises avec un mari manipulateur n'hésitant pas à vendre les charmes de sa moitié sur pellicule (pour toutes sortes de performance (1)), et dont la renommée soudaine aura des conséquences sinon désastreuses pour sa vie personnelle (2), en tout cas indélébiles, et qui lui vaudront tour à tour de devenir la porte parole d'une sexualité désinhibée, puis par la suite dans un rôle diamétralement opposé, caution pour féministes énervées lorsque celle-ci se retourna contre l'industrie phallocrate du porno.

Les deux réalisateurs Bailey et Barbato vont ainsi chronologiquement se concentrer sur les trois acteurs principaux de cette future cynico-tragicomédie : Damiano, Lovelace et l'acteur Harry Reems (alias le bon docteur Young). Le médecin libérateur d'orgasme oral paiera en effet paradoxalement le plus lourd tribu, érigé à l'époque comme le parfait bouc-émissaire, et coupable idéal aux yeux d'une justice étasunienne porte étendard des valeurs les plus conservatrices et puritaines (3). Conté par le regretté et récemment disparu Dennis Hopper, Inside Deep Throat narre une mécanique implacable, celle d'une révolution sexuelle avortée, vite récupérée par un capitalisme et une industrie aux dents longues.


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(1) Linda Lovelace ayant semble t-il eu le "privilège" d'être l'une des premières actrices à tourner une scène sexuelle à caractère canin...

(2) La vie de Linda "Lovelace" Boreman n'ayant pas attendu l'exploitation du film pour virer au quasi-pathos…

(3) Et on appréciera au passage la prestation du procureur, à l'époque du procès... et plus encore lors de son interview en 2005, plus intéressé par la loi sur l'obscénité que par la justice.

5 commentaires:

  1. bon moi je retourne à mes Brigitte Lahaie et autres Electric Blue hein

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  2. @ Diane: Et Florence Guérin, c'est du poulet?! :-P

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  3. une sacrée poulette oui ! je lui mangerais bien l'intérieur des cuisses et les suprèmes :P

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  4. @ Syst: Hum, il vous en prie! ;-P

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