Cronico Ristretto: Mastermind - Monster Magnet (2010)

Dans la série des raccourcis rapides, après les idées reçues, laissons la place à une autre plaie du chroniqueur musical, les conséquences malheureuses que pourraient provoquer l'écoute distraite d'un album. En d'autre terme, s’il ne faut jamais (totalement) se fier aux idées préconçues, il en va de même pour la première écoute d’un album et du sentiment mitigé qu’elle peut engendrer, qui plus est lorsque vous gardez en mémoire les premiers méfaits de la formation sans tenir compte de l’évolution du dit groupe, évolution que vous n’avez de toute façon pas suivi depuis belle lurette.

Si à une époque bénite (1), le groupe de Dave Wyndorf avait réussi à conjuguer les plages space rock d'un Hawkind avec la pesanteur d'un Black Sabbath sur l'excellent Tab (1991) ou encore proposer l'un des meilleurs albums de heavy rock des 90's (Spine of God) , la trajectoire de la formation après les derniers tours de vis marquants prénommés Dopes to Infinity (1995) et Powertrip (1998) s'était quelque peu brouillée, tout du moins diluée au cours du temps, pour ne proposer "que" de bons albums anonymes...
à l'image du side-project du même Wyndorf, The Atomic Bitchwax. Des années 2000 où les plus sévères auront à cœur de ne retenir que les rééditions des deux premiers albums précités, la flamboyance du Monster Magnet des débuts comme d'autres pairs s'étant au fur et à mesure dissipée.

Or faut-il le souligner de nouveau en attendant le nouvel an, 2010 reste l'année (par défaut) des musiques intemporelles. Soit le moment propice et idéal pour un nouvel album d'un des derniers dinosaures du stoner rock en activité (2), Mastermind des Monster Magnet.

Pour reprendre les propos tenus en préambule, la première écoute de ce huitième album de la bande à Wyndorf laissa comme un goût d'inachevé... étrangement avec le recul, tant les écoutes suivantes vont infirmer cette impression, Mastermind est sinon un album gorgé à ras bord de tubes, tout du moins un disque d'une rare efficacité à l'image des deux premiers titres d'ouverture, le massif Hallucination Bomb et l'énergique Bored with Sorcery.

Le groupe du New-Jersey propose ainsi douze titres (3) relativement variés avec néanmoins une constante, la place accordée à la basse ronronnante de Jim Baglino. L'album garde une ossature basée sur des mid-tempos avec quelques écarts intéressants, Wyndorf ayant pris l'habitude de varier les plaisirs du stoner, tel l'intimiste Time Machine ou le mélodique Ghost Story... mais que les bikers se rassurent, Monster Magnet ne les a pas oublié sur 100 Million Miles.

Mastermind, un album moins psychédélique que par le passé, plus heavy, mais qui n'en reste pas moins l'album stoner de l'année.

Album en écoute sur leur Myspace.

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(1) Comprendre "celle des débuts" cf les propos du préposé conservateur.

(2) Monster Magnet fut formé en 1989.

(3) Plus deux si on compte les bonus: Watch Me Fade et Fuzz Pig.

4 commentaires:

  1. Et l'autre catégorie, c'est encore celle où l'on se base sur la pochette pour décliner le style du groupe... là, on se trouve dans une sorte de MOTORHEAD hot rod... :-)

    SysT

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  2. Ah ça, les pochettes de Monster Magnet ont fait beaucoup de mal à ce groupe.

    Tout à fait d'accord sur ta chronique en tout cas. Même si c'est fatiguant parfois d'écouter certains artistes qui n'en finissent plus de sortir des merdes et qu'on se force à écouter juste pour vérifier s'ils ne feraient pas à nouveau de bons trucs.
    Et c'est ici le cas : un album qui remonte le niveau des derniers temps.


    Je me permets de coller ici (je sais, ça ne se fait pas) mon appréciation sur le cdb 2010 de cet album dont j'avais demandé qu'il soit mis à l'appréciation des blogueurs :

    Monster Magnet - Mastermind 7/10
    Ce n’est pas encore ça, mais c’est un retour vers des niveaux anciens, quand monster magnet et son stoner (style dont je ne connaissis le nom en 92) m’explosait de sont psyché hard rock jouissif. Le concert de l’an dernier à paris (merde, c’était où ? je ne m’en souviens plus, une petite salle vers l’Olympia…) m’avait fait sentir que Wyndorf avait du faire le ménage intérieur (désintox ?) et qu’il déroulerait désormais professionnellement les archétypes qui font que Monster Magnet est Monster magnet. Le résultat dans cet album, pas innovant, qui déroule, donc, toutes les caractéristiques ISO 9002 qui font qu’un album de Monster Magnet est un album de Monster Magnet. Mais avec un petit plus, perdu depuis longtemps selon moi : de l’âme et de la folie.
    La basse est fortement mise en avant, certains moments nous éloignent du new Jersey pour proposer un hard rock presque FM, mais il y a toujours ces boucles lourdingues qui vous mettent les pieds dans le noyau terrestre et la tête dans les brouillards des High lands. J’aurais aimé mettre davantage que ce 7, mais on est loin de Superjudge, Tab ou Spine of god. Quand même.

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  3. @ Christophe: très bon point de vue complémentaire! Moins bon que les premiers, rien de neuf sous le soleil, mais un très bon album compte tenu des états de service de Wyndorf and co qui sait rester efficace. On n'en attendait pas autant. 7,5/10 pour moi :-)

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