Funky Front Covers - Part XIII

Comme chaque année, depuis désormais une décennie, voici le rendez-vous annuel de la fin du mois de décembre où le RHCS convie les amateurs et amatrices de sensations fortes. Non content de vous souhaiter nos meilleurs vœux, chantons tous l'avènement de la treizième saison des Funky front covers ©, ou le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Classique parmi les classiques, afin de débuter en douceur cette nouvelle saison, avant de débrider par la suite nos sens, offrons nous une mise en bouche à base de déguisement :


Formé en 1978, par le duo de producteurs, Dick Griffey, fondateur du label Solar Records, et Leon Sylvers III, Dynasty publie son premier album, Your Piece Of The Rock, l'année suivante. D'une mise en scène inspirée, au hasard, des pochettes de Shalamar (autre formation signée sur Solar), Dynasty se fait remarquer dès ce premier opus dans les charts anglais par leur hit I Don't Want to Be a Freak (But I Can't Help Myself). Datant de 1977, les recherches concernant le groupe de disco allemand Mafia furent plutôt infructueuses. Auteur d'un unique single Push Push Man, écrit par les dénommés H. Carpendale et J. Horn, on aura vite compris les motivations des producteurs à l'écoute de cette resucée teutonne voulant surfer sur le succès de Ma Baker de Boney M. Provenant du Kentucky sous la houlette des frères Calloway, le trompettiste Reginald et le tromboniste Vincent, accompagnés de la chanteuse Belinda Lipscomb, Midnight Star furent déjà les auteurs d'un premier album, The Beginning, à la pochette science-fictionnelle. L'année suivante, leur deuxième opus, signé (de nouveau) chez Solar Records, joue la carte de l'exotisme merveilleux, avec ces costumes évoquant ceux d'Earth, Wind and Fire, le disque leur offrant leur premier hit I've Been Watching You.

Des déguisements, c'est bien, mais entre filles, c'est encore mieux...


Si le nom évoque en nos contrées les enquêtes policières gériatriques d'Angela Lansbury, Arabesque est aussi et surtout le nom d'un groupe disco allemand, connu pour avoir intégré à partir de son second album, City Cats (1979), la dénommée Sandra Lauer. Une demoiselle âgée de 17 ans qui, non contente d'exhiber crânement son aisselle droite sur ladite pochette, connaitra après la dissolution du trio en 1984 une carrière solo, sous son seul prénom, auréolée de quelques succès dont In the Heat of the Night l'année suivante, clin d'œil volontaire, ou non, à l'une des chansons dudit disque, In The Heat of a Disco Night, composé comme toujours par un certain Jean Frankfurter (alias Erich Ließmann), version bis de son compatriote Frank Farian, producteur et tête pensante du quartette Boney M. Autre formation créature d'un producteur omnipotent, dans la grande tradition du disco, le groupe Musique cache derrière ses trois chanteuses l'américain Patrick Adams, ex-collaborateur de Black Ivory (trio croisé lors des Funky Front Covers - Part IX) et qui signa, avec ce premier album, Keep on Jumpin', un des succès de l'année 1978 dans les clubs étasuniens avec le single In the Bush en face A et le titre éponyme en face B. Dernier trio factice, New Paradise, et ses trois nymphettes drapées dans du satin rose en couverture de ce premier album éponyme, est la création du français Leo Carrier, formation qui signera jusqu'en 1983 quatre albums dont un La fête en 1981, avec comme section rythmique, Jannick Top, ex-Magma, à la basse, et un certain Bernard "Minet" Wantier à la batterie et aux percussions.

Rarement évoqué dans les précédentes éditions, cédons la place à quelques illustrations décalées...


Produit par Morty Craft, ancien féru d'easy-listening accompagné de ses Singing Strings durant la décennie 60's, et enregistré sur les terres new-yorkaises, l'unique album de Venus Rising, Live on Venus (1977), a tout de l'objet obscur. On n'en saura pas plus. Reste cette pochette d'une Vénus semi-minérale. Autre disque tout droit sortir d'où on ne sait où, Witch Queen est l'unique album éponyme datant de 1979 d'une formation menée par le producteur italo-canadien Gino Soccio. La même année, il sortit sous son vrai nom l'album Outline, dont le single Dancer lui valut un certain succès dans les clubs outre-Atlantique. En sus de cette pochette en décalage avec l'univers disco, Witch Queen compte deux reprises dansantes de deux classiques du rock, le glam Get It On du T. Rex de Marc Bolan, et encore plus étonnant le All Right Now de Free. D'une pochette qu'on croirait tirée d'un film d'exploitation crapoteux made in Italy, Zebra est le fruit déviant, si on en croit les rares crédits, de la collaboration entre deux producteurs hexagonaux, Alain Lacour et Jean Lahcene, ou une version ultra bis en somme de la bande originale du film Brigade mondaine signée Cerrone la même année. 

Passons enfin aux choses sérieuses avec ces trois pochettes des plus expressives...


Premier album éponyme de Juicy, l'aspect équivoque de la pochette et du nom du groupe a de quoi surprendre en découvrant que cette formation est composée exclusivement d'une fratrie, Jerry et Katreese Barnes. Sorti la même année en 1982 que leur précédent et premier single, Don't Cha Wanna, le disque connut un succès des plus relatifs, les Barnes atteignant une plus grande notoriété avec la chanson Beat Street Strut, incluse dans la bande originale du film du même nom, Beat Strut, ou l'un des premiers longs métrages à s'intéresser à la culture hip-hop en 1984, puis l'année suivante avec leur plus grand succès, la chanson Sugar Free. Autre formation inconnue, provenant du Canada, Champagne explosion cache derrière ce patronyme débordant le couple Denis et Denyse LePage, futur leader du groupe disco québécois Lime (découvert lors des Funky Front Covers - Part X). Composé pour moitié, soit la face A, par Peter Di Milo, la seconde face contient deux reprises, Love Now, Hurt Later de Giorgio Moroder, tiré de l'album Love's in You, Love's in Me, et plus surprenant une relecture du Jesus Christ Super Star d'Andrew Lloyd Webber. Parodique au possible, la pochette de l'unique disque des Pumps, Petroleum, dissimule le trio de producteur et compositeurs, François Bernheim, Jean-Pierre Lang et, rien de moins que le touche-à-tout, Boris Bergman.

Dernier tour de piste, l'ambiance devient torride, et les corps de plus en plus moites et lascifs...


Père de l'euro disco, Giorgio Moroder, avant de poser les bases du genre depuis son légendaire Musicland Studios munichois, forma un court instant le groupe Spinach avec le chanteur allemand Michael Holm. Sorti en 1973, leur seul et unique album, nommé sobrement Spinach 1 ne laisse en rien présager la révolution électro-dansante à venir, Moroder restant encore dans un style purement pop/rock 70's. Deux ans plus tard, son album de transition électronique Einzelgänger (1975) annoncera sa nouvelle direction. Après des débuts latino, la paire Bimbo Jet, composée de Claude Morgan et Laurent Rossi (fils de Tino), revenait en 1979 avec leur dernier 45 tours Love to Love, dans la continuité de leur précédent single Love Is What We Need, trois ans plus tôt, qui amorçait déjà leur virage disco. The last but not the least, concluons cette treizième édition avec le premier album de Jumbo '76, alias le tromboniste français Charles Orieux et le guitariste allemand Ingo Cramer, deux musiciens de studio venus faire leur beurre, avec dame lascive en sus, dans le genre, avec Sexy Lady (Let's Dance Dance Dance To Jumbo '76), paire que l'on retrouvera deux ans plus tard sous le sobriquet Charingo.

En vous donnant déjà rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle saison des Funky front covers © !

2 commentaires:

  1. Encore une glorieuse cuvée pour les funky front covers version 2019 !

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  2. L'intrigue du film me semble être la même que celle des films https://libertyvf.land/fantastique/ modernes.

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