Funky front covers - Part X

Jouez hautbois, résonnez musettes ! Elles sont de retour, chantons tous l'avènement de la dixième saison des Funky front covers ©, ou une fois encore, le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts des années 70 et 80.

Commençons en douceur, et offrons à notre lectorat féminin en guise d'apéritif quelques conseils avisés en matière de mode capillaire eighties :

  

Cousine du grand Sam Cooke, Carolyn Strickland, plus connue sous le nom Carol Douglas, débuta dès l'âge de 15 ans sa carrière de chanteuse professionnelle en 1963 avec le single I Don't Mind (Being Your Fool). Dernier album de sa carrière (1), I Got Your Body pourrait apparaître de prime abord bien timoré, surtout pour ceux qui gardaient en mémoire le sémillant déshabillé de la dame en couverture de son précédent album Come Into My Life (1979). Erreur ! Le préposé en veut pour preuve la prestation de miss Douglas pour la télévision néerlandaise et son single You're Not So Hot. Premier album de Meli'sa Morgan, Do Me Baby (1986), du nom de sa reprise de la ballade de Prince, originellement sortie sur Controversy (1981), confirme au besoin la folie capillaire qui déferla sur les années 80. Version ultime de la choucroute gaufrée, miss Morgan offrait en quelque sorte une réponse à sa consœur Shannon et son electro-pouet-pouet sur son Do You Wanna Get Away (1985).

Des délires capillaires au mise en scène débridée, il n'y a qu'un pas... 

  

Troisième album de la formation Shalamar, introduisant par la même occasion le chanteur Howard Hewett, en remplacement de Gerald Brown, le bien nommé Big Fun (1979) poursuivait la fantaisie graphique de Disco Gardens. Encore plus débridé que leur précédent disque, Big Fun signait également le plus grand succès commercial de ce groupe emblématique du disco étasunien avec les tubes Right in the Socket ou Take Me to the River. Autre trio évoquant cette fois-ci une version féminine du Parliament de George Clinton, de par leur look carnavalo-science-fictionnel, le trio Stargard composé de Rochelle Runnells, Debra Anderson Janice Williams fit parler d'elles en 1977 avec un des tubes R&B de cette année What You Waitin' For, chanson éponyme de leur deuxième album. Dernier trio de notre exposé, Lady Flash, soit Debra Byrd, Lorraine Mazzola et Monica Burruss, fut le trio vocal et chœurs attitrés de Barry 'Copacabana' Manilow durant les années 70. Unique album des dames, avant que celles-ci ne se séparent, Beauties in the Night sorti en 1976 marquait également l'une des dernières collaborations avec Manilow, ce dernier faisant office pour ce disque de compositeur, producteur et arrangeur.  

Que ne serait les Funky front covers sans un florilège de nos plus beaux mâles avec cette année une spéciale fratrie! 

  

Auteurs du tube Never My Love pour le groupe The Association en 1967 pour leur album Insight Out, les Addrisi brothers purent à loisir profiter des royalties de cette bluette easy listening tant celle-ci fut reprises par une multitude de chanteurs et de musiciens : d'Astrud Gilberto à Grant Green, de David Hasselhoff à Billy Crawford ! Dix ans plus tard, Don et Dick remirent le couvert et les pieds dans la piscine pour leur second album éponyme, avec une version que n'auraient pas renié les frères Gibb. Musiciens pour Bobby Womack et Billy Preston, avant de se lancer dans une carrière en duo entre 1976 et 1988, les Brothers Johnson cassèrent littéralement la baraque en 1980 avec leur quatrième album, et dernière collaboration avec Quincy Jones qui les suivait depuis leurs débuts. Porté par leur tube Stomp!, ce disque qui déborde sans équivoque d'émotion lumineuse bien placée fut enregistré, pour la petite histoire, en même temps que le multi-platiné Off The Wall, qui non content d'avoir le même producteur, partageait également nombre de musiciens, Michael Jackson participant en sus aux chœurs et à l'écriture de This Had to Be. Quant aux amatrices et amateurs d'éphèbes permanentés tout de cuir vêtu, After Midnight des Valverde Brothers devrait réjouir les derniers récalcitrants ! A l'écoute de leur seul et unique album, et de leurs reprises disco du classique de J.J. Cale ou du Layla de Derek and the Dominos, on comprend très vite que le disque fut enregistré afin de profiter du succès de Santa Esmeralda...

Que la température monte d'un cran, que les t-shirts se pâment de volupté transparente, humide ou non...

  

Inconnue (à peu de chose près) en France, María del Rosario Mercedes Pilar Martínez Molina Baeza, dit Charo, incarna à partir des années 60 l'archétype de la starlette dans son pays d'adoption, les Etats-Unis, celle-ci multipliant les apparitions télévisuelles dans divers shows, dont celui d'Ed Sulllivan, jusqu'à obtenir l'ultime consécration avec pas moins de huit apparitions dans la série La croisière s'amuse. Mariée à 15 ans au maestro Xavier Cugat (de cinquante et un an son aîné), Charo se lança dix ans plus tard en 1977 dans une carrière solo. Accompagnée du  Salsoul Orchestra pour ses trois premiers albums, l'équivoque Cuchi-Cuchi marquait dès lors ses débuts discographiques. Caliente. Amorçant leur virage vers une musique davantage destinée aux clubs, avant de gagner le titre honorifique d'auteur de la première chanson rap avec King Tim III (Personality Jock), précédant de quelques mois le culte Rapper's Delight du Sugarhill Gang, Yum-Yum (1975) du Fastback band, mené par le batteur Bill Curtis, eut le bon goût d'éviter toute néfaste ambiguïté en ajoutant une innocente sucette afin de dissiper tout malentendu. En attendant le fameux postérieur évoqué lors de la première édition des FFC sur Night Fever un an plus tard. Your Love, premier album de la formation canadienne Lime, composée de monsieur et madame Denis & Denyse LePage : est-ce l'effet conjugué de la perruque, du chemisier transparent ou du pantalon rayé, la chanson éponyme propulsa toujours est-il le couple montréalais numéro 1 du top dance étasunien. Étonnant, non ?  
 
Dernier tour de piste, les corps se dévoilent... 

  

Avec cet unique album, Jungle Drums (1978), la paire Honey Simone / John Brown put séduire les amateurs d'exotisme en toc, et d'amours saphiques pourrait-on enchérir. Pas seulement, il suffisait pour cela de retourner ledit 33 tours des Wild Fantasy, et de découvrir par la même occasion un autre genre d'amitié somme toute plus virile. Second album du Charles Blackwell disco orchestra, Boogie Down ! (1978) jouait de nouveau la carte des corps dénudés après un Mess Around qui annonçait déjà la couleur deux ans plus tôt. Du constat premier que les filles sont décidément bien joueuses dès qu'il s'agit de se découvrir entre elles, on ne s'étonnera plus de remarquer que les rollers étaient dans les années 70 aussi un accessoire des plus érotiques, à l'image du 45 tours Get Up Get Down Your feet des producteurs Peter Yellowstone & Steve Voice, alias Carte blanche (huitième du nom !). 

En vous donnant déjà rendez-vous l'année prochaine pour une nouvelle saison des Funky front covers © !


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(1) A titre d'exemple, de ses six albums enregistrés entre 1975 et 1983, l'amateur éclairé de déviance musicale retiendra davantage la pochette pastel floral de son disque Full Bloom (1977) que sa reprise disco rancie des Doors, Light my Fire

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