The Last Horror Film - David Winters (1982)

Parmi les bonnes recettes que tout bon producteur ou réalisateur se doit d’utiliser pour fructifier à moindre frais un succès, la suite ou assimilé (1) a toujours eu pour des raisons évidentes de facilité/rentabilité la primeur des comptables du 7ème art. Mais lorsque vous n’êtes pas le géniteur du long métrage, et déveine supplémentaire, la providence ou votre porte-monnaie n’a pu vous faire obtenir les droits du dit succès, les possibilités restantes sont désormais assez minces si l'envie vous poussent encore à reprendre à votre compte (et à moindre frais) cette réussite passée… à moins de s’allouer les services de l'ancien casting et de leur proposer ni plus ni moins une version alternative du précédent film... (2)

Maniac de William Lustig avait marqué les esprits lors de sa sortie, au même titre que la prestation pathético-habitée de Joe Spinell. Or s'il faudra patienter John McNaughton et son terrible Henry pour enfin percevoir une véritable filiation inspirée, il aura fallu attendre bien moins longtemps pour que l’œuvre de Lustig rejoigne dans l'inconscient collectif le bal des effroyables slashers.

Vinny Durand (Joe Spinell) n'a d'yeux que pour l'actrice Jana Bates (Caroline Munro). Une passion qui vire rapidement à l'obsession pour cet apprenti cinéaste. Ce chauffeur de taxi new-yorkais espère convaincre sa muse de jouer dans son prochain film et ceci malgré les réprobations maternelles. Vinny abandonne dès lors momentanément l'appartement familial pour rejoindre la "reine des films d'horreur" lors du festival de Cannes (de 1981), prêt à tout pour rencontrer celle qui occupe toutes ses pensées créatrices. Jana Bates est en effet venue à Cannes pour promouvoir son dernier film d'horreur Scream (3), celle-ci étant aussi grand favorite pour obtenir le prix d'interprétation (4). Or ce qui devait s'apparenter à une fête, vire très vite au cauchemar: Jana reçoit des menaces de mort et son ex-mari désormais manager Bret Bates (Glenn Jacobson) est retrouvé mort dans sa salle de bain... décapité. Seule à avoir vu le cadavre, ce dernier disparaissant mystérieusement une fois la police sur les lieux, Jana est en proie à diverses manifestations sanglantes et aux intimidations de Vinny Durand, car les multiples occasions de croiser sa reine se solde irrémédiablement par des échecs cuisants, ce qui n'entame nullement ses envies, au contraire...

Co-produit par Judd Hamilton (producteur exécutif de Maniac et accessoirement (?) mari de Caroline Munro...) et réalisé par David Winters (qui joue le rôle du réalisateur dans The Last Horror Film), ce film partait sur de bonnes bases scénaristiques, avant d’apparaître très rapidement comme une déception. La faute à une mise en scène brouillonne handicapant très sérieusement la compréhension d'un film où les faux semblants, les mises en abyme et le suspense frisent plus d'une fois le ridicule, tant la frontière entre le premier et second degré est embrouillée. Un constat d'autant plus cruel pour miss Munro qui contrairement à ses précédents longs métrages (Starcrash par hasard) a tendance à ne pas en faire des tonnes, alors que Spinell s'en donne à cœur joie...

Les nombreuses références, clins d'œil et autres coups de canif (envers Sean Cunningham et son Vendredi 13) se voient vite dilués par une production bas de gamme : de nombreux passages bouche-trou filmés durant le festival de 1981 qui plairont néanmoins à l'amateur de documentaire bis (avec en prime le quota de demoiselles topless sur les plages cannoises). Un étrange film de famille : la propre mère de Spinell joue celle de Vinny, tandis que Judd Hamilton co-produit et co-scénarise les vacances de sa belle à Cannes.

Les frénétiques... un film qui se passe à Cannes, durant son festival, où un serial-killer rôde... ça ne vous dit rien, ça ne rappelle rien ? (5)





The last Horror Film (Les frénétiques) | 1982 | 87 min
Réalisation : David Winters
Scénario : Judd Hamilton, Tom Klassen, David Winters
Avec : Caroline Munro, Joe Spinell, Judd Hamilton, Devin Goldenberg, David Winters, Susanne Benton, Filomena Spagnuolo, Glenn Jacobson
Musique : Jesse Frederick, Jeff Koz
Directeur de la photographie : Thomas F. Denove
Montage : Chris Barnes, M. Edward Salier   
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(1) Depuis quelques temps la préquelle (en lieu et place de l’habituelle séquelle) peut très bien faire office de « numéro 2 ».

(2) En se gardant bien de jouer les amateurs et de brouiller suffisamment les pistes scénaristiques, il serait en effet dommage après toutes ces difficultés efforts de se faire prendre comme un bleu par les lois du copyright.

(3) Bravo sieur Craven!

(4) Ah ah, une actrice de film d'horreur favorite pour obtenir ce prix, ça vous la coupe! Hum...

(5) On sait au moins où Alain Chabat, grand amateur de cinéma gore, a trouvé l'idée de départ de La cité de la peur.

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