Cronico Ristretto : Dead Can Dance / Om / The Melvins


Sept ans après leur brève réunion le temps d'une tournée mondiale, la paire Lisa Gerard / Brendan Perry remet cette fois-ci le couvert avec un nouvel album après le très bon Spiritshaser, déjà vieux de seize ans (glurps). Au delà de l'émoi que pourrait conférer ce genre d’évènement (leur prochain concert au Grand Rex cet automne, le 27 septembre, est complet depuis quasiment la publication des dates), l'écoute des précédents albums solo des deux protagonistes tend malheureusement à relativiser la portée de la dite réunion. La diva world aurait-elle eu pitié de son ancien comparse après son pathétique Ark (2010) pour relancer le macchabée (tiroir-caisse), ainsi fut la première impression du cuistre préposé. Mauvais esprit ?

Pas tant que cela, cet Anastasis n'apporte rien. DCD est devenu même ce qu'on pouvait redouter, une caricature, pire, une coquille vide New-Age (le mot est lâché). Singeant les glorieux Within the Realm of a Dying Sun et Into the Labyrinth, le duo n'arrive qu'à offrir des interprétations désincarnées vides de sens et en toc, désormais devenu maître dans la création de musique relaxante. Et si les voix de Gerrard et Perry font encore illusion, le reste fait parti du passé. Il conviendrait alors d'écouter le disque suivant...



Advaitic Songs est en marge de devenir l'album le plus unanimement salué d'un autre duo : Al Cisneros et Emil Amos, le premier étant connu des initiés pour avoir été bassiste d'une formation désormais culte parmi les doomsters, Sleep, et le second, batteur du groupe Grails. Une actualité d'autant plus brûlante que ce nouvel album coïncide également avec la ressortie de la version Deluxe de Dopesmoker (et d'une tournée mondiale en sus).

Le préposé avait pourtant laissé le duo en 2009 avec un sentiment très mitigé, leur album God Is Good en dépit de qualité évidente n'était qu'une redite des précédents efforts. Le duo semblait alors incapable d'évoluer ou d'offrir une alternative à leurs trois premiers albums. Or Advaitic Songs déjoue admirablement les pronostics. Al Cisneros en gardant l’assise proprement hypnotique d'Om abandonne un peu plus le rivage stoner/doom pour une musique purement mystique et méditative, entre chants religieux, cordes somptueuses, percussions et mélodies orientales ; seul véritable pont avec leur passé vrombissant, le deuxième titre State Of Non-Return. De l'introductif Addis et son chant lumineux au final Haqq al-Yaqin et son invitation à la transe, Om signe avec Advaitic Songs l'un des plus beaux albums de 2012.
A découvrir.



Comme le laissait penser leur précédent album, The Bride Screamed Murder, la paire Buzzo / Crover redistribue les cartes de la formation culte et dit adieu à sa collaboration avec Jared Warren et Coady Willis du Big Business. Après une trilogie des plus efficaces et carrées, Freak Puke avait de quoi intriguer l'auditeur connaisseur tant un nouveau virage s’avérait sinon nécessaire, tout du moins prévisible après ces trois précédents albums un peu trop teintés de « classicisme » melvinsien. A charge pour le bassiste de changer la donne. Mais le nouveau venu n'est autre que Trevor Dunn, ancien membre de Mr Bungle ayant déjà croisé le fer avec Osborne au sein de Fantômas. Une présence en somme familière, de quoi donner un coup de pouce à l'univers barré des Melvins ?

Premier apport, Dunn troque la basse électrique pour une contrebasse. Cette nouveauté qui pourrait être prise comme un gadget apporte pourtant une profondeur supplémentaire, venant s'ajouter au groove et à l'étrangeté melvinsienne dès l'ouverture Mr. Rip-Off / Inner Ear Rupture. Imparable. Moins rouleau-compresseur que Nude With BootsFreak Puke n'en demeure pas moins un album réussi, le trio évite ainsi l'ancien piège de la dispersion (1) sans négliger l'aspect barré de la formation  (Worm Farm Waltz, A Growing Disgust). L'album se clôt par la réjouissante reprise des Wings de McCartney Let Me Roll It (faisant passer l'original pour une guillerette démo) et un Tommy Goes Berserk psychédilo-noisy.
Recommandé.
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(1) Ce qu'on pouvait reprocher à la trilogie expérimentale The Maggot The Bootlicker The Cry Baby.

2 commentaires:

  1. Pas mal du tout Om, je ne connaissais pas, mais comme je suis très féru de Grails (découvert en première partie de Wovenhand) et de tout ce qui est un peu folk/raga/psyché/métal ça ne pouva que me plaire

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    1. Oui acheté le vinyle ce weekend au passage, un double 33 tours (mais à passer en 45... tiens comme le Third de Portishead) avec une bien belle pochette en grand format :-)

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