Cronico Ristretto: 777 Sect(s) - Blut Aus Nord (2011)

Dans la mémoire du préposé, la musique de Blut Aus Nord pouvait se résumer à une introduction froide et lugubre, et à un riff, LE riff: répétitif, imposant, majestueux (Slaughterday (the heathen blood of ours)) ou la quintessence du black metal viking des 90's, celui des formations biberonnées aux élans épiques de Bathory... au détail près que Blut ne provenait pas de Scandinavie mais de l'hexagone, c'était en 1996, et la fin de leur première période.

Dix ans passent, Blut Aus Nord enregistre son œuvre: MoRT (Metamorphosis of Realistic Theories), fruit d'une mutation amorcée cinq années auparavant, un condensé de malaise noir en huit chapitres désincarnés, déchiquetés, véritable maelström black metal déstructuré aux confins de l'industriel et du dark ambient.

2011, Blut Aus Nord sort en avril le premier volet Sect(s) d'une trilogie intitulée 777. Nouvel album et grand retour de la formation normande mené par son leader Vindsval? Si l'affirmation s'avère en partie fausse tout du moins exagérée, Blut n'ayant jamais disparu, tout juste enregistré des albums anecdotiques après 2006 (1), ce premier chapitre de 777 s'apparente néanmoins comme une nouvelle pierre à l'édifice. Une synthèse tant Blut offre la quintessence de son art morbide et unique.

En attendant la sortie du deuxième volet The Desanctification en novembre prochain, et ainsi appréhender un peu mieux dans son ensemble ce Sect(s), il apparait cependant un fait évident, jamais Blut Aus Nord n'a été aussi concis et efficace en dépit de ces six morceaux dont le compteur oscille paradoxalement entre 5 et 12 minutes. Suite logique des trois premiers albums de la décennie passée (2) qui donnèrent naissance à l'une des mues les plus étonnantes et réussies du métal noir, l'album composé en 6 Epitomes garde une assise martiale chère à la musique industrielle, entre atmosphères (rarement) lumineuses et noirceur tortueuse, avec ce reste de noblesse épique héritée de leur passé scandinave.

Un des albums metal de l'année.


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(1) Un Odinist: The Destruction of Reason by Illumination (2007) mal ficelé et un Memoria Vetusta II - Dialogue with the Stars (2009) resucée des années viking...

(2The Mystical Beast Of Rebellion (2001), The Work Which Transforms God (2003) et MoRT (2006).

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