Live report : Benjamin Booker @ La Maroquinerie, Paris, 10 novembre 2017

Révélation de l'année 2014 avec son premier album éponyme sorti aux USA sur ATO Records [1] et en Europe sur Rough Trade Records, Benjamin Booker est revenu cette année avec un deuxième album dénommé Witness. Un disque attendu, objet de curiosité, tant le jeune compositeur s'inscrivait d'une certaine manière, dès son premier opus, comme le petit cousin de feu Jeffrey Lee Pierce du Gun Club. Guitariste influencé par le blues d'un Blind Willie Johnson sans toutefois renoncer aux fulgurances du garage-punk, Booker signait en juin dernier un deuxième disque sinon surprenant, du moins plus ambitieux. Marqué par la montée en puissance du mouvement antiracisme Black Lives Matter, son écriture gagnait en maturité, et un engagement politique qui ne pouvait dès lors que renvoyer le musicien vers sa passion pour les musiques afro-américaine, du gospel, à la soul, en passant bien évidemment par l'éternel blues et le R&B.


Dans le cadre de sa tournée de huit dates européennes, du 5 novembre à Louvain en Belgique au 14 novembre à Londres, Benjamin Booker était ainsi de passage à Paris, à La Maroquinerie, ce vendredi 10 novembre, pour une unique date française [2]. Leader accompagné d'une formation composée d'une guitare supplémentaire, d'une basse et d'une batterie, il était enfin évident, en guise d'avant-propos, que le concert et en particulier une partie des titres du dernier album allaient prendre une forme plus compacte et directe. Exit les cordes et la chorale gospel. Dont acte.

Ce soir-là, Booker interpréta la quasi intégralité de son second disque, dont en ouverture le lancinant et brillant Slow Drag Under. Faisant preuve au micro d'un charisme félin évoquant par moment le grand Otis Redding, le guitariste chanteur prouva au besoin que ses récentes compositions n'avaient nul besoin d'orchestre pour exister, à l'instar des soul Believe ou Overtime. Jonglant avec facilité entre ses différentes appétences, les chansons du premier album apportèrent au contraire une fraicheur rock communicative et bien venue, du boogie Chippewa aux dantesques Old Hearts ou Slow Coming. Fort d'une prestation convaincante et généreuse, sans aucun temps mort ou baisse de tension, Booke et consorts quittèrent la scène au bout d'une petite heure après un court rappel [3]. Au-delà de cette légère déception, le concert ne laissa place toutefois à aucuns regrets. Intense. Spontané. A suivre.



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Set-list :
01. Slow Drag Under / 02. Right On You / 03. Have You Seen My Son ? / 04. Wicked Waters / 05. Chippewa / 06. Believe / 07. Off the Ground / 08. Overtime / 09. Carry / 10. Truth Is Heavy / 11. Motivation / 12. Old Hearts / 13. Happy Homes / 14. Violent Shiver / 15. Slow Coming / Rappel : 16. ??
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[1] Label des Alabama Shakes et King Gizzard and the Lizard Wizard.

[2] Pour les retardataires, Benjamin Booker sera programmé le 2 décembre prochain dans l'émission Album de la semaine sur C+.

[3] Anecdote. Tandis qu'une partie du public parisien appelait à un second rappel, Booker discutait avec les autres spectateurs dans le stand merchandising, offrant au passage au préposé un exemplaire dédicacé du dernier album en vinyle.

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