Live report : Rodolphe Burger & Philippe Poirier - Explicit Lyrics #1 - 20 juin 2014

« C'est la radio qui m'a appris la mort de Billy the Kid »

Ce vendredi 20 juin 2014 avait une saveur particulière pour le préposé à la chronique : la réunion des deux guitaristes de feu Kat Onoma, Rodolphe Burger et Philippe Poirier, autour d'un hommage au poète étasunien Jack Spicer. Disparu en 1965 à l'âge de quarante ans, ces écrits inspirèrent de nombreuses chansons à la formation strasbourgeoise, dont leur concept album paru en 1993, Billy The Kid. Une soirée mémorable, et le premier volet d'une série de trois concerts (1), du 20 au 22 juin, où les deux anciens membres de Kat Onoma ressuscitèrent le répertoire du groupe dont les paroles étaient signées Spicer. 

Ainsi pour le préposé, qui n'avait jamais eu l'occasion de voir de son vivant ce groupe culte dissous au milieu des années 2000, découvrir sur la scène de la Maison de la poésie à Paris, ces deux musiciens de nouveau réunis, relevait sinon du miracle, du moins d'une émotion non feinte, les trois concerts du week-end étant tous dédiés au regretté Guy "Bix" Bickel, trompettiste de Kat Onoma disparu en avril dernier.

Après quelques de mots de Burger, lisant un extrait de la préface française du recueil de Spicer, Billy the Kid, le concert débuta par Meow meow, issu du premier album solo de Burger, le mémorable Cheval-mouvement. Accompagné de Julien Perraudeau aux claviers et machines, le duo revisita en premier lieu l'album de 1993 où pratiquement la majorité des titres furent joués (dans le désordre).

 
 Rodolphe Burger

S'inspirant des expérimentations de Rodolphe Burger et son utilisation des boites à rythmes (depuis 1998 et son Meteor Show, puis sur le dernier album éponyme de Kat Onoma en 2001), le concert n'avait rien du rendez-vous pour nostalgiques passéistes. Au contraire. Le traitement apporté à ces relectures, s'il pouvait surprendre de prime abord sur certains titres, ne trahissait nullement l'essence originelle des chansons. Dès lors, les moments forts ne manquèrent pas, et l'émotion restait intacte à l'écoute de The Radio, du crépusculaire The Poplars , du vrombissant The Gun, ou du poignant Lady of Guadalupe, Philippe Poirier sifflant à l'occasion les parties jouées par Bix en 1993.  

 
 Philippe Poirier

Puis l'univers de Billy céda sa place aux poèmes Ghosts Drip, Ballade Mexicaine et Tragic Muse mis en musique en 2001, avant que cette soirée ne se conclut le temps d'un court rappel (avec changement de guitare en sus pour Burger) nous rappelant au (très) bon souvenir de Far from the pictures, et sa dernière plage, A birthday (2). 

Magique.

En aparté, dans le cadre de la carte blanche à Rodolphe Burger à la Maison de la Poésie, une exposition d’œuvres originales d'artistes ayant collaboré avec le label Dernière Bande sont visibles du 17 au 27 juin.

D'autres photos du concert sont disponibles sur le tumblr du RHCS.

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(1) Le troisième concert du dimanche n'étant pas prévu au départ.

(2) Dont les paroles sont signées cette fois-ci par le poète américain Robert Creeley.

2 commentaires:

  1. Le Désert a bien été joué ! Juste après Lady of Guadalupe de mémoire.

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    1. Arf merci j'ai été pris d'un gros doute ce matin en voyant la setlist du 22 postée sur le compte FB de Rodolphe !

      Je corrige, merci !

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