Cronico Ristretto : Appolo 18 - Gonzalo López-Gallego (2011)

La vie de préposé à la chronique peut vous occasionner, parfois, de jolis tours ou de sinistres déconvenues. "Quand Alien rencontre Paranormal Activity". Derrière une telle accroche, l'espoir d'avoir entre les mains une plante potagère de concours n'avait rien d'illusoire. Du moins, sur le papier. Las.

Réalisé par l'espagnol Gonzalo López-Gallego et produit par le russe Timur Bekmambetov (Night WatchApollo 18 (sorti en DVD le 18 février et distribué par M6-snd) se veut un nouvel avatar du genre found foutage, genre popularisé et mise en lumière par l'italien Ruggero Deodato et son craspec Cannibal Holocaust (1980), et remis au goût du jour depuis le succès du Projet Blair Witch (1999) vingt ans plus tard. Or, si le cinéma bis est intrinsèquement codifié, ce genre dit du "métrage trouvé" est néanmoins régi par un cahier des charges des plus strictes, ne permettant pas, par nature, aucune véritable originalité narrative (il est ainsi de bon ton, par exemple, que le dernier survivant filmeur ait la politesse et la décence de mourir juste avant le générique de fin [1]). A charge, donc, pour le metteur en scène et son équipe de proposer un nouveau contexte à défaut de révolutionner la narration. Oui, mais n'allons pas trop vite...

Officiellement, Apollo 17 fut en 1972 la dernière mission lunaire de la NASA, les missions suivantes ayant été annulées pour des raisons (bassement) budgétaires [2]. Or en 2011, 80 heures de séquences classées Top Secret sont mises en ligne anonymement sur internet [3]. Le film présenté, et portant le nom de la mission qui n'a jamais existé, dévoile le contenu de ses mystérieux rushes filmés en décembre 1974 et apparus par magie sur la toile...

 

Reprenant l'intrigue inverse du classique conspirationniste de Peter Hyams Capricorn One (1978) [4], et évoquant également le faux-documentaire de William Karel Opération Lune (tout du moins sur le papier), le long-métrage apparaît très rapidement comme une suite d'évènements prévisibles, mâtiné, qui plus est, par une théorie du complot des plus basiques, 1974 étant pour rappel aussi l'année du Watergate.

Trois astronautes dans l'espace ont pour mission d'installer des caméras pour le département de la Défense sur la Lune, et qui découvriront à leur dépend qu'une forme de vie extraterrestre existe bel et bien sur ce satellite rocheux. Et ? C'est tout, hormis la découverte d'un module lunaire soviétique abandonné. Certes, contrairement au Projet Blair Witch, les apparitions hostiles apparaissent plus concrètes, mais l'ennui et une carence scénaristique manifeste font le reste (les bonus et les scènes coupées et alternatives témoignent de ce manque cruel de direction). En conséquence, une intrigue embryonnaire cousu de fil blanc, et une gravité lunaire, elle-aussi, aux abonnées absentes [5], Apollo 18 a tout du film supra anecdotique.

Quant à la conclusion du métrage, si la disparition des pierres lunaires offertes à divers dignitaires à travers le monde a été avérée, l'invasion des crabes lunaires se fait malheureusement toujours attendre...






Appolo 18 | 2011 | 86 min
Réalisation : Gonzalo López-Gallego
Scénario : Brian Miller
Avec : Warren Christie, Lloyd Owen, Ryan Robbins
Musique : Harry Cohen
Directeur de la photographie : José David Montero
Montage : Patrick Lussier
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[1] Quoi je spoile la fin d'Appolo 18 ?! Mais non puisqu'on vous dit que ça fait partie du cahier des charges !! Suivez un peu...

[2] "La Lune c'est bien, mais le Vietnam c'est mieux" eut répondu Henry Kissinger à son président Richard Nixon après le refus du Congrès d'allouer un budget conséquent à la NASA.

[3] Le buzz devant à l'origine venir du feu site internet lunartruth.com. Mais toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.

[4] La mission spatiale vers Mars est annulée à la dernière minute pour un problème technique. Le voyage est officiellement maintenu mais les images seront tournées sur Terre en studio.

[5] Dommage car hormis ce "détail" important, l'imitation lunaire pouvait relever du sans faute.

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