Si la dinde aux marrons est encore de rigueur dans l'imagerie populaire, il en va de même des désormais Funky Front Covers, passage obligé en ce lieu dès que les fêtes de fin d'année s'approchent. Voici donc pour la quatrième saison, le meilleur du pire des pochettes les plus insolites ou sexuées des musiques funk, disco et consorts.
En guise d'amuse-bouche commençons léger avec la scintillante Dee D. Jackson alias Deirdre Elaine Cozier et son Cosmic Curves qui en 1978 soit deux ans avant le lumineux film disco-roller Xanadu interprété par Olivia Newton-John joue déjà avec les effets de lumière futuriste et autres poussières d'étoile pour le plus grand bonheur des charts du monde entier. Une superhéroïne qui aura tout de même du mal à tutoyer les mêmes sommets du bon goût que la créature Cher et son Take Me Home (1979). L'ex-femme de Sonny réussit même l'exploit d'être en avance sur son époque avec cette pochette dorée fleurant bon l'heroic-fantasy racoleur, de quoi nous faire patienter sagement sa délicieuse période Hard FM durant les 80's, et à faire passer le projet The Wonderland Disco Band du producteur Morrie Brown pour un symbole de sobriété... alors que la dite pochette pourrait très bien servir d'affiche pour un quelconque nanar philippin.
Comme à chaque fois, les lectrices ne sont pas oubliées en ces lieux avec la célèbre pochette du jazzman Herbie Mann et son Push Push, un Mann magnétique tenant fermement son engin tout en exposant son torse moite... un vieil éphèbe huileux qui aura dû mal à rivaliser avec la jeune garde des 90's et le méconnu Damian et son 199sex, on croyait Prince à la ramasse durant cette décennie, finalement pas tant que ça...
Avant de faire monter la température d'un cran, petite comparaison en passant, entre les funky Hot Chocolate et leur Every 1's a winner de 1978 et le Who's Foolin' Who (1982) de One Way, où l'on constate l'apport et l'influence du téléphone rose dans l'industrie musicale, tandis que le Out in Front (1975) des Olympic Runners annonce leur prochaine audace crémeuse de 1979, un t-shirt mouillé servant de transition idéale pour une suite dédiée à quelques attributs physiques tout sauf anodins...
Les années 77-78 furent en effet riches en émotion de toutes sortes pour le funkyman en herbe, bien loin des préoccupations épinglo-nourricières d'une bande de crétus trop occupés à bouffer du dinosaures rockeux rancis. Et si le fessier des demoiselles avec ou sans culotte blanche était de sortie pour le plus grand bonheur extra musical de notre apprenti en pleine poussée d'hormones, on notera non sans émoi la sincérité visuelle des formations en présence, entre l'éponyme Booty People (1977) qui joue la transparence de par son nom et un Sidney Barnes chantant Your Love Is So Good To Me sur Foot Stompin' Music (1978), véritable râle libidineux en accord avec la dite pochette (qui osera remettre en cause que l'amour de sa belle ne lui est pas profitable... à la vue de cet émoustillant talon aiguille fuchsia?) . Pour finir, si dans un premier temps le réflexe aura été de crier au plagiat après la découverte de la pochette originale de Got To Give It Up (1977) des Most Requested Rhythm Band, le Don't Stop My Love (1982) de Passion s'en inspirant très fortement, l'amateur appréciera néanmoins ce qu'on peut finalement apparenter à un hommage et une certaine forme de continuité... en plus moite et sans coton.
Découvrez la playlist Funky Front Cover IV avec Herbie Mann

























