jeudi 27 mai 2010

Eve - Ufomammut (2010)

Lors d'une chronique précédente, j'avais émis l'hypothèse qu'il ne fallait jamais se fier aux cris d'orfraie du rock-critic. Celui-ci en plus d'avoir un goût immodéré pour les boissons alcoolisées à base de malt (et les lunettes noires), a cependant d'autres points communs avec le joueur de poker qui cacherait dans l'une de ses manches un jeu de cartes supplémentaire, déjouant ainsi au besoin une déveine momentanée ou un art du bluff aux confins de la médiocrité. Car le rock-critic est toujours prompt à changer d'attitude au gré du vent et des marées, passé maître dans l'art du contre-argument péremptoire, lui valant ainsi le respect d'une plèbe rock à la mémoire courte... au détriment d'une certaine sagacité qui lui fera toujours défaut. Sortir comme carte maîtresse un poncif éculé n'est jamais handicapant pour lui, tout bon bluffeur sait qu'il s'agit avant tout de savoir manier la conviction, et lorsque cette dernière peut-être accompagnée de morgue et d'une certaine attitude (1), le rock-critic parviendra nul doute à son but: créer la confusion pour les plus audacieux ou suivre le mouvement pour les plus opportunistes. Dès lors, faut-il s'étonner de lire chez certains, le supposé manque d'innovation et d'inspiration chez les italiens d'Ufommamut, adeptes d'un doom psychédélique des plus intemporels?

samedi 22 mai 2010

Defendor - Peter Stebbings (2009): Arthur Poppington VS. Captain Industry

A priori, tout du moins pour ceux de ma génération, le premier rôle de Woody Harrelson ayant marqué les esprits est celui de Mickey Knox dans Natural Born Killers, soit le fameux pamphlet provoc et nazebroque d'Oliver Stone envers les médias et la violence véhiculée par ces derniers. L'autre film provocateur, enfin chez certaines ligues de "vertu" (1), qui permit d'assoir encore un peu plus la popularité du texan fut le biopic autour du pornocrate Larry Flynt (The People VS. Larry Flynt) mise en scène par un spécialiste du genre, Milos Forman (2). Pourtant, si on doit garder une image du talent d'Harrelson dans un long métrage des 90's, ce n'est en aucun cas un des deux films cités précédemment, mais au contraire un film où celui-ci n'y joue qu'un rôle extrêmement secondaire, Des hommes d'influence (Wag The Dog). Une comédie de Barry Levinson satirico-visionnaire sortie juste un mois avant le crapoteux Monicagate qui secoua la présidence de Bill Clinton. Film où l'acteur interprète le sergent William Schumann, un soldat quelque peu déphasé mentalement et ex-futur otage martyr du conflit imaginaire étatsunio-albanais créé de toutes pièces par des conseillers du président américain empêtré dans un scandale sexuel. En cinq malheureuses petites minutes, l'acteur en montrait finalement plus que durant cent vingt minutes de métrage, voici l'image que je gardais de Woody Harrelson. Alors en apprenant que pour son dernier film, ce dernier allait interpréter de nouveau un benêt se prenant désormais pour un superhéros, ma curiosité fut aussitôt éveillée.

mercredi 19 mai 2010

Anthropophagous - Joe D'Amato (1980)

De deux choses l'une, soit vous connaissez Joe D'Amato et vous devinez a priori les risques que vous encourrez en lisant cette chronique, soit vous n'avez aucune idée de qui il s'agit, et vous avez encore le temps de rebrousser chemin avant de succomber au charme vénéneux des productions de cet italien surnommé par les anglophones: The Evil Ed Wood. Et à quoi reconnait-on les ex-candides, ces victimes de cinéphiles sadiques, désormais rongés par un mal trop longtemps caché par les autorités, et qui se repaissent à présent de ces films d'exploitation toxiques tel un cannibale affamé en quête de chair fraîche ? Pour se faire, prenons un panel lambda de la population boulimique de pellicules, et demandons-leur si le cinéma de Joe D'Amato leur évoque un souvenir. Si le sujet a toutes les difficultés à réfréner un tic nerveux, un sourire complice ou un regard fuyant pour les plus honteux du lot, sachez que ce symptôme n'est autre que le résultat à une exposition, aussi brève soit elle, à un film du dénommé Massaccesi, prénom Aristide, plus connu sous son plus célèbre pseudonyme : Joe D'Amato (1).

samedi 15 mai 2010

Based on a True Story - Sick of It All (2010)

Ne jamais se fier à un rock-critic, sa mauvaise foi n'aura d'égale que sa capacité de nuisance, toujours prompt à relativiser, dans ses moments de faiblesse, voire à railler quand le cœur lui en dit, l'enthousiasme de ses petits camarades encore tout émoustillés par le dernier disque de ______ (1). Le rock-critic ne serait-il pas qu'un con comme le martèle depuis quelques années Guic'? A sa décharge, le rock-critic est par nature un éternel insatisfait. Quand son groupe évolue, change de production ou inclut de nouvelles influences, cette langue de vipère joue les vierges effarouchées criant au scandale, à la trahison, appelle au lynchage... et fera de même si l'artiste en question fait du surplace, enregistrant toujours le même album. Ne pas s'étonner dès lors de cet hâtif jugement du lecteur de passage découvrant les tourments qui régissent la vie de notre critique en rock'n'roll: "... s'il n'est pas un con (définitif), c'est en tout cas une vraie girouette" et pour les plus radicaux "... voire carrément une vraie planche pourrie". Néanmoins, au delà de ces joyeux poncifs, admettons ou tentons d'admettre qu'il existe encore des genres où le statu quo musical a sinon encore un sens, reste tout du moins rattacher à une notion d'authenticité, tel le hardcore made in New-York avec l'une de ses dernières grandes figures : Sick Of It All.

mercredi 12 mai 2010

Belus - Burzum (2010)

Peu de choses en général suffisent à bouleverser le landerneau métallique, une déclaration creuse ou faussement provocante suffit à rabrouer la plèbe... alors pensez, le nouvel album de Burzum, s'il ne tirera pas de larmes aux nostalgiques de l'age d'or du black metal (1), permettra sinon de vendre du papier, tout du moins de faire parler de lui parmi les jeunes trentenaires... ce billet en étant la preuve. Belus, le septième album de l'homme orchestre Kristian "Varg" Vikernes est ainsi celui du retour après une pause de quatorze ans (2), soit après la sortie de son dernier album foncièrement black metal, le dénommé Filosofem. L'innocent amateur de ritournelles pourra dès lors s'étonner d'une telle absence. Pourtant, celui qui se baptisa (3) Count Grishnackh peut en effet s'enorgueillir (sic) d'aller bien plus loin que l'image d'Epinal collant la plupart du temps aux metalfreaks, petits cousins des grand-guignolesques et parodiques Spinal Tap. car... Vikernes, l'homme, est véritablement quelqu'un de détestable, non content d'être raciste (avant de se clamer néo-nazi), il fut accusé du meurtre de Øystein Aarseth (Euronymous pour les intimes), leader d'une autre formation phare du metal noir, Mayhem, et ainsi condamné à 21 années d'emprisonnement. Néanmoins, l'artiste, à l'instar d'autres groupes norvégiens (Enslaved ou Immortal) issus de la même période, soit la deuxième vague du black metal, a toujours été avant tout inspiré par les légendes nordiques, l'univers de Tolkien (4) ou le paganisme, ne faisant jamais échos de ses relents nauséabonds ou propagande fasciste sur ses productions musicales. A chacun de faire la distinction par la suite entre l'homme et son œuvre...

samedi 8 mai 2010

Croix de fer (Cross of Iron) - Sam Peckinpah (1977)

A de très rares exceptions, le film de guerre durant les 50's-60's se cantonna très souvent au registre héroïque exaltant le courage de ses hommes menant à bien des opérations spectaculaires ne remettant que très rarement en cause l'absurdité de la dite guerre. Ces longs métrages se focalisaient ainsi en très grande majorité sur la Seconde guerre mondiale. Dès lors, la question n’avait pas lieu d’être, la monstruosité et les horreurs du régime Nazi faisaient passer cette remise en cause légitime pour de l’obscénité ou plus simplement pour un hors sujet. Combien de Dr Folamour (Dr Strangelove) face à une pelleté de films (patriotiques) au budget conséquent où se pressaient toutes les stars du moment? Prenez un sujet de film lambda, une opération suicide couronnée de succès comme Hollywood pouvait s’en repaitre par exemple, agrémenté le d’une louche de grand spectacle et saupoudré le tout de jolies têtes de gondole, voilà à quoi ressemblait finalement le film de guerre dans les grandes lignes… avant la fracture post-Vietnam (1). La mémoire collective aurait tendance à ne retenir que les chefs d’œuvre de Coppola et Cimino, Apocalypse Now et Voyage au bout de l’enfer (The Deer Hunter), et dans une moindre mesure celui de Dalton Trumbo, Johnny s’en va t’en guerre (Johnny Got His Gun). Pourtant durant cette décennie 70’s, un autre réalisateur américain de renom quoiqu’un peu borderline et en dehors du système (ceci expliquant sans doute cela) réalisa lui aussi un film de guerre "divergeant" : Sam Peckinpah et son méconnu Croix de fer (2).

jeudi 6 mai 2010

Mondo Cane - Mike Patton (2010)

Sorti le 4 mai dernier sous le titre Mondo Cane, le nouvel album du prolifique Mike Patton est tout sauf une véritable surprise pour l'habitué. Album prévu depuis deux ans, longtemps reporté, ce nouveau disque compile les performances live du frontman de Faith No More lors de sa première tournée transalpine lorsque ce dernier accompagné de 65 musiciens reprenait à son compte quelques chansons pop du répertoire italien des années 50-60. Une non surprise tant le chanteur par le passé a toujours su jongler entre les styles au sein de Faith No More mais aussi et surtout au sein du groupe qu'il forma avec Trey Spruance et Trevor Dunn durant ses années lycée, Mr Bungle. Mike Patton, doté d'un des plus beaux organes que le rock ait connu, sans conteste l'un, sinon le chanteur de rock des 90's, aussi à l'aise en costard dans le rôle du crooner que dans celui du brailleur hurleur amateur de projets barrés, pouvait-il donc surprendre son auditoire en reprenant de la pop italienne surannée (1), qui plus est en connaissant son goût pour la langue de Dante et ses accointances avec le grand Morricone (2)?