... mais doublé d'un défonçage de porte ouverte, c'est encore mieux. Parmi les questions qui taraudent l'amateur de musique paranoïaque, une revient souvent à son esprit en parallèle au retour en grâce du vinyle chez une nouvelle caste (1), l'avènement du compact-disc durant les 80's ne serait-il pas l'une des plus belles escroqueries que l'industrie musicale ait réussi à nous faire avaler? Souvenons nous, par exemple durant sa première décennie, le compact-disc était vendu comme LA révolution technologique (une lecture par laser !!!). Le but de la chronique suivante n'est pas fondamentalement de faire le procès de la galette en plastique de 12 cm de diamètre (encore que...), mais plutôt de pointer quelques travers ou fausses vérités à son sujet, tout en évoquant certaines raisons qui poussent quelques amateurs à préférer le vinyle.
Mise au point conjointement par Philips et Sony fin 70's, le CD a été créé et présenté rapidement comme le support sonore de demain, celui du nouveau millénaire, à grand renfort de publicité sublimant ce nouveau miracle de technologie. Philips, un des leaders mondiales en matière d'électronique détenait un des plus gros labels de musique classique, mais pas seulement ces derniers ayant en leur possession le catalogue Polygram, Vertigo et Mercury (depuis 1961) pour les plus connus (regroupé toutes au sein d'Universal de nos jours). Rien de bien exceptionnel qu'une société soit situées aux deux extrémités de la chaîne, Columbia la première maison de disque de l'histoire fut bien créée pour promouvoir les débuts du microsillon soit les premiers phonographes de Thomas Edison. Pour clore ce bref historique des protagonistes, de l'autre côté de l'Atlantique, en 1980, Sony s'associe à la vieille Columbia décidée à prendre le train en marche tant bien que mal (pour son plus grand "malheur", celle-ci sera absorbée par la société japonaise suite au crack boursier de 1987).
Escroquerie? Si on se remémore les mérites du compact-disc vantés par l'industrie, on est en droit sinon de le penser tout du moins de tempérer les affirmations gratuites qui permirent à ce support de supplanter le dépassé disque thermoplastique. Parmi les qualités véritables du CD, deux sont en effet rapidement vérifiables, la taille physique du disque permettant un encombrement moindre et la durée de ce dernier qui désormais pour un support audio peut atteindre les 80 minutes, le tout sans à retourner le dit disque pour lire ses deux faces... et puis c'est tout, l'accès direct aux différentes plages étant plus de l'ordre du gadget que de l'innovation révolutionnaire. Tandis que les marchands fabricants vous loueront son faible coût de fabrication, en omettant son prix d'achat prohibitif et le devoir impératif pour tout mélomane de se procurer, en plus des nouveautés enregistrées sous ce format futuriste, les rééditions de ses albums préférés désormais "obsolètes" sous peine de passer pour un ringard réactionnaire au bord de la surdité pour ne pas accepter ce nouvel ordre musical.
Première contre vérité: son rapport signal/bruit élevé qui indiquerait par conséquent une meilleure qualité sonore contrairement au vinyle. Sans rentrer dans les détails techniques (comme la fréquence d'échantillonnage), le disque compact ne contient que des informations au format numérique, donc binaire, et on voudrait nous faire croire que ce support se veut plus riche qu'un support analogique, étrangement cela va à l'encontre de ma formation scientifique, le binaire rimant TOUJOURS avec une perte d'information. Comparez donc une image numérique et une image analogique, pour un support sonore, c'est pareil. Dès lors, peut-on s'étonner que certains audiophiles critiquent la pauvreté du son du compact-disc (2), sa capacité à n'offrir qu'une gamme acceptable dans les mediums... soit l'idéal pour un amateur de variété, plus intéressé par les roucoulades mielleuses et l'aseptisation qui va de pair. Seconde contre vérité, le compact-disc serait inusable. Question candide en guise de pirouette, comment peut-on affirmer ce genre de qualité propre au produit quand celui-ci est récent (3) et donc n'a pas eu le temps de subir les désagréments du long terme? Par contre, le laser évite une usure à la lecture, contrairement au vinyle du fait de l'utilisation d'un diamant (synonyme de craquements). Quant à la conservation de l'objet... on est loin de l'inusable en fait...
Testons dès lors les qualités subjectives du support vinyle en remerciant son partenaire qui permit au musicophile d'obtenir enfin la réponse à la question posée en début de chronique. Pour se faire, le candidat collectera patiemment les disques de son choix, albums qu'il connait sur le bout des ongles au format binaire, lui autorisant une étude comparative des plus... exaltantes en tentant de brasser un large spectre musical. La platine vinyle n'a plus qu'à débuter ses exercices d'assouplissement, son préposé lui présente les divers disques, le test va débuter.
Les basses. A défaut d'avoir en 33 tours un LP de Public Enemy et s'amuser à faire vibrer les murs sous les assauts du DJ Terminator X, le test passé par Mwandishi d'Herbie Hancock permet déjà d'affirmer que celles-ci n'ont jamais aussi bien sonnées sur Wandering Spirit Song, corrélant l'impression de "chaleur" qui provient souvent à l'esprit des amateurs de vinyle pour dépeindre les qualités du support. Chaleur ramenant étrangement vers un disque qui ne l'ai pas ou n'a jamais été réputé pour la sienne: The Marble Index de Nico. A la grande surprise du préposé faisant office de jury, le deuxième disque de l'ex-égérie de Lou Reed et John Cale sonne moins glacial. Un défaut qui n'en ai pas un, la platine ayant d'autres atouts pour charmer son unique et omnipotent juge: les aigus. Que ce soit l'harmonium de Nico sur Ari's Song ou l'alto électrique de Cale sur Evening of Light, les tympans vrillent comme jamais... la platine CD ramasse encore ses billes, le match nul n'aura jamais été aussi proche. A raison, le compact-disc étant un enfant de la décennie 80 et quand bien même le disque suivant a été enregistré en analogique, Pornography de The Cure devrait normalement jouer en la faveur de la galette en plastique. Malheureusement, les effets malsains de la chanson éponyme, danse tribale hypnotique orchestrée par Robert Smith ne consent là non plus à être du côté du CD. Au même titre que les effets sonores créés par Gore et Wilder sur Black Celebration de Depeche Mode, au contraire ces effets prennent désormais une place significative alors que sur le support compact, ceux-ci paraissaient étouffés, la pop synthétique ne s'accorde pas non plus avec le CD. Dans ce cas, il nous reste la carte du binaire... Fun House des Stooges. Le préposé piaffait d'impatience, après la version basique en CD, puis celle remastérisée achetée avant son départ vers l'Asie, le troisième exemplaire en sa possession allait-il supplanter les deux autres? 1/ la batterie de Scott Asheton se révèle comme un élément centrale du disque dès le premier coup de fouet nommé Down On The Street, ce que le disque compact avait trop longtemps minoré 2/et l'apocalyptique L.A. Blues? Le soldat CD préfère rendre les armes avant le Blitzkrieg dénommé Ascension de John Coltrane.
Cela dit, le compact-disc garde encore quelques atouts, telle sa fonctionnalité... mise à mal par une nouvelle révolution technologique, la dématérialisation avec son porte étendard: le MP3 (4) et les nouvelles habitudes sonores qui en découlent, soit le remplacement de la chaine-hifi par un ordinateur et "l'encombrant" baladeur laser pour un numérique. Au delà de l'hypocrisie qui tendrait à faire croire que le MP3 aurait apporté une paupérisation du média sonore, celle-ci étant déjà bien entamée par l'arrivée du CD (5), il faut plus y voir une évolution du comportement du public, celui étant plus attiré par une facilité et une meilleure fonctionnalité (sans compter le paramètre téléchargement). Alors, le compact-disc dans le rôle du has-been? On n'en est pas loin. Reste alors l'attachement à l'objet. Or Le digipack pour le CD n'est pas une généralité (6), le boitier cristal en plastique ayant encore de beau reste... et la préférence des labels, ces derniers préférant pour fidéliser le consommateur ressortir une nouvelle édition six mois après la sortie de l'album avec en prime divers bonus (d'un intérêt inversement proportionnel à l'avidité du label?). Dès lors, l'attachement à l'objet aura finalement la préférence au vinyle. Ajoutez à cela que désormais les platines vinyles peuvent encoder en MP3 (7) ou les lire via une clé USB, si l'avenir du CD n'est pas menacé par le disque thermoplastique, tous les nouveaux disques n'ayant pas droit à une sortie simultanée en vinyle (1/ il est désormais plus facile de lire un CD qu'un vinyle, 2/ qui est prêt à revenir à la platine vinyle?), on ne peut qu'apprécier et applaudir le regain de popularité du 33 tours... les mêmes labels ne s'étant pas trompés, les rééditions ayant de nouveau le vent en poupe dans les 2000s. Business is Business.
PS: Titre auquel vous avez échappé: "Le CD c'est de la merde, le MP3 est son digne rejeton"
(1) Hormis une sphère d'irréductibles ayant continué à clamer les qualités de ce support durant les décennies 1980s-1990s.
(2) Le dénommé et fiasco Super Audio CD tendrait à réduire ces défauts...
(3) Les recherches autour du CD ont débuté mi-1970s, sa première commercialisation date de 1982, et on nous affirme très rapidement l'inusabilité du support, c'est un peu juste comme recul pour de telles affirmations, non?
(4) Le CD-ROM gardant encore des adeptes pour ses qualités de stockage.
(5) L'argument courant étant d'orienter les griefs autour du MP3 vers sa piètre qualité sonore... de la part d'individus défendant le compact-disc, l'argument peut faire sourire. En sachant qu'un taux de compression élevé équivaut grosso modo aux performances d'un compact-disc sur une chaine-hifi moyenne...
(6) Quand celui-ci ne s'apparente pas à un piège à zozo, ou le fan prêt à débourser x fois le prix normal pour obtenir une version limitée.
(7) Comme encoder des albums qui n'ont jamais été réédités en CD.
Première contre vérité: son rapport signal/bruit élevé qui indiquerait par conséquent une meilleure qualité sonore contrairement au vinyle. Sans rentrer dans les détails techniques (comme la fréquence d'échantillonnage), le disque compact ne contient que des informations au format numérique, donc binaire, et on voudrait nous faire croire que ce support se veut plus riche qu'un support analogique, étrangement cela va à l'encontre de ma formation scientifique, le binaire rimant TOUJOURS avec une perte d'information. Comparez donc une image numérique et une image analogique, pour un support sonore, c'est pareil. Dès lors, peut-on s'étonner que certains audiophiles critiquent la pauvreté du son du compact-disc (2), sa capacité à n'offrir qu'une gamme acceptable dans les mediums... soit l'idéal pour un amateur de variété, plus intéressé par les roucoulades mielleuses et l'aseptisation qui va de pair. Seconde contre vérité, le compact-disc serait inusable. Question candide en guise de pirouette, comment peut-on affirmer ce genre de qualité propre au produit quand celui-ci est récent (3) et donc n'a pas eu le temps de subir les désagréments du long terme? Par contre, le laser évite une usure à la lecture, contrairement au vinyle du fait de l'utilisation d'un diamant (synonyme de craquements). Quant à la conservation de l'objet... on est loin de l'inusable en fait...
Testons dès lors les qualités subjectives du support vinyle en remerciant son partenaire qui permit au musicophile d'obtenir enfin la réponse à la question posée en début de chronique. Pour se faire, le candidat collectera patiemment les disques de son choix, albums qu'il connait sur le bout des ongles au format binaire, lui autorisant une étude comparative des plus... exaltantes en tentant de brasser un large spectre musical. La platine vinyle n'a plus qu'à débuter ses exercices d'assouplissement, son préposé lui présente les divers disques, le test va débuter.
Les basses. A défaut d'avoir en 33 tours un LP de Public Enemy et s'amuser à faire vibrer les murs sous les assauts du DJ Terminator X, le test passé par Mwandishi d'Herbie Hancock permet déjà d'affirmer que celles-ci n'ont jamais aussi bien sonnées sur Wandering Spirit Song, corrélant l'impression de "chaleur" qui provient souvent à l'esprit des amateurs de vinyle pour dépeindre les qualités du support. Chaleur ramenant étrangement vers un disque qui ne l'ai pas ou n'a jamais été réputé pour la sienne: The Marble Index de Nico. A la grande surprise du préposé faisant office de jury, le deuxième disque de l'ex-égérie de Lou Reed et John Cale sonne moins glacial. Un défaut qui n'en ai pas un, la platine ayant d'autres atouts pour charmer son unique et omnipotent juge: les aigus. Que ce soit l'harmonium de Nico sur Ari's Song ou l'alto électrique de Cale sur Evening of Light, les tympans vrillent comme jamais... la platine CD ramasse encore ses billes, le match nul n'aura jamais été aussi proche. A raison, le compact-disc étant un enfant de la décennie 80 et quand bien même le disque suivant a été enregistré en analogique, Pornography de The Cure devrait normalement jouer en la faveur de la galette en plastique. Malheureusement, les effets malsains de la chanson éponyme, danse tribale hypnotique orchestrée par Robert Smith ne consent là non plus à être du côté du CD. Au même titre que les effets sonores créés par Gore et Wilder sur Black Celebration de Depeche Mode, au contraire ces effets prennent désormais une place significative alors que sur le support compact, ceux-ci paraissaient étouffés, la pop synthétique ne s'accorde pas non plus avec le CD. Dans ce cas, il nous reste la carte du binaire... Fun House des Stooges. Le préposé piaffait d'impatience, après la version basique en CD, puis celle remastérisée achetée avant son départ vers l'Asie, le troisième exemplaire en sa possession allait-il supplanter les deux autres? 1/ la batterie de Scott Asheton se révèle comme un élément centrale du disque dès le premier coup de fouet nommé Down On The Street, ce que le disque compact avait trop longtemps minoré 2/et l'apocalyptique L.A. Blues? Le soldat CD préfère rendre les armes avant le Blitzkrieg dénommé Ascension de John Coltrane.
Cela dit, le compact-disc garde encore quelques atouts, telle sa fonctionnalité... mise à mal par une nouvelle révolution technologique, la dématérialisation avec son porte étendard: le MP3 (4) et les nouvelles habitudes sonores qui en découlent, soit le remplacement de la chaine-hifi par un ordinateur et "l'encombrant" baladeur laser pour un numérique. Au delà de l'hypocrisie qui tendrait à faire croire que le MP3 aurait apporté une paupérisation du média sonore, celle-ci étant déjà bien entamée par l'arrivée du CD (5), il faut plus y voir une évolution du comportement du public, celui étant plus attiré par une facilité et une meilleure fonctionnalité (sans compter le paramètre téléchargement). Alors, le compact-disc dans le rôle du has-been? On n'en est pas loin. Reste alors l'attachement à l'objet. Or Le digipack pour le CD n'est pas une généralité (6), le boitier cristal en plastique ayant encore de beau reste... et la préférence des labels, ces derniers préférant pour fidéliser le consommateur ressortir une nouvelle édition six mois après la sortie de l'album avec en prime divers bonus (d'un intérêt inversement proportionnel à l'avidité du label?). Dès lors, l'attachement à l'objet aura finalement la préférence au vinyle. Ajoutez à cela que désormais les platines vinyles peuvent encoder en MP3 (7) ou les lire via une clé USB, si l'avenir du CD n'est pas menacé par le disque thermoplastique, tous les nouveaux disques n'ayant pas droit à une sortie simultanée en vinyle (1/ il est désormais plus facile de lire un CD qu'un vinyle, 2/ qui est prêt à revenir à la platine vinyle?), on ne peut qu'apprécier et applaudir le regain de popularité du 33 tours... les mêmes labels ne s'étant pas trompés, les rééditions ayant de nouveau le vent en poupe dans les 2000s. Business is Business.
PS: Titre auquel vous avez échappé: "Le CD c'est de la merde, le MP3 est son digne rejeton"
L'objet par qui le scandale est arrivé.
__________________________________________________________________________________________________________________(1) Hormis une sphère d'irréductibles ayant continué à clamer les qualités de ce support durant les décennies 1980s-1990s.
(2) Le dénommé et fiasco Super Audio CD tendrait à réduire ces défauts...
(3) Les recherches autour du CD ont débuté mi-1970s, sa première commercialisation date de 1982, et on nous affirme très rapidement l'inusabilité du support, c'est un peu juste comme recul pour de telles affirmations, non?
(4) Le CD-ROM gardant encore des adeptes pour ses qualités de stockage.
(5) L'argument courant étant d'orienter les griefs autour du MP3 vers sa piètre qualité sonore... de la part d'individus défendant le compact-disc, l'argument peut faire sourire. En sachant qu'un taux de compression élevé équivaut grosso modo aux performances d'un compact-disc sur une chaine-hifi moyenne...
(6) Quand celui-ci ne s'apparente pas à un piège à zozo, ou le fan prêt à débourser x fois le prix normal pour obtenir une version limitée.
(7) Comme encoder des albums qui n'ont jamais été réédités en CD.






