mardi 23 février 2010

Summer Sessions Vol.1-3 - Causa Sui (2008-2009)

Question triviale en guise d'amuse-bouche, faut-il être né: 1/dans le désert (depuis trop longtemps?) pour avoir une quelconque crédibilité musicale en matière de stoner rock d'obédience kyussienne 2/ au bord de la San Francisco Bay Area pour arborer fièrement un apparat psychédélique de bon aloi? A la première interrogation, on pourra déjà sortir de son chapeau la formation munichoise Colour Haze qui depuis plus d'une dizaine d'années nous gratifie d'un stoner inspiré des plus kyussiens. Quant à la seconde, le vieux continent n'a pas attendu longtemps avant de s'enivrer des vapeurs artificielles et des senteurs patchouliennes, le Summer of Love de 1967 étant le parfait exemple et la preuve que la patrie du Grateful Dead n'avait pas le monopole du psychédélisme.

La Scandinavie avait déjà montré la voie durant les 90's avec quelques belles formations tel que les Spiritual Beggars de l'ex-Carcass Michael Amott et leur Another Way to Shine aux grandes oreilles. Dès lors, apprendre la nationalité danoise de Causa Sui, pays certes plus reconnu par une certaine frange comme celui qui a vu naitre un ancien anti-napster primaire ou un castrat maquillé en épouvantail lugubre, ne doit pas enfreindre la curiosité des amateurs de riffs hypnotiques et d'ambiances planantes tout en n'omettant pas par moment une lourdeur metallo-pachydermique bien sentie. Et puis pour faire taire les premiers récalcitrants, un groupe de rock qui cite comme influences Soft Machine, Hendrix et Coltrane peut-il être foncièrement mauvais?

Après un premier album sorti en 2005 puis un second en 2007, le trio composé de Jonas Munk aux guitares, claviers et effets électroniques, de Jess Kahr à la basse et de Jakob Skøtt à la batterie sort à partir de d'aout 2008 le premier volet de leur Summer Sessions, se concluant en juin de l'année suivante par les deux derniers volumes. Au delà du titre de l'album composé en trois volets, hommage déguisé ou non aux sessions désertiques de Josh Homme, ces séances estivales s'en détachent suffisamment pour ne risquer à aucun moment une quelconque comparaison malheureuse, les trois volumes, comme pouvait le laisser apparaitre les trois noms cités plus haut, lorgnant plus vers la musique de la fin des 60's-début 70's qu'une vulgaire resucée stoner anémique.

Le premier volume des Summer Sessions de Causa Sui joue parfaitement son rôle d'initiateur à vrai dire. De leur récent passé de formation krautrock, le trio garde un goût évident pour les rythmiques hypnotiques et répétitives sur la suite de 25 minutes en ouverture intitulée Visions of Summer, Jonas Munk ayant autant assimilé les débuts de Amon Dull II que les longues plages instrumentales propre à l'acid-rock des 60's, avec néanmoins un goût prononcé pour les solos cristallins et pour les fins orgiaques où l'ombre d'un Santana n'est jamais bien loin. Ce premier volet résume avant tout les diverses influences de la formation dont deux des plus réjouissantes, annonçant un volume deux des plus exaltants, soit faire côtoyer le temps d'un morceau le groove d'un Carlos Santana et la folie d'un Pharoah Sanders (1)... Portixeddu ou au final une version bay area de l'incandescence stoogienne, Soul Sacrifice revisité par Fun House. Finalement, le disque se clôt par un Soledad aux réminiscences kyussiennes, soit la porte d'entrée vers un futur Summer Sessions Vol. 3.

Dès lors, si le premier album a un objectif déguisé, c'est bien celui de mettre en appétit l'auditeur lui offrant un panel du savoir-faire causa suien. Le Volume 2 s'ouvre ainsi sur le court Sun Prayer, nous rappelant au bon souvenir du mélodique Oasis de Pat Metheny issu de son Watercolors. Interlude contemplative où comment prendre le contrepied en découvrant le reste du disque... la référence jazz précédente permettant de souligner avant toute chose la teinte primordiale de ce dernier, à savoir un savoureux mélange de stoner mâtiné d'une bonne louche de psychédélique sous la houlette d'un formidable saxophone rugissant (Rip Tide) joué par le dénommé Johan Riedenlow et secondé par le claviériste danois Rasmus Rasmussen (2). Vint enfin le plat de résistance de la face B de l'album (3) passé un Cinecittá des plus légers, Tropic Of Capricorn, où de nouveau Jonas Munk fait étalage de tout son feeling pour une jam session des plus débridées entre un clavier vintage caravanseraien durant la première partie et un Johan Riedenlow toujours aussi impérial durant la seconde. Summer Sessions Vol. 2 ou le volet le plus aventureux.

Comme annoncé précédemment, le dernier volume est sans doute celui qui offre le moins de surprise, tout du moins le plus kyussien comme ce bien nommé Red Valley qu'on croirait tout droit sorti de Welcome to Sky Valley de la bande à Homme... avec néanmoins une approche plus atmosphérique et toujours ce saxophone tourbillonnant (Santa Sangre et Eugenie). Une Summer Sessions Vol. 3 à la fois donc plus lourde, mais aussi plus mélodique (Venice By The Sea) et plus cadrée, soit moins portée sur les très longues plages instrumentales improvisées (4).

Au final, une des découvertes de 2009 et un de mes coups de cœur tardifs pour un groupe adepte de stoner-kraut-psych-jazz rock (5).

Leur page Myspace.

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(1) Quoi de plus normal me direz-vous, ces deux derniers étant tous les deux dévoués au génie de Coltrane.

(2) Ça ne s'invente pas un tel patronyme, plus danois que ça...

(3) Les 3 volumes étant sortis au départ au format vinyle, et donc pensés comme tel.

(4) Encore que Red Valley avoisine les 10 minutes... et Santa Sangre ou Eugenie les 8 minutes...

(5) Menu certes roboratif mais tout à fait digeste, comme quoi...

vendredi 19 février 2010

Soul Power - Jeffrey Levy-Hinte (2009)

Trente cinq ans environ, soit presque une éternité il aura fallu attendre pour enfin jouir du spectacle proposé en prélude au combat du siècle, le titanesque Rumble in the Jungle opposant Mohammed Ali contre George Forman, soit le fameux festival Zaire '74 qui a vu se côtoyer la crème de la musique noire américaine et celle de la musique africaine australe. Des préliminaires qui furent d'autant plus longs puisque les premières véritables images du show furent montrées lors du désormais culte When We Were Kings, sorti en 1996, retraçant justement les préparatifs du combat Ali/Forman en terre zaïroise. Dès lors de nouveau douze ans d'attente et d'espérance pour un résultat forcément marquant, un film retraçant intégralement ces trois jours de concerts. Retour sur une page historique de la musique (noire).

Avec le soutien des producteurs de When We Were Kings, Leon Gaste et David Sonenberg, en terminant le montage du documentaire, le réalisateur Jeffrey Levy-Hinte s'est attelé au à la réalisation d'un nouveau documentaire Soul Power au vu des centaines d'heures de rushes de cette aventure humaine restantes. Comme le rappelle pertinemment le film, si le combat Rumble in the Jungle fut à l'initiative de Don King, le festival est l'œuvre du trompettiste sud-africain Hugh Masekela et du producteur étasunien Stewart Levine, ces derniers voulant réunir sur une même affiche la musique noire issue des deux continents. Un projet symboliquement fort où il s'agissait de montrer sur ce Soul Power à la fois les préparatifs et l'organisation du festival, les interviews des musiciens et bien sûr des extraits de concert.

L'un des premiers points forts de Soul Power est l'absence volontaire d'interviews rétrospectives ou pire de reconstitutions bancales le faisant rimer ainsi avec un vulgaire docufiction. Nous voici donc en totale immersion, à l'image des artistes découvrant le Zaïre, le premier souhait de Levy-Hinte étant de réaliser avant tout du ”cinéma vérité“ (1). Le spectateur suit autant les soucis logistiques situés lors du premier tiers du métrage que le rapprochement culturel et la rencontre des musiciens avec le continent africain avec en point d'orgue par exemple les parties improvisées entre le célèbre percussionniste Ray Barretto et des musiciens de rue.

A l'image de l'affiche du film, autant sur When We Were Kings l'épicentre du documentaire était évidemment Ali, autant sur Soul Power, la star n'est autre que le soul brother n°1, James Brown (2). Un Godfather of soul (dont les initiales sont posées sur son costume de scène) ouvrant (3) et fermant magistralement le film mais qui en aucun cas atténue la portée des autres artistes... au contraire. Et il convient de saluer la programmation du Masekela/Levine, un parfait métissage entre les différentes formes de la musique afro-américaine et celle du vieux continent. Se croisent en effet la soul pop des Spinners et des Sister Sledge à celle intimiste et bouleversante de Bill Withers, le King of Blues BB King en passant par les rythmes latins de Celia Cruz accompagnée des Fania All Stars jusqu'au funk des Crusaders. Bref, un panel représentatif de la richesse de cette musique issue des ghettos sous la houlette du soul brother n°1. Et quand bien même on aurait souhaité une plus grande place à d'autres artistes africains, on ne peut qu'apprécier la présence tout sauf anecdotique des artistes zaïrois ou autres, telle que Miriam Makeba pour la plus célèbre, qui font quasi jeu égal avec les stars étasuniennes au niveau de la playlist. A ce titre, on appréciera les suppléments du DVD, ce dernier étant agrémenté de bonus judicieux, quatre chansons inédites dont le terrible Try Me de James Brown mais aussi des scènes coupées insistant un peu plus sur les déboires logistiques et autres problèmes d’organisation, des extraits de diverses jam-sessions ou des aspects de la vie quotidienne de la population à Kinshasa sous le joug du sinistre Mobutu.

En annexe, on pourra regretter que ce festival n’eut pas de suite immédiate, les collaborations artistiques entre les deux continents restant globalement limitées. Pourtant, Zaïre ‘74 reste un festival précurseur, une manifestation symbolique, dont la couverture médiatique fut certes finalement elle aussi restreintes (4), mais qui annonce l’émergence de ce qu’on nommera la world music.

Soul Power ou un film musical (au goût certes de trop peu (5)) à mettre désormais au même niveau qu’un Wattstax.


PS : Pour la petite histoire, le festival fut organisé 6 semaines avant le combat, celui-ci étant reporté après la blessure à l’œil de George Forman lors d’un entrainement.



Soul Power

Un film de Jeffrey Levy-Hinte

Distribution : OCEAN Films

http://www.ocean-films.com

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(1) Comme le souligne le cinéaste dans les notes de production dans les suppléments.

(2) Ce qui n'empêche pas de nous proposer quelques fameuses fulgurances de Mohammed Ali.

(3) A l'image de la page d'ouverture du DVD, cette dernière mise en lumière par le fameux refrain de la non moins célèbre chanson de JB, Say It loud, I'm black and Proud, une introduction idéale sous forme de catharsis pour un festival donné en terre africaine.

(4) Attendre presque 35 ans pour découvrir un documentaire sur ce festival… c’est une longue attente…

(5) Résumer 12h de concert en moins de 90 minutes… forcément… mais Jeffrey Levy-Hinte a bien comme projet de monter l’intégralité du festival.

mercredi 3 février 2010

The Keeper – Keoni Waxman (2009)

A l’heure où quelques blogueurs émettent des paris quant à savoir quand un véritable revival nineties va poindre son nez, il est bon pour le cinéphile déviant de se rappeler au bon souvenir d’un Casey Ryback, celui qui illumina de son empreinte la décennie 90 en rendant gloire au cuisinier adepte du désossage d’épaule à main nue, le tout en 5 secondes, montre en main. Un Steven Seagal enfilant avec autant de maestria les navets direct to video et les kilos hyperflus depuis plus de dix ans qu’on en vient à se demander comment notre pugiliste au visage bouffi arrive encore à trouver des amateurs prêt à payer pour une dose d’action aussi molle du genou. D’un point de vue personnel, la dernière production Seagal, Le prix du sang (VO : Driven to Kill) avait quelque peu déçu l’amateur de franche virilité martiale, ou Steven dans le rôle d’un russe aux prises avec des compatriotes mafieux sur les terres de l’oncle Sam vengeant à la fois la mort de son ex-femme et protégeant la vie de sa fille menacée, fiancée avec le fils du parrain de la dite mafia (1). Dès lors, que pouvait-on attendre de The Keeper, un sursaut d’orgueil ou une nouvelle perle potagère fraichement déterrée et cultivée avec amour par notre bon Steven ?

A force de finir criblé de balles, les personnages joués par Seagal ayant l’habitude de se servir de leur coéquipier comme appât, bouclier, et plus si affinité, il fallait bien se douter qu’un jour ou l’autre notre vengeur ventripotent se fasse blouser par un de ses sidekicks. Vingt-cinq ans dans la police et pas un accroc pour Roland Sallinger, un véritable modèle pour tous les membres des SWAT comme aime à le rappeler sa nièce, un homme sur qui on peut compter en cas de pépins, un homme droit… qui sera (forcément) abattu par son vil et avide (et jaloux ?) coéquipier. Mais Roland a la peau dure, deux balles à bout portant ne peuvent le tuer (2)… et passée une expéditive revanche envers son ancien partenaire, venu finir le travail dans l’hôpital où Roland/Steven mime à merveille le légume en phase de décomposition, Roland s’active à se remettre en forme, s’apprêtant à protéger et servir de nouveau les habitants de Los Angeles. Mais le destin, cruelle infortune, en a décidé autrement et voici notre policier d’élite mis à la retraite pour raisons médicales… tant d’efforts pour garder l’œil vif et le poil brillant (3) et ne recevoir au final qu’un avis de départ. Quelle désillusion. Une fois de plus, les talents d’un personnage incarné par Steven Seagal sont mis à mal par une hiérarchie trop guindée, guidée par des principes archaïques, ne reconnaissant pas la valeur des vrais héros américains. Heureusement, notre jeune retraité reçoit un appel de son ancien ami, Conner Wells, en provenance de San Antonio, ce dernier recherchant un garde du corps pour sa fille chérie Nikita, menacée par les sbires de l’odieux Jason Cross.

Comme tout bon Seagal des 00’s qui se respectent, le quota de bras cassés n’a d’égal que l’action molle qui régit ce genre de divertissement à la gloire de ce has-been bedonnant. Néanmoins, les amateurs de seagaleries seront tout de même heureux d’apprendre que notre maître en aïkido cache toujours son embonpoint (4) derrière des chemises bien trop grandes avec un goût exquis pour la customisation en milieu hostile. Pas suffisamment clair, je suis ? Qu’on me jette la première pierre mais quel cinéphile déviant n’aurait pas l’œil qui frise lors de la scène où ce cher Conner Wells offre un chapeau de cowboy à Roland pour faire plus couleur locale. Et ce Steven est joueur, il sait faire naitre la frustration chez ses admirateurs, ce dernier n’étant pas décidé à porter tout de suite ce délicieux couvre-chef… avant l’extase quasi-orgasmique du fan à la vue de ce camouflage tex-mex des plus savoureux.

Le néophyte avec l’ingénuité qui le caractérise pourrait bien sûr nous interroger sur le bien fondé d’un tel film, Seagal enchaînant à un rythme frénétique les productions à moindre coût. Il s’agit dès lors de le rassurer, de la même manière qu’on peut différencier aisément le bon du mauvais chasseur, un film avec Steven Seagal se jauge à des qualités qui lui sont propres et seulement connues de spécialistes triés sur le volet. Pour mettre en valeur notre champion, une bonne histoire, il lui faut : l’amitié virile a porté ses preuves nombre de fois, qui plus est lorsqu’il s’agit de servir de chevalier servant à une bimbo affectionnant tout particulièrement les hommes combattant à mains nues et ainsi griller la priorité au petit ami louche de la cruche. De même, un casting à faible valeur ajoutée mettant en lumière les qualités d’acteur du héros reste un passage obligé pour toute bonne production seagalienne qui se respecte. Des acteurs de second plan avec évidemment une mention spéciale à tous les bad guys que va croiser en chemin notre justicier à la manchette redresseuse de torts, allant de la tête à claque au bourrin poète (5) en passant par le big boss falot, sorte de Hubert Selby Jr à moustache. Et à défaut d’un budget famélique faisant verser du côté nanar cette réalisation de Keoni Waxman, The Keeper a au moins le mérite d’être filmé de manière convenable, c'est-à-dire apathique, les plans filmés par un cocaïnomane atteint de parkinsoïte aigüe s’accordant mal avec la grâce inexpressive de notre héros (préféré).

The Keeper ou un Steven Seagal à la feuille de route classique en somme. Roland casse des bras aux méchants patibulaires qui ont l’avantage d’être aussi cons que leurs santiags, sauve la fille de son meilleur ami, traine un fade sidekick mexicain avec tous les avantages que peut comporter un tel partenaire (6), tandis que la police locale impuissante compte les points tout en réprimandant les méthodes peu académiques mais efficaces de notre héros à la mou de mérou.



The Keeper | 2009 | 94 min
Réalisation : Keoni Waxman
Production : Steven Seagal, Phillip B. Goldfine
Scénario : Paul A. Birkett, Steven Seagal
Avec : Steven Seagal, Liezl Carstens, Arron Shiver, Johnnie Hecto, Steph DuVall, Luce Rains, Kevin Wiggins
Musique : Philip White
Directeur de la photographie : Nathan Wilson
Montage : Michael J. Duthie
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(1) Pierre Corneille Versus Steven Seagal, ça va saigner.

(2) Être à la fois scénariste (non crédité) et co-producteur aide, il est vrai, à survivre à ce genre d’attaque.

(3) Quoique, concernant Seagal, on peut aisément rayer la première mention eu égard à son regard flegmatique, euh pardon terne.

(4) L’agent comptable, qu’on croyait définitivement fâché, me glisse non sans raison que Steven semble plus en forme que dans le navet Mercenary For Justice, soit tout de même une dizaine de kilos en moins !!!

(5) Je vous laisse méditer sur cette prose: "Pourquoi est-ce que tu fais ça Allegra [pour montrer son mécontentement la demoiselle vient de cracher au sol], les hommes aiment les filles qui avalent, pas les filles qui crachent".

(6) C'est-à-dire qu’il peut compter sur la famille de Manuelo le faire-valoir pour lui venir en aide, n’allez pas croire une seule seconde que Steven se repait dans les clichés sur les émigrés mexicains, d’ailleurs on croise très peu de mexicains moustachus dans The Keeper, c’est dire s’il est tolérant et ouvert Steven (rappelons nous son plaidoyer envers la cause inuit dans sa seule réalisation Terrain miné (VO : On Deadly Ground).