Mask of the Ninja - Bradford May (2008)

Il est des guerres auquel nul ne voudrait assister et il est des héros contemporains dont le potentiel reste constamment sous-exploité. Admirer un Casper Van Dien la mâchoire tendue, un katana à la main augure des meilleurs hospices, qui plus est lorsque ce dernier se voit convié à participer bien malgré lui à une guerre où il n'était pas invité. Mask of the Ninja (1) ou un hommage déguisé à Joe Armstrong, nouvelle passerelle vers les années 80 et aux films de ninja produits par la Cannon ?

L'inspecteur Jack Barrett est un franc-tireur si on en croit les dires de sa collègue et néanmoins amie Gina. Membre de la police de Los Angeles, ce guitariste émérite, adepte de la branlette de manche (2), se voit embarqué dans une bien étrange affaire après la découverte de plusieurs cadavres assassinés par... des ninjas. A charge pour Barrett de protéger la jeune Miko, seule survivante de cette tragédie et seul témoin de ce carnage...

Les arts martiaux et le cinéma américain ayant connu des fortunes diverses dirons-nous poliment au fil des années d'exploitation, qui plus est lorsque ces deux derniers s'acoquinèrent avec l'art ninjutsu, le cinéphile déviant avait à cœur de découvrir un film où le talent d'une de ses coqueluches préférées allait batailler, les dents serrées, contre une armée de ninjas venue semée la discorde dans sa belle cité des anges. Las, il aura fallu attendre une quarantaine de minutes pour voir enfin Casper le sabre à la main... pour un résultat mitigé, celui-ci finissant de nouveau à terre, Jack Barrett accumulant les coups durs depuis le début du métrage dès qu'il s'agit de croiser le fer avec des personnages d'origine japonaise.


Tout le monde aime Jack/Casper... sauf les ninjas.

Passé cette prometteuse jaquette, Ninjas en guerre (dans sa version française) n'atteindra en effet jamais les attentes plus ou moins promises de ninja portnawak, le vétéran Bradford May (3) proposant un divertissement certes mou avec son lot d'action prévisible polluée par des effets de caméra intempestifs aussi inutiles que ridicules, et où la seule originalité est la capacité du héros à cracher du sang/saigner/recevoir des roustes de la part de ses assaillants ninjas... cette fantaisie hémophile étant l'une des raisons principales de la non présence d'un Steven Seagal comme tête d'affiche pour un téléfilm qui en dépit de l'absence supplémentaire d'un sidekick faire valoir pouvait aisément remplir le cahier des charges des productions de notre face de mérou apathique.

En dépit de ces quelques brimades, Mask of the Ninja n'en demeure pas moins un sympathique navet sans prétention avec même quelques lot de consolation. Certes, les ninjas n'ont pas la fraicheur d'un American Warrior habillés par Benetton et armés par la première boutique de farces et attrapes, ceux-ci sont au contraire du genre sobre et suffisamment lucides pour porter des gilets pare-balles comme lors de l'attaque du commissariat de Jack. Il n'empêche, on appréciera Casper dans un rôle de flic aussi futé qu'un sushi faisandé, accompagné par la bonnasse de service (Kristy Wu) et d'une méchante, la dénommée Kisei Shirasuna (Crystal Kwon), maitresse es torture...

Le réalisateur a immédiatement cerné le talent de la jeune Kristy Wu


PS: Le film distribué par Zylo ne propose aucun bonus et une seule piste audio (français).


Mask of the Ninja (Ninjas en guerre) | 2008
Réalisation : Bradford May
Scénario : Brian Katkin
Avec : Casper Van Dien, Anthony Brandon Wong, Bellamy Young, Kristy Wu, Ron Yuan, Yuji Okumoto
Musique : Jonathan Snipes
Directeur de la photographie : Todd Barron
Montage : Thomas A. Krueger
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(1) Au passage le "j" de ninja a connu un léger rabotage sur la jaquette.

(2) Il faut le voir notre Casper se démener sur la scène avec sa six cordes en Eddie Van Halen du pauvre.

(3) A qui l'on doit nombre de réalisations pour la télévision depuis plus de 20 ans: La cinquième dimension, The Equalizer, JAG, Supernatural, etc.

7 commentaires:

  1. pas de bandana ninja alors ?
    ni de bombinette à fumée.

    C'est mieux que speed racer au moins.

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  2. @ Diane: Na, point de bandana et encore moins de bombinette, juste des shurikens, des arbalètes et des katanas... on fait dans le sérieux! :-D

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  3. Oooooh après les insectes géants extra-terrestre il s'attaque à des petits Japonnais (désolé pour le pléonasme).
    Bienvenue à nanarland :)

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  4. @ Anne: Entre les insectes from the Space et les présents ninjas, je vous propose aussi une autre alternative, le film qui vit notre beau Casper lutter de toutes ses forces contre un vampire, et non des moindres, Dracula!... au XXXIème siècle!: ICI

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  5. "les meilleurs hospices", je sais pas s'il s'agit d'une coquille ou d'un jeu de mots, mais c'est énorme!

    SysT

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  6. @ Syst: rah même involontairement, j'arrive à torcher des jeux de mots :-D
    Effectivement, hospices vaut bien mieux qu'auspices :-P

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