Hedwig and the Angry Inch - John Cameron Mitchell (2001)

je suis un film issu d'une comédie musicale avec comme pour protagoniste principal un transsexuel, ça ne vous dit rien, ça ne vous rappelle rien ? Mais cette fois-ci point de Time Warp, de Double Feature et encore moins de Sweet Transvestite. Aucun extraterrestre aux mœurs dissolues, Hedwig and the Angry Inch ou les aventures tragi-comiques d'Hedwig sur les routes étatsuniennes avec son groupe les Angry Inch à la recherche de sa moitié perdue... la star Tommy Gnosis.

Hedwig ou l'histoire du jeune garçon Hansel, dont la particularité n'est pas tant d'avoir été élevé de l'autre côté du mur de Berlin, celui où la Stasi s'encanaillait avec la passion clinique qu'on lui connait à s'intéresser à la vie des autres, mais aussi et surtout à écouter la musique pop en provenance de l'ouest, le tout... la tête dans un four (1). Hansel fait la connaissance du G.I. Luther Robinson, grand amateur de sucreries et de jeunes éphèbes (innocents). Mais avant de convoler en justes noces et permettre à Hansel de quitter cette morne plaine où les trabants fleurissent joyeusement, notre couple doit passer par la case chirurgie/boucherie plastique et faire ainsi de Hansel une femme... ou tout du moins s'en rapprocher. Meurtrie dans sa chair après cette opération ratée, la désormais prénommée Hedwig traverse l'Atlantique avec son yankee de mari, pour se terrer en plein... Kansas et apprendre le jour de son premier anniversaire de mariage que ce dernier la quitte pour un autre homme. Hedwig, seule, va dès lors surmonter ce coup du sort en formant un groupe de rock, the Angry Inch, référence à cette mutilation génitale héritée de son passé est-allemand. Un soir de concert dans une cafétéria de seconde zone, Hedwig fait la connaissance du timide Tommy Speck, jeune chrétien niaiseux (2) (comme le Kansas sait en produire fièrement depuis au moins deux siècles). Speck baptisé par Hedwig Tommy Gnosis, soit le futur phénomène du rock, et la future moitié (perdue) d'Hedwig...
 


Film réalisé par John Cameron Mitchell, auteur de la comédie musicale (3) et interprète principal, Hedwig and the Angry Inch s'annonçait dès le départ comme une adaptation fidèle. Enfin, on pouvait le supposer, le perfectionnisme du préposé n'allant pas jusqu'à dénicher une vidéo pirate des prestations scéniques de la bande à Mitchell et Frask à l'époque où ces derniers occupaient le off de Broadway courant de l'année 1998. Toutefois, ayant pu assister à une représentation de la troupe parisienne qui a adapté l'œuvre, le 31 décembre dernier au Sentier des Halles, on pouvait supposer que celle-ci se rapproche des prestations originelles. Entre une prestation live in Paris by Night et une VHS pirate du spectacle originel sous-titrée en albanais, le choix était rapide.

Parmi les points forts à souligner, Hedwig le long métrage est avant tout un film musical, toutes les chansons avec le groupe ont été enregistrées en direct. Détail qui ravira sur le fond les plus exigeants, car sur la forme, l'aspect live n'apparait pas totalement réussi (autant celui-ci est parfaitement rendu via le chant de Mitchell/Hedwig autant le traitement sonore des instruments est sujet à caution ; de là à demander une production brute à la Raw Power, on n'ira pas jusque là, mais un peu moins lisse aurait été la bienvenue pour justement mettre en valeur cet aspect live). Musicalement parlant, à moins d'être suffisamment déphasé et ne rien connaitre à la musique du diable, rare sont ceux qui seront étonnés de constater que Hedwig et ses Angry Inch nous proposent un réjouissant revival glam rock... plus proche des origines stardustiennes que de la resucée pathético-hard rock yankee issue des années 80.

Mitchell réussit donc une adaptation plutôt réussie de son Hedwig and the Angry Inch, celui-ci ne copiant pas brutalement son spectacle, évitant ainsi le piège du "théâtre filmé" (même si un aspect cinématographique un peu plus développé aurait été souhaitable). Un film à la fois drôle, cruel mais aussi touchant.

Un passeport pour aller voir le spectacle en live (4).



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(1) A noter que si le four est en fonction pyrolyse, ça doit valoir tous les paradis artificiels connus... quoi de mieux pour rêver que ces délicieuses et enivrantes vapeurs toxiques...

(2) Cafétéria de seconde zone et Kansas, quel joli pléonasme... encore que chrétien, niaiseux et Kansas, c'est une belle triplette.

(3) Tout du moins l'histoire et les paroles, la musique étant l'œuvre de Stephen Trask

(4) Paradoxalement ou pas, voir le film après le spectacle fut tout sauf une bonne idée... disons que contrairement à la prestation live, le film parait fade par moment... c'est vous dire la qualité de l'interprétation des petits frenchies...

12 commentaires:

  1. Dahu Clipperton20/10/2009 20:53

    Ouaaaah, déééliiire les shoots de pyrolyse ! :o)

    M'enfin, je l'ai même pas vu, alors qu'on me l'a déjà recommandé... Spabien.

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  2. Oui je comprends pas pourquoi les shoots de pyrolyse ne soient pas si populaires que ça dans la culture rock! C'est minable!!! ^^

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  3. C'est marrant que tu en parles, je l'ai re-regardé hier! J'ai une petite affection toute particulière pour ce film, tant pour le personnage que pour la musique!
    Après avoir vu "Hedwig and the angry inch" ont peut enchainer avec "Shortbus" qui est également réalisé par John Cameron Mitchell! Mais ça c'est une autre histoire!

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  4. Tiens le retour de la RXQUEEN! Enfin queen c'est vite dit, carolerxq, j'ai comme l'impression qu'elle a été détrônée la reine... foutue à la lourde par ses sujets :-P

    Quant à Shortbus, oui c'est vraiment une tout autre histoire! lol ;-)

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  5. Ooohhh!!! Un de mes films favoris!
    Et certainement une des meilleures comedies musicales de tous les temps (a mon humble avis)

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  6. Bah faudra que tu me passes cela ce we alors si tu as le film en stock :).

    Fifille

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  7. Pfff... toujours pas vu... :-(

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  8. IMPORTANT : retour au bercail http://coisba.canalblog.com/

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  9. Elles sont rien chouettes tes chroniques. Du coup, je me dis que je devrais être moins prolifique, pour travailler davantage les miennes.

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  10. Disons qu'à l'époque où je vivais à Hong-Kong, j'avais décidé de poster un billet chaque jour. Choix que je ne regrette pas, d'autant plus qu'il s'agissait de mes débuts sur la blogosphère, j'avais donc besoin d'un certain entrainement en matière de rédaction de chroniques.
    Par la suite, j'ai en effet préféré espacer mes billets ce qui me permet de plus les travailler mais il s'agit aussi d'un aveu de manque d'inspiration (concernant le choix de la dite chronique... à l'heure actuelle, pouf pouf, j'ai une très vague idée de la prochaine)
    Et encore merci pour ce nouveau compliment :-)

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  11. Quel film de merde... Tu te prends pour un critique ou quoi, c'est vraiment pitoyable et condescendant... Tu ferai mieux de bosser plutôt que de publier de telles merdes !!!

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