Austin, Mary & le grand blond moustachu

Avant hier soir, ayant été lâchement abandonné (remarquez je l'avais bien cherché, la prochaine j'enverrai dans mes SMS des psaumes), j'ai dû me rabattre sur un objet dangereux qui me fixait au loin, une terrible tentatrice qui deale de la dope de premier choix, non pas de la marie-jeanne (bien qu'habitant aux pays des moulins). Non pire! Un produit plus nocif et addictif que le crack ou le crystal, la télévision! Je fus ainsi encore une fois contraint et forcé de suivre un nanar à la TV, diantre que cette petite lucarne est perfide et que suis je faible. Ceci dit en bon masochiste du film gentiment raté qui assume finalement sa condition (ça fait partie des avantages de la VDM attitude), je n'ai pas été déçu, de toute façon avec un titre pareil, je savais que j'allais passer un agréable moment: American Cyborg: Steel Warrior!

Avant de commencer, je tiens à remercier la chaîne de TV qui a diffusée cet OCNI, même si je comprends moyennement leur programmation. La semaine dernière, nous avons eu droit au deuxième long-métrage de James Gray, The Yards (avec une Charlize T. brune... raaaaaaaah) et cette semaine une réalisation du talentueux Boaz Davidson, non je déconne si on doit retenir quelqu'un dans ce film c'est évidemment son producteur, monsieur Menahem Golan. Quoi? vous ne connaissez pas monsieur Golan, mais enfin on lui doit avec son partenaire Yoram Globus la Cannon, qui produit ainsi bon nombre de films mémorables des 80's (Delta Force ou Invasion USA avec qui vous savez (enfin j'espère depuis le temps que je vous bave les rouleaux avec mon moustachu aux santiags pro du sidekick), American Warrior avec Mickael Dudikoff (toh!), Les maîtres de l'univers avec Dolph Lundgren (re: toh!) mais aussi des erreurs de parcours comme Barfly de Barbet Schroeder (ah ah, ça vous la coupe bande de mécréants!).

De même monsieur Golan mis le pied à l'étrier à quelqu'un qui nous est cher (mais si je vous assure!), "the muscles from Brussels", JCVD. Or en 1987, notre JC tourne via une prod' Cannon le dénommé Cyborg. Justement, Golan ayant de la suite dans les idées, décide de mixer l'ambiance cheap post-apocalyptique de ce dernier avec une de ses anciennes franchises "à succès", American Warrior. Dudikoff et JCVD étant aux abonnés absents, Golan fait appel à un petit jeune prometteur (enfin jeune il a déjà 32 ans mais bon passons...) Joe Lara, qui n'est autre que l'éternel interprète de Tarzan dans le fameux, Tarzan à Manhattan (oui bah ne vous marrez pas trop vite, car certes ce navet de '89 est loin d'être fameux mais que dire du prochain avec le charismatique (?!) Casper Van Dien et son Tarzan et la cité perdue...).

Ainsi donc, j'allais me délecter d'un bon film post-apocalyptique nanar, avec son quota de méchants punks, de femmes de petite vertu, de mutants et bien sur d'une cruche accompagnée de son preux chevalier chevelu. Voici pour l'accroche, maintenant attention je vous propose un résumé de la chose...

Comme chacun sait en 2003, il y eut un léger souci atomique sur la planète Terre, une histoire de cyborgs qui voulaient prendre le pouvoir aux humains (quoi ça vous rappelle une autre histoire autour de Skynet et un certain 26 aout 1997 ?). Dès lors, tous les humains deviennent stériles (pourquoi me direz vous ? et bien...). Tous ? Non, car en 2020, une demoiselle prénommée Mary (prénom qui aura son importance, quelle symbolique...) va enfanter le futur de l’humanité, le premier enfant né depuis l’Apocalypse par l’intermédiaire de ses amis scientifiques (enfin ils recherchaient plutôt une cobaye pas très futée à mon avis...). Un scénario basique à défaut d’être ultra original qui tiendrait à peu près la route vous vous dites ? Attendez la suite...

Premier point, notre future sainte de la révolution anti-cyborg ne va pas donner naissance par voie naturelle à Junior. Pour on ne sait quelle raison, les nerds de service décident de lui prendre le bébé et de le mettre dans un tube ! Deuxième point, la tronche du foetus. Quand on pense au bébé de Eraserhead fait à partir de bric et de broc, ce bébé entubé tout de latex laisse songeur. Mais la joie d’avoir mis Junior dans son tube sera de courte durée, puisque se pointe un Terminator, pardon, un cyborg qui a pour mission de détruire le futur avenir de l’humanité.

Petit flashback, à quoi ressemble donc le méchant de service ? Au début d’American Cyborg, on nous présente justement un humanoïde moustachu avec en option yeux lumineux pour voir dans la nuit (notez le souci du détail, un cyborg moustachu !). On a beaucoup gaussé sur la supposée inhumanité de ces êtres artificiels, pourtant lorsqu’un vieillard croisant sa route lui demande pitié, n’en pouvant plus de cette vie infâme, que fait mr moustache d’après vous ? Il décide de s’occuper de ce pauvre homme et d’abréger ainsi ses souffrances ! A ce propos, détail qui aura de nouveau son importance par la suite, moustache est champion dans le lancer de couvercle de poubelle. Bref, le cyborg s’adapte à son environnement, pas la moitié d’un homme ce moustachu.

Ainsi notre cyborg tout de cuir vêtu (quoi ça vous rappelle encore quelque chose ?) tue tout le monde dans l’hôpital de fortune... sauf Mary et Junior qui réussissent à s’enfuir. Forcément, vivre dans un tel environnement quand vous êtes une gourdasse mal dégrossie, c’est loin d’être facile. Vous êtes la proie de toutes les tentations... en particulier de drag-queens (dans le futur, ces dernières sont très très méchantes). Et c’est à ce moment précis qu’apparait notre héros, Joe Lara alias Austin (avec une musique du plus bel effet, un synthé cheap accompagné d’un harmonica nanar, si ce signal sonore ne vous indique pas qu’il s’agit de son sauveur...). Après trois sidekicks bien placés, notre joyeuse bande s’en va pour de nouvelles aventures. Oui mais lesquelles ? C’est vrai ça, miss cruchasse aurait-elle un but ?

La miss doit rejoindre le port pour prendre un bateau et ainsi aller en Europe où là-bas les humains ont fait mordre la poussière (ou les boulons) aux cyborgs (pourquoi, comment ? encore des questions qui hantent mon esprit). Malheureusement, le capital innocence de la demoiselle va en prendre un sacré coup. Pour être accompagnée de notre étalon chevelu, cette dernière va lui promettre une dose de drogue en lui omettant qu’elle détient en fait le futur avenir de l’humanité dans une capsule (étonnant, non ?). Durant leur périple on aura ainsi droit à divers attaques de notre moustachu, qui non content d’être invincible (enfin disons qu’il se relève toujours), rate toujours sa cible (pourtant il est équipé d’un viseur nanar de première catégorie !). A cela s’ajoute encore une fois, une musique des plus sympathiques lors de l’apparition de moustache. Imaginez un mélange de chant grégorien new age mélangé à du sous Rammstein (!?). Mais arrive le drame, l’un des premiers grands moments d’émotion d’American Cyborg, Austin découvre que la blonde Mary lui a menti : y’a pas de dope ! Dès lors, frustré et blessé dans son être, Austin l’abandonne à son triste sort. Tout du moins, il laisse suffisamment de temps à la Mary pour se faire kidnapper par une bande d’anthropophages mutants et ainsi venir corriger ces tortionnaires mangeurs de blonde immaculée. Aussitôt remis de nos émotions et d’un petit bisou (scène sensuelle aussi bien maîtrisée qu’une quelconque production AB), nos deux losers subissent encore une attaque de moustache. Une attaque de trop ? Une insoutenable vérité va apparaître... Austin est aussi un cyborg ! Comment se fait-il que Austin n’ai jamais remarqué qu’il n’était pas humain ? Euh... question suivante svp !

Toujours est-il que Austin se voit plaqué par la vilaine. Mais en bon héros qu’il est, ne se démonte pas (au sens propre comme au figuré) et décide de remplacer son bras manquant par celui de moustache qui avait perdu le sien durant la bataille (les choses sont bien faites dans le monde du nanar). Finalement, Mary se retrouve au port (ou une plage pour les esprits chagrins) et est attaquée de nouveau (encore ?!) par moustache en lui balançant un couvercle de poubelle (moustache qui a retrouvé un bras de rechange en passant, comment ? euh...). Austin arrive à point nommé (la gourdasse étant dans les vapes), et détruit le méchant cyborg (qui crache un liquide blanc... comme Bishop dans Aliens?) grâce à l’ancien bras de ce dernier ( pour s’informer moustache avait une sorte de pic qui sortait d’un de ses doigts... tiens ça me rappelle Robocop... étonnant, non ?). Ainsi donc vous pouvez souffler, l’avenir de l’humanité est sauf. Et puis que serait un bon film sans une fin déchirante... Austin laisse Mary aller en Europe, et décide de rester et de combattre les méchants cyborgs. Raaaah mais quel courage, quel sens du sacrifice ! Austiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin!

Au final, on n’atteint certes pas le niveau des films post-apocalyptiques italiens du début des 80’s, mais on passe un agréable moment. Le film est suffisamment rythmé, les références sont nombreuses et puis si vous aimez les moustachus retors, vous devriez être servi.




bande-annonce

PS: Je sais sur la jaquette, il n'apparait qu'American Cyborg, pourtant je puis vous assurer qu'à l'écran j'ai vu: American Cyborg: Steel Warrior. A croire que les commerciaux ont trouvé que cela faisait too much, pfff décidément, ils n'y connaissent rien.

4 commentaires:

  1. "Steel warrior of death", cela aurait bien plus digeste je trouve...

    Vlad

    RépondreSupprimer
  2. ouais mais en bon producteur, Golan savait qu'il fallait ramener du monde, rentabiliser la chose, alors en faisant un mix de deux de ses anciennes prod, il capitalisait ainsi son investissement!

    RépondreSupprimer
  3. Trop génial le cyborg moustachu champion de lancer de couvercle de poubelle ça me fait trop marrer : D il faut que je vois ce film je crois !!!

    RépondreSupprimer
  4. Dommage il manque Jean Lefèvre...

    RépondreSupprimer