Entombed - Wolverine Blues : Death ‘n’ Roll Attitude (1993)

1990, une bande de gamins suédois jettent un pavé dans la mare. Premier méfait d'Entombed, Left Hand Path, enregistré l'année précédente, redéfinit d'un seul trait le métal extrême européen, créant par la même occasion à la fois un nouveau son et initiant une nouvelle scène. Alternative crédible à la vague death metal floridienne naissante, tant au niveau des structures que du son (création des désormais fameux studio Sunlight), les cinq scandinaves allaient marquer durablement la décennie.

Révolutionner bien malgré vous un courant musical quand l'âge moyen des protagonistes ne dépasse pas les 17 ans, l’étiquette aurait pu être dure à porter. Dès lors, se pose l'éternelle question de l'évolution à suivre : creuser le même sillon, ou aller de l'avant afin d'éviter une mort subite faute de remise en cause. Si ce genre de questionnement apparaît en général à terme, Entombed embraye la seconde aussi vite que Left Hand Path était apparu. Une année après la sortie de leur premier album, Entombed et leur Clandestine prouve que le surplace n'est point de mise et qu'il ne faut pas les cataloguer trop vite [1]. Clandestine ou un album plus compact et technique en gardant le fameux son gras qui les caractérise.

Deux ans plus tard sort leur troisième album Wolverine Blues, et une fois de plus le groupe a décidé d'aller encore plus loin. A la différence d'autres formations, nos suédois en gardant à l'esprit la maxime « leader not follower », ne suivent ni le chemin de la brutalité et de la technicité à outrance initiée par les new-yorkais de Suffocation, ni celui de la pesanteur et de la lenteur (cf. le renouveau de la scène doom metal britannique). Non, ils tentent une troisième voix plus Motörheadienne, en reprenant à leur compte cette fois-ci la fameuse maxime de l'ami Lemmy : « on joue du rock ’n’ roll, sauf qu'on joue un peu plus fort que les autres ».

Wolverine Blues quintessence du death metal et du rock ‘n’ roll, le death ‘n’ roll était né ! Si certains à l'époque ont du crier à l'infamie, voire les traiter de vendus, il est pourtant difficile, à moins d'avoir trois kilos de cire à chaque oreille et une bonne dose de mauvaise foi, de remettre en doute tant l'intégrité de nos cinq petits gars.

Dès le premier titre, Eyemaster, la messe est dite : intro saturée, riff gras de chez gras (merci à leur producteur Tomas Skogsberg du studio Sunlight), et un Lars-Göran Petrov au sommet de sa forme (absent du deuxième opus, le gaillard en a gardé sous sa besace) qui rend son chant, certes plus compréhensible, mais pas moins puissant. Mieux, le batteur Nicke Andersson s'éloigne des recettes éprouvées du death metal, aucun blastbeat et aucune double grosse caisse (l'album est relativement mid-tempo). Il en profitera d'ailleurs par la suite pour former les Hellacopters, groupe encore plus rock. Direct, brut, structures typiques d'une attitude garage/proto-punk, Wolverine Blues pourrait en somme se définir comme un disque hybride, à la croisée des Stooges et death metal.

CULTE !





Titres :
01. Eyemaster / 02. Rotten Soil / 03. Wolverine Blues / 04. Demon / 05. Contempt / 06. Full of Hell / 07. Blood Song / 08. Hollowman / 09. Heavens Die / 10. Out of Hand
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[1] Et un parallèle avec la jeunesse de Metallica entre Kill'em All et Ride the lightning, bien décidé à l'époque à ne pas rester cantonner comme un simple groupe de speed metal.

7 commentaires:

  1. mais révais je ou ton arrière plan ressemble comme deux gouttes d'eau à la pochette de Fantomas "director's cut" ?

    sinon ton article me donne bien envie de me pencher sur le cas des suédois de Entombed, j'aime bien les groupes qui évoluent au fil du temps et n'obéissent pas aux canons en vigueur dans leur milieu

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  2. mais tout a fait mon cher Dragibus! ;)
    il s'agit bien de "Director's cut" de Patton & co

    pour le cas Entombed, apres ce LP ils vont mettre un frein a leur evolution, le suivant, "To ride, shoot straight and speak the truth", etant dans la meme lignee, peut etre un peu moins gras...

    ensuite j'avoue avoir decroche, j'ai lu que "Morning Star" vallait le coup, a voir :)

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  3. oua ça c'est du refrain qui calme !!!

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  4. Justement je parlais il y a quelques jours avec mon cousin d'Entombed...utilisant moi-même l'expression Death'n'roll. Du coup je lui envoie ton article, histoire qu'il voit que j'ai raison :D

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  5. ouais death 'n' roll ruuuuuuuuuuuules lol :P

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  6. Enfin cela dit je préfère quand même leur album d'après, en fait (machin-titre-à-rallonge-speak-the-truth :)

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  7. mais c'est ton droit mon cher Thom :P
    disons que "To ride, shoot straight and speak the truth" semble peut être moins linéaire que "Wolverine"
    avec l'effet de surprise en moins ;)

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