Claire Denis

Trouble Every Day, voila un film qui ne laisse pas indifférent. Je me souviens la première fois que je l’ai vu au cinéma (oui car je suis allé le revoir une deuxième fois...) la salle se dépeuplait au fur et a mesure que l’intrigue avançait. Il faut dire que le préambule s’annonçait des le départ assez particulier, faire coexister le cinéma d’auteur avec le cinéma gore. L’histoire raconte comment deux êtres atteints d’un même mal (l’acte sexuelle se traduit par des actes de cannibalisme) survivent, la femme subissant ses pulsions, l’homme quant a lui les refoulant par l’abstinence.
A la différence d’un film gore, le porteur de la maladie est toujours l’autre, les principaux protagonistes devant survivre. Sauf que dans ce cas, nous sommes du point de vue de l’autre justement, de la personne infectée, d’ou un certain malaise. Nous n’avons pas a faire a un « slasher »movie, le rythme du film est plutôt lent, ce qui a du en rebute r quelques un. Pourtant c’est bien la première fois qu’on ressent vraiment de la douleur dans un film classe horreur, ça sonne vrai, du coup pour les âmes sensibles, le regard détourné ne suffit pas, il faut aussi se boucher les oreilles (le meurtre de Florence Loiret est assez éprouvant).
C’est un film qui se nourrit des influences d’Abel Ferrera, David Cronenberg, voir d’un David Lynch, tout en restant personnel, charnel. Comme hier, on retrouve parmi les acteurs Vincent Gallo (qui avait déjà participe a plusieurs de ses films), Béatrice Dalle et Tricia Vessey (que l’on a pu voir dans le film de Jarmusch Ghost Dog). Tout comme Gallo, pour la musique, en vieux compagnon de route de Claire Denis, les anglais Tindersticks nous offrent une partition vénéneuse, mélancolique, à recommander pour vos fêtes de fin d’année, à mettre entre un Carlos et un Patrick Sébastien.

la belle et la bete

1 commentaire:

  1. je signale en passant que s'il existait dans le commerce les BO de Max Pecas, je pourrais en poster, mais comme ca n'existe pas...

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